31 mai 2011

Je me suis rappelée hier soir d'une oeuvre d'art réalisée le 25 mai au matin avec mon téléphone portable en attendant le début des épreuves : une photo floue et de travers de la salle, enfin, du hangar, dans laquelle se déroulait le concours... Malgré la piètre qualité de la photo en question, je la publie tout de même ici, parce que c'est quand même en rapport avec les livres !


Pour information, l'espèce de boîte blanche soulignée de vert que l'on voit au milieu de la photo est la superposition de deux préfabriqués qui forment un mirador ; il y a en effet quelqu'un qui surveille la salle depuis cet endroit. Quand à la chaise de jardin posée sur la table, elle sert de support à une affichette indiquant le numéro de la zone dans laquelle nous sommes placés.

La couleur des sentiments, Kathryn Stockett (2009)

"Jackson, Mississippi, 1962. Dans quelques mois, Martin Luther King marchera sur Washington pour défendre les droits civiques. Mais dans le Sud, toutes les familles blanches ont encore une bonne noire, qui a le droit de s'occuper des enfants mais pas d'utiliser les toilettes de la maison. Quand deux domestiques, aidées par une journaliste, décident de raconter leur vie au service des Blancs dans un livre, elles ne se doutent pas que la petite histoire s'apprête à rejoindre la grande, et que leur vie ne sera plus jamais la même."

J'ai lu ce livre il y a quelques semaines déjà, mais le mois de mai ne m'ayant pas laissé de répit, je n'ai pas encore eu l'occasion d'en parler. Je le fais donc maintenant, d'autant plus qu'il a reçu la semaine dernière le Prix des Lectrices de Elle.

Avant de lire La couleur des sentiments, j'en avais déjà entendu parler sur Internet et la presse, donc je m'étais dit qu'il serait intéressant de le lire. Et puis un jour une dame est venu rendre se livre à la Médiathèque en disant qu'il était vraiment très bien, etc, donc comme l'ouvrage n'était pas réservé, je l'ai emprunté pour moi.

Et j'ai bien aimé ce livre. L'histoire se déroule dans une petite ville des Etats-Unis, Jackson, au début des années 1960. S'y déroule une polémique à propos de l'usage des toilettes : une domestique -noire, donc- a utilisés ceux de la famille de son employeur, ce qui est scandaleux parce qu'à l'époque, les gens pensaient que les Noirs transmettaient des maladies, donc il ne fallait sûrement pas utiliser les mêmes toilettes. Et nous suivons la vie de quelques familles de Jackson, toujours du point de vue féminin, que ce soit par deux bonnes ou une fille de famille blanche de la ville.

Cette dernière, Skeeter est en train de devenir une vieille fille, et en plus elle a fait des études et veut avoir un travail, ce qui la différencie de ses connaissances au sein de la ville. Le métier que souhaite faire Skeeter est celui d'écrivain, mais elle ne trouvera rien d'autre que la rédaction de conseils ménagers dans le journal local. N'ayant aucune connaissance en la matière, elle va demander conseil à une bonne, Abileen, ce qui va lier les deux femmes. Surtout que Skeeter a d'autres projets en tête : écrire un livre. Et après avoir pu contacter une maison d'éditrice new-yorkaise, elle va se lancer dans un projet très audacieux, dangereux même : écrire un ouvrage de témoignages de bonnes sur leur vie quotidienne, leur travail auprès des familles blanches.

Malgré tout ce que j'avais pu entendre à propos de ce livre, je craignais que ce ne soit un peu trop dégoulinant de bons sentiments et de morale simpliste, mais non : La couleur des sentiments est un roman très bien écrit et construit, dynamique et très intéressant. Nous suivons aussi bien la vie de quelques habitants de Jackson, mais tout cela sur fond historique : celui de la lutte contre la ségrégation, ce qui le rend dense et enrichissant. Et j'ai été d'autant plus agréablement surprise que ce roman est le premier de Kathryn Stockett, or je le trouve très abouti.

En tout cas, je conseille vraiment ce livre qui est aussi intéressant que captivant.

Monstres invisibles, Chuck Palahniuk (1999)

"La vie de Shannon ressemble à un conte de fées pour adolescentes : mannequin jeune et jolie, elle se partage entre son petit copain et Evie, sa meilleure amie, mannequin comme elle.
Un jour, au volant de sa voiture, une balle perdue lui brise la mâchoire inférieure. À jamais défigurée, tellement laide que son entourage fait semblant de ne pas la voir, Shannon est projetée dans un monde invisible dont elle devient un monstre emblématique.
C'est à l'hôpital que Shannon va trouver son salut en la personne de Brandy Alexander, transsexuel excentrique près de l'opération définitive. Grâce à elle, Shannon va apprendre à se réinventer une autre vie dans cette société américaine où tout n'est qu'apparence. Lors d'une course-poursuite rocambolesque qui la conduit à travers les États-Unis et le Canada, Shannon, rompant le cercle des apparences, connaîtra enfin la vérité.
"

Monstres invisibles est une relecture que j'ai réalisée parce qu'il y a quelques temps j'ai eu envie de relire des textes de Chuck Palahniuk.

