"You will be cataloged !"

Le Judoon, bibliothécaires du futur.

Récemment, j'ai vu l'épisode 1 de la saison 3 de Doctor Who et tout à coup, j'ai eu un fou rire à cause d'une menace dont le sens est légèrement perverti lorsque l'on a des connaissances en bibliothéconomie. 

En effet, il existe une tâche qui s'appelle le catalogage et qui consiste à analyser et décrire un document afin de rendre plus facile la recherche. Et avons-le, cela est parfois un vrai casse-tête parce qu'il y a des normes très précises à respecter.

Et c'est pour ça que dans l'épisode dont je parle, lorsqu'un Judoon -l'adorable bêbête en image ci-dessus- prévient les otages qu'ils vont être examinés en disant "Vous allez être catalogués !", et bien je n'ai pas pu m'empêcher de rire, parce que ça, c'est de la menace, de la vraie !^^

Mise à jour : Oh non, mais non, mais là, non, je viens de voir que quelqu'un a créé la chanson des Judoon, une chanson à base de "You will be cataloged" xD


Hudson river, Joyce Carol Oates (2004)

"A Salthill-on-Hudson, on cultive les orchidées et on roule en voiture de luxe. On est beau, on est riche et on vit comme suspendu hors du temps. Mais quand Adam Berendt, le sculpteur aimé de la commune, trouve la mort dans un accident de bateau, c'est tout ce petit monde idyllique qui est précipité dans le chaos. La disparition de cet homme charismatique délie les langues et déchaîne les passions. Une même question obsédante taraude la ville entière : qui était vraiment Adam Berendt ? Dès lors, un manège de personnages et de destins se met à tourner à folle allure, entraînant le lecteur au coeur des pensées les plus intimes des protagonistes. Bâti comme une enquête à plusieurs voix, ce roman, sous prétexte de reconstruire l'histoire d'un homme insaisissable, révèle les désirs et les fantasmes d'individus rongés par le désoeuvrement."

C'est le hasard qui m'a menée à ce livre : un lecteur l'a rendu, je connais Joyce Carol Oates de nom parce qu'elle est une grande auteure états-unienne et que j'ai déjà lu d'elle Mère disparue, La fille tatouée, donc hop, j'emprunte le livre !

L'histoire se passe dans la campagne proche de New York, pas la banlieue, la campagne, dans un quartier huppé fait de soirée de charité, de brunch au bord de la piscine chez les uns et les autres, etc. Le personnage central est Adam Berendt dont on nous raconte le décès au tout début du livre : il a fait un arrêt cardiaque après avoir plongé dans l'Hudson pour aller récupérer des enfants. A partir de là, c'est toute la vie parfaitement réglée des habitants de Salthill qui s'en trouve perturbée.

En effet, la mort brutale d'Adam Berendt met à jour les névroses de chacun, notamment chez les femmes qui étaient toutes plus ou moins entichées d'Adam. Pourtant, personne ne le connaissait vraiment, il ne disait rien de lui et son mode de vie ne laissait pas soupçonner tout ce qu'il possédait, mais malgré cela, tous s'en était fait une idée, il était un personnage plus qu'une personne aux yeux de ses voisins.

Cela ressemble dans une certaine mesure à Desperate Housewives puisqu'il s'agit de la vie rangée des habitants perturbée par le décès de l'un des leurs, mais même s'il y a du cynisme, on ne rigole pas. Par contre, la fin est un peu mièvre par certains aspects (et gore par d'autres...) et je m'attendrais globalement à un petit peu plus de mordant, donc j'ai été (très) légèrement déçue. Malgré cela, je garde une bonne impression de cette lecture, je pense qu'à l'occasion je continuerais de lire des textes de Joyce Carol Oates.

Meurtre dans un jardin indien, Vikas Swarup (2010)

"Playboy millionnaire, l'ignoble Vivek 'Vicky' Rai est tué lors de sa propre garden-party. Six convives sont suspectés : un bureaucrate possédé par l'esprit de Gandhi, l'actrice la plus glamour de Bollywood, fan de Nietzsche, un tout petit aborigène très doué pour l'effraction, un gamin des rues voleur de portables au physique de jeune premier, un Monsieur catastrophe texan sous protection judiciaire, et le must du politicien corrompu, le propre père de la victime. Des palaces de Delhi aux bidonvilles de Mehrauli, des repaires terroristes du Cachemire aux cabanes des îles Andaman, des berges du Gange aux tapis rouges des premières de Bombay, entre soif de justice, vengeances, manigances politiques, quête d'un totem perdu ou d'une fiancée par correspondance, tous les chemins semblent mener au jardin du crime. Mais qui a tué Vicky ?"

