La princesse des glaces, Camilla Läckberg (Erica Falck et Patrik Hedström, tome 1) (2004)

"Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide."

Cela faisait un moment que j'avais envie de lire les ouvrages de Camilla Läckberg : non seulement parce qu'en général je suis satisfaite des textes publiés par Actes Sud, mais également parce que je vois bien à la bibliothèque que ses titres sont pas mal empruntés. Donc comme l'occasion s'est présentée récemment de découvrir cette auteure, je n'ai pas hésité.

Il s'agit donc d'un roman policier dont le point de départ est le meurtre d'Alex, une femme qui tient une galerie d'art, et qui est retrouvée dans la baignoire de sa résidence secondaire, les veines ouvertes, par un voisin chargé de vérifier régulièrement que tout est en ordre avant l'arrivée d'Alex les week-ends. Mais très rapidement on s'aperçoit que sous les apparences d'un suicide, il s'agit bien d'un meurtre, meurtre sur lequel va enquêter la police de Fjällbacka, mettant au jour d'anciennes histoires de famille...

J'ai bien aimé ce roman parce que le scénario tient la route et qu'on s'attarde sur la vie personnelle des personnages (celui d'Erica et de Patrik en particulier). En plus l'intrigue est plutôt dynamique puisque l'on change régulièrement de narrateur, et tout est bien réparti, il n'y a pas de moments très denses et d'autres ennuyeux, non, c'est constant. Bref, c'est agréable à lire, je comprends qu'à la bibliothèque où je travaille les livres de cette auteur soient pas mal empruntés !

Le polygame solitaire, Brady Udall (2010)

"À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Son entreprise de bâtiment bat de l'aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d'insurrection. Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence sérieusement à douter de ses qualités de père et de sa capacité à aimer. Golden Richards, tragiquement fidèle à ses idéaux, se sent seul. Mais dans le désert du Nevada, il va découvrir que l'amour est une mine inépuisable. Porté par une verve aussi féroce qu'originale, Le polygame solitaire nous parle avec humour du désir et de la perte, de la famille et de l'amour."

J'ai d'abord entendu parler de ce livre via des articles sur des blogs de lecteurs (chez Tu l'as lu(stucru) et chez Les lectures de Clarinette) et je l'ai vu pendant des semaines en vitrine d'une des principales librairies de ma ville, ce qui, additionné, a attiré mon attention, donc quand j'ai vu que le livre venait d'être rendu à la bibliothèque et que personne ne l'avait réservé, je me le suis emprunté.

Le personnage central de cette histoire est Golden, un mormon dans la quarantaine, affublé de 4 épouses et d'une masse d'enfants. Golden s'est retrouvé par hasard dans cette situation, mais il se laisse porter, même si désormais il est complètement dépassé par sa vaste famille et que ce sont ses épouses plus que lui qui prennent les décisions. Comme il ne sait pas trop comment prendre les choses en mains, et qu'il n'en a pas vraiment la volonté ni le caractère, il a plutôt tendance à fuir : par son travail qui l'amène à effectuer des chantiers de plus en plus loin de chez lui, ce qui l'arrange bien, et quand il est avec sa famille, en se planquant dans les placards avec le chien rejeté de la famille. En plus, pour ne rien arranger, Golden tombe amoureux d'une femme alors qu'il est sur un chantier à 300km de chez lui (pour sa famille, il s'agit de la construction d'une maison de retraite, mais en vrai c'est une maison close)...

J'ai bien aimé ce livre, c'est drôle, mais triste aussi, c'est dense, mais pas prise de tête. Les personnages sont tous plus ou moins dépassés par leur vie, surtout Golden et sa très nombreuse famille dans laquelle chacun tente de se faire une place, d'exister en tant qu'individu plutôt que numéro, d'avoir de l'intimité malgré la promiscuité et le partage qu'implique une telle famille. Au début, je craignais de me perdre un peu dans la foultitude de personnages annoncée par l'arbre généalogique avant le texte, mais finalement ça n'a pas été le cas puisque nous ne suivons que quelques personnages en particuliers, ce qui n'est pas plus mal (j'ai tendance à me perdre dans les livres où il y a trop de personnages). En tout cas, cela m'a donné envie de lire un autre livre de Brady Udall : Le fabuleux destin d'Edgar Mint, dont je n'ai entendu dire que du bien.