L'histoire commence dans une villa, pendant un mariage, alors que la maison est en feu et que la mariée est en train de disjoncter, avec sa robe déchirée et ses cheveux carbonisés. Puis nous passons dans un hôpital, celui où se trouve Shannon après avoir eu un accident en voiture qui l'a défigurée. C'est dans ce lieu que Shannon fait la rencontre de Brandy Alexander, homme en train de devenir femme et à la personnalité exubérante. Les deux personnages vont alors prendre la route et se lancer dans un road-trip absolument déjanté, à base de vengeances, de rebondissements inattendus, etc.

J'ai adoré ce livre, c'est vraiment timbré, cynique, improbable, halluciné voire surréaliste pour certaines scène, mais c'est très drôle aussi. Sans oublier les détails sanglants et une critique de la société américaine, de la superficialité, de la mode, etc, comme cela apparaît dans les romans de Chuck Palahniuk. Le style de narration est saccadé : les chapitres sont plutôt courts et la chronologie éclatée. En tout cas, j'ai trouvé ce livre génial, même s'il est vrai qu'il est assez particulier.

26 mai 2011


Bon, le concours est passé. Je sais que je ne l'aurai pas : le sujet de la composition n'était pas forcément difficile, mais plutôt inattendu, quant aux questions, il y a deux (sur neuf) pour lesquels je n'avais absolument rien à dire, ce qui fait que je perds déjà 4 points (sur 20) d'office... Et puis le mois de mai a été dense et difficile ce qui m'a épuisée et m'a limitée dans mes révisions, mais malgré cela, je sais que j'ai fait de mon mieux, même si ce ne sera que moyen au niveau de la note, je pense.

Mais bon, au moins je sais désormais comment se passe un concours, quel genre de question peut être posée, etc, donc ça fera du stress en moins pour les fois suivantes et puis ça me guidera aussi dans mes révisions futures puisque je sais quels thèmes peuvent être abordés.

Sinon, j'ai croisé beaucoup de têtes connues là-bas : 3 élèves de ma promo de formation aux métiers du livres, 3 élèves qui étaient à la fac d'Histoire (mais pas forcément dans ma promo) et 8 personnes de la Médiathèque de ma ville, la concurrence est partout ! 

En tout cas, maintenant c'est terminé et je vais pouvoir me reposer. Et donc, puisque maintenant je n'ai plus de révisions, je vais pouvoir me replonger dans la lecture-plaisir/loisirs, et par conséquent réalimenter ce blog. Je vais faire des mises à jour dès cette semaine, peut-être même cet après-midi si je suis motivée !

Ah, et puis, je ne l'ai pas encore dit ici, mais je viens d'être recrutée à temps plein pour travailler dans une médiathèque :D Je commence la semaine prochaine et tout devrait bien se passer parce que je connais déjà la structure, le personnel, le secteur où je vais être, les outils, etc. Et cela explique la photo en tête de l'article : elle a été prise lors d'un stage fait il y a bientôt un an, là où je vais désormais travailler !

Jeu de piste à Volubilis, Max Ducos (2006)

"Un jour qu'elle peine à apprendre une poésie, une fillette découvre une mystérieuse clé cachée dans son bureau. C'est le premier indice d'un palpitant jeu de piste, qui la conduira à découvrir le secret de sa grande maison moderne, la villa Volubilis."

J'avais découvert ce livre l'année dernière, en cours (édition jeunesse probablement), et il m'avait marqué à cause du dessin, des grandes perspectives. Oui parce qu'il faut savoir que j'ai toujours été intéressée, voire fascinée, par l'architecture, la décoration d'intérieur et les perspectives. (D'ailleurs, quand j'étais petite, je dessinais des maisons, jusqu'à mes 14 ans, je voulais être architecte, et jusqu'à mes 16 ans, c'est la décoration d'intérieur qui me tentait.) Bref, le livre m'est passé entre les mains ce matin, j'ai donc eu l'occasion de le relire.

Le récit se déroule dans une grande maison moderne, tendance Le Corbusier. Dans cette maison se trouve une petite fille qui découvre par hasard une clé dans sa chambre. Va s'ensuivre un jeu de piste où chaque indice indique le lieu où se trouve le suivant et le tout est censé la mener au secret de la maison. Et pendant la quête, nous visitons la maison avec la fillette.

J'aime beaucoup ce livre pour la raison déjà dite : le dessin. Les pièces de la maison et la maison elle-même sont très bien représentées, avec beaucoup de détails et d'originalité, de manière claire et précise. L'histoire elle-même est bien écrite même si je trouve que le jeu de piste est un petit trop systématique : l'héroïne n'hésite pas, et il n'est pas non plus fait appel à la réflexion du lecteur. Malgré cela, ce livre reste très agréable à lire et, surtout, à regarder !

