Ça, Stephen King (Tome 2) (1986)

"De retour, après vingt-sept années, dans leur petite ville de Derry, les membres du « Club des ratés » (ainsi se nommaient-ils eux-mêmes sur les bancs de l'école) doivent affronter leurs plus terrifiants souvenirs, brutalement ressurgis.
Ça : nul ne sait nommer autrement la chose inconnue qui semble devoir se réveiller cycliquement dans les entrailles de la ville, pour semer la mort et l'épouvante. Roman de l'enfance, tableau saisissant de la vie américaine, cette oeuvre ambitieuse est une parabole du Mal enfoui, refoulé, et de la violence de ses réapparitions. C'est enfin, et surtout, une des plus grandes oeuvres de Stephen King, un festival de terreur.
"

Après avoir lu le tome 1 (article ici) qui nous avait approchés de la fin des évènements de 1958, alors que nos héros n'étaient que des enfants, et que nous étions en train de suivre le déroulement des évènements de 1985, avec nos héros devenus adultes, c'est très logiquement que je poursuis et termine la lecture de Ça avec le second tome.

Nous retrouvons donc nos six personnages, Ben, Beverly, Bill, Eddie, Mike et Richard, toujours dans la ville de Derry. Nous les suivons encore sur deux périodes : lorsqu'ils étaient enfants et vingt-sept ans plus tard, alors qu'ils sont adultes et que Ça, le clown et ses atrocités, sont revenus. Dans les deux cas, le groupe est en train d'essayer de tuer la chose qui terrorise la ville, mais la seconde fois, ils sont déjà armés de l'expérience de la première fois, et ils sont motivés par la promesse, le pacte qu'ils ont fait lorsqu'ils étaient enfants de tuer cette chose. Et cette fois, ils sont aussi décidés à tuer Ça définitivement et à stopper le cycle de violence qui a lieu tous les vingt-sept ans, c'est-à-dire à terminer ce qu'ils ont commencé quand ils étaient enfants.

J'ai bien aimé ce livre, comme tous ceux de Stephen King que j'ai lu, c'est bien écrit, dense mais fluide. Mais comme la plupart de ses livres que je connais, je trouve que la fin est un peu trop grandiloquente, il y a toujours une montée en puissance, un cataclysme quand le dénouement arrive. Cela contribue certes à l'ambiance, ça fait monter la pression, mais je trouve que ce procédé est un peu trop systématique et prévisible. Enfin, il n'en demeure pas moins que j'ai appréciée cette lecture et que j'ai eu du mal à lâcher ce livre avant la fin.

Moi, Pascal F., Pascal Fioretto (2011)

"- Qu'est-ce que vous voulez que je raconte ? 
- Tout : ta mère foldingue, ta congélation, ton adoption par les loups, le tsunami, ta capture par les Allemands, ton mariage avec une femme, tes enfants "différents", tes TOC... 
- Vous voulez que j'inflige aux lecteurs les détails intimes de ma vie privée ? Mais mon métier, c'est le rire... Jamais je ne pourrai faire pleurer personne. Jamais ! 
- C'est ce qu'on va voir..."

Il y a quelques années, j'avais lu Et si c'était niais ? de Pascal Fioretto, un livre pastichant les auteurs français que l'on retrouve systématiquement dans les meilleurs ventes de livres : Amélie Nothomb, Christine Angot, Marc Lévy, etc. Ce livre, sans être génial, m'avait tout de même bien plu, du coup, quand j'ai croisé un autre livre de Pascal Fioretto, à savoir Moi, Pascal F., je me suis dit que ça pourrait être marrant à lire.

Ce texte, dont le sous-titre est Congelé, tsunamié, élevé par les loups, presque chauve..., est une parodie des témoignages exhibitionnistes que l'on trouve présentés dans des émissions télévisées racoleuses, des revues people et, aussi, sous forme de livres. Le personnage de ce livre, qui est une parodie de l'auteur, raconte sa vie et toutes les improbables péripéties qui l'ont jalonnées : les soeurs jumelles imaginaires que sa mère chouchoute, son enfermement dans un congélateur, congélateur ensuite emporté pas le débordement de la rivière d'à-côté, son arrivée dans la forêt et les années durant lesquelles il vit avec un loup, sa découverte par des campeurs allemands, son adoption par un couple de lesbiennes, etc. Bref, une autobiographie à base de grand n'importe quoi.

Un livre agréable à lire qui non seulement pastiche les témoignages racoleurs que l'on trouve dans les médias, mais aussi les programmes télé sur la cuisine, le féminisme, les bobos, l'écologie, la politique et le langage en entreprise sans oublier quelques références à des personnalités françaises, notamment dans le monde littéraire. Bref, un livre qui caricature l'uniformité bien pensante de certaines catégories de population, les gens qui défendent une idéologie jusqu'au ridicule, l'étalage de soi sur tous les supports médiatiques possibles. Il s'agit d'une exagération du monde dans lequel nous vivons, et bien que le trait soit forcé pour en rire et que ça ne vole pas toujours très haut, il y a beaucoup de vrai dans ce livre !

La vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe (2010)

"Max Sim, le protagoniste principal, est un antihéros par excellence, voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille ne le regarde guère, sinon pour rire sous cape), s’acceptant d’ailleurs en tant qu’échec et y trouvant même une certaine paix : l’absence de lutte, enfin. « Savoir s’accepter » devient l’un de ses mots d’ordre… À force de solitude, il finit par converser avec son GPS au long de ses pérégrinations de commis-voyageur représentant en brosses à dents dernier cri. Il tombe amoureux de cette voix désincarnée, lui imaginant même une personnalité, et les dialogues engagés avec elle partagent le lecteur entre le rire et la compassion. Le drame essentiel réside pourtant dans la relation avec son père, dont il découvre en lisant son journal qu’il était homosexuel et l’a conçu, lui, Max, par accident pourrait-on dire. Mais il va tout de même essayer de se réconcilier avec ce père et même, de lui faire retrouver son ami de cœur, l’extraordinaire Roger S. Un échec là encore, mais l’échec est l’un des ressorts du comique… Jonathan Coe renoue ici avec la veine comique tout en gardant la même complexité, la même précision, la même habileté que dans ses livres précédents. Tout à la fois drôle, bien construit et situé à la pointe du contemporain, le roman procède par mélange de genres, suite d’échos, de souvenirs récurrents, de parallèles, de rappels, pour tenter de cerner la grand interrogation : jusqu’à quel point la vie peut être considérée comme une fiction ?"

Un livre qui m'a tenté parce que j'ai l'impression que les livres de cet auteur sont régulièrement empruntés à la bibliothèque et qu'il me semble avoir vus plusieurs de ces livres en présentation dans les librairies, c'est donc que ça être bien et/ou bien se vendre.

Le personnage principal de ce livre est Maxwell Sim, divorcé de Caroline, père d'une jeune ado, Lucy. Alors qu'il est en arrêt maladie pour cause de dépression (il travaille au rayon jouets d'un grand magasin), Max se rend en Australie pour voir son père avec qui il n'a pas grand chose à dire. A partir de là, il va rencontrer ou croiser plusieurs personnes qui vont le marquer : la mère et la fille asiatique qui jouent aux cartes, son voisin d'avion, sa voisine d'avion qui exerce un métier étrange et lui fait découvrir Donald Crowhurst, etc. Une fois rentré chez lui, en Angleterre, il se voit proposer pas son ami un poste de commercial dans une entreprise de brosses à dent écologiques, poste qu'il accepte. Il doit alors partir pour Aberdeen, et le voyage et la raison de Max commencent à déraper au fil du trajet...

Ce livre m'a bien plu parce qu'il a un petit côté déjanté et improbable que l'on trouve dans les pensées de Maxwell Sim, mais aussi ses rencontres et globalement sa vie. J'ai notamment bien aimé le personnage de Poppy, que j'aurais aimé voir approfondi. Mais même si ce livre paraît léger (ce qu'il est, d'une certaine manière), il est quand même à propos d'un personnage qui perd un peu la tête en mettant sa vie en parallèle avec celle d'un mythomane pseudo-navigateur. Par contre, la fin m'a un peu déstabilisée : il y a une sorte de mise en abîme qui m'a fait m'interroger sur la réalité de ce que j'ai lu. Mais bon, c'est quand même un livre que j'ai apprécié et qui me donne envie de lire d'autres textes de Jonathan Coe si l'occasion se présente.

Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas (2010)

"Désireuse de saisir au plus près la réalité sociale de la crise, Florence Aubenas s'est immergée pendant six mois dans le quotidien d'une travailleuse précaire. Sans autre qualification que le baccalauréat sur son CV, elle s'inscrit au Pôle Emploi de Caen. Son objectif : décrocher un CDI. Elle devient alors "agent de nettoyage" et enchaîne les heures par-ci par-là. Dans son livre, elle témoigne de la misère ordinaire de la France d'en bas. Un document exceptionnel qui a dévoilé le vrai visage de la crise."

Ce livre avait beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie et je m'étais dit qu'à l'occasion je pourrais le lire, bien que l'économie ne soit pas un sujet qui me passionne. L'autre jour, j'ai vu que ce livre était disponible, donc je l'ai emprunté en me disant que c'était l'occasion, surtout qu'il était bien moins épais que ce que je ne pensais.