J'ai lu ce livre pour deux raisons : la première est que l'auteur est Vikas Swarup, l'auteur du livre dont est tiré le film Slumdog Millionaire que j'avais vu au cinéma, et dont j'avais envie, à l'occasion, de lire (mais le livre est toujours emprunté et ma motivation plutôt faible). La seconde raison et que lors de ma lecture de Mainstream de Frédéric Martel (je parle de cet ouvrage ici), j'avais croisé le nom de Vikas Swarup puisque le film Slumdog Millionaire est évoqué, donc cela a ravivé mon envie de lire quelque chose de cet auteur. Et donc ça a été Meurtre dans un jardin indien puisque ce livre était disponible à la bibliothèque.

L'histoire est donc celle d'un meurtre, celui de Vicky, fils de ministre, qui se sort toujours indemne de tous ses soucis et qui fait régulièrement scandale pour ses frasques. Celui-ci est donc assassiné lors d'une réception qu'il avait organisé, et six suspects sont arrêtés, tous très différents : star du cinéma bollywoodien, jeune voleur, un Texan arnaqué qui était venu trouver le grand amour, etc. Tous ayant une bonne raison d'en vouloir à Vicky. Chaque chapitre concerne un de ces suspects, nous apprenons ainsi à les connaître et nous découvrons également ce qui les a amenés à se trouver à la réception de Vicky en possession d'une arme.

En réalité, il s'agit moins d'une enquête policière que d'une occasion de faire un portrait de la société indienne, de tenter d'englober toute sa diversité, ses contradictions, sa corruption, ses espoirs et ses aspirations, sa misère et ses rêves. D'ailleurs, la résolution de l'intrigue policière est un peu décevante, mais finalement, comme l'enquête n'est que secondaire, qu'un prétexte pour faire un panorama de l'Inde d'aujourd'hui, ce n'est pas dramatique. En tout cas, il y a des choses un peu caricaturales et/ou peu crédibles dans ce roman, mais justement c'est un roman (pas indien, mais qui se passe en Inde), pas un essai de géopolitique, donc on a un peu de recul. En tout cas, c'est un livre très prenant et dépaysant, très dynamique également.

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, Joanne Kathleen Rowling (Harry Potter, tome 3) (1999)

"Sirius Black, le dangereux criminel qui s’est échappé de la forteresse d’Azkaban, recherche Harry Potter. C’est donc sous bonne garde que l’apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : des cours de divination, la fabrication d’une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes… Mais Harry est-il vraiment à l’abri du danger qui le menace ? Un livre époustouflant qui vous emportera dans un tourbillon de surprises et d’émotions !"

Pendant un moment, j'ai eu peur de ne pas pouvoir continuer dans la lancée "harrypotterale" puisqu'après avoir lu les tomes 1 et 2, je devais logiquement passer au tome 3, or celui-ci était emprunté par une lectrice peu scrupuleuse qui n'avait pas rendu le livre à la date limite du prêt (et comme je travaille à la bibliothèque, je sais comment elle s'appelle et où elle habite, ce qui fait que ma vengeance sera terrible... ou pas). Comme je n'avais pas envie d'attendre indéfiniment que le livre revienne, je me suis débrouillée pour dénicher le contenu de ce tome 3 en fichier PDF (donc sans droit d'auteurs ni rien, ce qui est maaaaal, mais bon, c'est pour lire, donc c'est une noble cause, non ? Et puis les gens n'ont qu'à rendre leurs livres à temps, zut !), et ainsi poursuivre ma lecture de la saga de J. K. Rowling.

Donc, troisième tome, troisième année d'études à Poudlard pour Harry Potter et ses deux amis, Hermione et Ron. Cette nouvelle rentrée amène avec elle de nouvelles options, des emplois du temps impossibles ou presque, de nouveaux professeurs, des matchs de Quidditch, des sorties, etc, mais de nouveaux danger aussi. En effet, la rentrée s'effectue dans un contexte oppressant : un prisonnier s'est échappé de la prison des sorciers, Azkaban, pourtant réputée pour sa haute sécurité. Et il semble que ce prisonnier, connu comme étant un proche de Voldemort, le grand méchant déchu, en veuille à Harry et cherche donc à s'approcher de Poudlard...

