Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, Romain Gary (1975)

"Jacques Rainier, cinquante-neuf ans, industriel, est aux prises avec des difficultés en affaires au moment où sa liaison avec une jeune Brésilienne le rend très heureux. À la suite des confidences angoissées d'un ami obsédé par le mythe de la virilité, la peur du déclin sexuel s'insinue en lui, l'envahit, le détruit, ne le quitte plus."

J'ai lu ce livre par choix et par hasard. Par choix d'abord, parce que je souhaitais découvrir Romain Gary, un auteur que je ne connais pas mais qui a été abordé lors du cours de littérature que j'ai suivi pendant mon DUT. Et par hasard, parce que je n'ai pas vraiment choisi ce livre en particulier, j'ai vu qu'il était signé Romain Gary, donc j'ai décidé de le lire. Et ce non-choix du titre m'a déstabilisée puisque je n'avais finalement aucune idée quant au contenu de ce texte !

En effet, le narrateur de ce texte, Jacques Rainier, arrive à 60 ans et devient obsédé par sa... virilité, dirons-nous. Il nous livre donc ses consultations, ses dénis, ses espoirs, ses déceptions et ses difficultés face à l'andropause, et on réalise que cela le ravage. On constate aussi qu'il n'y a pas que lui que cela préoccupe : les hommes de son entourage du même âge lui font des confessions ou se vantent, prouvant qu'ils ne sont pas indifférents à ce changement. Ici, pour Jacques Rainier, son impuissance sexuel fait écho à sa situation économique puisqu'il se retrouve à vendre son entreprise, à son manque de compétitivité.

Bref, voici un texte déroutant ! Après avoir lues les 20 premières pages et ainsi découvert le sujet, je me suis demandé si la lecture de ce texte était une bonne idée, surtout que certains passages sont crus (l'allusion au sang dans la vessie par exemple). Mais d'un autre côté, c'est bien écrit, il y a quelque chose de drôle aussi à voir les personnages masculins aussi troublés par le changement qui s'opère en eux et qui s'échinent à le nier. Donc j'ai certes était surprise par le sujet du livre, mais finalement j'ai bien aimé ce livre, et beaucoup l'écriture, ce qui me motive à lire un autre texte de Romain Gary.

Un désordre américain, Ken Kalfus (2006)

"11 septembre 2001: le divorce de Joyce et Marshall Harriman ressemble à une interminable guerre de tranchées où les protagonistes s'affrontent à coups d'avocats et d'injures bien senties. Ce matin-là, Marshall est en route pour son bureau situé au World Trade Center et Joyce doit prendre un avion à Newark. Face aux tours qui s'écroulent, chacun espère secrètement la mort de l'autre et s'en réjouit déjà. Il n'en est rien. Commence alors une guerre conjugale d'une violence inouïe mise en abyme avec une Amérique en plein conflit avec l'Irak, d'où personne ne sortira indemne."

A l'occasion de la commémoration des dix ans des attentats du 11 septembre 2001, j'ai lu je ne sais plus où un article sur les livres qui en ont découlé, et il y avait entre autres les romans dans lesquels cet évènement est intégré. Un désordre américain en faisait partie et comme la bibliothèque où je travaille l'a dans son fonds je l'ai emprunté dès que j'ai pu.

Bien que le récit commence avec les attentats, il ne s'agit pas d'un drame. On s'en rend compte dès le début : lorsque les Twin Towers sont percutées, Joyce jubile parce que c'est là que travaille son époux et celui-ci exulte car l'un des avions est censé contenir Joyce. Mais leur bonheur ne dure pas car finalement aucun des deux n'était à l'endroit où l'autre le croyait et les deux moitiés de ce couple déchiré sont donc vivante et toujours en pleine procédure de divorce. Et le divorce en question ne risque pas d'être réglé à l'amiable car chacun met toute la mauvaise volonté qu'il peut pour accabler l'autre.