Kafka, David Zaone Mairowitz & Robert Crumb (1996)

Mais quoi que c'est donc que ce livre que j'ai trouvé par hasard dans une étagère de la bibliothèque ? Kafka n'a en effet pas de synopsis, ce qui fait que je l'ai lu sans savoir à quoi m'attendre. Encore que le titre donne une petite idée, et vu que Franz Kafka est l'un de mes auteurs favoris j'ai pensé que ça ne pouvait que me plaire.

Cet ouvrage est un bande-dessinée, mais on pourrait aussi parler d'essai illustré. En effet, le contenu de ce livre traite de la vie de Franz Kafka, de ses oeuvres, du contexte dans lequel il écrivait, de sa famille, de l'endroit où il vivait, du contexte historique et religieux, des femmes qu'il qui ont compté pour lui, etc, mais aussi de la situation aujourd'hui : les multitudes d'analyses qui ont été faites de son oeuvre, le fait qu'il ait finalement été reconnu dans son propre pays (la Tchécoslovaquie, même si cet État n'existait à l'époque) et qu'il soit devenu une attraction touristique.

Bref, c'est un ouvrage très riche que j'ai beaucoup aimé. Pas d'interprétations ou d'hypothèse ici : ce sont les faits qui sont présentés, agrémentés de citations de lettres ou de livres de Franz Kafka, ceux-ci étant illustrés. Les dessins, tout en noir et blanc, sont d'ailleurs bien faits, en particulier ceux mettant en scène des passages des textes de cet auteur ou bien ses angoisses, comme celui-ci par exemple (provenant du site de l'éditeur, Actes Sud) :


C'est donc un livre que je conseille à tous, que l'on apprécie ou non les textes de Franz Kafka ; pas besoin d'avoir la moindre connaissance sur ceux-ci ou leur auteur puisqu'il s'agit d'une présentation, d'un résumé de la vie de cet auteur, des différents contextes dans lesquels il a évolué, de ses oeuvres et de la situation aujourd'hui.

Mes deux Allemagne, Anne-Charlotte Voorhoeve (2004)

"En 1988, l'Allemagne est toujours divisée en deux pays distincts, séparés par une frontière réputée infranchissable. Lilly habite à Hambourg, en Allemagne de l'Ouest, et a tout juste treize ans lorsqu'elle se retrouve orpheline. Son père est décédé quand elle était petite, et sa mère vient de mourir d'un cancer. Elle rencontre pour la première fois sa tante Lena, qui a obtenu l'autorisation exceptionnelle de quitter l'Allemagne de l'Est, où elle vit, pour se rendre à l'enterrement de sa sœur. Lilly s'attache à cette femme douce et chaleureuse et reste inconsolable après son départ. Elle n'a plus qu'elle au monde, et Lena a dû repartir de l'autre côté du Mur... Confiée à une tutrice, qui compte la placer dans une famille d'accueil pour Noël, Lilly échafaude le projet insensé de rejoindre sa tante. Elle ignore alors que le mur de Berlin tombera le 9 novembre 1989. Une histoire poignante sur le travail de deuil, les secrets de famille et sur les séquelles que la longue séparation des deux Allemagne a laissées à ses habitants."

Mes deux Allemagne est un livre que j'ai choisi au hasard alors que j'étais à la banque de prêt et qu'il n'y avait pas grand monde : il me fallait quelque chose pou m'occuper, donc j'ai farfouillé sur les chariots des livres venant d'être rendus et j'ai opté pour ce livre qui était plutôt tentant.

L'héroïne de cette histoire est une pré-adolescente, Lilly, qui vit en Allemagne de l'Ouest avec sa mère. Celle-ci décède et lors de l'enterrement, Lilly rencontre sa tante qui vient d'Allemagne de l'Est et qui n'est là que pour un temps bref. Une fois sa tante repartie, Lilly se retrouve en pensionnat mais elle n'aspire qu'à une chose : retrouver la seule famille qu'il lui reste et qui est en Allemagne de l'Est, alors que la démarche habituelle est plutôt l'inverse (fuir la RDA pour la RFA). Aidée de son beau-père, elle va donc tout faire pour retrouver sa tante de l'autre côté de la frontière, et apprendra au passage l'histoire de sa mère et sa tante.

