La rose pourpre et le lys, Michel Faber (2002)

"Londres, 1875. Quelque part dans Church Lane, à l'écart du tumulte de ce quartier sordide, une jeune fille attend. Elle s'appelle Sugar, elle a dix-huit ans. C'est une prostituée d'un genre particulier : sa beauté, sa vivacité, son intelligence - elle sait lire, écrire et pratique l'art de la conversation - semblent la promettre à un destin différent. Elle est remarquée par un riche parfumeur, William Rackham, qui fait d'elle sa maîtresse. William Rackham est ambitieux. Pour maintenir son train de vie et échapper aux humiliations financières que lui inflige son père, il doit encore gravir quelques échelons. Et puis il y a sa femme, Agnes, une grande bourgeoise neurasthénique qui ignore tout du mal qui la ronge. Ensemble, Sugar et William décident de braver les interdits et de vivre une vie plus conforme à leurs grandes espérances, loin du bordel et de la médiocrité petite-bourgeoise. Y parviendront-ils ? Utilisant toutes les ressources du roman victorien, Michel Faber a fait de cette histoire un livre extraordinairement moderne. La misère des classes populaires, l'arrogance de la bourgeoisie, la crise des mœurs soumises à une morale sexuelle répressive forment un tableau grouillant de vie, de conflits et de passions à l'arrière-plan des destins croisés de Sugar et William."

J'avais repéré ce roman dans une librairie il y a bien 4 ou 5 ans, mais je m'étais alors contentée d'ajouter le titre à ma liste de livres à lire. Et puis la semaine dernière, au travail, je l'ai vu sur le chariot des livres venant d'être rendu donc je me suis dit que c'était l'occasion de me lancer dans sa lecture.

Les deux protagonistes de ce roman qui se déroule à la fin du XIXe siècle sont Sugar et William Rackham. La première est une prostituée de 19 ans qui exerce ce métier depuis qu'elle a 13 ans, après que sa mère ait vendu sa virginité pour de l'argent. Elle est reconnue pour son intelligence, sa vivacité d'esprit et le fait qu'elle accepte tout des hommes. Le second, bien que cadet de sa fratrie, est l'héritier d'une entreprise de parfumerie fondée par son père, écrivain raté qui peine à s'intéresser à l'entreprise qui lui revient, entouré d'un frère aîné qui s'est tourné vers la religion mais qui doute, d'une épouse folle, d'une fille qu'il ne connaît qu'à peine, d'une flopée de domestiques et de deux amis extravertis et fêtards. Les deux personnages se rencontrent alors que William cherche une prostituée qui puisse satisfaire ses désirs, on lui conseille Sugar, et il s'entiche d'elle au point de la racheter pour qu'elle ne travaille plus que pour lui. Mais même si au début chacun y gagne, le quotidien et l'habitude finissent par éroder leur relation.

J'ai tout simplement adoré ce long roman que j'ai lu rapidement malgré ses plus de 1100 pages tant l'histoire est prenante et le style fluide. Les personnages sont très bien construits, l'atmosphère des différents lieux que nous fréquentons au cours de l'histoire est très bien rendue et le ton un peu ironique qui n'hésite pas à s'adresser au lecteur est captivant et rend le livre vivant. En plus de cela, le texte n'est pas fade, ni rempli de bons sentiments : au contraire, il est réaliste, parfois cru même et cela le renforce. Certes, la fin est un peu brutale, on aimerait savoir ce qu'il arrive aux personnages, mais d'un autre côté, c'est ouvert et cela laisse place à l'imagination. Bref, c'est un livre dont le volume peu à première vue repousser, mais la qualité du récit font que l'on ne voit pas passer ce millier de pages !

No et moi, Delphine de Vigan (2007)

"Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies.
Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde.
A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle.
No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence.
No, privée d’amour, rebelle, sauvage.
No dont l’errance et la solitude questionnent le monde.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous.
"

Lou a 13 ans et vient d'entrer au lycée puisqu'elle est surdouée. En classe de Sciences Économique et Sociale, elle doit faire un exposé, et elle décide de le faire sur les jeunes femmes SDF, et cela après en avoir rencontrée une, No, dans une gare. Lou et No s'apprivoisent et se lient autant que le leur permet la disparité de leur situation et leur âge, et Lou va tenter d'aider No, aidée par le rebelle de sa classe, Lucas.

