Tatouage & livre ancien

En errant sur Internet, je suis tombé sur la photo du tatouage qui illustre cet article, et j'ai immédiatement été interpellée parce que ce tatouage n'est pas n'importe lequel ! (En cliquant sur l'image, vous pourrez le voir en plus grand.)

D'après ce que j'ai pu voir, les tatouages d'ancres marines sont répandus, et ce depuis un moment puisqu'on en trouvait pas mal chez les marins, qui faisaient partie des populations à se faire tatouer, dès le XVIIIe (David Lebreton en parle dans certains de ses livres sur les modifications corporelles). Mais dans le cas présent, on voit aussi un dauphin enlacé à l'ancre, et même si c'est un animal marin, le symbole final n'a que peu à voir avec la mer puisque ce tatouage représente la marque de l'imprimeur Alde Manuce (Aldus Manutius), grand éditeur-imprimeur-libraire italien du XVIe siècle !

Les marques d'imprimeurs sont en quelques sortes les logos des ateliers, ce qui permet de les distinguer et de signer la fabrication d'un livre. Par exemple, l'imprimeur Sébastien Gryphe avait une marque représentant un griffon (photo ici), en référence à son nom (aucun lien avec la maison Gryffondor dans Harry Potter !). Et donc l'ancre et le dauphin enlacés (l'ancre aldine) est la marque d'Alde Manuce, une des plus connues je pense.

En tout cas, je me demande pourquoi la personne dont on voit le bras s'est fait tatouer cette marque d'imprimeur : un bibliothécaire ? un érudit ? un passionné ?

L'horizon, Patrick Modiano (2010)

"Jean Bosmans, le personnage principal de L’horizon, a l’habitude de noter sur un carnet les bribes de souvenirs qui lui reviennent de sa jeunesse. À partir du nom de Mérové, il fait ressurgir sa rencontre, vers la fin des années 60, avec Margaret Le Coz, une jeune femme qu’il a fréquentée pendant quelques mois et avec laquelle il partageait le sentiment d’être traqué. Elle, par un certain Boyaval. Lui, par sa mère et son amant."

Je n'avais encore rien lu de Patrick Modiano, pourtant, j'avais souvent entendu son nom ou croisé ses livres, mais je ne sais pas pourquoi, ça ne me tentait pas -bien que je ne sache rien du genre de livre qu'il écrit. Et puis en mai dernier, en cours de littérature, nous avons eu un exposé sur l'ouvrage Rue des boutiques obscures, de Modiano donc, et ça m'a donné envie de lire des ouvrages de cet auteur. J'ai donc récemment lu L'horizon, choisi au hasard à la médiathèque.

J'ai plutôt bien aimé, sans que l'histoire ne soit particulièrement prenante ou palpitante. A vrai dire, elle est assez banal : un homme, une femme, le hasard qui les fait se rencontrer, leur passé, leur chemin ensemble, etc. Bref, rien d'innovant. Par contre, ce que j'ai remarqué, c'est que le présent et le passé sont mêlés de manière imperceptible, bien que chaque moment reste localisable. C'est difficile à expliquer mais l'écriture est très fluide ce qui fait que l'on passe d'un épisode du passé depuis un moment présent sans même le remarquer ; on sait qu'on vient de changer de temps, mais la transition a été tellement fluide qu'on ne l'a pas remarquée, c'est très coulant. Ce qui fait que c'est très agréable à lire d'ailleurs.

En tout cas, même si l'histoire n'est pas novatrice, j'ai trouvé que c'était bien écrit et plaisant à lire, ça m'a donné envie de lire d'autres textes de lui (j'en ai d'ailleurs commencé un autre, Villa triste, mais j'avoue qu'en ce moment je lis moins, donc je n'avance pas beaucoup).

Asterios Polyp, David Mazzucchelli (2010)

"Fils d’immigrant, Asterios Polyp est l’archétype du brillant universitaire américain de la côte est. Un intellectuel plein de charme et d’assurance, tour à tour cynique, séducteur ou arrogant. Mais le personnage social sophistiqué qu’Asterios s’est composé avec soin va voler en éclats par une nuit d’orage, alors qu’il vient d’avoir cinquante ans. Jeté à la rue par l’incendie accidentel de son appartement, Asterios bouleversé part au hasard d’un bus Greyhound, comme s’il larguait soudain les amarres de toute une vie…Une parenthèse ? Un nouveau départ ? Ou le début d’un sévère examen de conscience, ponctué du souvenir de ses amours et de ses échecs ?"

J'ai connu par hasard l'existence de cette BD à cause d'un délire à base de polypes avec des amies, et par curiosité, j'ai voulu savoir ce qui ce cachait derrière ce Polyp. Déjà la couverture m'a bien plue, j'aime bien la manière dont sont formées les lettres du titre, puis j'ai jeté un coup d'oeil sur le résumé, et ça avait l'air plutôt bien. Finalement, hier j'ai eu l'occasion de mettre la main sur ce livre, et j'ai adoré ! Aussi bien l’histoire que le dessin !

L'histoire nous est racontée par le frère jumeau mort-né d’Asterios Polyp, professeur et architecte dont aucun projet n'a jamais été construit. Le récit commence avec l'incendie de l'immeuble d'Asterios, de là, nous le suivons dans sa nouvelle vie et nous revenons aussi sur son passé, le présent et le passé se mêlant, ce n'est pas linéaire, ce qui donne du dynamisme. On suit sa rencontre avec celle qui devient sa femme, puis son ex-femme, on rencontre ses parents, mais aussi la manière dont continue sa vie après l'incendie... Ce livre est qualifié de "roman graphique" et je suis tout à fait d'accord avec ça : c'est le récit d'une vie, avec ce qu'elle contient d'amour, de déception, de joies, de surprises, de morts, de hasards, etc.

Et graphiquement, wouaouh ! J'adore ! Le trait est simple, le dessin clair, mais c'est également très riche, il y a beaucoup de détails de perspectives, de décors, des figures géométriques, .., c'est très agréable à regarder. Et puis la forme complète aussi le fond : par exemple lorsque le compositeur Kalvin Kohoutek parle de la simultanéité des choses, les cases se mêlent pour nous montrer plusieurs évènements simultanés dans la même pièce (Kalvin qui discute de la simultanéité avec Asterios et à côté Willy Ilium qui cherche un gâteau pour accompagner son thé).