J'ai bien aimé ce livre : ce n'est pas larmoyant ou irréaliste, mais ce n'est pas sinistre, pleine de pathos ou trop pointue sur le plan historique. L'histoire est racontée par une jeune fille donc on voit le monde telle qu'elle le voit, avec ses préoccupations d'enfant en train de grandir. C'est un livre qui est destiné aux adolescents, mais c'est bien à lire aussi pour les adultes, c'est une lecture pas trop longue et intéressante.

La tête en friche, Marie-Sabine Roger (2009)

"Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... - et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour - ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout."

Ce livre, c'est pas une lectrice de la bibliothèque que j'en ai parlé, alors que je venais de la réinscrire, comme elle en disait du bien et que le titre ne me disait rien, j'ai fait quelques rapides recherches afin de voir de quoi ça parlait et comme ça avait l'air pas mal, je l'ai emprunté et lu.

Le narrateur de ce récit est Germain, un vieux gars pas si vieux que ça, pas très futé, qui vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère. Ses compétences sont manuelles plutôt qu'intellectuelles, il faut dire que l'instituteur n'a pas été tendre avec lui. Souvent, l'après-midi, Germain va au parc, s’assoit sur "son" banc et regarde les pigeons, les compte, donne des noms au nouveau, etc. C'est sur ce banc qu'un jour le hasard le fait rencontrer Marguerite, une pensionnaire de la maison de retraite d'à-côté. Elle vient d'un tout autre monde que celui de Germain, et pourtant, ils se lient, grâce aux pigeons que tous les deux ont l'habitude de compter. Au fil du temps, les deux personnages vont s'apprécier et apprendre et découvrir grâce à l'autre, Germain va par exemple lire, lui qui n'a pas un seul livre chez lui et qui pense que ça n'est pas pour lui.

J'ai bien aimé ce livre : c'est fluide, bien écrit, le rythme est bon. J'ai bien aimé le fait que le style utilisé soit celui du narrateur, c'est-à-dire de Germain, un style de langage parlé. L'histoire est certes assez prévisible, mais ça va, ça reste crédible. Ce n'est pas forcément le genre de livre que j'affectionne, mais il est quand même pas mal et je comprends tout à fait son succès. En tout cas, c'est un livre accessible, drôle et humain agréable à lire.

Le choeur des femmes, Martin Winckler (2009)

"Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de "Médecine de La Femme", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre."

J'ai croisé ce livre au travail il y a quelques temps déjà. J'ai vu que l'auteur en était Martin Winckler, or je n'ai encore jamais rien lu de lui malgré les nombreuses (très) bonnes critiques que j'avais pu lire ou entendre à propos de ses différents ouvrages. Donc ayant Le choeur des femmes à portée de main, je me suis dit que c'était l'occasion de découvrir cet auteur.

Dans ce roman, nous suivons Jean Atwood, une interne en médecine qui souhaite s'orienter vers la chirurgie gynécologique, mais elle se retrouve à faire un stage dans un service de type planning familiale, c'est-à-dire un service qui fait du conseil, fait des examens gynécologiques, pose des contraceptifs, etc, bref, tout à fait ce qui n'intéresse pas Jean, mais le stage est obligatoire... Quand elle rencontre le médecin qui s'occupe du service, le docteur Karma, tout ne se passe bien : chacun a en effet une vision très différente de la gynécologie. Le docteur Karma propose finalement un pacte afin d'éviter d'envenimer la situation et Jean Atwood va ainsi découvrir peut à peu l'unité 77 où se déroule le stage.

