Vénéneuses, Anna Godbersen (Rebelles, tome 4) (2009)

"Diana, le coeur brisé, court le monde à l'aventure mais ne peut oublier Henry. Carolina, l'ex-femme de chambre, est devenue une icône de la société mondaine. Penelope, enfin au bras d'Henry qu'elle convoitait tant, perd la tête pour les beaux yeux d'un prince. Alors qu'elles se croyaient à l'abri, de nouveaux scandales éclaboussent leurs belles robes. Cette fois, les vénéneuses risquent de se brûler les ailes à jamais..."

Voici la suite et fin de la série Rebelles, les articles concernant les tomes précédents sont là : t.1 Rebelles, t.2 Rumeurs et t.3 Tricheuses.

A la fin du tome précédent, Elizabeth se retrouvait mariée à un ancien collaborateur de feu son père, collaborateur qui s'avèrent être moins généreux et gentil qu'il n'en a l'air, bien au contraire. La soeur d'Elizabeth, Diana, décidait de partir à la recherche de celui qu'elle aime, Henri, qui lui s'était enrôlé dans l'armée : les deux se retrouvent mais cela ne dure pas. L'épouse d'Henri, Pénélope bouille de colère mais trouve moyen de se venger et de se divertir en la personne du prince de Bavière qui se trouve en séjour à New York. L'ancienne bonne des Holland, Carolina, trouve à se marier, ce qui st l'aboutissement de son ascension social, mais cela ne se passe pas comme prévu et elle se retrouve à devoir dire qui elle est réellement.

J'ai bien aimé lire ce livre, ça m'a occupé un après-midi, mais il était temps que cette série se termine parce que je commençais à me lasser un peu des personnages et des intrigues prévisibles. Qui plus est la fin est quand même assez moralisatrice : les méchants finissent punis, les menteurs voient leurs mensonges révélés, les gentils deviennent libres et vivent la vie qu'ils méritent, etc, bref assez prévisible et plutôt puritain. Mais bon, les quatre livres de la série Rebelles ont au moins le mérite d'être divertissant, ce qui est déjà pas mal.

Les petits dieux, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 13) (1992)

"Or il advint qu’en ce temps-là le grand dieu Om s’adressa à Frangin, l’Élu :
« Psst ! »
Frangin s’arrêta au milieu d’un coup de binette et fit du regard le tour du jardin du temple. « Pardon ? » lança-t-il.
C’était une belle journée du printemps prime. Les moulins à prière tournaient joyeusement dans le vent qui tombait des montagnes. En altitude, un aigle solitaire décrivait des cercles.
Frangin haussa les épaules et retourna à ses melons.
Le grand dieu Om s’adressa derechef à Frangin, l’Élu :
« T’es sourd, mon gars ? »
Une lourde responsabilité attend le jeune novice : prévenir une guerre sainte. Car il est des hérétiques, voyez-vous, pour prétendre, contrairement au dogme de l’église que le monde est plat et qu’il traverse l’univers sur le dos d’une immense tortue...
"

Suite de la lecture des Annales du Disque-Monde avec ici le treizième tome de la série. Dans celui-ci, nous suivons le novice Frangin, jeune pas très futé qui est donc entré dans les ordres d'Om, le dieu local. Un jour, alors qu'il est en train de bêcher le potager, il se met à entendre une voix, voix qui provient apparemment d'une tortue qui dit être Om, et que seul Frangin peut entendre. En rapportant cela, il se fait repérer par Vorbis, le grand méchant chef religieux, et se retrouve à partir à Ephèbe, ville d'hérétiques qui ne croient pas en Om mais en une foultitude d'autres dieux.

J'ai beaucoup aimé la lecture des Petits dieux non seulement parce que nous voyons d'autres contrées qu'Ankh-Morpork mais aussi grâce aux sujets abordés, à savoir les religions, la foi, la philosophie, les inventions et le pouvoir. En plus de cela, l'ambiance est moins médiéval qu'antique, au contraire des tomes précédents, ce qui est agréable, ça change. Bref, encore une fois, rien qui ne m'incite à arrêter ma lecture de cette série de livres, et je prévois donc pour bientôt la lecture du tome suivant, à savoir Nobliaux et sorcières.

Birth of a book

"A short vignette of a book being created using traditional printing methods. For the Daily Telegraph. Shot at Smith-Settle Printers, Leeds, England. The book being printed is Suzanne St Albans’ 'Mango and Mimosa' published as part of the Slightly Foxed series. Shot, Directed & Edited by Glen Milner"

Le dîner, Herman Koch (2009)

"Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam. Hors-d'oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition. Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?"