Toujours graphiquement, chaque personnage est caractérisé par un style que l'on retrouve notamment dans la forme des bulles de chacun et la police de caractère de leurs propos : Asterios a toujours des bulles carrées avec des mots en majuscules très simples et droites, Hana a des bulles rondes remplis avec une écriture plutôt manuscrite arrondie et lisible, etc.

Et les couleurs comptent aussi : les épisodes au présent sont en jaune et violet, ceux du passé quand Asterios est célibataire sont en bleu et violet, ceux avec Hana sont en violet, bleu et rose. Les couleurs permettent de se situer elles sont un sens. Comme je l'ai dit, quand nous avons Asterios et Hana, les couleurs sont le rose, le bleu et le violet que l'ont trouve répartis dans toute la case, mais quand ils se disputent, le bleu et le rose se séparent.

Bref, Asterios Polyp est un livre très riche, j'ai adoré et même plus, c'est génial ! Et je vais rapidement le relire parce qu'il est très dense, rempli de petites choses qui ont dû m'échapper ! Vraiment, je ne regrette pas la hasard qui m'a fait découvrir ce livre, j'aimerais lire des choses comme ça plus souvent !

L'homme qui tombe, Don DeLillo (2007)

"Ce n’était plus une rue mais un monde, un espace-temps de pluie et de cendres et de presque nuit. Il marchait vers le nord dans les gravats et la boue et des gens le dépassaient en courant, avec des serviettes de toilette contre la figure ou des vestes par-dessus la tête. Ils pressaient des mouchoirs sur leur bouche. Ils avaient des chaussures à la main, une femme avec une chaussure dans chaque main, qui le dépassait en courant. Ils couraient et ils tombaient, pour certains, désorientés et maladroits, avec les débris qui tombaient autour d’eux, et il y avait des gens qui se réfugiaient sous des voitures. Le grondement était encore dans l’air, le fracas de la chute. Voilà ce qu’était le monde à présent."

J'ai choisi de lire ce livre parce que j'ai à plusieurs reprises, surtout récemment, entendu dire du bien de Don DeLillo, donc j'avais envie de me faire une idée sur cet auteur. Quant au choix de L'homme qui tombe, il n'est dû qu'au hasard : je l'ai pris parce qu'il était disponible.

L'histoire de ce livre commence à New-York, le 11 septembre (2001, est-il nécessaire de préciser la date ?) avec Keith qui est en train de tenter de s'éloigner des tours du World Trade Center, un mallette -pas la sienne- à la main. Spontanément, sans réfléchir, il se rend à l'appartement de son ex-compagne et son fils. Leurs vies sont remises en question, mais sans un mot : tout le monde paraît comme sonné, laisse faire les choses sans s'opposer.

Nous voyons comment le 11 septembre agit sur la vie des gens, comment cet évènement les change, comment ils se reconstruisent. Keith abandonne son travail dans un cabinet pour jouer aux cartes dans divers casino, son fils, Justin, et ses copains scrutent le ciel pour surveiller les avions. Keith rencontre aussi Jacqueline, la propriétaire de la valise qu'il avait gardée dans les mains au moment de sa fuite de l'immeuble.

Et nous croisons aussi l'Homme qui tombe, un artiste de rue qui se suspend tête en bas aux immeubles ou à n'importe quelle structure, afin de reproduire la chute dans le vide depuis les hauteurs du World Trade Center. Nous suivons également la préparation d'un kamikaze, ses doutes, son endoctrinement, sa foi. Nous saisissons les remarques des habitants, leurs méfiance vis-à-vis de certains noms, de certaines couleurs de peau, de certains musiques, leurs nerfs à fleur de peau.

J'ai aimé ce livre, on ressent tout à fait la perte de repères des personnages et plus globalement le fait que chacun soit perdu, qu'il soit directement ou non concerné par les attentats du 11 septembre. Et ce qui a dû jouer aussi dans le fait que j'apprécie ce livre, c'est qu'il traite d'un évènement qui m'est contemporain et dont je me souviens (parce que j'étais née lors de la chute du Mur de Berlin par exemple, mais vu que j'avais environ deux ans et trois mois, je n'en ai aucun souvenir), j'en ai suivi le déroulement en direct, donc c'est intéressant de lire comment des personnes, fictives certes, ont pu vivre les choses sur place, de connaître un autre point de vue sur les faits.

Imbroglio, Lewis Trondheim (1992)

Voici une bande-dessinée petite par le format et l'épaisseur (22 pages), mais pas par l'humour.

Je l'ai découverte lors d'un cours sur la bande-dessinée parce que le professeur (un libraire spécialisé BD) l'avait amenée -parmi d'autres- pour illustrer les différents types de BD qui existent. Les livres avaient donc circulés dans la classe et Imbroglio aussi. Je l'avais seulement feuilletté vu que je n'avais le temps de le lire, ni la concentration nécessaire. Et hier, en allant dans une librairie spécialisée BD acheter un cadeau de Noël, je suis tombé sur cette BD de Lewis Trondheim, donc comme tous ceux de la classe qui l'avaient lue avaient adoré et que le peu que j'en avais vu m'avait plu, je l'ai ajouté à mes achats.

Et après l'avoir lu, entièrement et sérieusement cette fois-ci, j'ai été ravie ! C'est un huis-clos tordu à souhait entre trois personnages, c'est rempli de faux semblants, de manipulations et d'alliances, avec un rebondissement toutes les quelques cases : au final, on ne sait plus sur quel pied danser puisque les morts ne cessent de ressuciter et les vivants de mourir, c'est absolument improbable et timbré, mais c'est génial aussi !

Se perdre, Annie Ernaux (2001)

"20h30. Qu'est-ce qu'aimer un homme ? Qu'il soit là, et faire l'amour, rêver, et il revient, il fait l'amour. Tout n'est qu'attente."

Je n'avais encore rien lu d'Annie Ernaux, et à vrai dire, je n'étais pas particulièrement attirée, mais il semble qu'elle soit une grande auteure française, dont je tenais à lire quelque chose d'elle.

Ce livre n'est pas un roman, mais un journal, ce n'est pas de la fiction mais de l'autobiographie. Annie Ernaux y raconte son amour pour S., homme marié, diplomate de l'URSS, entre 1988 et 1990. Le texte parle donc d'amour, mais aussi d'attente, parce que c'est S. qui fixe les rendez-vous et qu'il peut se passer des semaines avant qu'il ne se manifeste. Attente de ses appels, donc, mais aussi attente de sa venue et angoisse de son absence. Puis douleur de la séparation.