J'ai beaucoup aimé ce livre ! Au début, j'étais sceptique parce que ça se passe dans un univers médical, or ce n'est pas ce qui me passionne, en plus c'est de la gynécologie, donc bon, ce n'est pas non plus forcément très attractif, mais j'ai malgré cela été très rapidement captivée par cette lecture. Il s'agit de médecin du côté humain plutôt que technique, il s'agit d'écouter et d'expliquer plutôt que d'imposer et d'opérer. Chacune des patientes a un problème qui lui est propre et auquel le personnel de l'unité 77 cherche à trouver la solution adéquate plutôt que d'appliquer des solutions toutes faites provenant des ouvrages de médecine. Bref, ce livre m'a fait passer un très bon moment, il n'y a que la fin que j'ai trouvée un peu prévisible, mais globalement Le choeur des femmes m'a beaucoup plu et m'a donné envie de lire d'autres textes de Martin Winckler.

Nouvelle présentation

Comme vous l'avez peut-être déjà remarqué, une barre de menus est apparu sous la bannière de titre de ce blog, et cela pour plus de clarté. 

On y trouve donc six liens :
- "Accueil" qui permet de revenir à la page d'accueil depuis n'importe quel endroit du blog,
- une présentation de ma personne, moins étriquée que celle qui était précédemment sur la colonne de gauche du blog,
- une page où l'on trouve les différentes catégories d'avis que j'ai pu avoir sur les livres, donc en cliquant sur un avis vous voyez les articles qui y correspondent,
- une page où sont listés les auteurs dont j'ai parlé et en cliquant sur un nom vous accédez aux articles concernant les ouvrages dont la personne est l'auteur,
- une page où les livres que j'ai lus sont triés par décennie de publication,
- et une page où l'on trouve les mots-clés de localisation géographiques ainsi que ceux qui concernent, essentiellement, le genre et le type des documents dont je parle ici.

J'espère que cela vous aidera à vous y retrouver et à clarifier le contenu de ce blog !

Le grand incendie de Londres, Jacques Roubaud (1989)

J'ai lu ce livre par curiosité après l'avoir vu cité comme étant l'un des ouvrages favoris de l'auteur du blog Les libraires se cachent pour mourir grâce à cet article. En effet, je n'avais jamais entendu parler ni du livre, ni de l'auteur et cela m'intriguait, surtout que le titre mentionne Londres, or j'adore cette ville. Bref, ma curiosité éveillée, je me suis empressée de me procurer ce livre.

Je ne sais pas comment en parler parce qu'il n'y a pas d'histoire proprement dite, il ne s'agit d'ailleurs ni d'un roman, ni d'un essai, ni d'autobiographie, même la forme est difficilement descriptible. Il s'agit de "chapitre" que l'auteur a rédigé tous les matins, avant l'aube, sur son bureau, à la lumière d'une lampe, sur des feuilles blanches, à l'encre noire, dans une écriture minuscule. Jacques Roubaud revient d'ailleurs souvent sur le contexte dans lequel il écrit : le moment, la lumière, les outils, la manière, etc. Il parle aussi de la confiture d'azeroles, du croissant idéal et de la manière dont il le mange, de sa femme décédée, de lui-même, des bibliothèques, de ses habitudes, etc, mais aussi de versification, de mathématique de la poésie, de recherches, etc. Et il parle aussi du Projet, de la complexité de celui-ci, du rêve qui l'a amené, des incises, de la présentation idéale de son texte, etc.

Bref, ses propos sont très larges, ce texte est une sorte de journal, mais aussi de para-journal parce qu'il parle du fonctionnement de celui-ci. C'est vraiment un texte étrange. Autant les parties traitant du quotidien, de ses souvenirs, etc, sont facile et agréables à lire, autant quand il traite de la poésie de manière scientifique, de l'élaboration de son projet, etc, j'ai eu du mal à suivre ! En tout cas, et contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, il n'est nullement question (ou presque) du fameux incendie qui a ravagé Londres en 1666.

Globalement, c'est un livre qui m'a déstabilisée : il y a des choses que j'ai appréciées et d'autres pas du tout ; cela étant dû à la diversité des contenus de ce texte. Comme je l'ai déjà dit dans le paragraphe précédent : ce que j'ai le plus apprécié sont les parties auto-biographiques, celles sur le projet, la poésie, etc, ont été laborieuses à lire et à comprendre. Mon opinion est donc mitigée sur cet ouvrage.