Voici un livre dont la couverture colorée m'a, à plusieurs reprises, attiré l'oeil, et sur lequel j'ai lus de nombreux avis parmi les blogs que je suis (Chaplum, Cunéipage, Amanda Meyre et Les jardins d'Hélène) donc j'ai eu envie de me faire une idée à propos de ce roman qui avait l'air d'être beaucoup lu, aussi bien pas les lecteurs de la bibliothèque dans laquelle je travaille que sur la blogosphère.

Le narrateur de ce roman est Paul, ancien professeur, qui au moment où comment l'histoire doit se rendre au restaurant avec son épouse, Claire, pour y retrouver son frère, Serge, futur premier ministre des Pays-Bas, et l'épouse de celui-ci, Babette. Paul appréhende cette soirée, la superficialité de ce genre de sortie dans les restaurants élégants, le prix du repas par rapport à ce qu'il a en réalité dans son assiette, etc. Pourtant, dès le début, on sent qu'il y a autre chose que des récriminations et de la mauvaise humeur à cause d'un dîner, il y a un secret ou un problème avec le fils de Paul et Claire, Michel. Et au fil du roman, découpé en fonction des plats, nous découvrons l'horrible secret dont il est question.

Ce roman m'a beaucoup plus, notamment parce qu'il n'est pas ce qu'il a l'air d'être, qu'il est beaucoup plus sombre et profond que sa couverture aux couleurs criardes le laisse penser. Il ne s'agit pas d'un banal dîner entre frères, il s'agit de violence, de conscience ou non des actes, d'opinions qui dérangent, de politique, de parentalité, de famille, de responsabilité, de complicité, de justice. Une bonne surprise à mes yeux, bien que déroutante si on est préparé à une lecture plus légère.

Une femme avec personne dedans, Chloé Delaume (2012)

"Une lectrice se suicide, se changeant en ange annonciateur : écris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui doit arriver ensuite. Au-delà de cet événement et de la culpabilité de la narratrice, le roman est le lieu d'une véritable prise de conscience pour le lecteur : celle de la possibilité réelle d'une identification avec l'auteur-narrateur-personnage. Une identification non pas morbide cette fois-ci, mais romanesque, due à un autre événement tout aussi violent : celui du sentiment amoureux. Car ce livre est un roman d'amour, mettant en scène Chloé, Igor et La Clef, un homme, deux femmes. Et malgré l'ironie et la légèreté, il y a cet aveu tragique : "J'ignorais qu'en aimant on pouvait à ce point perdre son identité." Parce qu'elle écrit ce qu'elle a vu, ce qui est, mais doit également se pencher sur ce qui doit arriver, l'auteur soumet le lecteur à un quizz lui permettant d'être aiguillé sur l'une des trois fins proposées."

J'avais déjà évoqué rapidement ce livre au moment où je l'avais emprunté (l'article est là), et j'avais également expliqué pourquoi je souhaitais le lire. Malgré mon impatience, je ne me suis pas plongée immédiatement dans cette lecture puisque je lis les livres dans l'ordre des dates de retour à la médiathèque, or, j'en avais empruntés un paquet avant, donc priorité à ces-derniers. Mais j'ai quand même fini par désengorger ma pile de livres à lire et donc par arriver à Une femme avec personne dedans.

Pas vraiment de récit suivi dans ce livre, plutôt des épisodes de la vie de Chloé Delaume, l'auteur, narratrice et héroïne. On y parle de suicide, de divertissement dans l'envie de mourir, de la responsabilité de l'écrit, de célibat, de mariage, de couple, de trio amoureux, tromperie, de divorce, de critères d'évaluation lors d'un rendez-vous amoureux, d'identité administrative moins réelle qu'une identité de papier. Ce sont les éléments de sa vie sur lesquels elle revient, autofiction comme elle disait, "autofixion" comme elle l'écrit.

Nous retrouvons donc les thèmes habituels de cet auteur, encore que j'y vois moins de pensées suicidaires, de violence et de mort ; pas d'apaisement pour autant sur le fond, mais les mêmes thématiques vues autrement, avec en plus l'arrivée du thème de la magie. Quand au style, j'ai été captivée : c'est rythmé, prenant, scandé, j'ai vraiment été prise dans la cadence de certains passages, plus que dans ses précédents textes il me semble. Bref, cet ouvrage m'a plu et j'ai trouvé original le système de fins alternatives déterminées par un questionnaire nous guidant vers celle correspondant aux attentes et à la personnalité du lecteur. Par contre, je préviens : c'est assez particulier comme ouvrage donc si vous n'appréciez pas les gens qui parlent d'eux, qui transforment le langage et les livres où le récit n'est pas linéaire, abstenez-vous ou partez prévenus !