Il s'agit en fait d'une satire du monde d'aujourd'hui, un texte ironique où un couple se déchire et est prêt à tout pour avoir le meilleur au détriment de l'autre. Ce n'est pas un texte sombre pour autant, c'est même plutôt drôle : les deux personnages tombent dans la mesquinerie et les comportements excessifs pour nuire à l'autre, et ce sont leur attitude puériles qui créent une distance avec le contexte de traumatisme et rendent certaines situations amusantes.

Un cadavre dans la bibliothèque, Agatha Christie (1942)

"Un cadavre dans la bibliothèque : voilà, de l'aveu même de la romancière, une situation très banale du roman policier. Mais si les propriétaires de la maison ignorent totalement de qui il s'agit ? Si la victime est une jeune femme un tantinet vulgaire, danseuse de son métier - le genre de personne qu'on ne peut en aucun cas rencontrer chez l'honorable colonel Bantry et son épouse ? Alors, c'est une énigme particulièrement coriace, telle que les aime Miss Marple, aussitôt alertée. Et qu'elle résoudra avec sa finesse et sa logique coutumières, au nez et à la barbe des policiers du comté..."

Ayant découvert au hasard de mes errances "webesque" ce texte ayant pour auteur Agatha Christie, une référence en littérature policière, et le mot bibliothèque dans le titre, je ne pouvais qu'ajouter ce titre à ma liste de livres à lire ! J'ai donc profité d'un week-end chez mes beaux-parents pour le lire puisque là-bas se trouve l'intégralité (ou presque) des ouvrages d'Agatha Christie.

Un matin, alors que Dolly Bantry est dans un demi-sommeil en train de rêvasser, la bonne vient lui annoncer qu'un cadavre a été découvert dans la bibliothèque. Après des doutes quant à savoir si elle a ou non rêvé cela, Mrs Bantry finit par envoyer son mari, Arthur, voir ce qu'il en est, et en effet, le corps d'une jeune femme en robe de soirée se trouve dans cette pièce. Ce qui va provoquer une enquête de la part de la police, mais également de Ms Marple, sollicitée par Dolly.

J'ai bien aimé lire ce livre, il faut dire qu'Agatha Christie est une valeur sûre et les intrigues de ses textes sont toujours rondement menées, le tout en finesse. Certes, ce livre n'est pas non plus inoubliable, Les dix petits nègres et Le crime de l'Orient-Express demeurant mes favoris de cette auteur, mais bon, un roman policier de qualité est toujours agréable à lire !

La métamorphose, Franz Kafka, Horne & Corbeyran (2009)

"Comme chaque matin, Gregor, employé modèle, s'apprête à aller au travail. Mais à son réveil, il aperçoit son corps doté d'une lugubre carapace de coléoptère. Gregor croit d'abord à un mauvais rêve. Pourtant la métamorphose est bien réelle. Il ne quittera plus cet aspect, vivotera sa vie d'insecte tout aussi inoffensif qu'innocent, pour finir écrasé comme de la vulgaire vermine."

Ce livre m'a tout de suite interpellé, cela pour deux raisons : la première est sa couverture que j'ai vue alors que je faisais du rangement dans le rayon BD adulte de la bibliothèque, et la seconde est le titre, qui associé au dessin de la couverture m'a fait comprendre qu'il s'agissait d'une adaptation du roman de Franz Kafka. Comme ce-dernier est l'un de mes auteurs favoris, je me suis évidemment précipitée à emprunter ce livre.

L'histoire est donc celle d'un homme, Gregor, qui un matin se réveille dans le corps d'un cafard géant sans savoir pourquoi ni comment cela est arrivé. Au début, il essaie de rester enfermé dans sa chambre le plus longtemps possible afin que ses parents et sa soeur ne s'aperçoivent pas de sa transformation. Mais cela ne peut pas durer longtemps car Gregor doit aller au travail, d'autant plus que la famille vit sur son revenu...