D'ailleurs, pour le plaisir des yeux, voici quelques images du livres :

 

La virevolte, Nancy Huston (1996)

"Un, deux, trois petits tours et puis s'en va : Lin a un mari, deux filles, des amitiés, des moments de rare bonheur. Inexorablement, pourtant, une passion qui est aussi son métier - la danse - s'impose à elle. Jusqu'au jour où elle choisit...
La virevolte, c'est cela : une impulsion irrésistible, un élan, un jaillissement. Et Lin s'en va, poussée par la nécessité de montrer la beauté, de recréer le monde chaque soir sur scène. Pour trouver la force de donner la vie puis de tout quitter, Lin est descendue au fond d'elle-même. Après l'abandon, le rebond. L'envol, sursaut vers la vie...
Lorsqu'elle danse elle est tout, elle peut tout. La danse, le mystérieux travail du temps, le vertige et le désarroi d'être mère, l'indicible solitude, la beauté et la vulnérabilité des corps, la puissance des cycles, l'énigmatique empreinte du destin familial : dans ce livre qui jamais ne juge, il y a une force de compréhension bouleversante."

J'ai choisi ce livre au hasard, en errant dans les rayons de la Médiathèque : Nancy Huston n'est pas une auteur qui m'est inconnue, mais je suis loin de connaître toute sa bibliographie, donc en passant devant La Virevolte, je l'ai emprunté.

Ce roman commence par le premier accouchement de Lin, une danseuse professionnelle : naît alors Angela. Lin et son mari Derek, professeur à l'université, vont être fascinées par leur fille, ils vont alors vivre dans une bulle de bonheur qui sera complétée par la naissance d'une deuxième fille, Marina. Mais tout cela trouble Lin : lorsqu'elle discute avec une de ses amies d'adolescence, elle dit qu'elle ne s'imaginait pas comme ça, en mère, à s'extasier devant un enfant, elle se voyait comme une artiste dévorée par sa passion. Et déstabilisée par la maternité, elle va finir par abandonner sa famille pour se consacrer à la danse.

La Virevolte est donc un livre sur la danse et sur la maternité, le corps et la sensualité y sont très présents. Lin est partagée entre deux occupations dévorantes : ses filles et la danse, et elle se retrouve à faire le choix d'abandonner les unes pour se consacrer à l'autre. J'ai beaucoup aimé ce livre. En le commençant, je me suis dit que ça n'allait pas forcément me plaire parce que le roman débute sur un accouchement, or la maternité, les enfants, etc, ne sont pas des sujets qui m'intéressent. Mais comme j'ai pour principe de terminer ce que je commence, j'ai continué ma lecture et au final j'ai adoré.

Ce n'est pas un livre léger ou optimiste, mais c'est troublant, sensible et très bien écrit. On suit les pensées de Lin, son déchirement face à au choix qu'elle s'estime devoir faire pour vivre pleinement, ce qu'elle ressent, ce qu'elle pense. Ce livre m'a vraiment plu et m'a donné envie d'en lire d'autres de Nancy Huston.

11 mai 2011

Je n'ai pas fait de mises à jour ces derniers temps, mais je suis actuellement dans une période chargée sur les plans personnel et professionnels, donc je n'ai pas beaucoup de temps, et je n'ai pas non plus la tête à parler livres. Mais je vais essayer de faire quelques mise à jours dans la dizaine de jours à venir (bien qu'il faille que je commence les révisions pour le concours qui a lieu dans deux semaines...).

Trois soeurcières, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 6) (1988)

"« Le vent hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit...
La nuit était aussi noire que l’intimité d’un chat. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l’échiquier du destin.
Au cœur des éléments déchaînés luisait un feu, telle la folie dans l’œil d’une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla :
“Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?”
Une autre voix plus naturelle, répondit :
“Ben moi, j’peux mardi prochain.” »
Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, histrions et tables tournantes : rien ne vous est épargné. Shakespeare n’en aurait pas rêvé tant. Ou peut-être si ?
Avec, en exclusivité, le ravitaillement en vol d’un balai de sorcière.
"

Toujours la série des Annales du Disque-Monde, il s'agit ici du sixième ouvrage : Trois soeurcières. Comme le laisse supposer le titre, les héroïnes de ce livre sont des sorcières (Mémé Ciredutemps -déjà croisée dans La huitième fille, j'en ai parlé ici-, Nounou Ogg et Magrat Goussedail), au nombre de trois, mais elles ne sont soeurs que dans le sens où elles travaillent ensemble. Elles vont se retrouver avec un bébé qui est l'héritier du royaume de Lancre, dont le roi -le père du bébé, donc- vient de se faire assassiner par un cousin, ce-dernier prenant alors le pouvoir.

On se retrouve pris dans une histoire d'héritier, de lutte de pouvoir, de royaume qui n'aime pas son monarque, de fantômes, de théâtre, etc. J'ai bien aimé ce livre, qui comme tous ceux de Terry Pratchett (je juge d'après ce que j'ai déjà lus), sont drôles et bien écrits, mais malgré cela, ce texte n'est pas mon favori parmi tous ceux que j'ai lus.

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