J'ai plutôt apprécié ce roman, mais je l'ai trouvé un peu simple (attention, je n'écris pas simpliste), trop facile et assez prévisible. C'est certes bien écrit, le sujet est intéressant, mais la relation Lou et No me paraît improbable, sûrement parce que Lou me paraît bien trop jeune par rapport au rôle qu'elle joue. De même que le personnage de Lucas est bien fade et n'a l'air d'être là que pour son appartement et le rôle de rebelle qu'admire secrètement Lou. Le sujet des SDF me semble donc porteur, mais c'est la manière dont il est exploité qui me semble bancal, notamment à cause des personnages. Donc c'est bien, ça se lit facilement, mais ce n'est pas exceptionnel ou inoubliable non plus.

Faisons des maths !

Source
Cet article ne parle pas de livre, mais ne vous inquiétez pas, il ne traite pas de sport non plus : le sujet est l'argent. Vous en avez peut-être entendu parler, et autrement la capture d'écran ci-dessus l'annonce : David Beckham va intégrer le PSG pour 800 000€ brut par mois.

Nous allons donc poser un petit problème : sachant que le traitement de base mensuel de l'auteur du présent blog qui travaille dans une bibliothèque est de 1365,93€ (et cela n'augmentera que peu avec l'évolution de carrière), combien de temps faudra-t-il à cette personne pour gagner ce que monsieur Beckham va toucher en un mois ?

Solution (à surligner avec votre curseur pour la voir) : 48 ans 9 mois et 20 jours. Donc, en un mois, David Beckham va toucher plus que tout ce que je vais toucher tout au long de ma carrière, même si je passe des concours et progresse.

Les vaches de Staline, Sofia Oksanen (2003)

"Les « vaches de Staline », c’est ainsi que les Estoniens déportés désignèrent les maigres chèvres qu’ils trouvèrent sur les terres de Sibérie, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C’est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l’héroïne, Anna, est une jeune Finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds. La mère de celle-ci est estonienne, et afin d’être acceptée, cette femme a tenté d’effacer toute trace de ses origines, et de taire les peurs et les souffrances vécues sous l’ère soviétique. Ne serait-ce pas ce passé qui hante encore le corps de sa fille ?"

J'avais lu Purge l'année dernière, peu de temps avant la création de ce blog (d'où l'absence d'article concernant ce livre), et j'avais bien aimé. Donc quand cet été j'ai vu que le premier roman de Sofi Oksanen, Les vaches de Staline, antérieur à Purge donc, allait être publié à l'automne, je me suis empressée de l'ajouter à ma liste de livres à lire.

Dans ce roman alternent deux voix : en focalisation interne, nous avons Anna, jeune femme anorexique et boulimique, incapable de coucher avec l'homme qu'elle aime et incapable d'aimer ceux avec qui elle couche, fille dont le père est une Finlandais qui couche avec les filles de l'Est et dont la mère est une fille de l'Est honteuse, cachant ses origines. La seconde voix, en focalisation externe, c'est justement cette mère, Katariina, Estonienne qui a épousé un Finlandais, a pu fuir le régime communiste, et par qui nous découvrons une famille sous le joug de ce pouvoir. Et le lien entre ces deux femmes, c'est la honte : la mère honteuse de son origine qui impose à sa fille le secret de ses racines estoniennes, et la fille qui transforme le poids du secret en poids du corps, en honte du corps.