J'ai beaucoup aimé ce livre.  Déjà parce que j'aime les textes de Franz Kafka, mais là, je trouve les dessins très beaux, avec des aplats, un peu comme de l'aquarelle mais opaque, compacte. Certes, c'est sombre, il y a peu de couleurs, mais cela rend bien. En plus le cafard est très bien dessiné, trop même, ses antennes et ses pattes donnent parfois des frissons de dégoût ! En tout cas, cette bande-dessinée dont j'ignorais jusque là l'existence est une bonne surprise !

Les cookies chewy (Recettes des 3 soeurs)

Etant hier en repos grâce à une récupération, j'ai profité de ma journée pour -outre me reposer et lire- tester une autre recette du livres des Recettes des 3 soeurs, en l’occurrence, les cookies chewy.

Les cookies sont toujours simples à faire et difficiles à rater, ce qui en fait une de mes recettes favorites, et celle du livre ne déroge pas à la règle ! Je n'ai pas eu de difficultés et le résultats en vaut la peine, comprenez que c'est très bon !

Juste une petite chose qu'il faut prévoir, c'est que la pâte doit reposer une heure au réfrigérateur, donc il faut anticiper et ne pas être affamé. Sinon, il est précisé dans la recette que l'on peut mettre des M&M's à la place des pépites de chocolat, et à vrai dire, j'ai mis les deux, ce qui est bon, encore que moins de chocolat et plus de M&M's aurait été encore mieux. Et il faut aussi faire attention à bien les laisser refroidir, sinon, ils se cassent facilement puisqu'ils sont moelleux.

Bref, voici une recette testée et approuvée, non seulement par moi, mais aussi par Chaton et mes collègues ! Le goût est délicieux et la texture est belle est bien chewy, c'est-à-dire tendre, moelleuse. Bref, une recette que je suis sûre de refaire !

La pâte à cookies.
Les cookies sortant du four !

Infrarouge, Nancy Huston (2010)

"Artiste et reporter-photographe, Rena Greenblatt rejoint à Florence son père Simon et sa belle-mère Ingrid pour une semaine de promenades parmi les splendeurs de la Renaissance. Mais l'idylle n'est pas au rendez-vous. Naguère scientifique brillant, Simon est désormais un homme fatigué à l'élocution hésitante, et sa femme - solide nature batave - semble peu réceptive aux chefs-d'oeuvre toscans. Le couple parental traîne la patte. Et Rena, toute au regret de Paris et de son jeune amant Aziz, s'impatiente. Alors lui viennent quantité de souvenirs, fantasmes et pensées secrètes qu'elle ne petit partager qu'avec Subra, son "amie spéciale", son double, son invisible confidente. Seule Subra sait à quels infrarouges réagit Rena : désir et déchirements de la maternité, beauté et liberté du sexe, émotion devant les corps masculins débarrassés de leurs oripeaux machistes, et que Rena adore photographier dans l'abandon de la jouissance..."

J'avais voulu lire ce livre parce que l'auteur en est Nancy Huston, or c'est une auteur dont j'avais déjà apprécié les quelques livres que j'ai lu d'elle. Donc quand j'ai vu ce livre -son dernier- passer sous mes yeux, je l'ai emprunté.

La narratrice est Rena, une photographe dans la quarantaine qui vit en France avec son ami Aziz. Quand l'histoire commence, elle vient d'arriver à Florence où elle doit retrouver son père et sa belle-mère pour un séjour d'une semaine. Le livre est divisé en parties qui représentent, chacune, une journée avec les occupations touristiques du trio et les pensées et souvenirs de Rena. Et nous avons également en parallèle, par le biais d'Aziz notamment, la présence des émeutes de 2005 dans les banlieues, puisque c'est de là qu'il est originaire.