J'ai encore une fois bien aimé lire la suite des aventures d'Harry Potter. Le passé de celui-ci s’étoffe, on en apprend un peu plus sur sa famille et l'entourage de ses parents, et on approfondit également notre découverte du monde de la sorcellerie. Par contre, le personnage d'Harry m'irrite un peu : c'est toujours sur lui que tout tombe, il n'est pas vraiment sanctionné des infractions qu'il commet, tout tourne autour de lui et vis-à-vis des autres élèves, il est sur un piédestal ; je trouve qu'il manque un peu de personnalité, qu'il est trop lisse. Et puis à certains moments on a aussi envie de s'exclamer "bah tiens, comme par hasard !", mais malgré cela, il faut avouer que l'intrigue n'en reste pas moins bien construits et que c'est un plaisir à lire.

Cela me rend donc impatiente de continuer la lecture de la saga de J.K. Rowling, surtout que je sais que pour la lecture des prochains tomes, je ne devrais pas avoir le problème que j'ai eu pour le tome 3, puisque les tomes 4, 5 et 6 sont en ma possession !

Fragments d'amour, Kiriko Nananan (2010)

"Après Water, paru précédemment dans la collection, ce recueil rassemble dix-neuf récits de Kiriko Nananan réalisés entre 1997 et 2003. Autant de fragments d'amour parfois si tranchants que les filles et les garçons de Nananan s'y coupent cruellement, parfois si brûlants qu'ils s'y consument, si transparents d'autres fois encore qu'ils ne savent pas les voir. Autant de fragments d'amour pour un kaléidoscope des peines, des espoirs et des désillusions fichées au plus profond de chacun d'eux. Plus talentueuse que jamais pour livrer des portraits instantanés d'une jeunesse qui se heurte à l'existence, Kiriko Nananan éblouit encore."

J'avais découvert Kiriko Nananan il y a quelques années lors d'une occasion que j'ai oubliée, mais qui devait être convaincante sachant que je ne suis pas particulièrement intéressée par les mangas. Quoiqu'il en soit, j'avais apprécié, donc quand je suis tombée sur un livre signée de son nom dans les rayons de la bibliothèque, je l'ai emprunté.

Comme le précise le synopsis, il ne s'agit pas d'une seule histoire de plusieurs, comme des nouvelles. Chacune est un extrait d'une relation amoureuse ou plutôt, d'un amour, d'une attirance, réciproque ou non. Il s'agit d'instantanés d'humeur en peu de mots : des lignes, des détails, des gestes, toutes les histoires sont racontées avec beaucoup de sensibilité et d'exactitudes.

J'ai beaucoup aimé ce recueil : les dessins sont très beaux et capturent parfaitement les sentiments et émotions. Ce n'est pas vraiment joyeux, mais pas forcément triste non plus, il s'agit de la réalité.

Harry Potter et la chambre des secrets, Joanne Kathleen Rowling (Harry Potter, tome 2) (1998)

"Harry Potter fait une rentrée fracassante en voiture volante à l'école des sorciers. Cette deuxième année ne s'annonce pas de tout repos... surtout depuis qu'une étrange malédiction s'est abattue sur les élèves. Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ?"

Deuxième tome de la saga, deuxième année à Poudlard pour Harry Potter et ses amis. Comme le premier tome, celui-ci commence pendant l'été qui précède la rentrée scolaire, alors que Harry est encore chez son oncle et sa tante, les obtus Dursley, où il reçoit la visite d'un elfe de maison, Dobby, venant l'avertir de ne pas se rendre à Poudlard. Mais cela n'empêche rien et Harry fait sa rentrée tant bien que mal.

Cette deuxième année d'études est marquée par la présence du nouveau professeur de défense contre les forces du mal, Gilderoy Lockhart, un homme superficiel, vantard et imbu de lui-même, mais aussi par d'étranges évènements : des résidents de Poudlard sont pétrifiés par quelqu'un ou quelque chose d'inconnu, échappé d'une chambre des secrets.

Dans ce tome, nous continuons donc de suivre Harry Potter et ses amis, mais nous en apprenons également plus sur le monde des sorciers, l'histoire de Poudlard, de certains des professeurs et, évidemment, de Voldemort. Tout comme dans le tome précédent, nous avons donc une intrigue qui dure le temps du livre, mais également plein d'éléments qui se rapportent à une histoire plus large, histoire entamée dans le tome 1, ce qui assure une continuité, au lieu de simplement enchaîner un rythme avec une année scolaire = une intrigue.

Donc tout comme pour le premier tome, j'ai bien aimé lire Harry Potter et la chambre des secrets : c'est bien construit et bien écrit, c'est vraiment une lecture divertissante ! Je sens que les 7 tomes que compte la série vont être vite lus ! (J'ai d'ailleurs terminé le tome 3 cette nuit !)