Délicieuses pourritures, Joyce Carol Oates (2003)

"Une prestigieuse université féminine des la Nouvelle-Angleterre dans les années 75. On conteste plus que jamais les valeurs bourgeoises sur fond de drogues, de cigarettes, d’art et de poésie.
Gillian Brauer, 20 ans, brillante étudiante de troisième année, voudrait briller encore davantage aux yeux de Andre Harrow, son charismatique professeur de littérature, qui a décidé de faire écrire et lire en classe à ses élèves leur journal intime. Il n’octroie ses compliments qu’aux confessions les plus osées ce qui génère surenchères malsaines et incidents ravageurs parmi les filles survoltées, avides de retenir l’attention –et plus- du maître.
Tentatives de suicide, incendies inexpliqués, anorexie, somnifères, tous les éléments d’un drame annoncé sont réunis avec, dans un rôle d’une épaisseur glauque, la mystérieuse Dorcas, l’épouse –française- d’Andre, sculptrice, collectionneuse d’affreux totems. Et grande prêtresse de ces amours vénéneuses dont Joyce Carol Oates nous offre ici le récit haletant, à la morale superbement perverse.
"

J'ai déjà lus plusieurs livres de Joyce Carol Oates, dont j'ai parlé ici (Mère disparue et Hudson river) ou non, parce que c'était avant l'existence de ce blog. En tout cas, j'en ai assez lu pour savoir que Joyce Carol Oates est une auteure que j'apprécie. Quant au choix de Délicieuses pourritures, il est dû a un article posté sur un blog que je suis, Delphine's books.

L'histoire nous est racontée par Gillian et le point de départ est une statut qu'elle voit dans un musée alors qu'elle séjourne à Paris. A partir de cette statut qu'elle pensait disparue, elle va revenir sur une des ses années d'études, alors qu'elle avait 20 ans. Cette année-là, alors qu'elle étudie dans une université pour filles, se produisent d'étranges incendies et fausses alerte au feu qui créé un contexte de tension. Une autre raison de tension est l'un des enseignants, Andre Harrow, qui enseigne la poésie, et dont les jeunes filles de toutes les classes se disputent l'attention. Chacune de ces étudiantes est amoureuse de cet enseignant et rêve de devenir sa protégée, ainsi que celle de l'épouse de Andre, Dorca, femme plantureuse et mystérieuse. Cette compétition va devenir encore plus malsaine quand le professeur, lassé des poésies produites par ses étudiantes décide de travailler à partir de leurs journaux intimes : va alors commencer une émulation malsaine entre les jeunes filles pour attirer l'attention de leur professeur.

J'ai adoré ce texte ! Il n'est pas très long (171 pages dans l'édition que j'ai eu en main) mais il est dense et l'essentiel est dit, les poèmes cités le sont pertinemment, la frénésie des jeunes filles est manifeste et l'ambiance délétère du campus également, c'est sulfureux sans être vulgaire ou tomber dans la surenchère (pourtant par moment c'est à la limite !). Les étudiantes du roman sont fragiles, n'ont pas de grandes revendications comme en avait les générations précédentes et leur énergie et leur attention se reportent donc sur le fascinant couple formé par leur professeur de poésie et son épouse sculptrice. C'est vraiment un roman que je conseille, mais il faut malgré tout savoir que l'ambiance en est malsaine et peut donc déranger.

Charlie et la chocolaterie, Roald Dahl (1964)

"Charlie est un petit garçon qui vit avec son papa et sa maman, mais aussi avec ses quatre grands-parents. Tout ce monde est entassé dans deux pièces seulement car la famille de Charlie est très pauvre. Lorsque son papa perd son travail, la situation devient dramatique, ils meurent presque de faim. Mais dans la ville où ils demeurent, il y a une mystérieuse chocolaterie : nul n'y entre ni n'en sort jamais. Son propriétaire, Mr Wonka, lance un grand concours : les cinq gagnants pourront visiter l'usine et gagner des sucreries pour toute leur vie. Mais les enfants mal élevés doivent se méfier : ils seront punis par où ils auront péché."