J'avoue que j'ai été déçue par ce texte, ce n'est pas ce à quoi je m'attendais et ce n'est pas ce que j'apprécie (mais je n'avais pas lu la quatrième de couverture non plus...). En fait, la partie sur le voyage, les souvenirs sur la famille, l'enfance, l'éducation m'ont assez intéressée, mais ce que je n'ai pas aimé, ce sont les aspects érotiques de ce roman, tout ce dont Rena se souvient. Ça ne m'intéresse pas, j'ai trouvé cela ennuyeux voire risible. J'aurais largement préféré que soient développés l'enfance de Rena et la personnalité de ses parents et de son frère. Je ne pense pas que ma déception présente m'empêchera de lire d'autres livres de Nancy Huston, mais je pense que je jetterai un coup d'oeil au résumé avant de me lancer...

Des éclairs, Jean Echenoz (2010)

"Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l'intéresse plus que le profit. Tirant parti de ce trait de caractère, d'autres vont tout lui voler. Pour le distraire et l'occuper, ne lui resteront que la compagnie des éclairs et le théâtre des oiseaux."

Voici encore un ouvrage de Jean Echenoz, auteur dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises à l'occasion de lectures de ses ouvrages. Donc comme cet auteur me plaît bien, j'ai saisie l'occasion de lire un autre de ses livres quand elle s'est présentée, en l’occurrence avec Des éclairs.

L'histoire est inspirée de celle d'un inventeur serbe, Nikola Tesla, un génie de la mécanique et de la physique lié au développement du courant alternatif. Le personnage qui en est tiré est Gregor, une sorte de géant extrêmement doué dans son domaine, mais peu dans la vie courante. Cela fait qu'il n'a pas d'ami, pas de compagne et que bien que ses inventions lui fassent gagner de l'argent, elles lui en font perdre aussi parce qu'il ne sait pas faire ce qu'il faut pour les protéger correctement et en bénéficier pleinement.

Cette histoire est donc celle d'un génie inadapté, quelqu'un qui réussi, mais qui passe à côté de beaucoup de choses aussi par maladresse, incompréhension ou désintérêt. Un scientifique qui connaît la gloire et la richesse mais finit par vivre à crédit dans un hôtel miteux en s'occupant en douce de pigeons blessés. Il y a une sorte de décalage entre ce qu'est la vie de Gregor et ce qu'elle aurait pu être, beaucoup de "presque". Le héros est tellement centré sur ses inventions qu'il ne fait pas attention aux questions matérielles et quotidiennes, ce qui finit par lui nuire. Ce bref roman de Jean Echenoz m'a en tout cas encouragée dans la poursuite de la découverte de sa bibliographie parce que ses livres sont agréables à lire.

La tarte à la tomate de la flemme (Recettes des 3 soeurs)

Dans l'article à propos du livre Recettes des 3 soeurs (ici), j'avais écrit que lorsque je testerais les recettes, j'en parlerai ici. Chose promise, chose dûe avec la troisième recette salée de l'ouvrage : la tarte à la tomate de la flemme.

Un nom comme cela indique une recette à la hauteur de mes capacités culinaires, et en plus les ingrédients nécessaires sont le genre qu'il y a à peu près toujours à la maison. Ainsi, comme hier il y avait du monde à la maison et que le plat principal prévu n'était pas à mon goût, il m'a été proposé de me préparer une alternative, et j'en ai profité pour tester cette tarte aux tomates.

C'est vrai que la recette n'a rien d'original, mais c'est la présentation du livre, avec toutes les étapes de la préparation illustrées, qui donne envie de cuisiner !

En tout cas, voici le résultat :


Et mon bilan est très positif : non seulement il s'agit d'une recette dont j'ai en général les ingrédients sous la main, mais en plus sa réalisation est d'une simplicité enfantine et au final c'est très bon. En plus, cela m'a permis d'utiliser une pâte tout juste périmée et des tomates qui s'apprêtaient à être perdues, ce qui est plutôt judicieux. En tout cas, je pense -j'en suis même sûre- que cette recette va faire partie de mes incontournables !

Mysterious skin, Scott Heim (1996)

"Récit bouleversant de deux quêtes douloureuses, de deux destins meurtris que rien ne semble pouvoir apaiser. Mysterious skin explore, sans complaisance, sensationnalisme ni faux-semblants, la question de la pédophilie, la complexité de l'éveil sexuel et le passage à l'âge adulte. Tracé d'une plume sobre, empreint de poésie et de délicatesse, un pagnifique portrait de l'enfance, dans la violence de relations troubles et traumatisantes."