Il s'agit là moins d'un essai que d'un texte entre enquête et récit. L'auteur, journaliste, décide de s'immerger dans le quotidien d'une femme dans une situation précaire qui n'a aucune expérience et le niveau Bac. Elle vit et raconte donc les rendez-vous à Pôle Emploi où la tension se retrouve partout : du côté des demandeurs d'emploi qui ne trouvent rien, qui ont à peine de quoi survivre et doivent sans cesse se rendre à des rendez-vous qui ne servent à rien, et aussi du côté des employés de Pôle Emploi à qui on demande de gérer de plus en plus de dossier et d'atteindre des quotas. Florence Aubenas parvient à trouver des petits boulots, quelques heures de ménages par-ci par-là, dans des conditions difficiles et des allers-retours incessants. Elle côtoie des gens qui ont toujours connu ce genre de situation précaire et qui acceptent tout parce qu'ils n'ont pas vraiment le choix, que c'est mieux que rien.

J'ai beaucoup aimé ce livre, je m'attendais à y trouver des chiffres, de la politique, etc, mais non, il s'agit du quotidien d'une travailleuse qui enchaîne les boulots ingrats, quelques contrats de quelques heures, juste de quoi vivre sur le court terme. Elle et les autres dans la même situation sont comme des pions que d'autres déplacent ou écartent au gré des besoins, voire des humeurs, ils n'ont pas les moyens de grand chose et leurs rêves ne sont pas grands, mais ils n'en sont pas moins inaccessible vu leur revenus et leurs conditions de travail. Ces travailleurs sont usés avant l'âge, épuisés par les horaires décalés et les heures supplémentaires non-comptées dans les forfaits horaires, etc. Un livre qui a quelque chose de pesant vu la situation qu'il décrit, mais qui n'en reste pas moins intéressant et qui fait réaliser le luxe que c'est d'avoir un travail en CDI et/ou à temps complet.

Ça, Stephen King (Tome 1) (1986)

"Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l'horreur absolue ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans...
Vingt-sept ans plus tard, l'appel de l'un d'entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l'horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.
Entre le passé et le présent, l'enfance et l'âge adulte, l'oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l'auteur de Sac d'os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses oeuvres les plus amples et les plus fortes
."

Ça est probablement l'un des romans les plus connus et appréciés parmi le bibliographie de Stephen King, et n'ayant jamais lu ce livre, ni jamais vu d'adaptation qui a pu être faite, je me devais de le lire puisque mon but est de découvrir les romans cultes de cet auteur.

Le roman commence dans les années 1950 dans la petite ville de Derry. Des enfants se font tuer et aucun indice ne permet d'avancer dans l'enquête. Nous suivons quelques enfants de cette petite ville, dont Bill, le frère d'un des enfants tué, dans leur enfance, leurs rencontres, leurs jeux, leur frousses des gros durs, etc. Vingt sept ans plus tard, ces enfants sont devenus adultes, chacun ayant suivi sa voix. Leur quotidien se trouve bouleversé lorsqu'ils reçoivent l'appel de l'un d'eux, Mike, qui leur rappelle la promesse qu'ils s'étaient faite vingt-sept ans auparavant. Presque tous reviennent à Derry honorer leur promesse puisque ce qui avait provoqué les décès d'enfants est désormais revenu, comme cela revient toujours, par cycle de vingt-cinq à vingt-sept années, et qu'ils vont tenter d'y mettre fin.

J'ai beaucoup aimé ce premier tome qui nous présente bien chacun des personnages, aussi bien adultes qu'enfants, et qui décrit très bien l'ambiance de la ville, la peur des enfants et celle des adultes. La tension monte mais sans que l'intrigue ne soit prévisible parce que nous n'avons pas tous les éléments : le contenu de la promesse qu'ils se sont faite, par exemple. La seule chose que je peux lui reprocher c'est son mode de narration qui peut embrouiller un peu : passé et présent se croisent, de même que la vie des différents personnages, ce qui m'a un peu perdu puisque je n'arrivais pas à savoir qui était qui, mais je suis tout de même parvenu rapidement à les identifier, il n'y a qu'au début que j'ai été un peu perdue. En tout cas, je suis impatiente de lire le second tome puisque le premier nous laisse alors que les éléments de l'intriguent commencent à converger vers des évènements peu réjouissants.

Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, Antoine Bello (2010)

"Le détective Achille Dunot souffre d'une étrange forme d'amnésie. Depuis un récent accident, sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, si bien qu'il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille. Quand le chef de la police lui demande d'enquêter sur la disparition d'Emilie Brunet, une des femmes les plus riches du pays, Achille décide de tenir un journal dans lequel il consignera le soir, avant d'aller se coucher, les enseignements de la journée. Lui qui ne jure que par Agatha Christie devient ainsi à son insu le héros et le lecteur d'un drôle de roman policier... dont il est aussi l'auteur. Très vite, tout accuse Claude Brunet, le mari de la disparue. Il a plusieurs mobiles et aucun alibi. Il se vante à demi-mot d'avoir commis le crime parfait. Mais surtout, il ose critiquer les méthodes d'Hercule Poirot..."

J'avais lu plusieurs bonnes critiques de cet ouvrage, ce qui avait fait que son titre était resté en réserve dans un recoin de ma mémoire et qu'il s'est rappelé à moi lorsque j'ai eu l'occasion de croiser ce livre.

Le narrateur de ce texte est Achille Dunot, un ancien détective qui après avoir reçu un livre sur la tête souffre d'amnésie rétrograde : c'est-à-dire qu'il a tous ses souvenirs d'avant l'accident, mais qu'il est incapable d'en retenir d'autre au-delà d'une journée, donc chaque matin, il se réveille sans savoir ce qu'il s'est passé depuis son accident. Malgré cela, il est sollicité pour mener une enquête : une femme a disparu. C'est son mari, Claude Brunet, un célèbre neurologue, qui a signalé la disparition de sa riche épouse, après avoir constaté qu'elle n'était pas revenu de la randonnée qu'elle avait été faire avec son amant. Après avoir été tabassé par l'agent qui a pris l'avis de disparition de son épouse, Claude Brunet se retrouve à l'hôpital, incapable de se souvenir de ce qu'il s'est passé dans les jours avant son passage à tabac, c'est-à-dire pendant le week-end où sa femme a disparu. Achille Dunot doit donc mener l'enquête en tenant un journal, journal qui est le texte que nous lisons.

Je dois dire que je suis resté sur une drôle d'impression parce que la fin du livre m'a décontenancée. Tout ce qui précède, c'est-à-dire l'essentiel du teste, m'a plus, mais la fin est ouverte et nous laisse le soin de résoudre l'énigme grâce aux clés contenues dans les propos des personnages. Le problème c'est que malgré mes très nombreuses lectures, je n'ai que peu d'imagination et je suis rarement capable de devenir le coupable dans un roman policier, c'est le processus plus que de savoir qui est le coupable qui m'intéresse. Du coup, avec cet ouvrage, j’aboutis dans une impasse : j'ai une énigme que je suis incapable de résoudre... Donc cela m'a moyennement enthousiasmée, mais j'imagine que pour beaucoup de gens, cela ajoute du piquant à la lecture et en fait un très bon livre : l'amnésie du narrateur, celle -vraie ou fausse ?- du principal suspect, le fait que ce texte soit sous forme de journal, etc, est à la fois original et captivant. Sinon, il est énormément question d'Agatha Christie et des livres qu'elle a écrit, mais il n'y a aucun besoin d'être un connaisseur de cette auteur pour lire l'Enquête sur la disparition d’Émilie Brunet.

Cauchemar à la scierie, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 4) (2000)

"Cher lecteur,
J'espère pour toi que tu n'as pas choisi ce livre en te disant : " ça a l'air drôle ; je vais me régaler ! " Si tel est le cas, un conseil : remets-le en place, et vite. Car, de tous les épisodes désolants de la triste vie des orphelins Baudelaire, celui-ci pourrait bien pulvériser les records de tristesse et de désolation. Violette, Klaus et Prunille se retrouvent à La Falotte, où leur nouveau tuteur est le patron de la scierie Fleurbon-Laubaine, et derrière chaque bûche (ou presque) est embusquée une calamité. À titre d'exemple, dans ces pages, ils vont avoir affaire à une pinceuse géante, à d'abominables casseroles, à de la fumée de cigare qui parle, à un mystérieux cas d'hypnose, à des kilos de chewing-gums et à des bons de réduction. J'ai fait serment, pour ma part, de relater jusqu'au bout les misères endurées par ces trois enfants, mais ce serment n'engage que moi. De ton côté, cher lecteur, si tu préfères les histoires moins sombres, libre à toi de choisir quelque chose de plus réjouissant. Avec mes sentiments respectueux, Lemony Snicket
"

Nous retrouvons ici la fratrie orpheline des enfants Baudelaire : Violette, Klaus et Prunille. Ceux-ci se voient à nouveau confier à quelqu'un de la famille puisque leur placement précédent n'a pas duré. Cette personne est propriétaire d'une scierie et gros fumeur, au poids que son visage se perd toujours dans une brume de fumée. Alors que les enfants pensaient pouvoir bénéficier d'un minimum de confort et de tranquillité dans cette entreprise, ils s'aperçoivent bien rapidement que cela ne va pas être le cas : ils doivent rejoindre le contingent des travailleurs de l'usine et son traités de la même manière que ceux-ci. Les enfants doivent donc se partager deux couchettes dans le dortoir, sont rémunérés en bons de réduction -inutiles puisque n'ayant pas d'argent ils ne peuvent de toute façon rien acheter-, et sont nourris avec des chewing-gum. Heureusement, les enfants Baudelaire sont ingénieux et débrouillards, ce qui va les aider à mettre fin à cette situation évidemment ourdie par le cupide comte Olaf...