A noter : Chloé Delaume a été l'invité de l'émission Le Grand Entretien sur France Inter le 16 mars 2012. L'émission est ré-écoutable à cet endroit.

La fille du fossoyeur, Joyce Carol Oates (2007)

"En 1936, une famille d'émigrants fuyant désespérément l'Allemagne nazie, les Schwart, échoue dans une petite ville du nord de l'état de NY où le père, un ex-professeur de lycée ne se voit offrir qu'un seul job : celui de fossoyeur-gardien de cimetière. Humiliation, pauvreté, frustrations quotidiennes portent en elles les germes de l'épouvantable tragédie dont Rebecca la benjamine des trois enfants sera le témoin. Prémices de l'étonnante aventure à multiples rebonds que va devenir très vite la vie de Rebecca, contrainte à une fuite en avant pour échapper entre autres à un mari abusif et dangereux, et protéger son petit garçon ; mais une fuite qui est aussi une quête émouvante née du désir profond, quoique inconscient chez la jeune femme, de retrouver une sorte d'appartenance à ce même cruel passé, de se rattacher en fin de compte à sa véritable identité. Ce que le destin ne lui permettra qu'au terme d'une existence d'intranquillité. L'apprentissage des hommes, du mariage, de la maternité, le combat d'une femme pour son indépendance dans la société américaine de l'après-guerre font de ce livre le plus magnifique des hymnes à la survie et à la résilience humaine."

Joyce Carol Oates étant l'une des mes auteurs favorites, je ne peux pas m'empêcher d'emprunter et de lire les livres d'elle qui croisent mon chemin, et ça a justement été le cas pour La fille du fossoyeur.

Dans ce roman, le personnage principal est Rebecca Schwart, qui adulte, devient Hazel Jones. Le roman commence alors qu'elle travaille dans une usine, à un poste mal payé de travail à la chaîne, à l'est des États-Unis. Elle vit avec son fils, et parfois son mari quand celui-ci revient de ses nombreux et longs voyages professionnel puisqu'il est commercial pour une marque de bière. Un jour, un homme la suit sur le chemin du retour et l'appelle par un autre nom. C'est ce nom qui va l'inciter à changer sa vie, à partir avec son fils. Nous découvrons toute la vie de Rebecca/Hazel : sa naissance, sa vie de fille du fossoyeur, son travail de femme de chambre, la rencontre avec celui qui devient son premier époux, la vie avec cet homme, puis la fuite et la nouvelle vie qu'elle se construit.

Décidément, Joyce Carol Oates est vraiment une auteur que j'apprécie, ce roman le prouve encore. Le personnage de Rebecca/Hazel est très bien construit et c'est sur ses émotions plus que sur les évènements "sensationnels" que le récit s'attarde, elle est au centre du roman. Cela se lit un peu comme un thriller par moment, bien que ça n'en soit pas un, il s'agit de la vie d'une femme au passé difficile, aussi bien à cause de son enfance, du drame de son adolescence que par son premier mariage. Bref, cela me donne envie de continuer à lire des livres de cet auteur !

Un été sans les hommes, Siri Hustvedt (2011)

"Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari entretient avec une femme plus jeune qu'elle, Mia quitte brusquement New York pour se rendre dans le Minnesota et se réfugier quelque temps auprès de sa mère octogénaire. Parcours d'une femme blessée en forme de "lecture de soi" et d'inattendue épiphanie personnelle, ce roman solaire – féministe au meilleur sens du terme – irradie d'une énergie aussi rebelle que stimulante."

J'ai souhaité lire ce livre parce que l'auteur est Siri Hustvedt, dont j'avais lu et apprécié Tout ce que j'aimais il y a quelques années, quand j'étais lycéenne. En plus Un été sans les hommes a eu beaucoup d'échos dans la presse littéraire et un peu sur certains blogs que je suis (Caroline, Cunéipage et Stephie), donc je m'étais dit que je le lirais si j'en avais l'occasion.

Dans ce roman, le personnage principal, Mia, poète, enseignante universitaire, la cinquantaine, nous raconte la pause demandée par son mari, pause dans leur couple puisque monsieur vit une passade avec une jeune collègue. Mia touche le fond, finit à l'hôpital psychiatrique à cause du choc de cette annonce au bout de trente ans de mariage. Une fois sortie de l'hôpital, elle décide d'aller passer l'été dans la petite ville de Bonden où sa mère est en maison de retraite. Pendant cet été, elle va enseigner la poésie à 7 pré-adolescente, passer du temps avec sa mère et les amies de celles-ci, les Cygnes, rencontrer sa voisine, écrire, réfléchir, etc.