Je n'ai pas vraiment aimé ce livre. Elle est amoureuse d'un homme non seulement marié mais en plus repartira à un moment ou un autre en URSS, et malgré cela, alors qu'il n'y a rien à espérer, elle s'aliène à cette homme et ne vit plus que pour lui. Certes, la passion n'a pas toujours à voir avec la raison, mais bon, cela me semble un peu immature, insignifiant, frivole. Ses angoisses, des doutes, des interrogations semble plates, je ne me suis pas sentie concerné, ni intéressée.

En tout cas, je lirais quand même d'autres livres d'Annie Ernaux, notamment des qui ne sont pas des journaux, afin d'avoir un texte plus travaillé et plus profond que dans un journal (qui pose les faits sans les analyser, ou trop peu).

Moon Palace, Paul Auster (1990)

"« Rien ne saurait étonner un Américain. » Telle est l’épigraphe empruntée à Jules Verne par laquelle Paul Auster invite le lecteur à suivre les tribulations de son héros. Marco Stanley Fogg raconte ici les circonstances étranges qui ont marqué le commencement de sa vie, depuis son arrivée à New York en 1965 jusqu’à ce que, sept ans plus tard, il découvre l’identité de son père... à temps pour assister à son enterrement. Et ses amours, ses rencontres, sa misère, ses errances dans les paysages mythiques de l’Amérique rêvée constituent le matériau d’un formidable roman d’aventures en même temps qu’elles apparaissent comme les étapes d’un voyage initiatique aux confins de la solitude et de la déréliction — thèmes fondateurs de l’œuvre de l’écrivain."

Dans ce livre, nous suivons Marco Stanley Fogg, un étudiant sans le sou qui vit à New-York dans un appartement meublé par les cartons de livres que lui a légué son oncle. Il tente de faire durer ses économies le plus longtemps possible, puis vend les livres de son héritage, mais malgré cela, il arrive un moment où il n'a plus rien et où il se retrouve à la rue. Au bout d'un moment, il est secouru par deux amis, dont Zimmer, un ancien colocataire, qui l'héberge ensuite. Mais Marco supporte mal de devoir dépendre de cet ami et cherche alors un travail. Il en trouve un en tant qu'assistant d'un vieillard aveugle (père sans fils) qui va lui raconter sa vie (afin de préparer sa notice nécrologique), ce qui va amener Marco (fils sans père) à retrouver son père, qu'il n'a jamais connu.

J'ai bien aimé ce livre, c'est bien écrit et bien construit, ce qui est souvent le cas avec Paul Auster, qui est un peu une valeur sûre. Malgré tout, j'ai un petit reproche à faire -qui n'est pas directement en lien avec le livre-, c'est qu'on retrouve toujours un peu la même chose, la même atmosphère à base de NYC et de milieu universitaire & intellectuel dans chacun des livres de Paul Auster. C'est vrai que j'apprécie cette ambiance, mais j'ai ressenti une légère lassitude à la lecture de ce livre, que j'ai pourtant apprécié, il ne faut pas se méprendre sur mon ressenti. En tout cas, quand on aime les textes de Paul Auster ou qu'on ne connaisse pas du tout, il n'y a pas de raisons de ne pas apprécier ce texte qui est très agréable à lire (sauf si évidemment vous avez des goûts spécifiques qui n'incluent pas le roman américain contemporain).

Encore une journée pourrie, ou 365 bonnes raisons de rester au lit, Pierre Enckell (2007)

"Glanés dans les journaux intimes d’écrivains et de personnalités publiques du XVIIIe siècle à nos jours, ces fragments de pessimisme quotidien réjouiront les plus accablés d’entre nous… Un trésor de misanthropie et d’humour noir qui agit comme un antidépresseur puissant !"

C'est un petit livre sur lequel je suis tombé par hasard au rayon littérature à la médiathèque, il faut dire que sa couverture rouge attire l'oeil et que le titre intrigue.

Il s'agit d'une sorte d'agenda où on trouve les dates des 366 jours possibles dans une année (bien que le titre en annonce 365). A chaque jour, on trouve une petite phrase extraite d'un journal d'un auteur, peintre ou homme politique écrite à la date en question. Ainsi, pour le 1er janvier (1813), on a quelques mots de Benjamin Constant, le 2 janvier (1915) c'est Katherine Mansfield, le 3 janvier (1769) on trouve J. K. Lavater, etc.

Certains noms me sont inconnus mais la plupart sont très connus, pas besoin d'être une pointure en littérature pour apprécier ce livre. Parce que oui, il est appréciable : on s'aperçoit que même les illustres personnages de l'histoire (politique, littéraire, etc) peuvent écrire des choses... banale : ils écrivent sur leur mauvais sommeil, sur leurs petits soucis de santé, sur leurs angoisses, sur la météo pourrie et les journées ennuyeuses.

Bref, c'est un petit livre marrant, bien qu'un peu trop court, j'aurais aimé en avoir plus ! Mais bon, il m'a fait découvrir qu'André Gide (un de mes auteurs favoris) avait écrit un journal qui a été publié, et il m'a rappelé que je voulais lire des textes des frères Goncourt.

Les témoins de la mariée, Didier Van Cauwelaert (2010)

"Nous étions ses meilleurs amis : il nous avait demandé d'être ses témoins. Cinq jours avant le mariage, il meurt dans un accident de voiture.
Ce matin, à l'aéroport, nous attendons sa fiancée. Elle arrive de Shanghai, elle n'est au courant de rien et nous, tout ce que nous savons d'elle, c'est son prénom et le numéro de son vol. Comment lui dire la vérité ?
Nous nous apprêtions à briser son rêve ; c'est elle qui, en moins de vingt-quatre heures, va bouleverser nos vies. Mais cette jeune Chinoise est-elle la femme idéale ou bien la pire des manipulatrices ?
"

L'histoire commence un 21 décembre, alors que de vieux amis se retrouvent pour un pré-réveillon : on trouve Hermann (homme à tout faire/assistant de Marc), Marlène (galeriste), Lucas (ex-journaliste mis de côté à cause de son engagement politique et religieux) et Jean-Claude (directeur d'un hôtel de luxe) autour de Marc (grand photographe), l'hôte de la soirée. Ce-dernier annonce qu'il va se marier d'ici quelques jours, à la grande surprise de ses amis, puisque Marc est connu pour ses brèves et nombreuses conquêtes féminines. Et le lendemain, autre grande surprise : Marc est mort dans un accident de voiture. Ses quatre amis vont donc tenter de se débrouiller avec l'ex-futur-épouse qui arrive à ce moment-là.