Les raisons de lire ce texte sont nombreuses, donc il était inévitable qu'un jour je passe à l'acte, et c'est désormais chose faite. D'abord, revenons sur mes motivations quant à cette lecture :
- l'auteur est Roald Dahl, c'est-à-dire, celui qui a écrit Matilda qui est un livre qui a énormément joué dans la constitution de ma "livraddiction" (en passant : lisez Matilda, c'est excellent !),
- j'ai vu l'adaptation de ce roman réalisée par Tim Burton et j'avais adoré : les couleurs, les personnages, etc, et maintenant je peux dire que c'est une très fidèle adaptation au texte,
- ça parle de chocolat (pas besoin de développer, isn't it ?),
- et j'avais envie de lire un texte court afin de faire un pause entre les pavés que je lis actuellement.

Passons à ma lecture maintenant ! Le héros est Charlie, fils unique de parents pauvres qui vit dans une vieille maison avec ses quatre grands-parents. L'argent manquant, les repas sont le plus souvent frugal, et la seule exception est le jour de l'anniversaire de Charlie : celui-ci se voit offrir chaque année une tablette de chocolat. Mais cette année, les choses sont différentes : en effet, Willy Wonka -célèbre et mystérieux chocolatier dont l'usine se situe dans la ville où vit Charlie- organise un concours. Les cinq gagnants seront les enfants qui trouveront les cinq papiers doré dissimulés dans les tablettes vendues à travers la planète. Et les heureux vainqueurs auront le droit de visiter la chocolaterie, lieu mystérieux, clos depuis 10 ans et duquel on ne voit jamais entrer ni sortir un quelconque ouvrier (ni qui que ce soit d'ailleurs) et recevront des friandises à vie pour eux et leur famille.

J'ai tout simplement adoré ce livre ! C'est une sorte de conte avec une morale (les plus humbles seront récompensés et les sales gosses pénalisés), mais sans être austère ou moralisateur, bien au contraire, c'est follement drôle et jubilatoire, surtout le personnage extraordinaire et exubérant de Willy Wonka. Qui plus est, c'est une lecture rapide et divertissante, rien de telle pour s'occuper un petit moment et se changer les idées ! Par contre, la lecture de ce livre a des effets secondaires : elle provoque une irrésistible envie de chocolat et de sucreries diverses !

American Gods, Neil Gaiman (2001)

"Quand les anciens dieux se sont installés en Amérique, amenés par de hardis navigateurs puis par les vagues successives d'émigrants, ils pensaient trouver un territoire à la mesure de leurs ambitions. Peu à peu, cependant, leurs pouvoirs ont décliné : Anubis - l'ancien dieu des morts égyptien - en est réduit à travailler dans une entreprise de pompes funèbres ! Et de nouvelles idoles - cinéma ou Internet - se sont imposées. C'est pourtant un humain, Ombre, qui se retrouve au cœur d'un conflit titanesque : à peine sorti de prison, découvrant que sa femme est morte et que son meilleur ami était son amant, il accepte un contrat aussi dangereux qu'étrange..."

Voici un livre que l'on m'a quasiment mis dans les mains tout en vantant sa "génialité", donc évidemment, je ne pouvais pas me dérober à cette lecture. D'autant plus que l'auteur est Neil Gaiman, un auteur dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog (les articles ici), et toujours en bien, donc raison de plus pour dévorer cet ouvrage.

Le personnage principal de ce récit est Ombre qui se trouve en prison au début du récit : il a en effet tabassé deux hommes qui approchaient de trop près sa compagne, Laura. Mais il est sur le point de sortir du pénitencier, de retrouver Laura et un travail dans le club de sport que tien son meilleur ami. Sauf que ses espérances ne se réalisent pas, et Ombre se trouve alors embarqué dans tout à fait autre chose suite à une rencontre faite dans l'avion qui le ramène chez lui pour assister à l'enterrement de son épouse. En effet, un étrange inconnu, Voyageur, souhaite l'embaucher comme homme à tout faire. Ombre accepte -de toute façon c’en est fini de la vie qu'il espérait une fois sortie de prison- et découvre ainsi que son employeur n'est pas n'importe qui : il s'agit d'un ancien dieu. Et les anciens dieux sont en conflits avec les nouveaux (Néon, Ville, etc).

