La reine des lectrices, Alan Bennett (2007)

"Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ? C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les soeurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'oeil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s'inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d'aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor. C'est en maître de l'humour décalé qu'Alan Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture."

J'avais voulu lire ce livre après en avoir entendu du bien, et il y a quelques temps j'avais lu un autre texte d'Alan Bennett, La mise à nue des époux Ransome (l'article est ici), que j'avais bien apprécié. Donc, l'occasion s'étant présentée de lire enfin La reine des lectrices, je n'ai pas hésité.

L'histoire est donc celle de la Reine d'Angleterre qui, par hasard, tombe sur un bibliobus à côté de son palais. Elle s'y rend, plus par politesse et curiosité que par intérêt, et finalement, emprunte un livre. Puis, lorsqu'elle va le rendre, elle décide d'en emprunter un second, et c'est alors le début d'une longue série. La reine va dévorer les livres, touchant à tous les genres et toutes les époques, guidée par Norman, un jeune homme travaillant aux cuisines de Buckingham Palace. Mais évidemment, cette faim de lecture ne va pas être sans conséquences.

J'ai beaucoup aimé lire ce livre : c'est drôle, bien écrit, piquant, etc. Et puis le texte a juste la bonne longueur : un peu moins aurait été trop peu, un peu plus aurait été ennuyeux. Je me demandais aussi si l'auteur allait parvenir à retomber sur ses pattes à la fin, et oui, c'est le cas, la fin n'est pas décevante ou bâclée (ce que je craignais), donc bref, c'est un petit roman drôle et agréable à lire !

Mortimer, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 4) (1987)

"Morty traverse les champs en courant ; il mouline des bras et s’égosille comme un beau diable. Non. Même ça, même effrayer les oiseaux pillards, il n’est pas fichu de s’en tirer proprement.
Son père, au désespoir, l’observe depuis le muret de pierres.
« Il manque pas de cœur, fait-il à l’oncle Hamesh.
— Ah, dame, c’est le reste qu’il a pas. »
Et pourtant un destin hors du commun attend Mortimer. Car à la foire à l’embauche, LA MORT l’emporte sur son cheval Bigadin.
Il faut dire que LA MORT a décidé de faire la vie ; et l’assistance d’un commis dans son labeur quotidien lui permettrait des loisirs. Mais... Est-ce bien raisonnable ?
Avec, comme toujours, un scénario qui décoiffe, une distribution prestigieuse et, peut-être, peut-être, une exceptionnelle apparition de l’illustre Rincevent
."

La lecture de ce livre fait suite au fait que je me suis lancée dans Les Annales du Disque-Monde, donc logiquement, après avoir lus les trois premiers tomes, je continue avec le quatrième.

Dans cet épisode, nous découvrons de nouveaux personnages, à part la Mort et sa fille, déjà croisés auparavant, et Rincevent que nous croisons le temps de quelques pages. Ici, le personnage principal est Mortimer, alias Morty, jeune garçon tout en angles et genoux, peu doué de ses mains, que son père emmène à une foire avec de lui trouver un employeur. Et, à minuit, alors que Morty et son père s'apprêtent à partir, un employeur potentiel arrive, et celui-ci n'est autre que la Mort...

Donc Morty devient apprenti chez la Mort, sauf qu'il loupe une mission et que c'est tout l'ordre du monde qui est menacé. C'est les conséquences de cette erreur que nous lisons, comment les différents personnages concernés vont tenter de trouver une solution pour éviter de bouleverser l'ordre des choses.

J'ai bien aimé lire ce quatrième opus, pour l'instant, je trouve que plus j'avance dans cette série, plus j'apprécie, peut-être que c'est parce que je m'habitue au style, à l'écriture, ou bien que les livres sont mieux écrits, je ne sais pas, en tout cas, le fait est que j'apprécie de plus en plus !

Le goût des pépins de pomme, Katharina Hagena (2008)

"À la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu’elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l’entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes."

C'est le titre de ce livre qui a attiré mon attention et attisé ma curiosité, sinon, je n'en avais jamais entendu parler. Donc après avoir vu le titre, j'ai lu la quatrième de couverture et vu que l'histoire avait l'air pas mal et qu'en plus la narratrice est une bibliothécaire (j'aime les livres qui parlent de livres), je me suis décidée à le lire.