Ce quatrième tome de la série des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire est le dernier que je vais lire. Non pas que cette série soit particulièrement mauvaise, mais c'est plutôt qu'elle n'est absolument pas adaptée à un public aussi âgé que moi ! Comme je l'ai déjà dit, ces livres -le quatrième tome y compris- sont bien écrits et l'intrigue cohérente, mais pour un adulte, le contenu est plutôt prévisible et manque de densité. Je pense que cette série doit être vraiment bien mais pour un public ayant plutôt 8 à 10 ans. Donc même si ça ne m'a pas intéressée, je retiens quand même au cas où j'aurais à faire un cadeau à un enfant de cet âge !

Scintillation, John Burnside (2008)

"Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d’enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d’enfer contemporain. Année après année, dans l’indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs. Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d’espoir et de passion, il aime les livres et les filles. Il y a dans ce roman tous les ingrédients d’un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l’écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter les histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie. On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c’est par le respect et l’admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d’un texte littéraire rare."

J'ai entendu parler de ce livre à plusieurs reprises, que ce soit dans la presse ou sur des blogs (Biblioblog, Bibliobs), et ce que j'en lisais me donnait envie d'en savoir plus, ce qui m'a poussé à lire le livre.

L'histoire se déroule dans l'Intraville, une petite ville au bord de la mer et qui a prospéré lorsque l'usine installée là fonctionnait encore. Au moment du récit, l'usine est désaffectée et sert de terrain de jeu aux enfants de coin. Mais la page n'est pas tournée pour autant puisque cette usine a pollué tous les alentours, provoqué des maladies plus ou moins identifiables et connues au sein de la population, contaminé les bois et les animaux. Autre particularité de l'Intraville, ce sont les disparitions de jeunes garçons : officiellement, ils s'agit de fugues, ce qui est crédible au vu de l'environnement lugubre et sans avenir. Mais officieusement, le policier du coin, Morrison, qui a découvert le corps d'un des garçons disparus, pense qu'il s'agit d'autre chose, sans vraiment savoir ce qu'il se passe vraiment, et sans pouvoir mener d'enquête puisque celui qui fait la pluie et le beau temps dans la commune et à qui Morrison doit son poste, lui a dit de ne pas se poser de questions. Nous avons également le point de vue de Léonard, un adolescent de l'Intraville, intelligent mais désoeuvré et sans avenir, dont la mère est parti et dont le père est malade. Il se joint à une bande de jeunes de son âge et une vengeance suite aux disparitions est envisagée.

J'ai été déstabilisée par cet ouvrage, je ne sais pas vraiment quoi en penser... L'écriture et l'ambiance de ce texte sont très bons, exceptionnels, c'est à la fois beau, sombre, précis et nébuleux. L'histoire aussi est intéressante, on a envie d'en savoir plus, et c'est là justement que se situe la nuance de mon avis : la fin ouverte et mystique m'a déroutée, je suis resté sur ma faim une fois le livre refermé, j'ai eu l'impression de ne pas comprendre, d'avoir raté quelque chose vers la fin. Pour résumer, j'ai trouvé ce livre remarquable pour son atmosphère et l'écriture, mais j'ai été déboussolée par la fin ouverte et énigmatique.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer (2006)

"En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s excuse, et, peu à peu, un dialogue s engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l un pour l autre une certaine fascination. Alors même qu ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l autre... De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d un chagrin d amour. Un jour, pourtant enfin ! , ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s imposent une règle : reconnaître l autre qu ils n ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler..."

Voici un livre que j'ai lu après qu'une lectrice rendant ce livre en ai donné une bonne crique. La lecture de la quatrième de couverture m'a laisser penser que ça pourrait me plaire, donc je l'ai emprunté puis lu.

Ce roman est épistolaire, mais de façon moderne puisque les courrier échangés sont des mails. Les deux personnages, Emmi et Léo, commencent à échanger par hasard. En effet, Emmi souhaite résilier un abonnement à une revue, et à cause d'une faute de frappe, c'est Léo qui reçoit le mail. Puis Emmi refait à nouveau la même erreur. Léo et Emmi commencent alors à discuter par mail et les conversation deviennent de plus en plus fourni. Les deux envisagent de se rencontrer puisqu'ils vivent dans la même ville, et ils se donnent alors rendez-vous dans un café, mais le but est seulement de savoir s'ils seront capable de se reconnaître et si oui, il ne doivent pas le manifester, c'est simplement pour se faire une idée de ce à quoi l'autre ressemble. Après, ils reprennent leur correspondance, aucun n'étant vraiment sûr d'avoir reconnu l'autre. Les échanges deviennent de puis en plus détaillés et personnels, virant à la quasi-obsession.

Ce roman se lit bien, et j'ai bien aimé le principe de départ : une correspondance entre deux inconnus qui se rencontrent par hasard et qui vont se lier au fil de leurs échangent. Par contre, les personnages ne m'ont pas plus et c'est ce qui m'a empêché de bien apprécier le livre : je les ai trouvé superficiels, excessifs dans leur réaction, peu crédibles. Il y a quand même des passages que j'ai plus appréciés que d'autres, mais mon impression globale de ce livre est la déception. Au moins, il n'a pas trop de longueurs et il se lit vite, ce qui m'a permis de ne pas trop m'ennuyer.

Adaptations cinématographiques


Comme cela se remarque quelque peu, c'est la lecture qui occupe l'essentiel de mon temps libre, non seulement parce que c'est l'activité qui m'intéresse le plus, mais aussi parce que les autres ne m'intéressent que peu ailleurs.

Donc, par exemple, je ne vais quasiment jamais au cinéma ; sur les cinq dernières années, je n'ai pas été voir cinq films, je ne sais même pas si j'en ai vu trois, donc en gros, la moyenne est de moins d'un film par an.

Les raisons sont diverses : peu de films à m'intéresser, peu d'affinités avec cette forme d'art, une mauvaise expérience la dernière fois que j'ai été au cinéma (son très mauvais, bâtiment insalubre et odeur d'urine dans la salle...), obligation de me cantonner aux cinémas du centre-ville, etc.

Cela ne signifie pas que je suis complètement réfractaire à l'idée d'aller au cinéma : si un film susceptible de vraiment m'intéresser est à l'affiche, je peux me motiver pour y aller. Mais il faut qu'il y ait un film à me plaire.

Or, il se trouve que mercredi dernier, le 5 donc, DEUX films me tentant sont sortis. J'insiste sur le DEUX parce que cela faisait des années qu'il n'y en avait même pas eu un. Ces films sont Anna Karénine de Joe Wright (fiche du film là) et Les Hauts de Hurlevent d'Andrea Arnold (fiche du film ici) tout deux étant des adaptations de romans classiques, romans que j'ai lus et appréciés. 

En général je me méfie des adaptations parce que ce n'est jamais à la hauteur du livre, mais là, les livres m'ont suffisamment plus pour que j'ai envie de voir les adaptations, mais ils ne m'ont cependant pas assez marquée pour que je tienne rigueur des éventuelles insuffisances, donc c'était d'autant plus l'occasion d'aller au cinéma  pour occuper un lundi après-midi ou un samedi où je ne travaille pas ou pas toute la journée.

Sauf que le premier film n'est diffusé que dans le gros cinéma hors de la ville et dans lequel je ne peux pas me rendre et que le second n'est pas distribué dans le département... Bon ben, tant pis alors.

Je vais donc attendre qu'ils sortent en DVD et espérer que la bibliothèque les achète, et en attendant je vais me consoler avec les livres : ceux dont sont tirés ces deux films (que j'ai déjà lus mais que je pourrais relire vu qu'ils étaient bien), et puis tous les autres livres qui attendent sur mon bureau que je les dévore !

Pour rappel, Anna Karénine a été écrit par Léon Tolstoï (attention, le livre est très bien, mais il y a plein de personnages, et tous avec des noms difficiles à retenir, ce qui peut perturber la lecture) et Les Hauts de Hurlevent par Emily Brönte.

Ouragan sur le lac, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 3) (2000)

"Cher lecteur, il m'en coûte de le dire, mais le livre que voici ne contient rien de réjouissant. Les orphelins Baudelaire, Violette, Klaus et Prunille, sont trois enfants charmants à l'esprit vif et au cœur d'or, mais leur vie n'est qu'une longue série de coups du sort et de calamités. Tous les récits les concernant ont de quoi fendre le cœur, et le présent épisode pourrait bien se révéler le pire de tous. Prudence, donc : pour lire ce livre, mieux vaut être prêt à affronter mille choses déplaisantes dont un ouragan, des sangsues voraces, une jambe de bois, de la soupe de concombres glacée et des cadeaux ratés, sans parler de manuels de grammaire. Pour ma part, il est de mon devoir de relater ces tragiques événements ; à toi, lecteur, de décider si tu te sens de force à les lire. Avec mes sentiments respectueux, Lemony Snicket."

Après la lecture du premier tome (avis ici), puis du deuxième (), voici le troisième !

Après le décès de leur précédent tuteur, Montgomery Mongomery, assassiné par le comte Olaf, les trois enfants Baudelaire, Violette, Klaus et Prunille se retrouvent placés chez un nouveau membre de leur famille : leur tante Agrippine. Cette veuve vit dans une maison biscornue accrochées à une falaise qui donne au-dessus d'un lac. Agrippine est une femme maniaque de la grammaire (une grammar nazi comme on dit sur le Net) et qui a peur d'à peu près tout. Alors que enfants et leur tante se promènent au marché, ils tombent "par hasard" sur le capitaine Sham qui, soit-disant, loue des voiliers sur le lac. Immédiatement, les enfants voient qu'il s'agit du comte Olaf qui en a toujours après leur héritage, mais leur tante, qui n'a jamais vu le comte ne réalise pas qui est cet homme qu'elle trouve bien sympathique. Les enfants vont donc devoir une fois de plus déjouer les plans du comte, face aux adultes qui ne voient pas qui est vraiment le capitaine Sham.