Pyramides, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 7) (1989)

"Assis sur un bloc de pierre, le fantôme du pharaon regardait les deux embaumeurs s’affairer sur sa dépouille. Tout compte fait, on a du mal à se réjouir du spectacle de deux artisans plongés jusqu’aux coudes dans ses entrailles. Quant aux blagues de circonstance...
« Maître Aneth, dit le nouvel apprenti, ce boulot, ça remue les tripes mais qu’est-ce qu’on se boyaute ! »
Car Teppicymon XXVII est mort et son fils va lui succéder. Pas facile d’hériter du trône quand on est encore un ado et qu’on vient d’achever ses études à la Guilde des Assassins...
Vous voilà responsable du lever du soleil comme de l’abondance des récoltes. Et les ennuis vous guettent : vaches grasses, vaches maigres (par 7, bien entendu), sphinx, prêtres fanatiques, crocodiles sacrés et momies vagabondes.
Sans compter que la Grande Pyramide a précipité le royaume dans une faille spatiotemporelle
."

Je n'ai pas abandonnée la lecture de la série des Annales du Disque-monde, puisque voici l'article concernant le septième tome, Pyramides.
Ce nouvel opus débute à Ankh-Morpork où nous suivons Teppi dans son examen de fin d'études pour devenir assassin. Mais celui-ci à peine achevé, il apprend le décès de son père Teppicymon XCXVII, roi du territoire de Jolhimome. Étant le seul héritier, Teppi rentre au royaume pour succéder à son père. Lorsqu'il arrive, le grand prêtre, Dios, est déjà en train de tout prendre en main, en particulier l’inhumation du défunt pharaon, pour lequel il souhaite faire construire une pyramide, bien que feu le pharaon ait toujours affirmé ne pas en vouloir. Et pire : c'est la plus grande pyramide jamais construite qui va être érigée... Mais cela ne sera pas sans conséquences sur l'équilibre du monde et des différentes dimensions physiques.
Cette lecture m'a bien plu, surtout que dans ce tome, nous changeons d'ambiance puisque nous nous retrouvons dans un pays d'inspiration égyptienne antique, au lieu de l'environnement occidentalo-médiéval de que l'on trouve dans les précédents ouvrages. En plus, certaines descriptions (la Mort, le lever du jour, l'univers, etc) faites auparavant ne sont pas répétées ici, ou de manière allégée, ce qui fait du bien parce que c'est parfois un peu lourd.

En tout cas, je parlerais sûrement du tome suivant prochainement puisqu'à l'heure qu'il est, il est déjà lu !

Salomé, Oscar Wilde (1893)


Oui, encore un article, je suis décidément très prolixe ces temps-ci. Il faut dire qu'il y a eu un jour férié, mais pour la lecture présente, ce qui a été propice, c'est le fait que mes voisins fêtent bruyamment dans leur jardin l'obtention du bac (au rattrapage) de leur nièce. Donc, ne pouvant dormir, j'ai lu.

Le livre pour lequel j'ai opté est Salomé, d'Oscar Wilde, une pièce de théâtre en un seul acte. L'histoire se déroule pendant l'antiquité, lors d'un banquet donné par le tétrarque Hérodote et commence sur une terrasse, par une conversation entre personnes de diverses religions, nationalités et rôles. Ceux-ci sont rejoints par Salomé, belle-fille et nièce d'Hérodote et fille d'Hérodias. Une discussion s'ensuit, Salomé exige de faire sortir d'une citerne un prophète, Iokanaan, contre la volonté de son beau-père. Un suicide plus tard, Hérodote et Hérodias arrivent sur la terrasse. Le tétrarque, qui ne cesse de contempler Salomé, lui demande de danser, elle refuse, il insiste et jure de lui donner ce qu'elle voudra, elle accepte. Une fois la danse réalisée, Salomé lui demande quelque chose qu'il ne veut lui accorder, ils luttent verbalement, lui promet des trésors et des raretés en échange, mais elle s'obstine et finit par obtenir ce qu'elle veut.

Il s'agit là d'une pièce tragique où Salomé est une femme passionnée est cruelle qui provoque la convoitise (de son père, du jeune Syrien). Salomé est un thème classique de la fin du XIXème siècle, dans les mouvements artistiques symboliste et décadents : c'est la femme fatale. D'ailleurs, tout le livre est typique de la période fin de siècle (une période que j'adore, aussi bien sur le plan littéraire que sur le plan pictural) : non seulement le thème de Salomé, mais aussi le fait que le texte soit illustré par Aubrey Beardsley (dont j'ai mis une planche en exergue de cet article), dans le style Art Nouveau, et également le fait que le livre soit dédié à Pierre Louÿs, autre auteur associé au décadentisme et au symbolisme.