L'histoire commence donc après un décès, celui de Bertha. La narratrice, Iris, petite-fille de Bertha, hérite alors de la maison de cette dernière. A partir de là, nous allons suivre la vie d'Iris dans les temps qui suivent le décès de sa grand-mère, mais aussi remonter dans le passé et découvrir l'histoire de trois générations de femmes, de Bertha à Iris, avec les soeurs, les amies, les accidents, les différentes personnalités, etc.

J'ai plutôt bien aimé ce livre, notamment l'aspect histoire de famille avec la vie sur trois générations, les personnages qui grandissent et vieillissent, et un peu moins l'aspect du présent, surtout la relation entre Iris et Max, notaire chargé du testament de Bertha et frère de l'ancienne meilleure amie d'Iris, qui est un peu trop prévisible. Malgré cela, le récit reste agréable à lire malgré quelques longueurs et des aspects qui -je pense- auraient gagné à être développé (le fait qu'Iris est une bibliothécaire qui n'aime plus lire, les épisodes du passé, etc).

En tout cas, j'ai trouvé cette lecture agréable, c'est un bon roman qui parle de l'histoire d'une famille, en particulier des femmes, des pommes, des souvenirs et de la mémoire.

L'étrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman (2008)

"Un bébé échappe par miracle à un mystérieux assassin qui vient de tuer sa famille. Le nouveau-né trouve refuge dans le cimetière voisin. Adopté par un couple de fantômes – M et Mme Owens –, ami de Lise, une ex-sorcière excentrique autrefois brûlée vive, et protégé par un vampire mystérieux et fascinant – Silas –, le jeune Nobody Owens grandit heureux, entouré d’amour par une bien drôle de famille. Mais vivre parmi les morts peut se révéler aussi dangereux que d’affronter le monde des vivants. Car le meurtrier des parents de Nobody le traque toujours, plus que jamais décidé à accomplir sa mission : tuer Nobody…"

J'ai choisi de lire ce livre après la lecture de Neverwhere, de Neil Gaiman également (l'article où j'en parle) : comme j'avais aimé ce-dernier, j'avais envie de continuer la découverte de la bibliographie de cet auteur.

Lorsque le récit débute, la famille de Nobody vient d'être assassinée, et Nobody est le prochain sur la liste puisque le tueur est en train de se diriger vers sa chambre. Sauf que le lit est vide : l'enfant (alors âgé de 4 mois) était parti en vadrouille. Etant parvenu à sortir de la maison, il va vers le cimetière tout à côté, et là, il est protégé par les morts alors que le tueur est mis en déroute. Nobody est adopté par un couple de défunts, les Owens, et il grandit dans le cimetière, avec pour tuteur Silas, qui n'est ni mort ni vivant.

L'histoire suit donc la croissance de Nobody, avec son éducation, ses découvertes, ses rencontres, ses bêtises et désobéissances, etc, et cela jusqu'à son adolescence, alors que le tueur du début revient à la charge.

J'ai plutôt bien aimé ce livre, même si l'intrigue est parfois un peu trop simple, avec beaucoup de hasard heureux. En même temps, il s'agit d'un livre pour enfants et adolescent, avec un héros-enfant et un monde fantastique, donc cela implique que l'intrigue soit directe et relativement peu ambiguë ou complexe (non pas que je dévalorise la littérature jeunesse, hein !).

En tout cas, j'ai plutôt apprécié, même si ce livre est clairement destiné à la jeunesse ce qui fait qu'il n'est pas exactement adaptés à mes préférences littéraires, puisque j'ai un penchant pour les intrigues plutôt compliquées, voire tordues. Mais pour un enfant qui lit beaucoup ou un adolescent, je pense que ce livre est pas mal.

Femmes amoureuses, David Herbert Lawrence (1920)

"Dans ce roman, deux couples affrontent le problème de l'amour et du mariage. Le plus brillant, formé de l'artiste Gudrun et du superbe Gérald, finira par une mort dramatique. Le second, qui unit Ursule, la petite institutrice, et Birkin, l'inspecteur d'école infirme, ira dans la direction du bonheur."