Tout comme les tomes précédents, j'ai trouvé que c'était bien écrit, mais que c'est vraiment destiné à des lecteurs bien plus jeunes que moi. Du coup, j'ai une fois de plus été un peu déçue par le manque de consistance de l'intrigue et le fait que ce soit très prévisible, surtout que le scénario est grosso modo le même que dans le tome précédent. Du coup, je pense que je vais encore lire le tome 4 que j'ai emprunté, mais ça sera probablement le dernier.

Auto-bio 2, Cyril Pedrosa & Ruby (Tome 2) (2009)

"C’est bien beau d’être bio, mais pas toujours très facile... Cyril Pedrosa s’amuse de nos contradictions d’urbains écartelés entre consommation et protection de l’environnement. Quiconque a déjà acheté un sac péruvien estampillé « commerce équitable», mais ni lavable en machine ni imperméable, se retrouvera dans cette série à haute teneur en humour !"

Après avoir lu et apprécié le premier tome d'Auto-bio (l'article ici), c'est logiquement que j'ai enchaîné sur la lecture du second tome.

Là encore, le livre regroupe une série de planches ayant pour thème l'écologie et le monde bobo, le tout décrit avec auto-dérision et une touche de cynisme puisque tous les personnages ne sont pas convaincus à 100% par le bio, le compost, etc, puisque l'industriel et le chimique sont parfois bien confortables. Mais il ne s'agit pas non plus que de produits biologiques, certaines planches parlent plus généralement des convictions et des engagements que l'on peut avoir : l'auteur s'est trouvé invité à commenter le premier tome d'Autobio lors de la sortie de celui-ci, plus globalement il en discute avec son entourage, ce qui l'amène à réfléchir sur certaines contradictions.

Il s'agit en tout cas d'une bande-dessinée drôle et qui prend du recul sur le sujet du bio & co. J'ai d'autant plus aimé que, tout comme dans le tome précédent, je me suis retrouvée dans certaines planches, on voit que c'est du vécu, du concret, et c'est ce qui renforce l'humour d'ailleurs. Bref, une bande-dessinée agréable à lire et qui fait quand même un peu réfléchir aussi sur un sujet d'actualité et la manière dont on se positionne à ce propos !

Idée cadeau de Noël, parce que vous le valez bien

Gens qui baguenaudez ici, 

Comme vous l'avez peut-être remarqué grâce aux décorations lumineuses apparu dans le voisinage, ou encore par l'ouverture de votre calendrier de l'avent, le compte à rebours avant Noël à débuté.

Cela signifie que l'heure est venu de se creuser la tête pour trouver des idées cadeaux, courir dans les magasins de plus en plus bondés à la recherche du présent idéal qui fera scintiller la joie et le bonheur de Noël dans les yeux du destinataire dudit cadeau.

Je n'ai pas de solution miracle pour vous aider dans cette poursuite de l'idée parfaite cependant, j'ai tout de même une suggestion assez proche à vous faire. Quatre suggestions même, puisqu'il s'agit d'une série de bandes-dessinées : Reflets d'Acide, de JBX et Le Fab.

J'ai oublié de le préciser, mais ceci n'est pas un article sponsorisé : si je vous parle de ces BD c'est parce que je connais des gens qui sont liés à toute cette histoire, et si ces livres se trouvent au pied de quelques sapins dans trois semaines, cela leur fera autant plaisir qu'aux les destinataires de ces présents.

Ces quatre livres sont donc des adaptations de la saga MP3 du même nom, à savoir Reflets d'Acide. Une saga MP3, pour ceux qui ne le savent pas, est une histoire découpée en plusieurs épisodes, avec ici, des trolls, des nains, des méchants, des rebondissements, de l'humour et des jeux de mots. Vous trouverez tous les renseignements sur la saga -et la saga elle-même- à disposition gratuitement, sur le site officiel de Reflets d'Acide.

Ces bandes-dessinées peuvent cependant tout à fait se lire sans avoir connaissance de la saga MP3, d'ailleurs, si vous les offrez à quelqu'un qui ne connaît pas la saga originelle, il aura le plaisir de la découvrir, cela étant comme un cadeau bonus offert avec le(s) livre(s). Et s'il connaît déjà la saga MP3, ces adaptations lui permettront de retrouver sur papier l'univers qu'il avait découvert en version audio.

En plus, comme déjà dit, il s'agit là d'une série, ce qui à le mérite de non seulement donner une idée cadeau pour Noël, mais aussi pour d'autres occasions ensuite ! En offrant le tome 1 à quelqu'un, vous vous faite aussi un cadeau puisque cela signifie que vous n'aurez pas à vous casser la tête pour savoir quoi offrir à ce quelqu'un lors de son anniversaire : vous lui offrirez le tome 2 ! Bref, que des avantages.

Maintenant que vous êtes convaincus (et je sais que vous l'êtes), je m'empresse de vous présenter ci-dessous les quatre titres déjà parus, avec des liens vers un site de vente contenant toutes les références, mais ces bandes-dessinées sont achetables ou commandables depuis n'importe quelle librairie, tant que vous avez les références (et qu'il y a du stock) !

Tome 2 : Quintette en sols quinteux !
Tome 1 : La quête sans nom
Tome 4 : Horizons & dragon...

Internet rend-il bête ?, Nicholas Carr (2010)

"C'est bien sûr à une révolution technique et informationnelle que nous assistons avec Internet. Mais c'est surtout à une révolution dans notre cerveau ! Vous aviez l'habitude de lire tranquillement et de façon linéaire un livre sur lequel vous portiez toute votre attention. Cela pouvait durer des heures pendant lesquelles vous, lecteurs, vous immergiez dans le monde singulier d'un auteur, en y mettant toute la concentration que vous désiriez. Regardez maintenant ce qui se passe quand vous vous connectez à Internet. Vous zappez de page en page par des liens qui vous promènent ici et là, et pendant ce temps vous êtes aussi bombardés de messages, parfois d'alertes vous informant qu'un mail vient de vous arriver ou qu'une nouvelle récente vient de mettre un blog ou un site Web (sur un flux RSS) à jour. Que se passe-t-il alors dans notre esprit ? En quoi cet environnement électronique change-t-il notre état mental, voire notre comportement social ? Ne serons-nous bientôt plus capables de nous concentrer plus de quelques minutes sur un texte ? N'allons-nous pas nous contenter de picorer ici et là quelques bribes (de textes, de vidéos, de messages audio) ? Notre cerveau, incroyablement plastique, s'adapte très vite aux nouvelles technologies et à leurs nouvelles tentations... Quels sont les avantages et les inconvénients de ces changements pour notre esprit ? Nicholas Carr pose ici une question fondamentale : quel monde nouveau l'Homo sapiens vient-il de se forger et y résistera-t-il ?"

Il y a de cela deux ans, j'avais lu un article très intéressant de Nicholas Carr sur la manière dont l'usage de l'informatique changeait notre façon de lire. Le sujet de cet article était également celui du livre qu'il venait de publier, à savoir celui dont il est question ici : Internet rend-il bête ?

Derrière cette question un peu simpliste se cache en réalité de grande question de neurologie et de comportement. En effet, dans cet ouvrage, Nicholas Carr nous explique que chacune de nos action entraîne des conséquence dans la plasticité de notre cerveau, et ces modifications se renforcent si l'acte qui les produit se répète. Utiliser l'informatique et plus spécifiquement Internet a donc des conséquences sur notre cerveau mais aussi sur notre manière de lire. Internet amène à penser vite, à survoler, à aller à l'essentiel, à être sans cesse sollicité par les publicités, les alertes mails, les mises à jour de sites, etc, ce qui fait que nous sommes sans cesse amenés à prendre des micro-décisions, à faire des choix, mais que notre attention est trop dispersées pour se concentrer. Le problème est en effet que la lecture "traditionnelle" est de plus en plus difficile car l'usage grandissant de l'informatique fait que les gens ne parviennent plus ou difficilement à se concentrer sur un long texte, à se couper du monde le temps de cette lecture, ils sont au contraire attentifs à tout ce qu'il se passe autour. Les gens qui font des recherches le font de plus en plus souvent sur la toile, et certains n'utilisent presque plus de livres tant cela leur paraît obsolète : Internet permet d'être efficace, rapide, mais ses résultats sont-ils pertinents ? Faire des recherches approfondis dans des livres est-ce la même chose que d'aller droit au but grâce à une recherche sur le net ? La lecture telle que nous la connaissons est-elle est train de disparaître ?

J'ai trouvé ce livre très intéressant car il traite d'un sujet qui me concerne. D'ailleurs, le constat de départ de l'auteur -à savoir qu'il avait de plus en plus de mal à se concentrer sur de longs textes- me touche aussi parfois, surtout que je passe pas mal de temps devant mon ordinateur. Lisant énormément de livres à côté, l'effet que pourrait avoir mon usage d'Internet se trouve contrebalancé, mais je le retrouve malgré tout dans certains faits évoqués. L'étude de l'auteur est également intéressante lorsque, comme moi, on travaille dans le milieu du livre : comment va évoluer la lecture avec l'usage grandissant d'Internet ? Comment les comportements vont-ils évoluer ? Bref, un livre très intéressant à lire, que ce soit par intérêt ou par curiosité.

Le laboratoire aux serpents, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 2) (1999)

"Dans cette série, les malheurs succèdent aux malheurs, pour le plus grand désespoir des héros, et pour le plus grand plaisir des lecteurs... Le tout mené par la plume ironique et brillante de Lemony Snicket. Série Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. La suite des savoureux récits tragi-comiques des Orphelins Baudelaire où les trois enfants affrontent une odeur détestable, un terrible accident de voiture, un serpent au venin mortel, un coutelas pointu, un cadenas rétif et le retour d’une personne qu’ils espéraient ne jamais revoir..."