Bref, bien que court (moins de 100 pages dans l'édition que j'ai eu en main), Salomé est, à mes yeux, un texte important car très représentatif des mouvements artistiques de la fin du XIXème siècle. J'ai donc beaucoup aimé, mais je suis d'autant moins objective qu'il s'agit là d'une période et d'un auteur que j'affectionne particulièrement.

Harry Potter à l'école des sorciers, Joanne Kathleen Rowling (Harry Potter, tome 1) (1997)

"Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l’emmener à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie où une place l’attend depuis toujours. Voler sur des balais, jeter des sorts, combattre les trolls : Harry Potter se révèle un sorcier vraiment doué. Mais quel mystère entoure sa naissance et qui est l’effroyable V…, le mage dont personne n’ose prononcer le nom ?"

Il s'agit là encore d'un livre lu le 14 juillet, comme quoi les jours fériés sont profitables  (surtout quand on n'a pas eu beaucoup de temps libre ses dernières semaines) ! En tout cas, chose promise, chose due : je me suis lancée dans la lecture de la saga Harry Potter.

L'histoire débute dans une banlieue pavillonnaire anglaise dans laquelle vit la famille Dursley : Vernon, Pétunia, leur fils Dudsley et leur neveu Harry qui leur est déposé au début du livre, bien malgré eux. Et cela parce que le petit Harry n'est pas comme eux : c'est un sorcier. Ils font tout pour le dissimuler, mais arrive le jour où l'enfant doit entrer au collège de Poudlard qui prodigue les enseignements de sorcellerie. Une nouvelle vie débute pour Harry, dans un monde qu'il jusque là lui était inconnu, mais où lui n'est pas un inconnu. En effet, dès ce premier tome nous suivons certes la première année d'études de Harry à Poudlard, mais nous découvrons aussi les premiers éléments de son passé et de l'histoire du monde des sorciers par la même occasion, puisque tout cela est lié.

La lecture de ce livre a été agréable, encore que j'ai trouvé le récit un petit peu inconsistant : probablement parce que ce texte est destiné à un jeune public. Malgré cela, l'histoire est très bien ficelée, aussi bien l'intrigue de ce premier tome que les éléments de l’histoire sur le long terme, tout tient la route de manière cohérente et fluide. Les personnages sont bien définis, même si c'est de manière un peu manichéenne, simpliste et caricaturale, mais cela est contrebalancé par la fin où l'on découvre que plusieurs personnages ne sont pas ce qu'ils ont l'air d'être, et cette ambiguïté donne de l'épaisseur au récit.

En tout cas, je suis maintenant impatiente de me lancer dans la lecture du tome 2, que j'ai en ma possession, mais je vais malgré tout attendre un petit peu parce que je n'ai pas encore le tome 3 sous la main !

Une pièce montée, Blandine Le Callet (2006)

"Une pièce montée a pour toile de fond un mariage à la campagne dans la bourgeoisie de province. Chaque chapitre, centré sur un des personnages de la fête, raconte une histoire qui prend place dans l’album de famille. De la demoiselle d’honneur confrontée à l’injustice au collègue dragueur invétéré, ou à la tante excentrique en quête d’amour, de la grand-mère indigne à la mariée au bord de la crise de nerfs, les personnages hauts en couleurs défilent à travers des scènes drôles, cocasses ou attendrissantes. On passe sans cesse du rire aux larmes. Les masques tombent et les secrets de famille éclatent."

Le mois dernier, j'ai lu La ballade de Lila K de Blandine Le Callet (j'en avais parlé ici), et comme j'avais bien aimé, j'avais dit que je souhaitais lire le premier et précédent roman de cette auteure, dont j'avais lu beaucoup de bien. Et grâce au 14 qui a été férié, j'ai eu le temps de me consacrer à cette lecture.

L'histoire est celle d'un mariage "en grand" entre deux membres de familles bourgeoises, Vincent et Bérengère. Cette journée nous est racontée de différents points de vues : à chaque chapitre, un personnage différent s'exprime, de la petite demoiselle d'honneur jusqu'à la mariée elle-même, en passant par différents membres de la famille, le curé, un collègue, etc, nous faisant ainsi son point de vue sur le déroulement du mariage, mais aussi ses pensées et de ses secrets. Cela donne une sorte de mosaïque dans laquelle le vécu de chacun s'ajoute à celui des autres pour nous donner une image d'ensemble.