Le récit est chronologique mais en quatre partie, chacun des quatre amis de Marc racontant un moment de son point de vue. Cela est très intéressant parce la fameuse fiancée ne raconte pas exactement la même chose à chacun. Oui, parce que celle-ci est très opaque : impossible de savoir ce qu'elle sait ou non, si elle ment ou pas, dans quel but et ce qu'elle espère au bout. Résultat tout le monde bluffe, tout en sachant que cela n'est pas tenable. Surtout que le frère de Marc est aussi de la partie, mais son but à lui est de gérer l'héritage de son frère et d'évincer ses quatre amis.

J'ai bien aimé ce livre, c'est écrit de manière limpide et l'histoire est prenante puisque personne ne sait vraiment qui est cette fiancée arrivée du jour au lendemain ni ce qu'elle veut ou espère, donc c'est un peu un poker sur fond de course à la montre qui se joue. Bref, il est fort probable que je lise d'autres livres de Didier Van Cauwelaert parce que c'est plutôt plaisant.

On ne sait jamais, ça peut servir...

Je viens de m'apercevoir que je connaîs par coeur et involontairement le numéro du code barre de ma carte de médiathèque alors que malgré mes efforts de mémorisation, je n'ai toujours absolument aucune idée de mon numéro de sécu (si ce n'est qu'il commence par un 2)...

(Je vais le signaler sur mon CV pour montrer que j'ai la fibre pour être bibliothécaire^^)

Au bon roman, Laurence Cossé (2009)

"Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l'y ont amené de force en pleine nuit. Une très jolie blonde rôdée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d'une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l'air de l'y attendre. Mais le lecteur comprend bientôt qu'on n'est pas dans un roman policier classique. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s'attaquent pas à des durs mais à des tendres, un ancien routard devenu libraire, une mécène mélancolique, et à une entreprise dont aucun des deux n'avait imaginé qu'elle pourrait fâcher.
Qui, parmi les passionnés de roman, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu'on appelle une bonne librairie, où l'on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d'œuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ?
Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès
."

J'ai voulu lire ce livre après an avoir lu la quatrième de couverture par hasard alors que le livre était présenté sur une table, dans une librairie. J'ai donc ajouté ce titre à ma liste de livres à lire et récemment je lui ai mis la main dessus.

L'histoire commence avec des accidents ou incidents arrivant à trois personnages qu'apparemment rien ne lie. Mais ces évènements sont non seulement liés entre eux, mais aussi à toute une suite d'attaques ayant eu lieu à l'encontre de la librairie nommée "Au bon roman". Cela remonte la personnes -un libraire et une gestionnaire- qui encadrent les trois accidentés, qui sont des auteurs de romans, c'est-à-dire au libraire d'"Au bon roman". Et comme ce ne sont pas les premiers soucis qui se produisent en lien avec cette librairie, les gérants s'adressent à la police et racontent tout ce qu'il s'est passé, depuis la création de la librairie jusqu'aux agressions des trois auteurs (cela représente l'essentiel du livre).

En effet, créer une librairie ne vendant que des bons livres pose des questions : qu'est-ce qu'un bon livre ? Comment les choisir ? N'est-ce pas élitiste ? Et le plaisir, le divertissement dans tout ça ? Tout le monde n'a pas les mêmes goûts ni les mêmes envie, et puis les opinions sur un livres peuvent varier selon les époques aussi. En tout cas, cela dérange : des auteurs, des éditeurs, des libraires, des journaux, etc. Bref, en plus du récit de la fondation de la librairie, on suit des débats et des interrogations qui paraissent dans la presse (le plus souvent pour attaquer la librairie).

Au bon roman est un livre qui parle de livres, de lecture, de lecteurs, d'auteurs, de librairie (office, réassort, etc), de presse, de critique, etc, bref un livre sur les livres et le milieu du livre. Cela est le contexte de l'intrigue qui est consiste en la création d'une librairie où ne serait vendue que de bons romans. Ayant eu des cours sur le fonctionnement d'une librairie et plus globalement sur le monde du livre, j'ai adoré lire cet ouvrage qui fait référence à tout cela, malgré tout, le texte reste compréhensible pour quelqu'un qui ne connaît pas grand chose au monde du livre.

En tout cas, j'ai été enthousiasmée par ce livre : j'adore les livres, la lecture et la littérature, or tout cela se trouve dans ce récit, et cela est d'autant plus intéressant qu'il y a énormément d'allusions à des choses que je connais pour les avoir étudiées en classe. Peut-être que j'aurais aimé que l'histoire des personnages (notamment à propos de Francesca et sa fille, Violette) soit un peu plus développée, mais bon, c'est bien tel quel, je n'ai pas du tout été déçue.

L'amour au temps du choléra, Gabriel García Márquez (1985)

L'année dernière j'avais lu Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez et j'avais adoré alors que je ne savais pas vraiment quoi attendre de cet ouvrage. Donc comme j'avais une fois apprécié un livre de cet auteur, j'ai eu envie d'en lire d'autres en espérant que ce soit aussi bien, c'est pour cela que j'ai lu L'amour au temps du choléra, dont voici le synopsis :

"Dans une petite ville des Caraïbes, à la fin du siècle dernier, un jeune télégraphiste, pauvre, maladroit, poète et violoniste, tombe amoureux fou de l’écolière la plus ravissante que l’on puissse imaginer. Sous les amandiers d’un parc, il lui jure un amour éternel et elle accepte de l’épouser. Pendant trois ans, ils ne feront que penser l’un à l’autre, vivre l’un pour l’autre, rêver l’un de l’autre, plongés dans l’envoûtement de l’amour. Jusqu’au jour où l’éblouissante Fermina Daza, créature magique et altière, irrésistible d’intelligence et de grâce, préfèrera un jeune et riche médecin, Juvenal Urbino, à la passion invincible du médiocre Florentino Ariza. Fermina et Jevenal gravissent avec éclat les échelons de la réussite en même temps qu’ils traversent les épreuves de la routine conjugale. Florentino Ariza, repoussé par Fermina Dazan, se réfugie dans la poésie et entreprend une carrière de séducteur impénitent et clandestin. Toute sa vie, en fait, n’est tournée que vers un seul objectif : se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera jamais d’aimer en secret et avec acharnement chaque instant de chaque jour, pendant plus d’un demi-sièicle. L’amour au temps du choléra est le grand roman de Garcia Marquez, aussi fondamental dans son œuvre que Cent ans de solitude dont il forme le vrai pendant."