J'ai beaucoup aimé ce livre, presque adoré à vrai dire ! Tout comme dans Purge, j'ai beaucoup aimé découvrir le quotidien sous l'autorité communiste et l'histoire de l'Estonie, pays que je ne connais pas du tout (et qui pour moi fait partie des "pays de l'Est", c'est-à-dire tout ce qu'il y a entre l'Europe et la Russie). J'ai beaucoup aimé aussi le lien entre les générations, le poids du secret de la mère qui se manifeste chez la fille. Mais si je dis que j'ai presque adoré, c'est parce que l'écriture n'est pas toujours facile à lire, et aussi parce que les chapitres de la mère ne sont pas dans l'ordre chronologique, ce qui m'a un peu perdue, surtout qu'ils sont entrecoupés par les chapitres de la fille. On pourrait aussi dire que ce livre ne fait que ressasser le contenu de Purge, mais bien que publié en second en France, Les vaches de Staline est antérieur à Purge, donc on peut plutôt parler de brouillon, de préambule à ce dernier. Et il a été reproché aux Vaches de Staline de ne pas être assez dégrossi, assez abouti, ce qui est vrai mais je trouve que cela a un côté brut qui correspond très bien au style de l'auteur et au récit-même. Bref, malgré cela, voici une auteure dont je vais suivre les publications vu que j'apprécie ses texte, et je vais aussi relire Purge dès que possible !

Décidemment...


Il semblerait que le sapin de Noël fait de livres inspire les gens (cf. cet article)...

XXL, Julia Bell (2005)

"« Si j'étais aussi grosse qu'elle, je me tuerais », dit Maman en montrant du doigt une photo de Marilyn Monroe dans son magazine. Je suis dans la cuisine, en train de faire griller du pain. Maman n'achète que du pain danois à faible teneur en sel, le genre qui contient plus d'air que de farine. Son nouveau régime l'autorise à en manger deux tranches au petit déjeuner. "Tu me préviendrais, hein, si j'étais grosse comme ça?" Je me tourne vers elle, je vois ses os à travers ses vêtements. Je mens : "Evidemment." Le poids a toujours été un sujet épineux pour Carmen. Rien de surprenant : sa propre mère lui répète comme une litanie qu'être mince, c'est être belle ; c'est réussir dans la vie ; c'est obtenir tout ce que l'on veut... Alors c'est simple: Carmen sera mince. Quel qu'en soit le prix."

Carmen est une préadolescente qui vit avec sa mère et son beau-père. Elle a une vit tout à fait normale, sauf sur un point : sa mère, Maria, est une obsédée des régimes atteinte d'anorexie. Elle s'impose donc un régime draconien, est obsédé par la nourriture, est persuadée d'être énorme, s'épuise à faire de la gym, etc, mais ne cesse également de faire des remarques à sa fille à propos du poids de celle-ci et de ce qu'elle mange, de lui dire que l'apparence n'est pas tout, mais que c'est quand même là-dessus qu'on est jugé, etc. Un jour, Maria décide de quitter son compagnon et d'aller s'installer dans sa ville d'origine avec Carmen. Carmen va alors se retrouver seule avec sa mère et la folie de celle-ci, mais aussi toutes les histoires qui gangrènent les relations familiales.

Ce livre est pas mal, aussi bien sur le fond que la forme, mais ce que j'ai le plus apprécié, c'est sa justesse : sous prétexte qu'il s'agit là d'un roman destinés aux adolescents, les problématiques de trouble du comportement alimentaire, de familles recomposées, de conflits familiaux, etc, ne sont pas simplifiés ou atténués.

La vie secrète de E. Robert Pedleton, Michael Collins (2006)

"Après le suicide bâclé du professeur Pendleton, écrivain raté sur le point de perdre sa chaire de Creative Writing, Adi, l’une de ses étudiantes rongée par la culpabilité, s’installe chez lui pour jouer les gardes-malades. Elle découvre dans la cave un livre écrit par Pendleton des années auparavant. Immédiatement elle perçoit dans Le Cri un chef d’œuvre où « Nietzsche rencontre Charles Manson ». Adi s’associe avec l’ennemi intime de Pendleton pour le faire republier. Le succès est immédiat. Un seul détail la trouble : l’effroyable meurtre d’une adolescente relaté dans Le Cri ressemble étrangement à un crime jamais élucidé, qui eut lieu dans la région quelques années plus tôt… Simple coïncidence ? Ou bien Pendleton aurait-il quelque lien trouble avec ce macabre fait divers ?"