Alors que j'étais encore au lycée, j'avais vu le film Nowhere de Gregg Araki, film que j'avais apprécié. C'est pour cela que j'avais noté qu'un autre film de lui était sorti il y a quelques années (en 2004) : Mysterious skin. Je ne l'avais pas vu, je n'avais même pas cherché à savoir de quoi ça parlait. Mais l'autre jour, alors que j'étais à l'endroit de la bibliothèque où les gens rendent leurs documents, je vois le livre Mysterious skin arriver, avec en couverture l'affiche du film : donc ni une ni deux, j'emprunte le livre.

L'histoire a deux narrateurs et personnages principaux : Brian Lackey et Neil McCormick. Brian a une grande soeur, une mère gardienne de prison et un père qui est parti après une n-ième dispute. Il est également passionné par les OVNI, surtout qu'il en a vus une fois et qu'il y a deux moments de son enfance qui ont disparus de sa mémoire et qui, selon lui, s'expliquerait par des enlèvements extraterrestres. L'autre personnage principal, Neil, vit avec sa mère qui travaille dans un supermarché. Il est homosexuel et se prostitue pour se faire de l'argent et garde une certaine fascination pour l'entraîneur de baseball pédophile qu'il a eut un été quand il était enfant.

Comme je n'avais pas lu quoique ce soit sur le sujet de ce livre avant de le lire, j'ai été surprise quand j'ai découvert qu'il traitait de la pédophilie, et j'ai craint que cela ne vire au sordide. Mais ça n'a pas été le cas, malgré quelques passages qui peuvent être choquant parce que crus, violents et/ou dérangeants. Le livre raconte le parcours de ces deux personnages qui ont connus une expérience traumatisante similaire mais qui ne la gèrent pas du tout de la même façon : l'un assume, l'autre oublie. J'ai donc trouvé ce livre très bien écrit et le sujet -difficile à traiter- de la pédophilie bien intégré à l'histoire et les personnages bien construits. Mais attention, c'est un livre qui peut déranger ou choquer.

Les zinzins d'Olive Oued, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 10) (1990)

"La manivelle tourne...
Et les diablotins se décarcassent dans la boîte à images.
Car un alchimiste d’Ankh-Morpork a découvert la magie des images animées. Une activité fébrile s’empare d’une colline déserte au bord de l’océan : Olive-Oued.
« Du friçon ! De l’aventure !
Avec les étoiles
**Victor Marasquino** et **Delorès de Vyce**
Et avecque mille éléfants !
Une daibauche de passionne et de grands aiscaliers sur fond d’hystoire tumulte-tueuse : QUAND S’EMPORTE LE VENT D’AUTAN. »
« Après le pestacle, l’Antre à Côtes de Harga vous attend. Sa cuisine gaz trop gnomique. »
Mais les rêves d’Olive-Oued cachent un noir mystère qui menace le Disque-monde.
Il était une fois à Olive-Oued...
"

Voici le dixième ouvrage des Annales du Disque-Monde, ouvrage qui a pour thème le cinéma. En effet, l'histoire commence dans un désert, alors qu'un homme rencontre La Mort. Le désormais défunt était un gardien, il devait chanter trois fois par jour et cela afin d'empêcher des Choses d'entrer dans la réalité. Sauf qu'il n'a pas de successeurs et que le sens de ces rites s'est perdu avec le temps, ce qui fait que personne ne s'inquiète de son décès. Mais sans ce gardien, des grains de sables commencent à rouler des dunes, un trou se fait, des idées s'échappent et viennent se loger dans la tête d'habitants d'Ankh-Morpork.

Ce sont d'abord des alchimistes qui ont l'idée d'images animées, ils expérimentent, font leurs premières projections et cela fonctionne. Et en même temps, plein de gens migrent dans le désert, à Olive Oued, sans vraiment savoir pourquoi, comme s'ils étaient hypnotisés. Une véritable cité de l'image animée se développe, à tel point que tout cela dégénère.