Cela faisait plusieurs années que cet ouvrage se trouvait sur ma liste de lecture, je crois que je l'y avais ajouté parce qu'apparemment c'était un roman anglais notable, peut-être un classique même, bien que je n'en ai aucune idée. En tout cas, c'était plus pour mon édification personnelle que par curiosité que je me suis lancée dans cette lecture.

L'histoire comporte quatre personnages principaux : les deux soeurs, Ursule et Gudrun, et deux amis, Birkin et Gérald, et se passe dans la province anglaise du début du XXe siècle. Le récit est donc celui de la formation de de deux couples à partir des quatre personnages que je viens d'énumérer.

Je dois dire que j'ai trouvé cette lecture très laborieuse, je n'ai terminé ce livre que parce que j'ai pour principe de finir ce que je commence (que ce soit les livres ou les tablettes de chocolat). A mes yeux, l'histoire ne décolle pas, il faut à peut près les deux tiers du roman avant que les couples ne se forment, on n'a l'impression que personne ne fait rien, qu'il ne se passe rien, et le tout est entrecoupé de passages de réflexions des personnages sur le progrès, l'industrie, la mécanisation, etc. 

Certes, il y a des passages qui m'ont semblé un peu plus qu'ambigus sur ce que ressentent charnellement les personnages, mais c'est noyé dans une mer d'ennui donc ça ne présente aucun intérêt. J'ai trouvé que ce récit manquait de rythme, que le fil du récit ne ressortait pas, que la volonté des deux soeurs de ne pas se soumettre n'était pas assez marqué et qu'il y avait vraiment des passages superflus.

Fauteuil-étagère & anecdote



Voici un fauteuil très original et adapté aux bibliophiles, j'aime beaucoup le principe ! (Source de l'image)

Sinon, à la Médiathèque, je viens d'entendre une femme âgée dire qu'elle venait "pour louer de la lecture à l'année", c'est-à-dire qu'elle venait pour s'inscrire, tout simplement !

Hypothermie, Arnaldur Indridason (2007)

"C’est l’automne. Maria, une femme d’une cinquantaine d’années, est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n’était pas "le genre" de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d’entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l’au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d’écouter l’enregistrement tout en lui répétant que ni l’enquête ni l’autopsie n’ont décelé le moindre élément suspect. L’audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l’investigation à l’insu de tous. Il découvre que l’époux de Maria a eu un passé agité, qu’il a une liaison avec l’une de ses anciennes amours, qu’il est endetté et que Maria possédait une vraie fortune. Une intrigue parallèle nous raconte l’histoire d’un jeune couple disparu lors d’une promenade sur le lac. Et nous avons enfin des informations sur la nature des relations d’Erlendur avec son ex-épouse, Halldora."

J'ai lu ce livre par hasard, parce qu'il m'est passé entre les mains et qu'Arnaldur Indridason n'est pas un nom qui m'est inconnu, j'ai déjà lu un ou deux livres de lui il y a quelques temps.

Donc l'histoire est celle d'un suicide qu'Erlendur, héros récurrent des romans d'Arnaldur Indridason, est amené à constater. Rien n'indique autre chose puisque la défunte, Maria, était profondément perturbée et déprimée depuis le décès de sa mère deux ans auparavant et qu'elle parlait régulièrement de la vie après la mort, de reprendre contact avec feue sa mère. Et puis on s'aperçoit que ce n'est peut-être pas qu'un suicide, mais que ce n'est pas un meurtre non plus...

J'ai bien aimé lire ce livre, ça me change un peu de lire un roman policier de temps en temps. Celui-ci est bien, encore que l'intrigue parallèle avec les dossiers de disparitions repris par Erlendur me semble un peu bancale et la résolution peu crédible. Outre cela, c'est toujours intéressant de retrouver des personnages récurrent, de suivre l'intrigue principale, mais aussi les problèmes familiaux et psychologiques des personnages, leurs doutes, leurs relations, leurs humeurs, etc.