Voici un livre que j'avais déjà lu en 2007 et dont j'avais gardé un souvenir bon, mais flou. C'est pour cela que lorsqu'il m'est passé sous les yeux il y a quelques temps, j'ai décidé de le relire.

E. Robert Pendleton est professeur dans une université états-unienne de seconde zone, le genre de lieu où se retrouvent les enfants de parents fortunés qui leurs paient leur diplôme plus que leurs études. Pendleton lui-même n'a pas un parcours glorieux et peine à se maintenir en poste faute d'un travail assidu et de publications régulières. Et un jour, un auteur, Horowitz, vient faire une conférence à l'université, or celui-ci est l'ennemi de Pendleton car ils étaient ensemble à l'université, sauf que le premier connaît la gloire alors que le second sombre dans une médiocrité étriqué. En tout cas, la venue d'Horowitz est la goutte de trop pour Pendleton, il tente alors de se suicider, mais une étudiante, Adi, découvre son corps encore en vie et Pendlenton est sauvé, encore qu'il est amorphe et a oublié beaucoup de choses. Avant de se tenter de mettre fin à ses jours, le professeur avait légué tous ses travaux à Adi, qui va alors s'en servir pour travailler sa thèse. Sauf qu'elle découvre dans la cave de Pendleton un carton de livres, un livre signé de Pendleton mais font personne n'a jamais eu connaissance. Cet ouvrage est un roman dans lequel un professeur du même type que Pendleton assassine une jeune fille de 13 ans. Or un meurtre similaire et resté non élucidé avait eu lieu quelques années auparavant, ce qui pose la question de savoir si ce livre est un roman ou un aveu.

Ce texte m'a beaucoup plus, déjà parce que ça se passe dans une université américaine et il est question de livres, donc forcément, mon côté snob littéraire est attiré. Outre cela, le livre a des qualités intrinsèques : c'est un roman policier, un roman sur la vie universitaire, un livre sur les problèmes personnels de chacun et les rapports humains et c'est aussi un livre drôle, ironique. Les personnages ont tous une sorte de double jeu : rien de grandiose, mais plutôt à base des compromis et des petits mensonges du quotidien, ce qu'on ne veut pas voir, ce qu'on accepte de faire pas dépit. Bref, même si le genre dominant est policier, il y a bien d'autres choses que l'enquête, et cela m'a beaucoup plus.

Ça, c'est du sapin de Noël ! :D


Et pour Noël, offrez des livres ! Si vous ne savez pas lequel choisir pour vos proches, demandez conseil à un libraire, c'est leur métier. Mais il faut aller dans une vraie librairie, hein, n'allez pas acheter vos livres sur Amaz*n (même, et surtout, s'ils vous envoient des mails publicitaires tous les jours, résistez) !

Suite suisse, Hélène Bessette (1965)

"Suite suisse, comme l'écrit son auteur, est "le livre de la porte", celle qui est constamment claquée au nez de l'écrivain tentant vainement de gagner sa vie et ne rencontrant que mauvaise fortune. Parfaite représentante de ce destin tragique, Hélène Bessette réalise ici une manière d'auto fiction, évoquant son exil en Suisse à la recherche d'un pays moins hostile à ce qui est considéré comme une activité marginale, l'écriture. Elle évoque avec humour l'échec répété de ses demandes d'emploi, sa vie dans les hôtels miteux et les pensions de famille bruyantes - contrastant avec la Suisse luxueuse -, son amour immodéré des tea-rooms, la rencontre toujours conflictuelle entre sa sensibilité exacerbée et le visage lisse que lui offrent les autres, ceux qui s'agitent dans une vie dont elle se sent exclue. Hélène Bessette raconte son errance avec une ironie irrésistible qui n'épargne rien. Suite suisse est une étape importante dans la constitution de son "roman poétique", à la fois puissamment ancré dans la narration et outrepassant les limites mêmes du genre pour offrir à l'imaginaire du lecteur des sentiers poétiques bifurquants."