J'avoue que j'ai été déçue par ce roman que j'ai trouvé faussement érudit, plat, un peu cliché par moment, assez fade. Je n'ai pas réussi à me prendre à l'histoire pourtant il y a un bon potentiel avec tous ces personnages féminins à différents âges de la vie, mais pourtant non. L'intrigue avec les 7 pré-adolescentes ne m'a pas plu, celle avec les Cygnes aurait pu me plaire si elle avait été plus développée, celle avec la voisine m'a parue prévisible et on ne fait que croiser Daisy, la fille de Mia et Boris. Bref, il y a quelque chose d'insuffisant dans ce livre, il manque clairement un souffle pour donner vie à tout ce petit monde.

Bref, je suis bibliothécaire


Bref, je suis bibliothécaire par chermedia

Hum, c'est pas faux... ! Et cette vidéo montre à quel point le vocabulaire en bibliothèque peut être obscur pour les néophytes, parce que dire qu'on a un fantôme dans le rayonnage n'a pas de sens pour tout le monde... En tout cas, bravo aux créateurs et participants de cette vidéo pour leur sens de l'humour ! :)

De mal en pis, Alex Robinson (2001)

"Sherman, Ed, Dorothy et leurs amis ont terminé depuis quelque temps leurs études, mais ont encore du mal à se fondre dans l'impitoyable monde du travail, de la "vraie vie". Leurs parcours amoureux et professionnel s'entrecroisent et les premières difficultés apparaissent ; chagrins d'amour, alcoolisme, mesquineries, abus de confiance, escroqueries... Sans oublier les énormes problèmes à résoudre pour perdre son pucelage quand on est un jeune homme timide et fan de Star Wars, par dessus le marché ! La rencontre avec un vieux loser au caractère de cochon, dessinateur de comics tombé dans la déchéance, leur donnera l'occasion de faire ressortir leur sens de l'honneur et de la justice et révélera leurs véritables caractères. Tout le monde n'en sortira pas grandi et aucun d'entre eux ne sera plus le même."

J'ai découvert ce livre grâce à un article sur le blog Le rose et le noir, et comme ce qui en était dit m'a intéressé, je me suis empressée d'aller voir si la bibliothèque avait le livre, ce qui était le cas.

Il s'agit là d'un vrai roman, mais en bande-dessinée, donc un roman graphique. On y suit Sherman, libraire aspirant écrivain, et Dorothy, journaliste bordélique, Ed, aspirant auteur de comics puceau, et Irving, vieil auteur de comics arnaqué qui illustre désormais des emballages, Stephen, professeur d'histoire et Jane, dessinatrice de BD. Tous ont terminées leurs études, mais aucun n'est vraiment installé, chacun aspire à autre chose de plus définitif. On rencontre les personnages alors que Sherman s'installe chez Stephen et Jane, puis on les suit dans leur quotidien, leurs rencontres, leurs jalousies, leurs inimités, leurs rêves, etc.

J'ai adoré ce livre ! Aussi bien l'histoire de ces jeunes adultes qui tâtonnent un peu dans la vie bien que sachant ce qu'il veulent et/ou ce qu'ils ne veulent pas, que le dessin, très lisible et pas sombre bien que ce soit en noir et blanc.

Le sandwich parfait (Recettes des 3 soeurs)

On continue dans l'expérimentation des Recettes des 3 soeurs (je parle du livre ici) avec le test d'une deuxième recette salée de l'ouvrage (la première ici) : le sandwich parfait, qui a donc été au menu de ma pause-déjeuner hier.

Je ne vais pas donner ici la recette, simplement préciser que normalement, il y a des champignons dans la recette, mais comme à mon grand regret je n'en avais pas, j'ai donc dû m'en passer. De plus, j'avais pris comme pain une déjeunette/demi-baguette, mais en terme de quantité, cela faisait un petit trop parce que je n'avais pas très faim ! Malgré cela, j'ai tout mangé parce que c'était bon que ça change des habituels sandwichs qu'on trouve en boulangerie. Certes, je ne le referais pas toutes les semaines, mais j'essaierais d'y penser quand j'aurais envie de changement.

Le résultat en image :

Avant dégustation.
Pendant la dégustation.