Bref, un roman policier agréable à lire (sauf si on cherche quelque chose de palpitant avec de l'action).

Des hommes, Laurent Mauvignier (2009)

"Ils ont été appelés en Algérie au moment des « événements », en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies.
Mais parfois il suffit de presque rien, d"une journée d’anniversaire en hiver, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.
"

J'avais pas mal entendu parler de ce livre lors de sa sortie il y a un an et demi et encore plus parce que l'un de nos prof prenait souvent ce titre quand il lui fallait un exemple, donc à force j'avais retenu l'existence de cet ouvrage. Malgré cela, je n'étais pas particulièrement tentée pour le lire : le sujet en est la Guerre d'Algérie, un sujet qui ne m'intéresse pas vraiment. Mais bon, le hasard m'a fait passer ce livre entre les mains, donc je me suis dis "Pourquoi pas ?".

L'histoire débute lors d'un anniversaire, les 60 ans de Solange. Un de ses frères, Bernard, alias Feu-de-bois, est présent, lui l'alcoolique qui vit en solitaire. Et il offre une broche magnifique à sa soeur alors que tout le monde le croit pauvre et le soutient financièrement, puis il fait une remarque raciste à propos d'un ami arabe de sa soeur. Le reste de la soirée dégénère. Tout nous est raconté par un cousin de Bernard et Solange, Rabut. Ce dernier raconte l'histoire familiale, celle de Bernard et la Guerre d'Algérie, l'égarement, la violence, le ressentiment, la peur, la haine, la fatigue.

Des hommes n'est pas un roman divertissant, loin de là : c'est plutôt oppressant, tendu, saisissant. Le narrateur ne cherche pas à excuser son cousin, mais à expliquer ce qui a pu le mener à être ce qu'il est, ce qui l'a bouleversé, ce qui l'a changé. Et cela rend le livre accessible, parce qu'il mêle la vie d'un personnage à l'Histoire, il ne s'agit pas de dates, mais de l'impact sur une existence.

Au final, je ne regrette pas cette lecture. Le style d'écriture peut être déroutant parce qu'il mêle la narration, les dialogues, le langage parlé et le langage écrit, mais cela reste tout de même très fluide. Et même si le sujet est plutôt pesant, cela reste très intéressant à lire.

ABC3D, Marion Bataille


Voici une vidéo d'un livre sorti il y a quelques années et que je trouve absolument génial, ingénieux et fascinant ! En fait, cela tient plutôt du livre d'artiste puisque que le livre n'est pas seulement un support mais aussi un matériau pour une création plastique.

Neverwhere, Neil Gaiman (1996)

"Dans une rue de Londres, un soir ordinaire, Richard trouve une jeune fille au sol, blessée.
Il la prend dans ses bras, elle est d'une légèreté surprenante.
Le lendemain, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le reconnaît pas, certains ne le voient même plus. Le monde à l’envers, en quelque sorte.
Car il semblerait que Londres ait un envers, la « ville d’En Bas », une cité souterraine où vit un peuple d’une autre époque, invisible pour le commun des mortels. Comme plus rien ne le retient « là-haut », Richard rejoint les profondeurs…
"

J'ai choisi de lire ce livre après la lecture de De bons présages (article ici) écrit à quatre mains, celles de Terry Pratchett -dont j'ai déjà commencé à lire les Annales du Disque-Monde- et de Neil Gaiman -dont je n'avais encore rien lu. J'ai donc voulu connaître un peu plus son style, son univers, sa bibliographie et comme Neverwhere était disponible quand j'ai cherché des textes de Neil Gaiman, et bien je l'ai lu.

Le narrateur du récit est Richard, employé de bureau fiancé à Jessica, une femme détestable, arrogante et dirigiste. Un soir, alors que ce couple se rend au restaurant pour un dîner avec le patron de Jessica, une jeune fille ensanglantée tombe à leur pied, sorti d'une porte qui n'est plus là ensuite. Jessica préfère ignorer la blessée et aller au restaurant, Richard veut lui porter secours. Et c'est là que la vie de Richard bascule parce que la jeune fille blessée n'est pas une jeune fille comme les autres, elle vient du monde souterrain de la ville de Londres, un monde parallèle et fantastique.