Après Tout commence mal (article ici), voici le tome deux des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire.

Après l'échec du placement de Violette, Klaus et Prunille chez le comte Olaf qui était seulement intéressé par l'héritage des orphelins, ceux si se retrouvent accueillis par Montgomery Mongomery, un spécialiste des serpents passionnés par ses recherches. Lorsque les enfants arrivent, leur nouveau tuteur est à quelques jours d'un voyage au Pérou et les enfants l'accompagneront là-bas. Il ne manque que le nouvel assistant de Montgomery, Stephano, puisque le premier a soudainement quitté son poste. Or, lorsque Stephano arrive, il se révèle être le comte Olaf, toujours obsédé par l'héritage des enfants, et il est prêt à tout, y compris au meurtre pour arriver à ses fins.

Ce roman ce lit bien, mais il n'est définitivement pas adapté à mon âge : je pense que c'est une très bonne lecture pour des enfants autour de 10 ans puisque c'est bien écrit, il y a de l'humour, de l'ingéniosité, etc, mais pour des adultes, cela manque de consistance... Le scénario de ce tome se calque sur celui du premier et c'est finalement assez prévisible puisque l'intrigue est conçue pour des enfants. Donc je ne dis pas que cet ouvrage est mauvais, mais simplement qu'il ne correspond pas du tout à mon âge. Je vais quand même lire au moins les deux prochains tomes puisque je les ai déjà récupérés, mais je ne sais pas si j'irais au-delà...

Le ciel en cage, Christine Leunens (2007)

"Johannes, le narrateur, naît à Vienne en 1927. L’Histoire a tôt fait de venir se mêler de sa vie ordinaire, et de celle de sa famille – les parents, antinazis farouches, et la dynamique grand-mère, Pimmichen. Johannes devient un partisan enfiévré d’Adolf Hitler : parce qu’il est soumis, à l’école, à un lavage de cerveau permanent, mais aussi, sans doute – la suite le laisse supposer –, parce qu’il est instinctivement porté vers le Mal. Il revient très vite du combat, défiguré et manchot à 17 ans.
C’est alors qu’il découvre que ses parents cachent au grenier une jeune Juive, Elsa. Lui, l’antisémite farouche, est d’abord séduit par l’idée de contrôler absolument le destin d’un de ces êtres qu’il a appris à haïr. Puis il se laisse toucher par le regard de la jeune fille, qui n’exprime aucun dégoût pour son infirmité. Commence alors une passion dévorante, et une cohabitation qui durera toute une vie : la mort frappe la famille de Johannes, jusqu’à ce qu’il se retrouve seul avec sa proie. À la fin de la guerre, il lui fait croire que les Nazis ont gagné, et qu’elle ne peut sortir de la maison sans courir à sa perte...
Tout
Le ciel en cage est dans cette relation étrange, d’une ambiguïté vertigineuse entre les deux héros. Qui trompe l’autre ? Johannes qui, par amour mêlé de haine, retient la jeune femme prisonnière ? Ou Elsa que l’on devine forcément complice de ce jeu de masques, manipulatrice suprême sous ses airs de victime ? Le monologue de Johannes, la description de la vie à Vienne durant ces années noires, la narration d’un huis clos de cauchemar mènent le lecteur au bord du précipice. Car le dégoût et la fascination se mêlent, irrésistibles, signe d’un livre d’une puissance très rare."

Un livre sur lequel je suis tombé par hasard en allant chercher un autre livre dans un rayon. Son titre m'a interpellée et après avoir lue la quatrième de couverture, j'ai eu envie de le lire, notamment parce qu'il a pour contexte la Seconde Guerre Mondiale, une période qui m'intéresse.

L'histoire est celle d'une famille, celle de Johannes, jeune garçon au début du livre. Il vit avec ses parents à Vienne, son père est le directeur d'une usine de métal fondée par le père de ce-dernier. Vit aussi avec la famille une grand-mère de Johannes et a vécu la soeur de Johannes, fillette décédée lorsque commence le roman, et ce parce qu'elle était diabétique. La guerre éclate et Johannes se retrouve enrôlé dans les Jeunesse hitlérienne : étant jeune et sans recul sur ce qu'il se passe, il adhère au discours et tente de convaincre ses parents des valeurs du nouveau régime en place, ce qui provoque des tensions. Lors d'un combat, il se retrouve blessé, défiguré et amputé d'un bras, ce qui l'oblige à retourner vivre chez ses parents. Enfermé toute la journée dans la maison, il remarque certaines choses : sa mère amène de l'eau à l'étage, soi-disant pour remonter les plantes, or celles-ci sont complètement desséchées lorsque Johannes va voir, les restes aussi semblent mis de côté. C'est grâce à ses indices qu'il va découvrir que ses parents cachent une jeune femme dans une des chambres, une jeune Juive dont il va devoir ensuite s'occuper lorsque son père aura disparu et que sa mère sera décédée.

J'ai bien aimé ce livre, l'idée de départ est très intéressante et le mensonge de Johannes à Elsa entraîne beaucoup de question sur le vrai et le faux, entre la réalité et les croyances. Le monde que créé Johannes sur son mensonge est fragile et le rend vulnérable : il doit faire attention à tout pour ne pas qu'Elsa découvre quoique ce soit et s'enfuit. De plus, l'amour de Johannes pour Elsa devient autoritaire, c'est une relation étrange et malsaine qui se construit sur ce que chacun veut bien accepter des mensonges de l'autre, tout en sachant aussi que c'est une impasse : comment Johannes va-t-il pouvoir garder Elsa ? Elsa croit-elle vraiment à ce que lui dit Johannes ? Bref, un roman à l'intrigue étrange avec des personnages ambigus entre qui se créé un lien de dépendance réciproque.

Auto-bio, Cyril Pedrosa & Ruby (Tome 1) (2008)

"Cyril Pedrosa et sa famille tentent de mettre en adéquation leurs convictions écologiques avec leur vie quotidienne. Un recueil de gags citoyens et écolos : drôle et subtil !"

Le livre est composé d'une série de planches ayant pour thème l'écologie, les bobos, voter à gauche et être à gauche, etc, le tout avec humour à travers une famille composée de deux parents et deux enfants. Cette famille est idéologiquement de gauche et écologiste, mais se défend d'être bobo malgré plusieurs traits en commun avec ceux-ci. C'est sur la confrontation entre leurs valeurs et la réalité qui constitue le principal ressort des planches. En effet, quand les enfants ont des poux et que la seule alternative au shampooing insecticide bien chimique est de passer chaque mèche au crible avec un peigne métallique, que choisir ? Et comment concilier amour des saucisses d'apéritif et alimentation locale et biologique ? Faut-il laisser le bouchon sur les bouteilles en plastique que l'on met au tri sélectif ?

J'ai bien aimé cette bande-dessinée, c'est drôle et agréable à lire et cela tourne un peu en dérision les fanatiques de l'écologie, du bio, du retour à la nature face à la réalité de la vie quotidienne. C'est sympathique, surtout que le père de famille est moins radical que sa femme, ce qui créé parfois des frustrations pour lui, fan de saucisses apéritif pas très bio. Une bande-dessinée agréable qui sera suivie de la lecture du second tome dès que je pourrais !

"Library are killing the book industry"

(Source)
"Comment-se fait-il que nous entendions toujours : « le piratage est en train de tuer l'industrie musicale » et jamais « les bibliothèques sont en train de tuer l'industrie du livre »"

RFID : la police totale, Pièces et main d'oeuvre (2008)

"Hors des laboratoires, des services vétérinaires et de logistique, peu de gens connaissent les RFID (Radio Frequency Identification), aussi nommées « étiquettes électroniques », « intelligentes », « smart tags », « transpondeurs », « puces à radiofréquences ». Ces mouchards, nés durant la Seconde Guerre mondiale, vont bientôt supplanter les codes-barres dans les objets de consommation, puis envahir les animaux, les titres de transport et d’identité, les livres des bibliothèques, les arbres des villes et, finalement, les êtres humains à l’aide de puces sous-cutanées : voici venu le temps du marquage électronique universel et obligatoire.
Bientôt il sera criminel d’extraire de son corps sa puce d’identité.
– Avez-vous quelque chose à vous reprocher ?
"

J'ai vu ce livre en exposition dans un rayon de la bibliothèque et il m'a intéressé à cause de son thème : les RFID. Il s'agit de sorte de codes barre améliorés, au point qu'ils peuvent recevoir et transmettre des informations (alors qu'un code barre ne peut qu'être lu). Et ce sujet m'intéresse parce que les étiquettes RFID se répandent dans les bibliothèques, notamment parce qu'elle permettent d’accélérer et de faciliter certaines tâches. Bref, un sujet en rapport avec mon milieu professionnel, d'où ma lecture.

Le livre tient plus du pamphlet que de l'essai, contrairement à ce que j'avais cru au premier abord. Les auteurs, un collectif, dénoncent les dérives que le système des RFID risque d'entraîner. En effet, cela permet d'identifier et de localiser, ce qui peut être pratique, mais qui peut également être liberticide lorsque ce système est appliqué à l'être humain, or cela est en train de se faire, par le biais de nos téléphones portables, cartes de bus et divers appareils électroniques. Ce qui peut être un confort ou un outil pratique peut donc, et est donc, aussi une manière de suivre et repérer les gens, leurs habitudes, leurs heures et lieux de passages, c'est donc une sorte de flicage, surtout si les fichiers sont recoupés. Ce livre dénonce aussi bien les dérives qui nous attendent et qui sont en fait déjà en cours de réalisation, mais plus largement, le rejet de cette technologie dans quelques domaine que ce soit (élevage d'animaux de ferme, puce des animaux domestiques, gestion des stocks dans les magasins et entrepôts, etc).