J'ai beaucoup aimé Une pièce montée, bien qu'il soit très différent de La ballade de Lila K. Ici, le ton est lucide, cynique : chacun joue un rôle, a des pensées égoïstes ou peu charitables, beaucoup aimeraient ne pas être là, etc. Cela m'a paru d'autant plus pertinent qu'il n'y a pas très longtemps je me suis rendue à un mariage "en grand" justement et que été confrontées à des réflexions et situations semblables (de ma part ou de celle d'autres invités) à celles qui sont décrites dans ce livre, pas au même degré, mais ça y ressemblait quand même ! En tout cas, j'ai passé un bon moment de lecture, le style est fluide et le changement de narrateur à chaque chapitre ajoute aussi du dynamisme. Si Blandine Le Callet publie d'autres textes, je pense que je les lirais.

Harry Potter


Pendant l'été, outre mes lectures "habituelles", je vais lire l'intégral Harry Potter de J. K. Rowling, ce qui signifie qu'il va y avoir des articles sur le sujet.

Pour présenter un peu les choses : j'ai découvert la série Harry Potter par hasard, un été, au tout début des années 2000. J'étais en vacances dans ma famille, à la campagne, j'avais, évidemment, amenés des livres avec moi, mais je me suis retrouvée à court de lecture rapidement. N'ayant plus rien à lire, la personne chez qui j'étais m'a conseillé de lire les deux premiers tomes de Harry Potter qu'elle avait dans sa bibliothèque, en disant qu'elle avait adorée. Je me suis donc lancée dans la lecture de ces deux ouvrages, et j'ai été captivée.

Actuellement, j'ai déjà lu les cinq premiers tomes, mais pas (encore) les deux derniers parce que je souhaitais me remettre en tête les précédents, or, ça commençait à demander beaucoup de temps pour tout lire... ! Mais là, j'ai l'envie, le courage et le temps pour me consacrer à cette série, donc autant en profiter !

Naissance d'un pont, Maylis de Kerangal (2010)

"A l'aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c'est un autre homme qui sort des bois, c'est un homme hors de lui, c'est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d'acier, irise les nappes d'hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte."

J'ai beaucoup entendu parler de ce livre par un enseignant qui prenait toujours ce titre pour illustrer ses propos et à force, cela a fini par éveiller ma curiosité parce que c'était toujours pour des exemples positifs que ce professeur citait ce livre. Pourtant, à l'origine, il ne me tentait pas : la construction d'un pont, heu... En tout cas, j'ai vu ce livre dans une étagère la semaine dernière, donc je me suis dit que c'était l'occasion de m'en faire une idée.

Donc l'histoire est celle de la construction d'un pont, racontée par l'intermédiaire de la vie de ceux qui construisent le pont : des ouvriers en bas de l'échelle jusqu'aux ingénieurs et chefs de chantiers. Il ne s'agit pas de raconter toute la vie de ceux-ci, mais seulement des épisodes se déroulant pendant la construction. Et comme ce sont des gens qui travaillent sur le chantier, nous suivons l'élévation du pont par ces bribes d'existence.

J'ai plutôt bien aimé ce livre, même si j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose, peut-être que c'était un peu froid, un peu trop survolé, qu'il y aurait eu tellement plus à dire, je ne sais pas trop. Mais la base, l'essentiel est intéressant en tout cas. Quant à l'écriture, j'ai eu un peu de mal à m'y faire -les phrases sont longues, hachées, saccadées-, mais une fois le rythme pris, ma lecture était très fluide. Globalement j'ai donc plutôt appréciée la lecture de Naissance d'un pont, mais je ne l'ai pas trouvée inoubliable pour autant. J'avoue que je m'attendais à quelque chose d'un petit peu mieux compte-tenue de l'insistance avec laquelle le professeur dont je parlais dans le premier paragraphe nous en avait parlé en cours.

Monsieur Zizi, Marie-Hélène Versini & Vincent Loudgourd (2011)

"Le zizi dans un panorama burlesque des situations vécues par les garçons. Une narration en douceur des différents états du zizi, avec ce qu'il faut d'incorrection et d'humour pour faire rire les petits."

Mercredi, j'étais tranquillement en train de ranger des livres en rayon pendant que deux de mes collègues étaient en train de réceptionner les nouveaux livres pour la bibliothèque. Et tout à coup, je vois l'une d'elle venir vers moi un livre à la main, livre qu'elle me tend en me disant qu'il fallait absolument que je le lise et qu'à vrai dire, c'est plus pour elles que pour la bibliothèque qu'il avait été acheté. Et c'est ainsi que je me suis retrouvée à lire le livre dont je vais vous parler.