J'ai beaucoup aimé ce livre, c'est très bien écrit, l'intrigue est riche et cohérente, les personnage sont intéressants et variés, ce n'est pas trop compliqué sans pour autant être prévisible, bref, c'est un bon roman fantastique accessible à tous, amateur de fantastique ou non, grand ou petit lecteur.

Mangez-moi, Agnès Desarthe (2006)

"Ouvrir un restaurant? Quelle idée saugrenue. C’est pourtant celle qui vient à l’esprit de Myriam, et qu’elle s’empresse de mettre à exécution. Les ennuis commencent. Ils ne cesseront plus, conduisant inexorablement la jeune femme à la catastrophe.À moins que le hasard – ou le destin – ne s’en mêle."

Il s'agit là d'un livre dont je n'avais jamais entendu parler et que j'ai choisi de lire par hasard, parce que j'avais déjà entendu le nom de l'auteur lors d'un salon du livre où elle était présente en tant qu'auteur de livres destinés à la jeunesse. Donc quand j'ai vu un roman pour adulte signé de son nom, je me suis dit que c'était l'occasion de découvrir un de ses textes.

L'histoire est donc celle de Myriam, une femme dont nous ne savons pas grand chose au début, si ce n'est qu'elle (s')est déracinée, qu'elle n'a plus de contact ni avec ses amis, ni avec sa famille et qu'elle a menée une vie un peu marginale, travaillant aux cuisines dans un cirque. Au moment où commence le récit, Myriam a décidé d'ouvrir un restaurant et c'est le démarrage de celui que nous suivons, l'angoisse des tables vides, les premiers clients, le fleuriste d'à-côté qui vient rendre visite, les doutes et le surmenage, les nouvelles idées et les corrections à apporter, etc. Et c'est aussi l'histoire de Myriam que nous découvrons au fil du texte, le passé qu'elle a quitté, l'erreur qu'elle a faite.

En lisant la quatrième de couverture, je ne m'attendais pas à l'histoire que j'ai trouvée, mais je n'ai pas été déçue pour autant. C'est une histoire bien écrite et assez prenante, mais je l'ai tout de même trouvée un peu trop idéaliste, manquant de crédibilité puisque par exemple, Myriam a l'air d'ouvrir le restaurant sans aucune démarche administrative, sans demander d'autorisation à quiconque, sans aucun contrôle sanitaire, etc.

Bref, c'est agréable à lire, mais sans plus, le récit manque de crédibilité, de réalisme, et puis j'aurais également aimé que le rapport entre Myriam et les livres soit un peu plus développé. Mais bon, Mangez-moi reste un roman qui se lit bien et qui m'a fait découvrir l'existence du gâteau carotte-cannelle qu'il faudra que je tente un de ces jours.

Bludzee, Lewis Trondheim (2010)

"Bludzee est un petit chat noir aux yeux bleus, drôle et ultra-attachant. Il vit seul dans un grand appartement. Son maître a disparu, le laissant livré à lui-même. Chaque jour, Bludzee apprend comment survivre dans un univers étrange, seulement armé d'une boîte de croquettes qui s'épuise inexorablement ! Parviendra-t-il à sortir de l'appartement ? Mieux vaudrait pas. C'est pire dehors..."

J'ai découvert l'existence de cette BD par hasard en lisant quelque chose à son propos sur un blog qui n'a rien à voir avec les livres, et le peu que j'en ai lu m'a donné très envie de la lire, surtout que cet ouvrage est signé Lewis Trondheim qui est un auteur de BD que j'aime plutôt bien. En plus le héros est un chat, et j'aime les chats (oui, je sais, ce n'est pas très objectif ou rationnel comme argument).

Et chose intéressante (enfin, si on s'intéresse aux questions liées au livre et aux nouvelles technologies) que j'ai apprise alors que je cherchait à en savoir plus sur ce livre : les planches ont d'abord été destinée aux smartphones et autres tablettes, ce n'est qu'ensuite qu'il a été décidé d'en faire un livre papier.