J'ai beaucoup aimé ce livre pour plein de raisons : d'abord, je trouve l'intrigue bien répartie sur l’ensemble de l'ouvrage, il n'y a pas de moments d'actions et de moments d'attentes de l'action ; il y a toujours quelque chose en cours sans que cela ne soit excessif pour autant. Par ailleurs, le récit est très fluide bien que mêlant l'intrigue elle-même, des rêves et beaucoup de personnages. Et puis certes, c'est un roman d'aventure, de fantastique, d'action, mais le héros est une humain parmi les dieux que sont les autres personnages, ce qui rattache le récit à un point de vue assez facile à suivre, puisque tout comme Ombre, nous découvrons le monde des dieux et des choses nous échappent.

La seule chose qui m'a gênée dans la lecture, c'est la pléthore de personnages que l'on croise. J'ai toujours du mal quand il y a plus de quelques personnages, or là, avec toutes les divinités, j'étais parfois un peu paumée, ne sachant pas/plus qui était qui.

Mais c'est en tout cas un très bon roman fantastique d'une bonne qualité constante du début à la fin !

Sobibor, Jean Molla (2003)

"«Je l'ai fait pour qu'on m'arrête », répond Emma après avoir volé des biscuits dans un supermarché. Que se cache-t-il derrière ses mots, sa maigreur extrême, sa beauté douloureuse ? Quelle est l'origine de son anorexie : l'indifférence de ses parents, le silence, les mensonges savamment entretenus ? Emma veut savoir. Emma veut comprendre. La découverte d'un vieux cahier fera bientôt surgir du passé d'épouvantables secrets."

Le personnage principal de ce livre est une jeune fille anorexique, Emma. Elle vit dans une famille aisée et affectueuse, elle est en conflit avec ses parents, mais est très proche de ses grands-parents. Un jour, elle découvre un cahier qui a servi de journal a un certain Jacques Desroches. Dans ce journal se trouve le quotidien de cet homme dans le camp de concentration de Sobibor. Les deux récits, celui d'Emma et celui de Jacques, se croisent dans le livre et le corps décharné de la première fait écho au secret de sa famille ce qui montre les liens entre le passé et le présent des personnages.

Voici un livre que j'ai découvert parce que des collègues de la bibliothèque l'avaient mis en avant sur une table comme étant l'un de leurs coups de coeur. Et si je l'ai lu, c'est parce que le titre, Sobibor, est également le nom d'un camp de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale, or cette période historique m'intéresse énormément, et qu'en plus, dans ce roman, le sujet est traité avec du recul, du point de vue des descendants de ceux qui ont fait la guerre.

Le livre est destiné aux adolescents mais il est tout aussi bon pour des adultes. J'ai trouvé la fin assez inattendue et violente, plutôt dérangeante, mais globalement, le livre est très bon ! Surtout que -et cela est mon interprétation- on peut y voir un exemple des liens intergénérationnelles des non-dits, le poids des secrets dans les familles. Pour autant, il s'agit d'un livre destinés, aux adolescents, ce n'est pas un ouvrages de psychogénéalogie ! En tout cas, peu importe le public visé, il s'agit d'un livre que j'ai beaucoup apprécié et que je conseille !

Eric, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 9) (1990)

"Faust, vous connaissez ?...
Mais voici Éric, quatorze ans, le plus jeune démonologue du Disque-monde.
Hélas, aucun démon – ni succube, hum... – ne répond à son invocation. Dans le cercle magique apparaisse Rincevent et le Bagage – respectivement le mage le plus incompétent et l’accessoire de voyage le plus redoutable de l’univers.
Et que veut Éric ? Oh, rien de bien original : l’immortalité, la domination du monde et la plus belle femme de tous les temps.
Ce qui entraîne la fine équipe dans un périple étourdissant, de l’empire tézuma des adorateurs de Quetzduffelcoatl, le boa de plumes, aux rivages de Tsort où les Éphébiens guerroient pour sauver la belle Éléonor...
Jusqu’à l’aube des temps et la création du monde...
Et jusqu’aux enfers, où règne Astfgl, le roi-pédégé de tous les diables.
Y a-t-il d’autres romans pour vous en offrir tant ?
"