C'est donc une histoire d'amour, une histoire d'amour impossible qui reste unilatérale pendant plus de 53 ans. Le récit débute par un suicide, celui d'un ami du docteur Juvenal Urbino, puis progressivement, on revient sur le passé de chacun, ce qui les a amenés à la période à laquelle commence le livre. L'essentiel du texte est fait de sorte de flashback, des retours sur l'histoire de chacun des protagonistes et des liens entre eux. Mais ce livre n'a rien d'une histoire policière ou d'une enquête quelconque : le suicidé du début ne réapparaît pas, si ce n'est pour son enterrement.

L'histoire m'a parue assez classique et prévisible, mais bien écrite, ce qui la fait sortir du lot. Ce n'est pas insipide : il y a des pointes d'humour, d'ironie et de lucidité, notamment sur la vie en couple et la vieillesse. Ce sont des vies qui sont racontées dans ce livres, avec leurs espoirs, leurs amours, leurs rêves, leurs habitudes, leurs vices, etc. Et puis l'écriture est très fluide, ce qui fait qu'on ne fait même pas attention à la forme, la lecture est coulante.

Malgré tout, je n'ai pas complètement accroché au texte : c'est bien écrit, les personnages et leurs vies sont intéressants, mais l'histoire est tout de même un peu mièvre et ennuyeuse sur la fin. Disons que c'est un beau paquet, plein de promesse, mais qu'on est déçu une fois que tout est déballé, ça sonne un peu creux, l'histoire racontée n'est pas à la hauteur de la qualité de l'écriture. Donc ce texte n'est pas déplaisant, mais je lui préfère quand même Cent ans de solitude.

Le goût de l'immortalité, Catherine Dufour (2005)

Récemment, je suis tombé sur cet article parlant de la science-fiction et des préjugés répandus à son encontre, et un livre était cité comme exemple de la qualité que l'on peut trouver dans ce genre de livre : Le goût de l'immortalité de Catherine Dufour. Je suis peu portée sur la SF, mais j'avais tout de même noté ce titre puisqu'apparemment il s'agissait d'un bon ouvrage, plusieurs fois primée d'ailleurs.

Le synopsis : "Mandchourie, an 2113. La ville de Ha Rebin dresse ses tours de huit kilomètres sous un ciel jaune de toxines. Sous ses fondations grouille la multitude des damnés ; autour d’elle s’étendent les plaines défoliées de la Chine. Le beau Cmatic est mandaté par une transnationale pour enquêter sur trois nouveaux cas d’une maladie qu’on croyait éradiquée depuis un siècle. Ses recherches le mènent à Ha Rebin, où il rencontre une adolescente étrange. Ensemble, ils vont tenter de mener à bien la mission de Cmatic dans un monde qui s’affole : décadence américaine, pandémie sanglante, massacres génétiques, conquêtes planétaires et montée de l’extrémisme vaudou. Et d’affronter le rêve le plus fou de l’humanité : l’immortalité, ou ce qui y ressemble..."

Le livre prend la forme d'une lettre écrite par une femme très âgée, puisqu'immortelle, mais une immortalité qui est plus proche de celle des morts-vivant que de celle de l'éternelle jeunesse. Elle raconte les circonstances qui l'ont mise dans cet état, et tous ce qui a pu y être lié : complots de diverses organisations, sorcellerie, bidouillages génétiques, meurtres, etc, le tout dans un mode futuriste prenant ses racines dans notre environnement actuel. Ainsi, la nature et tout ce qu'elle contenait de plantes et d'animaux n'existe quasiment plus que sous forme de molécules ADN, l'air est fortement pollué, le ciel jaune, etc. Bref, un monde pas très agréable, plutôt laid et très artificialisé.

Globalement, j'ai bien aimé ce livre, sans que cela me donne pour autant envie de me mettre à dévorer de la SF. J'aurais aimé que certaines intrigues soit plus développées, mais vu que le livre prend la forme d'une lettre, la narratrice raconte les choses comme elle a pu les vivre ou les entendre rapporter, donc c'est moins complet que si le narrateur avait été omniscient. Mais bon, ce dernier point est une question de goûts personnels (j'aime beaucoup les analyses et les descriptions, or ici on trouve majoritairement de l'action), et si je les mets de côté, j'ai trouvée l'histoire bien construite et l'univers créé très intéressant.

Jolies ténèbres, Kerascoët, Fabien Vehlmann & Marie Pommepuy (2009)

"Dans les champs, au printemps, une fillette gît, inerte. Est-elle morte ? Qui l'a tuée ? On n'en saura pas plus.
De ci, de là, une minuscule communauté surgit, comme échappée de contes de fées : Aurore, mais aussi l'Orgueilleuse, la Régressive, l'Aventurière, le Prince m'as-tu vu...
Les saisons passent et Aurore, la presque princesse, s'agite toujours pour son petit monde, qu'elle voudrait merveilleux, pour accorder cette improbable assemblée à la nature et aux bêtes qui les entourent. Jusqu'à ce jour d'hiver, où elle devra faire face à un choix amer...
"

L'histoire commence par une discussion autour d'un goûter entre Aurore et Hector, celui qu'elle veut comme prince. Mais le quatre-heures est rapidement interrompu pas l'effondrement de l'endroit où ils sont installés, lieu qui n'est autre qu'un cadavre de petite fille. Suite à cet évènement, tous les petits êtres installés là vont devoir se reloger, ainsi se réorganise une société autour du cadavre.

Cela a l'air d'un conte, mais c'est un conte déglingué. Il y a quelque chose d'innocent et d'enfantin dans cette histoire, parce que ce sont de petits personnages qui essaient de vivre dans un monde de géant (le nôtre), qui cohabitent avec les animaux, qui bricolent avec ce qu'ils trouvent, etc. Mais il y a aussi de la cruauté : une minuscule fillette mangée par une plus grande, une souris amie qui finit dévorée, une fille qui vit dans la moisissure et mange des vers, etc.

Donc c'est certes un conte parce qu'on y trouve une princesse qui cherche un prince, une méchante, un mariage, une vengeance, etc, mais ce n'est pas du tout un livre à mettre entre les mains des enfants ! L'atmosphère de ce livre est très étrange, c'est troublant, dérangeant et fascinant. Le dessin est doux, avec des courbes et des couleurs plutôt tendres ce qui accentue le côté léger et naïf de ce conte et contrebalance le côté cruel et impitoyable de ces petites créatures., sans pour autant l'oblitérer. En tout cas, j'ai adoré, c'est même frustrant qu'il n'y en ait pas plus !