Monsieur Zizi est donc un album pour les 3 à 7 ans, d'après le site de l'éditeur, mais bien qu'étant largement au-dessus de cette tranche d'âge, j'avoue que j'ai bien ri en le lisant. On y trouve une illustration et une phrase par double page à propos de la taille et des divers états du zizi, le tout avec des dessins très simples et très clairs.

N'y connaissant que très peu de choses en littérature jeunesse et rien à propos des enfants, je ne sais pas du tout si c'est un livre qui va toucher son public cible, si les parents vont être à l'aise ou non avec, mais en tout cas, les adultes peuvent le lire, c'est très drôle !

Maudit karma, David Safier (2007)

"Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir : de ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long. Kim devra surmonter bien des obstacles... et, au passage, revoir la plupart de ses conceptions sur l'existence ! Tour à tour incisif, léger et émouvant, Maudit Karma est un roman jubilatoire."

J'avais vu ce livre pour la première fois il y a trois ans, alors que je me promenais dans une librairie pendant un séjour dans une autre ville. C'est la couverture qui m'a attirée, moins le titre parce que les histoires de karma ne m'intéressent pas. En tout cas, grâce à l'image de couverture, j'ai lu la quatrième de couverture et j'ai trouvé que ça avait drôle et pas prise de tête, donc j'avais ajouté ce livre à ma LLL (Liste de Livres à Lire). Et trois ans après, ce mois-ci donc, je l'ai lu.

L'héroïne de ce livre est Kim, au début de l'histoire, elle se prépare pour une grande cérémonie récompensant les journalistes et animateurs d'Allemagne, pays où se passe le roman. Ces seules préoccupations sont d'être la meilleure, la plus belle et la plus resplendissante en ce jour qui va marquer l'apogée de sa carrière. Sauf que c'est aussi l'anniversaire de sa fille, mais qu'elle le met de côté au profit de la cérémonie, que son couple va mal et qu'elle est très attirée par l'un de ses collègues. Bref, Kim sacrifie sa vie personnelle et cela pour sa vie professionnelle. Mais le destin s'en mêle sous forme d'un débris de station spatiale et Kim se retrouve réincarnée sous la forme d'une fourmi, à côtoyer Bouddha et Don Juan et à tout faire pour empêcher son mari de se mettre en couple avec son ex-meilleure amie.

J'ai bien aimé ce livre : c'est vraiment marrant et agréable à lire, parfait pour des vacances ou pour se remonter le moral. Et puis pas besoin d'avoir des notions de bouddhisme pour comprendre la réincarnation, ce n'est pas un roman d'initiation, il n'y a pas de morale insistante et sirupeuse. En tout cas, même si ce n'est pas un livre inoubliable, c'est rafraîchissant et cocasse ; je le conseille pour se divertir et/ou se changer les idées !

La parenthèse, Elodie Durand (2010)

"C'est l'histoire d'une jeune fille âgée d'à peine plus de 20 ans, d'un drame dans sa vie qui semblait être sans retour, d'une chute dans la maladie, dans la perte de soi. Ce récit est une bataille contre l'adversité. Il parle de la mémoire parfois si fragile, d'une convalescence inattendue, de comment, un jour, on réapprend son alphabet, à compter, à retrouver ses souvenirs."

La parenthèse est un livre dont j'avais croisé le titre et la couverture dans pas mal de librairie et articles de presse ou de blog, mais sans jamais été voir de quoi il s'agissait. L'autre jour, j'ai constaté que le livre était en rayon à la bibliothèque, donc je l'ai emprunté, uniquement parce que je l'avais beaucoup vu, donc sa lecture était une plongée dans l'inconnu.

Le récit est autobiographique, bien que le personnage principal de l'histoire s'appelle Judith, mais cela sert à instaurer une distance. Judith, qui a environ 20 ans, est atteinte de trous de mémoire qui sont constatés par son entourage. Elle, ne remarque rien de particulier malgré quelques incohérences, lorsque par exemple elle est persuadée de ne pas avoir vu untel depuis un moment alors qu'elle l'a vu la veille. Sous la pression de ses proches, elle se décide à aller voir un médecin qui lui diagnostique de l'épilepsie, qui n'est en réalité que la conséquence d'une tumeur. Nous suivons donc Judith chez les médecins, dans son traitement, dans sa lutte contre une maladie qu'elle ne reconnaît pas, dans sa perte de mémoire puis son réapprentissage de tout ce qu'elle a oublié : son nom, ses études, l'alphabet, etc.