Bref, le fait est que j'ai achetée cette BD et que je ne le regrette pas : j'ai adoré ! L'histoire est donc celle de Bludzee, un petit chat qui se retrouve seul dans un appartement, dans un gratte-ciel, et il va découvrir son environnement au fil des planches et faire plein de rencontres plus ou moins étranges. Au début, il s'agit plutôt de planches indépendantes, puis ensuite apparaît un fil narratif avec une histoire de tueurs à gages : tout est bien, mais j'avoue que je préfère quand même le début. 

En tout cas, j'ai beaucoup aimé le dessin, les couleurs et j'ai bien ri, donc je conseille cette BD !

Kafka : pour et contre, Günther Anders (1951)

"Il vivait à une époque ambiguë - une époque qui avait depuis longtemps renoncée au "sens" en tout ce qu'elle faisait..., qui du fait de "la mort de Dieu", avait perdu la Providence, donc la finalité de l'action, donc son sens ; et qui n'avait même plus confiance dans le "Progrès", substitué à la Providence, dernier descendant, voué à une mort précoce, malgré ses bonnes joues bien rouges, des principes générateurs du "sens", mais qui n'était nullement à la hauteur, ni d'esprit ni d'âmes de sa propre pratique ; une époque vide de tout sens et qui traînait avec elle, en guise de parures et d'amulettes, les tessons de vocabulaires religieux, métaphysiques et moraux brisés depuis bien longtemps.
Il prenait ces tessons au sérieux. Il s'en servait pour se bricoler des lunettes
."

Je ne lis pas souvent des essais, mais celui m'intéressait pour deux raisons : la première est qu'il s'agit de Franz Kafka et la seconde est que l'auteur du texte est Günther Anders. A propos de Kafka, il s'agit d'un auteur dont j'apprécie les textes, que ce soit l'écriture ou le contenu, mais bien que j'ai déjà lu des livres de Kafka, je n'ai jamais rien lu sur lui, donc cela pouvait être intéressant de le faire. Quant à Günther Anders, j'avais déjà lu un texte de lui il y a quelques années -L'obsolescence de l'homme- après qu'un prof de philosophie nous en ait parlé lors d'un cours à l'université, et j'avais plutôt bien aimé, donc j'étais curieuse de lire un autre texte de sa plume.

Parmi les thèmes abordés on trouve la forme de la fable, les (non-)réactions des personnages dans des situations qui paraissent étranges au héros, celui-ci étant sans cesse étranger (des parallèles sont faits avec le statut même de Kafka), les situations figées ou cycliques, les raisons qui font que les textes de Kafka fascinent (les Français et les Allemand en particulier), le rapport entre faute et punition, l'impersonnalité des personnages, le triangle horreur-beauté-fascination, la religion et les croyances, etc.

Bref, les thèmes traités sont assez larges, mais ce que j'ai reproché à ce texte, et l'auteur l'évoque d'ailleurs lui-même à la fin, c'est que les textes de Kafka sont souvent rapprochés de la Seconde Guerre Mondiale et de tout ce qu'elle a impliqué, alors que cette guerre est intervenue après la mort de Kafka. Ce qui fait que les interprétations et analyses purement littéraires sont crédibles, mais celles qui sont liée à la politique du XXe siècle m'ont un peu désorientée.

Outre cela, j'ai bien aimé lire ce texte, même si j'avoue que sa lecture n'a pas été facile : Günther Anders étant un philosophe, il y a des passages qui demande tout de même pas mal de concentration, de réflexions et de références. Mais bon, cela reste intéressant d'avoir des informations à propos d'un auteur qu'on apprécie comme c'est mon cas avec Kafka.

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti (1999)

"Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'œil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'auto-dérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes."

Cela fait maintenant un an et demi que j'entends parler de ce livre en bien et que je le vois mis en avant dans les librairies, donc j'avais envie de savoir ce qui faisait son succès et la longévité de celui-ci (succès tardif puisque le livre est paru en 1999 pour la première fois). Surtout que j'en avais entendu parler sur des blogs et sites littéraires, mais aussi sur des blogs n'ayant rien ou peu à voir avec les livres, donc un public large avait l'air d'être concerné. Bref, l'occasion pour moi de le lire a fini par se présenter et j'en ai profité.