C'est totalement par hasard que j'ai découvert ce livre : il était parmi d'autres, dans une pile d'ouvrage que je devais estampiller. La couverture m'a interpellée, j'ai lu la quatrième de couverture, ça avait l'air pas mal et j'ai noté le titre dans un coin de ma tête afin de penser à récupérer ce livre une fois qu'il aura été mis à disposition pour l'emprunt.

L'histoire est celle de Fi Bess -projection de l'auteure, Hélène Bessette- qui se retrouve en Suisse puisqu'elle ne parvient pas à faire publier ses textes à Paris. Elle y raconte avec humour ses conditions de vie, ses difficultés pour obtenir les papiers nécessaire, un travail, un logement, etc, la vie chic, élégante, snob et chère de ce pays, son amour pour les tea-rooms où elle commande des Ovo et des pâtisseries, le tout entrecoupé par les allumettes qu'elle craque sans cesse.

J'ai d'abord été déroutée par ce texte, à cause du style : c'est très haché, elliptique. Il ne s'agit pas de longues phrases descriptives et fluides racontant une histoire de manière linéaire, mais de brèves phrases de quelques mots qui son plus comme des touches, des instantanés, des détails, une émotion, une impression. C'est comme si c'était scandé. Ce qui fait qu'il y a quelque chose d'incomplet, un peu comme si elle prenait des notes, mais d'un autre côté cela donne un rythme et rend finalement l'essentiel. Et au final, j'ai bien aimé ce texte et j'ai été très étonnée de sa modernité. Le texte date des années 1960, mais le style et la personnalité de la narratrice ne dépareraient pas de nos jours, et je pense que cela rend le texte d'autant plus accessible. En tout cas, j'ai vu que la bibliothèque avec acquis d'autres ouvrages de cette auteure, donc il est probable que j'en lise au moins un autre.

Le liseur, Bernhard Schlink (1995)

"À l'âge de quinze ans, Michaël – le narrateur – découvre l'amour dans les bras d'Hanna, une voisine de vingt ans son aînée ; pendant six mois, il la rejoint tous les jours et partage avec elle plaisirs de la chair et moments de lecture. Mais sa maîtresse, personnage secret, disparaît un jour mystérieusement. Sept ans plus tard, Michaël la retrouve par hasard, alors qu'il assiste à un procès pour crime de guerre, où elle figure au banc des accusés ; il découvre à cette occasion un fait qui pourrait atténuer sa condamnation, mais choisit de n'en rien dire, par respect pour celle qui a marqué si profondément sa vie. Il renouera leur relation au cours des dix-huit années d'incarcération de celle qu'il comprend enfin un peu mieux."

Voici un livre que j'avais failli lire il y a six ans, mais pour des raisons X ou Y j'étais finalement passé à autre chose (il y a toujours tellement de livres à lire !). Malgré tout, son titre était resté dans un recoin de ma mémoire, donc quand un lecteur a rendu un exemplaire de ce livre à la bibliothèque, je me le suis mis de côté pour enfin accomplir cette lecture.

Le narrateur de l'histoire, Michaël, est un jeune garçon au début de l'histoire. Un jour il est malade, vomit dans la rue, et une femme, Hanna, habitant dans les parages l'emmène chez elle pour le nettoyer, puis elle le ramène chez lui. Michaël retourne ensuite chez elle pour la remercier, et c'est ainsi que naît leur relation : basée sur la chair, mais aussi la lecture. Puis un jour, elle disparaît. Plus tard, alors que Michaël suit ses études supérieures, il se retrouve avec ses camarades à suivre un procès contre des gardiennes d'un camp de concentration et c'est là qu'il va revoir Hanna, parmi ces accusées.