J'ai été déroutée positivement par cette bande-dessinée. Tout d'abord parce que je ne savais pas quel en était le thème, le contenu, mais aussi, ensuite, par l'histoire elle-même et la manière dont elle est racontée. L'héroïne est malade, mais elle ne s'apitoie pas sur elle-même, elle n'attend pas qu'on la plaigne ou que l'on compatisse, non : c'est le vécu qui est décrit, le parcours dans la maladie, les processus de perte de mémoire, des opérations et de la rééducation. Le ton est objectif, le fait que ce soit un récit autobiographique à travers un personnage de fiction joue beaucoup puisqu'il évite l'emploi du je et instaure ainsi un recul qui permet d'éviter une trop grande subjectivité.

Bref, il s'agit d'un livre dont je conseille la lecture parce que l'histoire est touchante sans être larmoyante, difficile et douloureuse sans être sombre, et qu'en plus la narration est très fluide, aussi bien au niveau des dessins (en noir et blanc) que des explications.

Chroniques de l'université invisible, Maëlle Fierpied (2010)

"Imaginez. La tête des gens est pour vous comme une chambre dans laquelle vous vous promenez naturellement, au milieu de pensées secrètes et d’ogres aux dents de cisaille. Vous vous appelez Mélusine. Vous écoutez dans les têtes.
La malchance vous poursuit depuis votre naissance. Tout bascule sans cesse dans la poisse. D’ailleurs, vous venez d’être enlevée par un vampire. Votre prénom est Framboise. Vous savez déplacer les objets.
Vous n’avez pas de famille, plus de mémoire et pour terrain de jeu une gare où vous dérobez les portefeuilles. On vous appelle Décembre mais en fait votre vrai prénom est Tristan. Vous êtes télépathe. Arrêtez d’imaginer. L’Université invisible vient de vous kidnapper. Cette organisation secrète s’intéresse à vos dons uniques, magiques, terribles. Pour les perfectionner, elle vous embarque sur une île mystérieuse. Désormais, votre présent et votre avenir sont ici. Car, bientôt, dans le monde d’En Bas, plus personne ne se souviendra de vous.
"

Encore un livre qui s'est retrouvé entre mes mains par hasard : je me suis retrouvée sans tâche à effectuer et sans pouvoir quitter mon poste, donc pour m'occuper, j'ai voulu lire, et pour cela j'ai choisi un livre parmi ceux se trouvant à ma proximité, et parmi ceux-ci, le seul qui a éveillé un tant soit peu mon attention a été Chronique de l'université invisible de Maëlle Fierpied.

Le début du livre est constitué de plusieurs chapitres dans lesquels nous faisons connaissance avec différents personnages, les principaux étant des ados à qui il arrive des choses étranges (Framboise, Tristan et Mélusine), et qui finissent tous par arriver dans une école spéciale dirigée par un groupe de gens tout aussi spéciaux. Tous ces jeunes ont en fait été recrutés à cause de dont qu'ils possèdent : télépathie ou télékinésie, ce qui fait d'eux, respectivement, des "penseurs" ou des "voleurs". Outre les principaux personnages, nous faisons également connaissance avec ceux qui s'occupent ou gravitent autour de l'Université, et également d'autres personnages liés, mais étant à part (les vampires). L'histoire est donc celle des trois pré-adolescents qui sont recrutés par l'Université, sur fond de guerre des clans ravivée.

J'ai assez appréciée la lecture de ce livre : c'est bien écrit, l'histoire est relativement captivante, les personnages ont une identité, aventure et science-fiction se mêlent bien, on trouve des pistes de réflexion, etc. De plus, le livre est tout à fait adapté au public visé, c'est-à-dire les jeunes adolescents. A ce propos, j'ai d'ailleurs trouvé que l'intrigue (3 adolescents avec des pouvoirs recrutés par une école invisible, une guerre entre clans) avait un côté Harry Potter ; mais ce n'est pas forcément un défaut, il ne s'agit que d'une influence, pas d'une copie. Par contre, il y a quand même des passages dans l'intrigue que je trouve bâclés, des choses qui auraient gagnée à être développée, approfondie (notamment le passage dans lequel les enfants décident de changer de camp). En tout cas, c'est globalement un livre intéressant qui est certes destiné aux adolescents, mais qui peut aussi être lu par des adultes parce que l'intrigue et l'écriture sont assez consistant.

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