Ada ou l'ardeur, Vladimir Nabokov (1969)

"Le château d'Ardis - les Ardeurs et les Arbres d'Ardis - voilà le leitmotiv qui revient en vagues perlées dans Ada, vaste et délicieuse chronique, dont la plus grande partie a pour décor une Amérique à la clarté de rêve - car nos souvenirs d'enfance ne sont-ils pas comparables aux caravelles voguant vers la Vinelande, qu'encerclent indolemment les blancs oiseaux des rêves  ? Le protagoniste, héritier de l'une de nos plus illustres et plus opulentes familles, est le Dr Van Veen, fils du baron « Démon » Veen, mémorable personnalité de Reno et de Manhattan. La fin d'une époque extraordinaire coïncide avec la non moins extraordinaire enfance de Van. Il n'est rien dans la littérature mondiale, sauf peut-être les réminiscences du comte Tolstoï, qui puisse le disputer en allégresse pure, innocence arcadienne, avec les chapitres de ce livre qui traitent d'Ardis."

De Nabokov, tout le monde connaît, ne serait-ce que de nom, Lolita, mais, il est aussi l'auteur d'autres textes, donc Ada ou l'ardeur. J'ai découvert ce dernier après avoir lu je ne sais plus où un avis sur le livre disant que c'était mieux que Lolita, plus abouti, etc. Donc bien que je ne garde pas vraiment de souvenirs de Lolita, j'ai quand même voulu lire Ada ou l'ardeur en me disant que même si je ne pourrais pas faire de comparaison, je pourrais au moins juger le livre en lui-même.

L'histoire est celle de Van et de sa soi-disant cousine Ada, que l'on suit de leurs, respectivement,14 et 12 ans jusqu'à la fin de leurs vies. C'est une histoire d'amour fou, passionné, mais immoral et donc secret, ce qui les amène à se dissimuler sans cesse et à ne pas pouvoir vivre leur passion complètement. Le livre est sous la forme des mémoires de Van, avec parfois des commentaires d'Ada, comme des annotations sur le manuscrit de Van. Quant à l'époque et les lieux ù se déroulent le récit, difficile de savoir : il s'agit d'un monde qui ressemble fortement au nôtre, quelques part entre la seconde moitié du XIXe et le début du XXe, mais la géographie semble un peu bouleversée par rapport à celle que l'on connaît, mais cela ne gêne en rien la compréhension du récit.

L'intrigue en elle-même pas mal, sans être exceptionnelle pour autant. Ce qui lui donne son piquant ce sont les scènes érotiques entre les deux amants parce qu'elles sont très fortement suggérées sans jamais être décrites crûment, ce qui fait qui donne une impression de tension. Par contre, on trouve aussi, à la fin, des passages (sur le temps et l'espace) dont je me suis demandé ce qu'ils faisaient là. Certes, ça correspond aux recherches de Van, mais cela n'a rien à voir directement et c'est un peu difficile à suivre.

Globalement, j'ai trouvé le livre moyen ; l'histoire est somme toute banale, ce qui en améliore la qualité, c'est l'écriture : les suggestions plutôt que les descriptions, les pointes d'humour, etc, mais cela ne le rend pas pour autant inoubliable. Donc au final, même si ce n'est pas complètement mauvais, je suis un peu déçue, ce n'est pas un livre inoubliable.

Have you read those books ?

Voici une liste sur laquelle j'ai été marquée via Facebook. Voici la consigne : Have you read more than 6 of these books? The BBC believes most people will have read only 6 of the 100 books listed here. Instructions: Copy this into your NOTES (Chuuut, on ne crie pas ! Non, mais !). Bold those books you've read in their entirety. Italicize the ones you started but didn't finish or read only an excerpt. Tag other book nerds. Tag me as well so I can see your responses (Ah, je ne peux pas, on n'est pas sur FB... Tant pis, je vais appeler : "Youhou, Pauline ! J'ai répondu à la liste !").

1 Pride and Prejudice - Jane Austen

2 The Lord of the Rings - JRR Tolkien

3 Jane Eyre - Charlotte Bronte

4 Harry Potter series - JK Rowling

5 To Kill a Mockingbird - Harper Lee

6 The Bible

7 Wuthering Heights - Emily Bronte
C'est prévu, mais la fois où j'avais voulu l'emprunter à la médiathèque, il était déjà sorti, il ne restait que la version originale, en anglais, donc.

8 Nineteen Eighty Four - George Orwell

9 His Dark Materials - Philip Pullman

10 Great Expectations - Charles Dickens
Maintenant, oui !

11 Little Women - Louisa May Alcott

12 Tess of the D’Urbervilles - Thomas Hardy

13 Catch 22 - Joseph Heller

14 Complete Works of Shakespeare

15 Rebecca - Daphne Du Maurier

16 The Hobbit - JRR Tolkien

17 Birdsong - Sebastian Faulks

18 Catcher in the Rye - JD Salinger

19 The Time Traveler’s Wife - Audrey Niffenegger

20 Middlemarch - George Eliot

21 Gone With The Wind - Margaret Mitchell

22 The Great Gatsby - F Scott Fitzgerald

23 Bleak House - Charles Dickens

24 War and Peace - Leo Tolstoy

25 The Hitch Hiker’s Guide to the Galaxy - Douglas Adams

26 Brideshead Revisited - Evelyn Waugh
Non, mais de cet auteur j'ai lu Le cher disparu (The Loved One) et Grandeur et décadence (Decline and Fall), qui n'apparaît pas dans cette liste.

27 Crime and Punishment - Fyodor Dostoyevsky
Non plus, mais ça se fera sûrement. Pour l'instant, j'ai lu de lui L'idiot et L'adolescent, et j'ai Les frères Karamazov sur ma liste de livres à lire.

28 Grapes of Wrath - John Steinbeck

29 Alice in Wonderland - Lewis Carroll

30 The Wind in the Willows - Kenneth Grahame

31 Anna Karenina - Leo Tolstoy

32 David Copperfield - Charles Dickens
Il faudrait que je le lise un jour.

33 Chronicles of Narnia - CS Lewis

34 Emma -Jane Austen
Non, mais il est très probable que je le lise un jour.

35 Persuasion - Jane Austen
Idem.

36 The Lion, The Witch and the Wardrobe - CS Lewis

37 The Kite Runner - Khaled Hosseini

38 Captain Corelli’s Mandolin - Louis De Bernieres

39 Memoirs of a Geisha - Arthur Golden

40 Winnie the Pooh - A.A. Milne

41 Animal Farm - George Orwell

42 The Da Vinci Code - Dan Brown

43 One Hundred Years of Solitude - Gabriel Garcia Marquez

44 A Prayer for Owen Meany - John Irving
Non, mais de lui j'ai lu Le monde selon Garp (The World According to Garp) qui n'est pas listé ici.