Je continue donc ma lecture des Annales du Disque-Monde avec ici Eric. Dans ce livre, Rincevent, le mage que nous avons déjà croisé à moult reprises dans les volumes précédents, se trouve par hasard appelé par un jeune garçon, Eric : celui-ci avait fait une incantation afin de faire apparaître un démon, sauf que c'est le mage qui a profité de la faille et qui se retrouve donc à devoir obéir à Eric. Et celui-ci n'exige rien d'autre que d'être le maître du monde, de se caser avec la plus belle femme qui soit et de devenir immortel, rien que ça ! Cela mène donc notre duo à travers des aventures agitées et à rencontrer des gens pas forcément très fréquentables.

J'ai beaucoup aimé ce tome et j'avais pourtant de grandes attentes à son encontre puisqu'un de mes proches -aux goûts sûrs d'après moi- m'avait dit que c'était celui qu'il estimait être le meilleur ; et ma lecture a été à la hauteur de mes espérances. C'est toujours drôle, bien écrit, avec plein de trouvailles et des liens vers notre propre histoire (le peuple de la jungle qui rappelle les Aztèques, le siège de la ville de Tsort s'inspirant fortement de celui de Troie,...). Bref, une lecture bien divertissante, mais brève : le livre ne compte que 168 pages, ce qui en fait le texte le plus court des Annales du Disque-Monde parmi ceux que j'ai déjà lus (et parmi tous aussi, je crois).

En un monde parfait, Laura Kasischke (2009)

"Jiselle, trentenaire et toujours célibataire. croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement idyllique qu'elle accepte aussitôt, quittant les tracasseries de sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, a priori plus apaisante, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les Etats-Unis. lui donnant des allures de pays en état de guerre. Tandis que les événements s'accélèrent autour d'elle, l'existence de Jiselle prend un tour dramatique. l'obligeant à puiser dans ses ressources pour affronter cette situation inédite..."

A début, je craignais une histoire d'amour entre Jiselle, l'hôtesse de l'air, et Mark, le pilote que toutes les hôtesse veulent épouser, mais sachant que l'auteure est Laura Kasischke, je me suis dit que la relation entre les deux personnages ne se passe pas comme chacun l'espérait, ce qui aurait fait de ce livre un roman de réflexion et de psychologie sur une relation peu épanouissante, quelque chose de lucide, désenchanté, un peu nostalgique comme a l'habitude de le faire cette auteure. Sauf que non, enfin si, mais pas que.

Pour commencer, l'histoire se déroule dans ce qui est probablement le futur, aux États-Unis, où une étrange épidémie frappe le pays, ce que fait que les habitants du pays sont très mal vus ailleurs dans le monde puisque les gens craignent qu'ils ne soient contagieux. C'est dans ce contexte que Jiselle et Mark, qui travaillent tous les deux dans l'aviation, se mettent en couple et, très rapidement, se marient. La lune de miel sur une île tropicale -pas fameuse puisque les États-Unis sont traités comme des parias- passée, la situation se dégrade. En effet, monsieur n'est pas souvent présent, et c'est donc madame qui doit gérer le ménage, en particulier les trois enfants de monsieur, qu'il a eu d'un précédent mariage. Évidemment, les enfants n'acceptent pas immédiatement leur nouvelle belle-mère, surtout que ce n'est pas la première puisque Mark est un coureur de jupons. Jiselle, qui avait été habituée à une vie de célibataire entre deux vols se retrouve donc à gérer la maison et la petite famille, le naufrage de son mariage et la situation de crise et de pénurie que vit le pays.

J'ai beaucoup aimé ce roman, de tous deux de Laura Kasischke que j'ai déjà lus, je pense que c'est mon préféré. Non seulement on y trouve les sujets et le ton habituels de cette auteure : le quotidien, ses déceptions et ses défauts, mais il y a là quelque chose de nouveau avec ce contexte de pays dévasté par quelque chose d'inconnu -du moins pour la population et le lecteur. L'écriture est très fluide, subtile, les émotions et les descriptions du quotidien sont exactes, les nuances sont retranscrites. C'est vraiment un livre que j'ai adoré, aussi bien pour l'histoire de Jiselle que pour le contexte d'anéantissement du pays.

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