Ce bref ouvrage m'a déçue pour plusieurs raisons. Déjà, et là ce n'est pas vraiment de sa faute, c'est que je m'attendais à lire un essai faisant l'historique du système RFID, une présentation des utilisations possible, une réflexions sur les limites éthiques, etc, or il ne s'agit pas du tout de cela ! Ce livre est une critique, une dénonciation même, des RFID, il y a donc un parti pris, assez extrême d'ailleurs puisque les auteurs préconisent un rejet total. Nous sommes donc loin d'une présentation neutre, même si le texte informe quand même. Par ailleurs, j'ai trouvé l'ouvrage trop superficiel, peut-être parce que justement il ne présente qu'une opinion, et pas toutes les opinions et usages possibles de la RFID. Bref, cet ouvrage est une légère déconvenue puisque je n'ai pas appris autant de choses que je l'aurais souhaité sur le sujet.

Tout commence mal, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 1) (1999)

"La vie des enfants Baudelaire démarre bien mal... Tout commence le jour où leurs parents disparaissent dans l'incendie de leur maison laissant leurs trois enfants à la tête d'une immense fortune. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, les voilà confiés à leur oncle, le Comte Olaf, qui déploiera toutes les ruses pour s'emparer de leur richesse. Il faudra encore plus de malices aux trois enfants pour déjouer les tours pendables de cet étrange aristocrate...
Pas de temps morts dans ce premier tome des désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Pas de temps non plus pour s'appesantir sur le triste sort des enfants. La place est à l'action et à la réflexion. Il faudra faire preuve de beaucoup d'intelligence pour se sortir des moments difficiles. Heureusement Violette, Klaus et Prunille ne manquent pas d'astuce ! Violette, l'aînée, a quatorze ans et adore les sciences. Elle a toujours une nouvelle invention en préparation. Le second, Klaus, dévore les livres et, à douze ans, il a déjà engrangé un savoir impressionnant. Enfin, la petite Prunille, "pas plus haute qu'une botte", utilise ses quatre dents pour mordre tout ce qui passe...
"

Il y a quelques temps, je voyais que cette série était plutôt pas mal empruntée à la bibliothèque, donc je me suis dit que ça devait être de bons livres. Et donc l'autre jour j'ai vu le tome un dans les livres venant d'être rendus et je me suis dit que ça pourrait être agréable à lire, même si le public cible a un âge bien inférieur au mien.

Le roman commence alors que Violette, Klaus et Pétronille, tous frères et soeurs, ici par ordre décroissant d'âge, quittent leur maison pour aller profiter de la plage, déserte à cause du temps couvert. Alors qu'ils sont respectivement en train de faire des ricochets, d'examiner les bestioles dans les flaques et de ne pas faire grand chose, quelqu'un émerge du brouillard : il s'agit de M. Poe, un ami de la famille, qui vient leur annoncer que leurs parents viennent de périr dans l'incendie de leur maison. Les trois enfants se retrouvent donc orphelins. Ils sont d'abord sous la garde de M. Poe, l'exécuteur testamentaire, puis, c'est un membre éloigné de leur famille qui finit par les récupérer, le Comte Olaf. Ce dernier est un homme antipathique qui se soucie bien plus de l'héritage des enfants Baudelaire que de leur éducation, et il est prêt à tout pour mettre sa main crochues sur cet argent.

J'ai bien aimé ce livre, même si c'est assez prévisible. Mais cela est surtout dû au fait qu'il est destiné à un lectorat dont l'âge est inférieur à la moitié du mien, du coup l'intrigue n'est pas aussi dense et complexe que ce que l'on trouve dans les livres pour adultes. J'ai quand même appréciée cette lecture et je vais me plonger dans les tomes suivants, qui devraient probablement être un peu plus dense maintenant que le décor est planté et les personnages présentés.

Et toi, quand est-ce que tu t'y met : celle qui e voulait pas d'enfant (tome 1), Madeleine Martin & Véronique Cazot (2011)

"A l'âge où toutes les femmes ne pensent qu'à pouponner, Jeanne, 35 ans, n'a aucune envie de "s'y mettre". Elle voit l'accouchement comme un film d'horreur, la maternité comme une perte d'identité et l'éducation des enfants comme un parcours du combattant.
Le jour où Jeff, son compagnon et allié de toujours, voit sa fibre paternelle se réveiller en pleine crise de la quarantaine, Jeanne voit son équilibre menacé.
Le bonheur passe-t-il forcément par la case bébé ?
"

Hier soir, en lisant les mises à jour effectuées sur les sites et blogs que je suis, j'ai vu un article de Chaplum' sur une bande-dessinée concernant le fait de ne pas vouloir d'enfants. Comme je fais justement partie de ces personnes -pour le moment- qui ne désirent pas avoir d'enfants, j'ai évidemment voulu lire cette bande-dessinée. J'ai donc été voir si la bibliothèque l'avait et ce matin j'ai donc été la récupérer en rayon, afin de la lire pendant ma pause déjeuner.

Ce livre est donc une série de planche qui peuvent être indépendantes, mais qui ont quand même un fil conducteur à travers la vie de couple de Jeanne et Jeff (et Juliette, la plaquette de pilule) et l'oubli de pilule de l'une et le désir de peut-être finalement vouloir un enfant de l'autre. Nous partageons donc les rencontres de Jeanne avec ses amies enceintes ou jeunes mères, les week-end en famille, les cauchemars et les justifications, mais aussi la satisfaction de s'épanouir dans la vie qu'elle s'est choisi et le réconfort de trouver quelqu'un qui a fait le même choix et qui est heureuse.

Une bande-dessinée intéressante qui n'est pas partiale puisque tous les points de vue y sont représentés, avec humour, aucun jugement positif ou négatif n'est émis, le message est plutôt que chacun fait ses choix et s’épanouit différemment donc il n'y a pas à reprocher quoique ce soit à ceux qui ne choisissent pas le chemin pris pas la majorité. En plus de cela, j'ai beaucoup aimé le dessin qui est léger, fluide et coloré, c'est très agréable à lire et regarder. Bref, un livre qui m'a plu, et comme j'ai vu qu'un tome deux était sort cette année, je vais essayer de mettre la main dessus un de ces jours (quand/si la bibliothèque l'aura acheté).

En mémoire de la forêt, Charles T. Powers (1997)

"Pologne, quelques. années après la chute du communisme. Lorsqu'on retrouve le cadavre d'un homme dans la forêt qui entoure le petit bourg de Jadowia, Leszek, un ami de la famille du disparu, décide de faire la lumière sur l'affaire. Il comprend vite que cet assassinat est lié à l'histoire trouble du village. Mais, dans cette petite communauté soudée par le silence, beaucoup ont intérêt à avoir la mémoire courte et sont prêts à tout pour ne pas réveiller les fantômes du passé. L'ère communiste a en effet laissé derrière elle bien des séquelles et personne n'a rien à gagner à évoquer cette période où la dénonciation était encouragée, la paranoïa et la corruption étaient omniprésentes, les comportements souvent veules. Sans parler de secrets plus profondément enfouis encore, datant de la Seconde Guerre mondiale, lors de la disparition brutale des Juifs établis à Jadowia depuis plusieurs générations. Leszek va devoir mettre sa vie en jeu pour venir à bout de cette chape de silence et faire surgir une vérité bien plus inattendue encore que tout ce qu'il avait imaginé."

En mémoire de la forêt est un livre emprunté et lu par hasard : alors qu'il était posé sur la banque de prêt (là où les livres rendus par les lecteurs sont déposés avant d'être répartis sur les chariots), il m'a interpellé par sa couverture et son titre. Après lecture de la quatrième de couverture, je me suis dit que ça pouvait me plaire puisqu'il s'agit d'un thriller et qu'il est question de la Seconde Guerre mondiale, donc je l'ai immédiatement ajouté à ma pile de livres.

L'histoire se déroule dans un village polonais, dans les années 1990 il se semble. Le personnage principal est Leszek, un fils et petit-fils d'agriculteur, qui vit dans la ferme de ses parents, où il travaille aussi. Le fils du voisin, Tomek, a le même âge que Leszek, mais pas le même parcours puisqu'il est attiré par les villes, l'argent facile et les trafic en tout genre, ce qui finit mal pour lui puisqu'il est retrouvé le crâne fendu dans une forêt proche de son village. Leszek et le père de Tomek vont essayer de savoir ce qu'il s'est passé et par le biais de leurs recherches, et par ce biais, nous allons en apprendre beaucoup sur le passé du village et plus globalement la mémoire du pays. En effet, des trous vont être fait dans les fondations de certains bâtiments, une rumeur sur le retour des Juifs chassés de ce village bruisse, des arrangements et du chantage ont lieu, les gens se plaignent du mauvais état des infrastructures et de la corruption, les restes du régime communiste, le silence sur la guerre et la culpabilité concernant les camps d'extermination tandis que le village se meurt de l'exode des jeunes vers la ville.

Tout d'abord, ce livre est classé dans la bibliothèque où je travaille parmi les livres policiers, mais c'est plus un roman tendance thriller qu'un vrai roman policier. Le meurtre dont il est question n'est qu'un prétexte pour dépeindre la vie du village et de ses habitants, son passé et ses aspirations, de même que ses résignations. J'ai bien aimé découvrir l'histoire des personnages, surtout que nous suivons à travers eux l'histoire de leur famille, mais aussi de leu village, le tout sur fond de crise économique et sociale dans les campagnes. Bref, un thriller agréable à lire, bien que manquant peut-être un petit peu de dynamisme.