45 The Woman in White - Wilkie Collins

46 Anne of Green Gables - LM Montgomery

47 Far From The Madding Crowd - Thomas Hardy

48 The Handmaid’s Tale - Margaret Atwood
C'est une auteure que j'aime bien, d'elle j'ai aussi lu La femme comestible (The edible woman), Faire surface (Surfacing), La voleuse d'hommes (The robber bride), Captive (Alias Grace) et Le tueur aveugle (The blind assassin).

49 Lord of the Flies - William Golding
Pas encore, mais il est sur ma liste de lecture depuis des années...

50 Atonement - Ian McEwan
Sur ma liste de lecture aussi.

51 Life of Pi - Yann Martel

52 Dune - Frank Herbert

53 Cold Comfort Farm - Stella Gibbons

54 Sense and Sensibility - Jane Austen

55 A Suitable Boy - Vikram Seth

56 The Shadow of the Wind - Carlos Ruiz Zafon

57 A Tale Of Two Cities - Charles Dickens

58 Brave New World - Aldous Huxley

59 The Curious Incident of the Dog in the Night-time - Mark Haddon

60 Love In The Time Of Cholera - Gabriel Garcia Marquez
Il faudrait que je le lise aussi.

61 Of Mice and Men - John Steinbeck

62 Lolita - Vladimir Nabokov

63 The Secret History - Donna Tartt

64 The Lovely Bones - Alice Sebold

65 Count of Monte Cristo - Alexandre Dumas
Sur ma liste de lecture.

66 On The Road - Jack Kerouac

67 Jude the Obscure - Thomas Hardy

68 Bridget Jones’s Diary - Helen Fielding

69 Midnight’s Children - Salman Rushdie

70 Moby Dick - Herman Melville

71 Oliver Twist - Charles Dickens
Listé comme étant à lire.

72 Dracula - Bram Stoker

73 The Secret Garden - Frances Hodgson Burnett

74 Notes From A Small Island - Bill Bryson

75 Ulysses - James Joyce
Pas encore, mais il faudra que le lise !

76 The Inferno - Dante

77 Swallows and Amazons - Arthur Ransome

78 Germinal - Emile Zola

79 Vanity Fair - William Makepeace Thackeray

80 Possession - AS Byatt

81 A Christmas Carol - Charles Dickens

82 Cloud Atlas - David Mitchell

83 The Color Purple - Alice Walker

84 The Remains of the Day - Kazuo Ishiguro

85 Madame Bovary - Gustave Flaubert

86 A Fine Balance - Rohinton Mistry

87 Charlotte’s Web - E.B. White

88 The Five People You Meet In Heaven - Mitch Albom

89 Adventures of Sherlock Holmes - Sir Arthur Conan Doyle
Pas encore, mais je les lirais !

90 The Faraway Tree Collection - Enid Blyton

91 Heart of Darkness - Joseph Conrad

92 The Little Prince - Antoine De Saint-Exupery

93 The Wasp Factory - Iain Banks

94 Watership Down - Richard Adams

95 A Confederacy of Dunces - John Kennedy Toole

96 A Town Like Alice - Nevil Shute

97 The Three Musketeers - Alexandre Dumas

98 Hamlet - William Shakespeare

99 Charlie and the Chocolate Factory - Roald Dahl
Pas celui-ci, mais de Roald Dahl j'ai déjà lu Mon oncle Oswald (My uncle Oswald), James et la grosse pêche (James and the giant peach) et Matilda (Matilda).

100 Les Miserables - Victor Hugo

Donc au final, j'ai lu plus que six ouvrages de cette liste ! Par contre, je ne lirais jamais tous les livres de cette liste parce qu'il y en a plusieurs qui sont de la science-fiction, or je ne suis pas particulièrement fan (sauf les uchronies et les dystopies), de même que tous les livres parlant de près ou de loin de religion (je n'ai aucune connaissance en la matière, ce qui rend difficile ma compréhension et pénible ma lecture). En tout cas, cela ma remet en tête des titres que j'ai noté comme étant à lire mais pour lesquels je n'ai pas eu de temps, de courage, d'envie et/ou d'occasion pour m'y consacrer.

Par ailleurs, je suis censée nommer des gens qui à leur tour répondront à cette liste, mais je ne vais nommer personne, seulement la suggérer fortement à La stagiaire dans la Pomme qui aime bien les tags et les livres (mais pas trop les listes apparement...^^)

Le blog de Frantico, Frantico (2005)

Hier j'étais à la médiathèque sans vraiment savoir quoi emprunter, donc pour changer des romans, j'ai été faire un tour dans les rayons BD où j'ai croisé Le blog de Frantico. Je ne connais que très peu de choses dans le domaine de la BD, mais à force de passer du temps sur Internet, j'avais fini par tomber sur le nom de ce fameux auteur et des mystères et supputations quant à son identité.

Parce que oui, on ne sait pas vraiment qui se cache derrière le pseudonyme de Frantico, ni même s'il dissimule une ou plusieurs personnes. Apparemment, et pour le moment, il est attribué à Lewis Trondheim, qui nie être Frantico, mais qui fait quand même apparaître ce titre dans sa bibliographie sur son site... Bref, mystère. Ça me fait juste penser que ça fait un bon moment que j'ai envie de lire Les petits rien de Lewis Trondheim mais que je ne l'ai toujours pas fait.

Bon, revenons au sujet de cet article : Le blog de Frantico. Comme le titre l'indique, les planches ont d'abord été publiées sur un blog, avant de se voir publiées sur papier. Il s'agit du quotidien d'un homme un peu gros, un peu chauve, un peu pauvre et beaucoup célibataire. Ses principaux -et seuls- intérêts sont son art et le sexe. Il a (ou ou crois avoir) également le "super" pouvoir de décrypter les pensées réelles des gens et des animaux, et dans ses aventures de tous les jours, il est (dans sa tête) accompagné d'un gros chat (sa mauvaise conscience) et d'un homme en pagne (qui lui signale les dangers).

Quant au dessin, je pense qu'il pourrait rebuter un peu des gens parce qu'il est vrai que qu'il est difficile de le qualifier de beau, mais il est compréhensible et sert le récit, il dit l'essentiel. (Digression : en cours, un prof -libraire spécialisé en BD- nous a expliqué que dans la bande-dessinée indépendante, comme c'est le cas ici, il y a des styles extrêmement différents, et que parfois le dessin est secondaire, il ne fait qu'appuyer, illustrer une idée ou des propos, qui elle/eux est/sont principale/aux.)