J'ai beaucoup aimé ce roman malgré quelques longueurs. Mais le style est fluide et les deux personnages principaux, Hanna et Michael très bien construits. On comprend tout à fait le raisonnement et les hésitations de Michaël, et aussi la honte d'Hanna face à son secret. Ce n'est pas un livre très long, mais tout y est de manière claire : le passé et le présent, les faits et les pensées. En plus, le contexte historique le rattache à la Seconde Guerre mondiale qui est, comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ici, une période qui m'intéresse. Je ne regrette donc pas d'avoir lu ce livre, aussi tard que cela soit puisque ce n'est finalement pas une déception, loin de là.

Fille noire, fille blanche, Joyce Carol Oates (2006)

"Elles se rencontrent au coeur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna Meade, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très " radical chic ", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington. Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique."

Comme j'ai déjà lu et apprécié plusieurs textes de Joyce Carol Oates, je n'ai pas hésité à lire Fille noire, fille blanche quand celui-ci m'est passé entre les mains à la bibliothèque.

L'histoire nous est racontée par Genna, alors qu'elle est adulte. Les évènements dont elle nous fait part se sont déroulés alors qu'elle était à l'université, pendant les années 1970. Elle s'était retrouvée à partager une chambre avec une autre étudiante, une jeune fille noire. Genna ayant des parents très ouverts d'esprit n'est pas gênée par cela et fait tout pour le montrer. Mais sa camarade, Minette, n'a rien à faire de ce que l'on peut penser d'elle. Et puis des incidents se produisent, incidents mis sur le compte du racisme, alors qu'ils pourraient tout aussi bien être lié au caractère de Minette, indépendamment de sa couleur de peau. Le fait est que l'atmosphère devient délétère et que cela finit par dégénérer.

Comme dans la plupart des romans de Joyce Carol Oates que j'ai lu, on retrouve une ambiance malsaine et d'étranges rapports entre les personnages, avec ici un contexte socio-politique fort. Ce roman m'a bien plus, il correspond bien à ce que je m'attendais. Par contre, c'est vrai que l'insalubrité de l'atmosphère dégagée par le livre est susceptible de déplaire, mais j'avoue que c'est le genre de chose qui me plaît dans un livre, donc ce n'est pas un défaut à mes yeux. En tout cas, cela me motive à continuer la lecture des textes de cette auteure.

Coraline, Neil Gaiman (2002)

"Coraline vient de déménager et découvre son environnement, une étrange maison qu'elle et ses parents partagent avec des voisins peu communs : deux anciennes actrices et un vieux toqué éleveur de souris savantes. "Je suis une exploratrice !", clame Coraline. Gare pourtant : derrière la porte condamnée, un monde magique et effrayant l'attend."

Voici un livre que je voulais lire depuis un petit moment, mais je n'en avais jamais l'idée, le temps ou l'occasion, mais comme l'autre jour je me suis trouvée à court de lecture et que ce livre était à proximité, j'en ai profité pour le lire.

L'héroïne est Coraline, une fillette qui vit avec ses parents dans une maison divisée en appartement. A cause de cette division, il y a dans leur appartement une porte qui ouvre sur un mur puisque derrière il y a un autre appartement. Un jour, Coraline découvre un monde derrière cette porte, une sorte de miroir déformant de la réalité où ses parents sont toujours disponibles pour elle, où elle a tout ce qu'elle veut et où les yeux des gens sont remplacés par des boutons. Elle n'y reste que peu de temps puis revient dans la réalité et réalise que ses parents ont disparu : ils sont fait prisonniers dans l'autre monde par l'autre mère. Pour rétablir les choses, Coraline va donc devoir les libérer, de même que trouver les âmes de trois enfants faits prisonniers longtemps auparavant.

J'ai beaucoup aimé ce texte ! Il a beau être destiné aux enfants, il est malgré tout angoissant et élaboré, pas du tout simplistes comme peuvent parfois l'être les textes destinés aux plus jeunes. Une fois de plus, mes lectures me confirment l'imagination et la qualité de l'écriture de Neil Gaiman ! A noter que ce texte à été adapté à l'écran : j'avais voulu le voir il y a quelques temps, puis l'idée m'est passée, surtout que mon significant other m'a dit que l'animation n'était pas à la hauteur du livre...

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