J'ai bien aimé ce dixième tome, aussi bien le thème que son traitement, les dérives des personnages, les inventions, etc. Il m'a semblé qu'il y avait peut-être un peu moins de jeux de mots que dans les précédents ouvrages des Annales du Disque-Monde, mais ce texte n'en reste pas moins drôle et agréable à lire. Je vais donc continuer la lecture de cette série, en essayant d'être un peu plus assidue et de ne pas laisser s'écouler autant de temps entre chaque lecture !

Recettes des 3 soeurs pour jeunes fauchés gourmands, Evelyne, Delphine et Annie Mach (2011)

Un nouveau venu dans ma bibliothèque !
Je m'achète rarement de livres parce que bon, je travaille dans une bibliothèque, ce qui signifie des dizaines de milliers de livres à disposition, donc autant les emprunter. En plus, je lis tellement que cela reviendrait à très cher de tout acheter. Mais là, j'ai fait une exception pour Recettes des 3 soeurs pour jeunes fauchés gourmands. Déjà, il s'agit d'un livre de cuisine, c'est-à-dire le genre d'ouvrage qui -s'il est utilisé- est susceptible d'être éclaboussé de diverses substances alimentaires, et d'être annoté ou complété de fiches recettes, donc c'est quand même assez personnel. En plus de cela, je suis et adore le blog de l'une des auteures, Delphine Mach (le blog ici), ce qui est une raison de plus m'incitant à me procurer ce livre. Et puis un coup d'oeil au sommaire m'a indiqué que toutes les recettes me plaisent, ce qui rentabilise le livre (parce qu'un livre de recettes qui n'en contient qu'une seule qui nous intéresse, ce n'est pas super quand même).

Ce livre est donc un livre de recettes de cuisine, mais il a pour particularité d'avoir été réalisé par trois soeurs : l'une aux expérimentations culinaires, l'une aux illustrations et l'autre à la photographie. Et ces trois jeunes femmes nous proposent leurs recettes favorites, simples à réaliser et appétissantes, recettes qu'elles proposaient déjà sur un blog à six mains (par ici le blog). Elles nous donnent aussi de judicieux conseils sur la réalisation des recettes, les produits à utiliser, les aliments de bases à avoir chez soi et des variantes aux recettes afin de diversifier les résultats.

Bref, j'adore ce livre ! Aussi bien le principe (les trois soeurs qui nous proposent leurs recettes quotidiennes), que les recettes (pleins de choses que j'aime et simples à faire) et la présentation ! Je l'ai lu de bout en bout juste après l'avoir acheté pendant ma pause déjeuner et ça m'a donné faim (alors que je venais de manger) et envie de me lancer dans les recettes décrites (alors que la cuisine et moi...). Surtout que toutes les étapes des recettes sont expliquées et dessinées, ce qui simplifie les choses, ça a l'air tout à fait accessible (= tout à fait pour moi). Donc même si je n'en ai pas encore testé, j'ai bien l'intention de le faire ! (Et j'en parlerai ici !)

L'invention de la solitude, Paul Auster (1982)

"L'Invention de la solitude comporte deux parties. Dans la première ("L'homme invisible"), la mort soudaine du père conduit Paul Auster à fouiller la mémoire familiale en même temps qu'il explore ses propres sentiments et mobiles. Dans la seconde ("Le livre de la mémoire"), il s'efforce à une véritable reconstruction de la vie par ses particules les plus secrètes. Et de l'une à l'autre, avec une érudition éblouissante, il éclaire ce que, vers la fin, il résume d'un mot : "Le langage n'est pas la vérité, il est notre manière d'exister dans l'univers.""

Voici un livre dont j'ai découvert l'existence via un autre livre de cet auteur : L'art de la faim (dont j'ai parlé ici) qui contient des entretiens avec Paul Auster, entretiens dans lesquels il parle de sa vie, de ses textes précédents, de ses débuts dans l'écriture, etc.