On dirait ma vie ! :D

(Source : Philippa Rice)
Ce matin j'ai croisée cette illustration qui non seulement me rappelle fortement le temps que je passe avec mon compagnon, mais qui fait aussi allusion à ce que j'écrivais il y a quelques jours sur la solitude (l'article ici) : mon compagnon passe son temps libre devant son ordinateur et moi le nez dans les livres, mais malgré nos activités solitaires respectives, nous passons du temps ensemble ! (Et en plus j'ai très souvent un plaid rouge avec moi quand je lis !)

Sac d'os, Stephen King (1998)

"Reclus à Sara Laughs, sa maison de campagne, près d'un lac, Mike Noonan n'écrit plus. Depuis la mort brutale de sa femme Jo, enceinte, ce romancier à succès connaît l'angoisse de la page blanche.
La rencontre de la petite Kyra, puis de sa mère Mattie, jeune veuve en butte à la malveillance de son richissime beau-père, amorce t-elle pour Mike un nouveau départ? Il le croit, mais c'est compter sans les ombres qui hantent Sara Laughs. Celle notamment d'une chanteuse de blues, violée et assassinée des décennies plus tôt par les racistes du coin...
"

Je continue donc dans ma petite sélection de (re)découverte de Stephen King avec ici un roman présenté comme l'aboutissement, le point culminant de sa carrière, en tout cas au moment de la sortie de ce livre.

L'histoire commence alors que l'épouse de Mike, auteur à succès, décède soudainement. Cette mauvaise nouvelle ébranle Mike, d'autant plus qu'il trouve un test de grossesse dans les derniers achats de Johanna et que l'autopsie confirme qu'elle était enceinte. Malgré ce contexte, il parvient à terminer le livre qu'il était en train de rédiger, mais celui-ci est le dernier puisqu'il est désormais incapable d'écrire. Pendant quatre années, il va parvenir à dissimuler la situation en faisant publier des romans écrits auparavant, mais ceux-ci sont en nombre limités. Il décide alors d'aller passer quelques temps dans sa résidence secondaire, Sara Laughs, pour se reposer et voir si l'inspiration revient. Arrivé là-bas, il remarque une série de phénomènes étranges et de choses qu'il avait vues dans ses rêves. Peu après, il fait par hasard la rencontre de Mattie et de sa fille Kyra. Ces deux-dernières sont prises dans une histoire de procès puisque le grand-père de la Kyra, le riche Max Devory, veut récupérer la petite. Mike va alors décider de l'aider en lui payant un avocat, sans savoir qu'il met les pieds dans une histoire de plus grande envergure et que Kyra est également convoitée par un esprit et que le décès de Johanna n'est peut-être pas aussi accidentel qu'il ne le pensait.

J'ai bien apprécié l'essentiel du livre puisque ça se lit bien, il y a de la tension, etc, mais j'ai trouvé la fin un peu cliché avec le déferlement d'esprits au moment de la grosse tornade et l'après-tempête. Mais tout ce qui précède m'a plu : ce qui arrive dans le récit à l'époque de Mike n'est pas le fruit du hasard, cela remonte au passé de la commune où est située sa résidence secondaire et aux ascendants de la population actuelle, l'intrigue est tout à fait cohérente. Donc bien, mais sans plus à cause du point culminant et du dénouement qui font vraiment stéréotypes du genre.

Beauté : La reine indécise (tome 2), Kerascoët & Hubert (2012)

"La beauté de Morue ayant conquis le cœur du roi, la voilà donc reine. Mais elle s'avère rapidement incapable de s'intéresser aux affaires du royaume et, malgré les efforts de la laide mais spirituelle princesse Claudine, le roi et la cour semblent plus soucieux de satisfaire à ses caprices que de s'occuper de la guerre en cours..."

J'avais lu le tome 1 de Beauté (j'en parle ici) il y a quelques mois et comme ça m'avait plu, j'attendais évidemment le tome 2. Enfin, attendre est un bien grand mot : je voulais lire le tome 2, mais en même temps, ça m'était un peu sorti de l'esprit. Du coup, grande a été ma surprise, et tout autant ma joie quand en rangeant les bande-dessinées ce matin je suis tombé sur ce fameux tome 2. Et profitant de ma pause déjeuner, je l'ai dévoré en accompagnement de mon repas.

Morue, que tout le monde voit comme l'incarnation de la beauté depuis qu'elle a eu le droit à un voeu de la part d'une fée, se retrouve donc mariée à un roi. Ce roi l'adore, Morue, qui s'appelle désormais Beauté, vit dans le luxe admirée de tous et en particulier des hommes. Sauf que le pays est en guerre et qu'il y a de la pauvreté, ce que Beauté refuse d'accepter, mais fou amoureux, le roi refuse de diminuer les dépenses de la reine et cache la misère au lieu de résoudre le problème. Bref, tout ne va pas bien. Dans ce contexte, Beauté tombe enceinte puis accouche d'une fille qui, malheureusement, a hérité de l'apparence réelle de sa mère, c'est-à-dire qu'elle est laide. Du coup, des doutes apparaissent quand à la paternité du roi :Beauté aurait-elle été infidèle ? Le roi commence à perdre la tête et devient jaloux et maladivement paranoïaque à propos de l'entourage masculin de Beauté, et cela alors que la guerre fait rage.

Cette suite m'a tout autant plus que le premier tome : Morue pensait qu'être belle ferait son bonheur mais il s'avère que c'est un "cadeau" qui détruit autour d'elle, entraînant rivalité et jalousie, sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, toute naïve et égoïste qu'elle est. Cela est un peut moralisateur, mais ce n'est pas traité de manière austère, il y a une sorte d'ironie. En plus de cela, les illustrations sont colorées et "fluides" ce qui rend la lecture agréable. Bref, je lirais le tome quand je parviendrais à mettre la main dessus !

La solitude : amalgames & préjugés

Boire un thé, toute seule, en lisant, toute seule. Zut alors.
       La lecture est une activité solitaire ; même si on peut ensuite discuter de ce que l'on a lu, échanger, débattre, etc, autour du livre, lire reste malgré tout une activité que l'on réalise seul. Certes, on peut lire à haute voix devant une assemblée, mais cela reste marginal et est rarement récréatif. La lecture telle qu'elle se fait aujourd'hui dans le cadre des loisirs est donc une activité qui se fait en solitaire, et c'est justement de la solitude dont j'aimerais parler dans cet article. 

       Étant par nature portée à la solitude, et mon penchant pour la lecture ne faisant qu'accentuer ce trait (et vice-versa : mon penchant pour la solitude renforce l'attrait que la lecture a à mes yeux), je suis régulièrement confrontée à des remarques ou allusions par rapport à la solitude. Et cela ne m'indisposerait pas vraiment si ces propos n'étaient pas encombrés d’amalgames, de préjugés et de jugements.

       En effet, j'ai pu remarquer trois choses qui m'irritent un peu et sur lesquelles j'aimerais revenir ici :
- la solitude est souvent considérée comme un défaut ou une tare,
- la solitude est souvent vue comme de l'exclusion,
- la solitude est souvent associée à l'ennui.


La solitude n'est pas un défaut ou une tare

       Quand je discute et que je suis amenée à dire que j'aime bien être seule, que j'aime passer mes week-end sur le canapé avec un livre sans voir personne, que je vais parfois faire une promenade, ou autre activité, toute seule, il arrive souvent que quelqu'un fasse une remarque telle que "C'est dommage quand même." ou bien "Mais il faut sortir, voir du monde !". Comme si passer mon week-end sans faire d'activité de groupe était un gâchis, une perte de temps. Le "il faut sortir, voir du monde" laisse en plus sous-entendre que la solitude est un problème auquel il faut remédier, que je ne peux pas m'enfermer dans une telle situation. Il y a un jugement négatif qui émane de ces propos. C'est comme si apprécier la solitude était une imperfection, une déficience. Or ce n'est pas le cas.

       Aimer la solitude n'est pas bien ou mal, de même qu'aimer être en groupe n'est pas non plus bien ou mal ; les préférences en la matière dépendent des goûts, du caractère et des envie de chacun. Le fait d'en faire un état positif ou négatif est simplement un jugement, c'est subjectif, ce n'est en aucun cas un fait. Ce n'est pas parce que je préfère être seule qu'intégrée à un groupe que je suis déséquilibrée ou que je devrais avoir honte, ni même que je n'aime pas parfois être avec d'autres gens. Il y a des personnes qui préfèrent être seules et d'autres qui préfèrent être en groupe, tout comme il y a des personnes qui préfèrent les tartes aux pommes et d'autres les fondants au chocolat, et d'autres encore qui préfèrent le fromage au dessert. Il n'y en a pas un mieux que l'autre, ça dépend des goûts et envie de chacun.


La solitude n'est pas synonyme d'exclusion

       En semaine, lorsque je déjeune, j'aime être seule : cela me permet de vraiment me couper du travail, de penser à autre chose, d'écouter la radio sur mon téléphone et d'avoir du temps pour moi. Sauf qu'il existe des gens qui ne comprennent pas cela, et il m'arrive souvent, quand je déjeune au restaurant des employés de la ville et que je suis toute seule à ma table, qu'une collègue arrive et s'installe face à moi en disant "J'ai vu que tu étais toute seule alors je viens te tenir compagnie".

       Cela a le don de m'exaspérer. Non seulement parce que du coup je ne profite pas vraiment de ma pause, mais aussi parce que cela sous-entend que je suis exclue et que cette collègue se dévoue pour que je ne le reste pas. Sauf que non, j'ai choisi de manger seule. La solitude peut être choisie autant que subie, on peut tout autant être éloigné d'un groupe que s'en éloigner par soi-même. Personnellement, je choisis d'être seule, je ne subis pas cette situation, auquel cas cela serait de l'exclusion.