L'histoire est celle de Désirée et de Benny. Elle est bibliothécaire, citadine, un peu bobo et lui est un agriculteur rustre et carré. Ils se rencontrent au cimetière alors qu'elle rend visite à la tombe de son époux et que lui va voir la tombe de ses parents. Au début, ils se croisent et se jaugent, se trouvent étranges et étrangers. Et puis finalement ils se parlent et finissent par se lier.

C'est donc assez prévisible : deux personnes que tout oppose qui finissent dans les bras l'une de l'autre, avec tous les désaccords, décalages et divergences que cela amène. Au final, j'ai trouvé ce récit un peu trop prévisible, pas assez consistant. Je comprends ce qui fait qu'il plaît largement : c'est bien écrit, les personnages et leurs aspirations sont bien décrites, mais ça reste un petit peu caricatural à mon goût, un peu trop simple. Donc ce n'est pas mauvais, c'est accessible avec un fond et une forme fluide, c'est bien si on lit peu  et/ou si on a envie d'une lecture pas trop prise de tête, mais cela ne correspond pas à mes préférences, ce n'est pas assez approfondi, assez complexe.

La librairie des ombres, Mikkel Birkegaard (2008)

"Nichée au coeur de Copenhague se trouve une vieille librairie au nom italien : Libri di Luca. Son propriétaire, Luca Campelli, vient de mourir de manière très abrupte et pour le moins... étrange. C'est Jon, son fils, avec qui il a rompu tout contact depuis 20 ans, qui hérite du magasin. Entraîné malgré lui dans l'histoire familiale, Jon découvre bientôt que cette librairie renferme un secret fabuleux. Son père était en fait à la tête d'une société de « lettore », des personnes dotées d'un pouvoir exceptionnel leur permettant d'influencer la lecture des autres, de créer des mondes merveilleux, de donner naissance à des histoires extraordinaires... mais aussi de manipuler jusqu'au meurtre. Plus Jon avance dans ses recherches, plus il se persuade que la mort de son père n'a rien de naturel. Dissimule-t-elle une lutte de pouvoirs au sein de cette société secrète ? Y a-t-il un traître parmi ses membres ? Quelqu'un cherche-t-il à s'emparer de leur don incroyable ? Afin de rassembler les morceaux épars de son passé et retrouver les assassins de son père, Jon se lance dans une quête acharnée qui va se révéler risquée... Et si Luca l'avait volontairement écarté de cette société aussi mystérieuse qu'inquiétante, où les livres ont le pouvoir de changer le cours de la vie ?"

Je n'avais jamais entendu parler de ce livre avant de le croiser, mais j'ai tout de même immédiatement voulu le lire parce que d'après sont titre -et cela a été confirmé lors de la lecture de la quatrième de couverture- ce récit parle de livres. Et vu mon intérêt pour les livres et la lecture, un livre qui parle de livres ne peut qu'éveiller ma curiosité.

Donc c'est une histoire donc les héros sont des lecteurs, mais pas des lecteurs "normaux" : en effet, ils ont le pouvoir d'influencer les autres lecteurs ou leurs auditeurs. Cela est évidemment source d'enjeux de pouvoir puisque par exemple, en lisant un texte à proximité d'un homme politique on peut lui faire dire le contraire de ce qu'il veut dire, par conséquent, un lecteur doté de pouvoir placé dans une position stratégique (c'est-à-dire près d'élus, de chefs d'entreprises, etc) peut avoir un impact énorme. Et c'est ce genre de lecteurs que va découvrir Jon, avocat, alors qu'il se rend à la librairie de son père après la mort de ce dernier et qu'il doit décider de l'avenir de la librairie en question.

J'ai bien aimé La librairie des ombres, même s'il n'a tout de même pas correspondu à ce que j'en attendais : je pensais que ce serais plutôt un récit policier alors qu'en réalité cela s'approche plutôt du fantastique. Mais outre cela, c'est un roman bien ficelé, malgré quelques petites lourdeurs vers la fin ,et j'en ai donc apprécié la lecture.