Bref, tel que je le décrit, on peut croire qu'en plus d'avoir un contenu étrange et décousu, c'est mal dessinée, mais en fait, non, c'est très clair, cohérent, et surtout très drôle ! Je ne regrette pas le hasard qui m'a fait croiser ce livre et l'emprunter, parce que je l'ai adoré !

Toute passion abolie, Vita Sackville-West (1931)

"Lady Slane, veuve à 88 ans d'un aristocrate éminent, décide d'entamer une nouvelle vie. Elle déjoue obligations familiales et contingences matérielles, s'accordant in extremis une petite part de liberté et d'épanouissement personnel, en la personne de FitzGeorge, très vieux collectionneur d'art célibataire, qu'elle a brièvement connu dans sa jeunesse et qui sera le complice de ses derniers jours, l'amant de coeur qu'elle a toujours rêvé d'avoir."

J'ai découvert ce livre en le voyant apparaître dans une liste d'ouvrages aux couvertures décorées par Christian Lacroix (voici un article qui en parle). Comme je n'avais jamais entendu parler ni de ce livre ni de cette auteure, j'étais intriguée et j'ai donc voulu mettre la main dessus, par curiosité, pour savoir de quoi il s'agissait.

Le récit débute à la mort d'Henri, comte de Slane, le mari de Lady Slane, que l'on suit ici. Leurs cinq enfants se réunissent alors pour décider quoi faire de leur mère qui ne peut pas rester seule dans une grande maison, et pour la première fois, à la grande surprise de chacun, Lady Slane décide de faire ce qu'elle à envie, sans tenir compte de ce que ses enfants ont prévu.

Pendant toute sa vie, elle a en effet suivi ce qu'on lui disait de faire, ce qu'elle devait faire selon son rôle, jouant un rôle de fille modèle puis d'épouse modèle de diplomate, toujours effacée et obéissante. Son mari décédé et elle étant âgée de 88 ans, elle décide de mettre à profit ses dernières années pour enfin faire ce dont elle a envie. Elle décide par exemple de s'installer dans une maison qu'elle avait repéré trente ans auparavant, de ne pas recevoir la visite de ses petits-enfants, et le moins possible celle de ses enfants.

Il s'agit là d'un bon petit (ce n'est pas péjoratif !) roman anglais piquant, drôle et lucide, avec un petit côté excentrique aussi : bref, très agréable à lire !

Eden matin midi et soir, Chloé Delaume (2009)

"Thanatopathie [tanatopati] n. f. – du grec thanatos, la mort, et de pathos, ce dont on souffre. C’est ainsi qu’Adèle a nommé le mal qui la ronge, un mal qui la rend inapte à la vie. Durant cinquante minutes, elle explore chaque recoin de sa pathologie, avec l’humour de ceux au-delà du désespoir. Cinquante minutes, c’est le temps moyen qui sépare deux suicides en France."

Je vais parler ici d'une relecture : Eden matin midi et soir de Chloé Delaume. Il est difficile de ne parler que d'un seul des textes de cette auteure sachant qu'il y a des thèmes récurrents et que même si chacun des livres est autonome, on les appréhende beaucoup mieux en ayant lus ceux qui ont précédé, il y a une certaine cohérence entre eux. Et il est également difficile de parler d'une auteure dont j'apprécie les textes depuis que je l'ai découverte, pendant l'été 2006, avec J'habite dans la télévision. Comme j'avais bien aimé, j'ai enchaîné sur Corpus Simsi qui m'avait plu aussi, puis j'ai lu la plupart des autres textes qu'elle a pu écrire, sauf le théâtre, mais là c'est parce que c'est une forme que j'apprécie peu.

Pourtant, Eden matin midi et soir est du théâtre, ou en tout cas, c'est un texte destiné à être lu. Mais il ne s'agit pas de dialogues, non, c'est un monologue, celui d'Adèle, qui veut la mort, mort décidée après un vote à l'unanimité dans sa tête, parce qu'elle se sent mal, inadaptée, tiraillée, tourmentée, parce que quelque chose déraille, mais elle dit ne pas être dépressive, le suicide n'est que le résultat d'une réflexion. Ce texte a l'air particulièrement sombre et déprimant, mais non, l'écriture et riche, ludique (moins que dans d'autres de ses textes tout de même) et drôle aussi. Adèle parle de son désir de mourir tranquillement, mais décrit avec ironie à quel point c'est compliqué et absurde. Quand on a lus d'autres livres de Chloé Delaume -qui ne sont pas de l'autobiographie, mais de l'autofiction- on sait qu'elle a tenté plusieurs fois de se suicider, ce qui rend peut-être, sûrement ?, ce texte aussi pertinent et perspicace : elle traite le sujet sans s'apitoyer, dans être dramatique ni tragique, mais avec lucidité et humour, et un côté blasé aussi.

Quant à l'écriture, elle est très riche et travaillée. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles j'apprécie les textes de Chloé Delaume : chaque mot compte, qu'il a été arraché, tourné et retourné avant d'être posé sur le papier, on sent que c'est travaillé au corps. Cela fait qu'il y a quelque chose d'âpre dans les textes, mais le résultat est tout de même très bien rédigé, fluide et ludique, avec des jeu sur les sons et les sens, chose qui me plaît beaucoup (j'aime beaucoup les mots et tout ce que l'on peut en faire).

Bref, j'aime énormément ce texte en plus il n'est pas très long ce qui le rend d'autant plus accessible. Et avant de terminer, voici un passage qui me plaît bien : "Seulement ma déficience, personne ne la prend en compte. Il faudrait pour cela qu'elle soit physiologique, pourtant c'est encore pire qu'avoir un souffle au cœur. C'est mon âme toute entière qui n'est que déformation. Il me manque quelque chose, quelque chose comme l'espoir, l'envie et le besoin. Je sais que je ne suis rien, je ne cherche pas à m'inscrire dans cette grande fiction qu'on nomme l'Histoire des hommes. Je ne lui apporterais rien, au Livre. Je préfère m'effacer, je ne le comprends pas, je suis un personnage bien trop mal esquissé, défini de travers, je ne peux pas rester. Ça relève de la décence."

Et pour information : une lecture du texte avait été diffusée sur France Cul(ture) en septembre, pour l'écouter, c'est ici.

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