Dans L'invention de la solitude, texte autobiographique, c'est du décès de son père que tout commence : il ressent le besoin d'écrire immédiatement, mais aussi de faire le portrait de son père avant qu'il ne soit trop tard. Cela l'amène donc, dans une première partie, à décrire la vie de son père et les démarches telles que vider la maison du défunt, jeter ses cravates, mais aussi, dans une seconde partie à revenir sur les liens père-fils.

J'ai bien apprécié ce livre bien qu'il soit difficile de se l'approprier complètement car il s'agit là de Paul Auster et de son père, c'est-à-dire un cas particulier et réel, non pas un roman qui aspirerait à la généralisation et dans lequel chacun pourrait se retrouver. Pourtant, on se retrouve forcément dans certains passages parce que même si chaque personne et chaque relation est particulière, il y a des modèles récurrents. Et puis on trouve dans ce livre des passages généraux, des réflexions de l'auteur telle que la suivante : 
"A l'homme la mort prend son corps. Vivant, l'individu est synonyme de son corps. Ensuite, il y a lui, et il y a sa dépouille. On dit : "Voici le corps de X.", comme si ce corps qui un jour a été l'homme lui-même, non sa représentation ni sa propriété, mais l'homme même connu sous le nom de X., soudain n'avais plus d'importance. Quand quelqu'un entre dans une pièce et que vous échangez une poignée de main, ce n'est pas avec sa main, ni avec son corps que vous avez l'impression de l'échanger, c'est avec lui. La mort modifie cela. Voici le corps de X., et non pas voici X. Toute la syntaxe est différente. On parle maintenant de deux choses au lieu d'une, ce qui implique que l'homme continue d'exister mais comme une idée, un essaim d'images et de souvenirs dans l'esprit des survivants. Quant au corps, il n'est pus que chair et ossements, une simple masse de matière."
Bref, c'est un livre que j'ai trouvé intéressant à lire mais dans lequel il est difficile de tout saisir car il s'agit quand même du cas intime et particulier de la relation d'un père et de son fils.

Jésus et les copains, Dimitri Planchon (2005)

"Revisite les Evangiles à la manière d'un roman-photo. Un Jésus moderne décide d'abandonner sa carrière prometteuse de charpentier pour devenir prophète, une situation précaire."

Je suis tombé par hasard sur cette bande-dessinée, en faisant du rangement dans les bacs à BD et dès que j'ai vue la couverture, j'ai reconnu le style de Dimitri Planchon, un auteur dont j'ai déjà parlé sur ce blog (l'article ici). Et comme j'aime bien ce que j'ai lu de lui, je me suis empressée de mettre Jésus et les copains de côté afin de pouvoir la lire pendant un moment creux.

Comme le dit très bien le résumé, il s'agit là des Évangiles en roman-photo et avec beaucoup d'humour. Cela commence alors que Marie est chez le gynécologue et qu'il lui annonce qu'elle est enceinte, sauf qu'elle pressent que l'enfant n'est pas de Joseph, son mari, mais de Dieu, son amant. L'enfant naît et s'appelle Jésus. Naît aussi Jean-Baptiste, son cousin, mais peut-être aussi son demi-frère. En grandissant, c'est Jean-Baptiste qui devient le plus influent, le mieux placé pour devenir le représentant de Dieu sur Terre alors que Jésus doute de lui. Mais Jean-Baptiste meurt (la scène où son décès est annoncé à Jésus est hilarante), et c'est donc Jésus qui devient le prophète numéro 1 de l'entreprise de Dieu.

J'ai beaucoup ri en lisant cette bande-dessinée, c'est vraiment bien fait et j'ai regretté qu'il n'y en ait pas plus tellement c'est bien. En tout cas, cela confirme que j'apprécie le travail de cet auteur-colleur, donc je le suivrais de près afin de ne pas passer à côté des prochains ouvrages qu'il pourra sortir.

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