Omi-visibilis, Matthieu Bonhomme & Lewis Trondheim (2010)

"Hervé, célibataire, la trentaine maniaque, mène la vie un peu mesquine mais sans histoires d'un employé de bureau lambda. Un matin, il se rend compte que son voisin entend ce qu'il pense, puis un quidam dans le bus, puis sa mère, à des kilomètres de là... Hervé est devenu une sorte d'open-source à sens unique, un télépathe inversé dans lequel six milliards d'êtres humains lisent à livre ouvert... Le cauchemar peut commencer."

J'ai découvert l'existence de cette BD au hasard, en me baladant sur Internet et le synopsis m'a paru intéressant, assez en tout cas pour me donner envie de lire cette BD dès que possible.

L'histoire est donc celle d'un homme dont les sens et pensées sont accessibles à tout le monde : n'importe qui -tout le monde en fait- voit ce qu'il voit, sent ce qu'il sent, sait ce qu'il pense, etc. C'est assez angoissant, le personnage est d'ailleurs obligé de fuir, de se cacher, mais cela est rendu compliqué par le fait que le moindre nom de rue ou d'enseigne, le moindre panorama donne des indices pour le retrouver.

Je craignais un traitement de l’idée de départ assez exagéré avec des enjeux irréalistes, etc, mais ce n’est pas le cas parce que le héros est « normal » et que les situations auxquelles il est confrontées sont finalement tout à fait crédible, l’histoire tient la route.

En tout cas, j'ai beaucoup aimé cette BD et la fin est bien, parce que je me demandais bien comment le récit allait pouvoir être bouclé. Le thème m'a fait penser à une série de mangas qu'une amie m'avait faite découvrir il y a quelques années : Transparent, de Makoto Sato, une histoire donc les protagonistes sont des gens aux pensées perméables, c'est-à-dire que les personnes géographiquement proches  d'eux ont connaissance de leurs pensées.

Bref, Omni-visibilis est une BD que j'ai appréciée et que je conseille !

De bons présages, Terry Pratchett & Neil Gaiman (1990)

"L'Apocalypse aura lieu samedi prochain, après le thé ! Ainsi en ont décidé, d'un commun accord, les forces du Bien et du Mal. L'Antéchrist va fêter ses onze ans. Son éducation a été supervisée par un ange, Aziraphale, et un démon, Rampa, résidents sur Terre depuis l'époque de la première pomme. Mais voilà, suite à un coup du sort, l'enfant a été échangé à la maternité. Le vrai Antéchrist se nomme Adam et vit dans la banlieue londonienne. Et ça, ça change tout ! Une course contre la montre commence alors pour l'ange et le démon qui, finalement, se disent que la race humaine ne mérite pas son sort..."

Cet ouvrage m'a été offert par quelqu'un qui m'a dit que c'était un très bon livre écrit par deux auteurs qu'il considère comme les deux plus grands auteurs britanniques de tous les temps. Avec une annonce comme celle-ci, je ne pouvais être qu'intriguée et avoir envie de le lire.

Donc, le sujet du récit est en effet la fin du monde qui doit être menée par le fils de Satan, sous la surveillance d'un ange, Aziraphale, et d'un démon, Rampa qui ne sont pas sûrs de vouloir cette apocalypse. Sauf que suite à une erreur, ce n'est pas le fils ce Satan que ces deux derniers personnages se retrouvent à surveiller. Et à côté de cela, nous avons le vrai fils de Satan qui est en liberté, les Anges de l'Enfer (les Hell's Angel, les vrais) et les nébuleuses et précises (oui, les deux à la fois) prophéties d'Agnès Barge. Bref, c'est assez loufoque.

J'ai bien aimé lire ce livre, c'est drôle, rempli de jeu de mots, de situations cocasses ou absurdes et c'est bien écrit. Globalement, j'ai trouve que c'est un (très) bon roman fantastique dont la lecture permet de passer de bons moments, et cela me donne envie de continuer à lire des textes de Terry Pratchett et de découvrir ceux de Neil Gaiman.

"Organizing the bookcase"


Une brève vidéo qui a pourtant dû demander énormément de travail, mais cela en vaut la peine, c'est fascinant et drôle !

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