       Si j'étais exclue, je ne pourrais pas m'intégrer à un groupe lorsque j'en aurais envie, je serais rejetée, mais là non : je vois du monde, que ce soit la famille, les amis ou les collègues, quand j'en ai envie ou quand l'occasion se présente. Et puis je fais beaucoup d'activités seule, mais je ne suis pas seule pour autant. Par exemple, le week-end, je suis avec mon compagnon, nous sommes dans la même pièce, mais chacun s'occupe à son activité favorite : lui fait des jeux sur son ordinateur et moi je lis. Nous avons donc tous les deux des activités solitaires, mais ensemble, nous nous interrompons parfois pour discuter ou faire une remarque. Il n'y a pas de rejet de l'autre, pas d'exclusion.


La solitude n'est pas synonyme d'ennui

       Récemment, après avoir passé un week-end prolongé avec mon compagnon, ma mère m'a demandé si nous avions passé un bon week-end et ce que nous avions fait de ce long week-end. Je lui ai répondu que le week-end s'était très bien passé, que mon compagnon avait joué à l'ordinateur et que j'avais lu. Et là, elle m'a répondu : "Vous avez dû vous ennuyer !". Ben... non. Au contraire, on a passé un bon week-end tous les deux à profiter de nos loisirs favoris (jeux vidéos et lecture), donc non, nous ne nous sommes pas ennuyés.

       Beaucoup de gens associent solitude et ennui, mais là encore, c'est une question de personnalité : il y a des gens qui parviennent à s'occuper lorsqu'ils sont seuls, et d'autres non, parce qu'ils ont un caractère porté sur la sociabilisation et donc faire quelque chose seul ne leur apporte pas satisfaction. Il n'y a pas de mieux ou de moins bien, cela dépend des préférences de chacun. C'est pour cela que passer le week-end à lire est un week-end ennuyeux pour certains et pas pour d'autres, ce que je comprends, mais pour autant, il n'y a pas de jugement à porter (surtout quand on connait mon goût pour la lecture : il est incohérent de supposer que je me suis ennuyée si j'ai consacré mon temps à mon activité favorite).

       Surtout que l'ennui est une impression subjective : personnellement, je m'ennuie souvent quand je suis avec d'autres gens, presque jamais lorsque je suis seule, je m'ennuie plus à une sortie au restaurant qu'à déjeuner seule, je m'ennuie plus à faire une promenade en famille qu'à aller en ville à pieds seule. Et pour d'autres, ce sera l'inverse. Sachant que l'impression d'ennui varie aussi selon son humeur, sa fatigue, ses intérêts du moment, des alternatives qui se présentent à soi, etc ; quelque chose qui d'habitude nous passionne pourra ponctuellement nous ennuyer parce qu'on est fatigué ou préoccupé.


     Bref, cet article avait simplement pour but de démêler toutes les idées reçues accolées à la solitude parce que je suis lassée d'entendre les régulièrement les mêmes méprises sur la définition de solitude et les connotations négatives qui y sont associées, souvent parce que les gens assimilent solitude à anormalité, exclusion et ennui.

Le sang du ciel, Piotr Rawicz (1961)

"Cette histoire d'une ville ensevelie et d'un homme dont la fuite et la défaite sont devenues la seule patrie, fut-elle simplement vécue ou bien rêvée par un poète assoiffé de rêves cruels ? A travers des terrains vagues, des bourgades incendiées, des prisons et des vieux moulins remplis d'une chair impatiente, à travers des plaines et des montagnes situées aux confins du monde, quelque part dans une Ukraine de légende, Piotr Rawicz parvient à reconstituer, dans un rythme sauvage, l'univers hallucinant de la persécution nazie, à dépeindre le mécanisme de l'extermination d'un peuple. L'amour inflexible qui habite une petite fille phtisique se révélant plus puissant que la torture; les suicidés qui, dans l'autre monde, entrent d'office dans un club aristocratique ; les dernières pensées d'un ange ou d'un cafard lorsqu'il voit une botte géante prête à s'abattre sur sa mince carapace ; ... voilà quelques uns des paysages humains ou extra humains qui, imprégnés d'humour noir, surgissent de ce livre extraordinaire. Malgré ou peut-être à cause de sa charge métaphysique, il se lit d'un bout à l'autre comme un roman policier, et le lecteur fasciné et abasourdi ne parvient pas à reprendre haleine. Toute une littérature de témoignages, de documents et de chroniques a cherché à évoquer le monde des ghettos, des camps et des chambres à gaz. Quelle qu'en soit la valeur, sa portée reste limitée, justement à cause de son caractère historique. Le roman de Piotr Rawicz s'inscrit dans un genre différent : s'inspirant d'une réalité située au bord de l'humain et du concevable, il la dépasse pour la recréer dans sa vérité uniquement intemporelle et universelle, celle de la poésie. Ce roman insolite est ainsi une tentative téméraire en vue de traduire dans le langage de la poésie une réalité qui autrement demeure incommunicable."

J'ai découvert l'existence de cet ouvrage après qu'un lecteur l'ait demandé et comme j'ai été le chercher, j'en ai profité pour lire la quatrième de couverture parce que le titre m'avait interpellée et intriguée.

Pour commencer, ce texte tient autant de l'auto-biographique, du roman, de la poésie, et du témoignage historique, ce qui le rend assez difficile à appréhender et à résumer. Déjà, il s'agit d'un récit indirect : un ami de Boris qui a retrouvé un manuscrit appartenant à ce dernier nous le donne à connaître. Les écrits de Boris racontent sa vie dans l'Ukraine occupée de la Seconde Guerre Mondiale, sa fuite avec sa compagne, les maîtres-chanteurs auxquels il se retrouve confronté, les gens qu'il rencontre, les cachettes, les meurtres et tortures dont il est témoin lors de cette époque d'extermination des Juifs, alors qu'il est lui-même Juif. Il raconte aussi l'angoisse, le froid, la faim et la fuite, la paranoïa vis-à-vis des gens qu'il connait mais qui peuvent malgré tout le dénoncer.

J'ai bien aimé ce livre mais je l'ai aussi trouvé déroutant et décousu : ce livre contient des passages de différentes formes, le récit n'est pas vraiment linéaire, il y a des allusions qui ne sont pas forcément claires. C'est un peu comme un journal où tout n'est pas clairement exprimé, et où les propos viennent un peu au fil des pensées. Je peux difficilement dire que j'ai apprécié, mais en même temps, je n'ai rien contre, c'est simplement qu'il a une forme singulière. Par contre, j'ai trouvé le texte plutôt intéressant sur le fond, d'autant plus que -et je l'ai déjà dit- la Seconde Guerre Mondiale est une période qui m'intéresse, c'est vraiment la forme que j'ai du mal à appréhender.

On ira voir la mer, Olivier Adam (2000)

"Ça fait longtemps qu'Olivier connaît Lorette. Depuis le CM2, ils ont un projet tous les deux. Partir à la mer. C'est là-bas qu'il faut vivre. En attendant, ils sont collés, inséparables, comme frère et sueur jumeaux. Ils font la paire. Lui, timide et qui n'ose parler à personne. Elle, solitaire et blessée, en colère contre elle-même, contre tout le monde, contre personne. Bizarre, comme disent les autres. Capricieuse. Différente. Lorette vole des bouteilles de rhum ou de vodka, et avec elle se soûle. Pour se sentir vivante. Lorette se met à hurler parfois, comme une bête. Quand on veut la forcer. D'autres fois, elle disparaît. Ou bien elle détruit. Une expo, à l'école, sa coiffure, au cutter, les bagnoles, à la cité. Elle doit avoir un secret. Une raison de faire tout ça. Olivier ne lui demande rien. C'est pour ça qu'elle lui fait confiance. C'est pour ça qu'elle va tout lui dire. Après, quand il aura compris, ils pourront partir à la mer."

C'est par hasard que j'ai choisi ce livre, alors que j'étais à court d'idées de lectures. J'ai donc été voir parmi les livres venant d'être rendus par les lecteurs et j'ai opté pour On ira voir la mer qui avait l'air pas mal.

L'histoire nous est racontée par Olivier, jeune lycéen, qui se rappelle des moments qu'il a passé avec Lorette, une amie de longue date. Les deux se considèrent comme frère et soeur, jumeaux même, surtout que le frère jumeau de Lorette, décédé quelques mois après sa naissance s'appelait aussi Olivier. Malgré leur attitude rebelle et renfermée, leurs personnalités ne sont pas complètement semblables : Olivier a plutôt une attitude passive tandis que Lorette est agitée et (auto-)destructrice. Un soir, alors qu'ils sont partis se promener, des émeutes ont lieu et alors qu'ils veulent aller à la gare, ils sont séparés : Olivier rentre chez lui, pas Lorette. Personne ne sait rien sur ce qui a pu lui arriver. Et Olivier se remémore les instants qu'il a partagé avec elle avant le dénouement.

Voici une lecture qui ne m'a pas vraiment plu. Ça se lit bien, le style est fluide, mais j'ai trouvé que le récit manquait de consistance, qu'il était elliptique. Peut-être que cela sert à insister sur la notion d'absence, celle de Lorette, mais je n'ai pas accroché. De même que certains personnages n'ont pas vraiment de personnalité alors qu'il aurait été intéressant qu'il soit mieux présentés et cernés : le frère d'Olivier, Léa et Samir. Malgré cela, je pense que c'est un roman qui peu plaire au public auquel il est destiné, savoir les adolescents, mais bien que les thèmes abordées me paraissent intéressant, c'est le style et le traitement qui ne correspondent pas à mes préférences en la matière.

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