Tricheuses, Anna Godbersen (Rebelles, tome 3) (2009)

"Bien qu'Elizabeth Holland ait fait son retour à New York, c'est toujours sa soeur Diana qui illumine les soirées de la haute société. Et ce, malgré le mariage de son amoureux secret, Henry, avec l'éternelle rivale des soeurs Holland, la vénéneuse Penelope. En réalité, Henry est toujours épris de Diana, mais Penelope l'a soumis à un odieux chantage. Quant à Lina, l'ambitieuse ex-femme de chambre, elle continue son incroyable ascension sociale... à ses risques et périls."

Suite de Rebelles (article ici) et de Rumeurs (article là), Tricheuses poursuit les intrigues de Diana, Elizabeth, Pénélope, Henry, Lina et consorts au milieu de l'élite new-yorkaise en 1900.

Dans ce troisième opus, la jeune veuve Elizabeth se terre chez elle pendant que sa soeur, blessée par le mariage d'Henry avec Pénélope, tente de faire comme si ne rien n'était. Henry finit par pouvoir s'expliquer auprès de Diana pour lui expliquer les raisons de son mariage et les deux se remettent à être amoureux en cachette. Pendant ce temps, Pénélope enrage de voir que bien qu'ayant atteint son but -épouser Henry- les choses ne sont pas idylliques et Henry passe son temps à boire et fuir. Il envisage d'ailleurs d'aller passer quelques temps en Floride avec son ami Teddy, mais Pénélope en ayant vent, elle s'incruste à la petite virée des deux amis et invite même du monde, à savoir son frère Grayson, les soeurs Holland, Carolina et le banquier Leland Bouchard. Ce voyage va donc être l'occasion pour les personnages de mener leurs complots et manoeuvre hors du monde guindé de New-York.

Une fois de plus, j'ai été accaparée par cette lecture tout en rebondissements, bien que toujours très frivole. Les personnages au premier plan au début de la série, comme Elizabeth, le sont un peu moins maintenant, au profit de personnages secondaires, telle que Lina. Je vais prochainement lire le quatrième tome de la série, Vénéneuses, ouvrage qui est heureusement le dernier tome de la série parce que j'avoue qu'aussi distrayant que ce soit, je me lasse un peu de ces péripéties prévisibles.

L'enquête, Philippe Claudel (2010)

"Comment l’Enquêteur du nouveau roman de Philippe Claudel aurait-il pu s’en douter ? Comment aurait-il imaginé que cette enquête de routine serait la dernière de sa vie ? Chargé d’élucider les causes d’une vague de suicides dans l’entreprise d’une ville qui ressemble hélas à toutes les nôtres, l’Enquêteur est investi d’une mission qu’il doit mener à terme comme il l’a toujours fait. Des signes d’inquiétude s’emparent de lui peu à peu : l’hôtel où il s’installe accueille tantôt des touristes bruyants et joyeux, tantôt des personnes déplacées en détresse. Dans l’entreprise où il devrait être attendu afin de résoudre son enquête, personne ne l’attend et tous lui sont hostiles. Est-il tombé dans un piège, serait-il la proie d’un véritable cauchemar ? On l’empêche de boire, de dormir, de se nourrir, on ne répond jamais à ses questions que par d’autres questions. Le personnel même est changeant, soit affable soit menaçant. À mesure qu’il avance dans ses découvertes, l’Enquêteur se demande s’il n’est pas lui-même la prochaine victime d’une machine infernale prête à le broyer comme les autres. On devine ainsi que l’impuissance de l’Enquêteur à clore son enquête reflète notre propre impuissance face au monde que nous avons construit pour mieux nous détruire."

Je ne sais plus pourquoi ce livre m'a interpellée quand un lecteur l'a rendu à la bibliothèque, mais en tout cas, je me suis rappelée en le voyant qu'il était sur ma liste de livres à lire, donc je l'ai emprunté. Et je l'ai lu d'une traite hier après-midi.

L'histoire débute alors que l'Enquêteur arrive à la gare, dans une ville où il a été envoyé pour enquêter sur 22 ou 23 suicides qui ont eu lieu dans l'Entreprise. Les choses commencent déjà mal puisque personne n'est là pour le récupérer, il va alors dans un café où on ne peut pas lui servir ce qu'il demande, puis lorsqu'il veut partit, il n'y a pas de taxi. Il erre alors un temps indéterminé dans le noir et la neige avant d'arriver à l'Entreprise où on refuse de le laisser rentrer parce qu'il est trop tard. Il veut alors aller à l'hôtel, met un temps fou à retrouver celui qu'il avait aperçu un peu plus tôt. Une fois là, il doit lire et relire le règlement intérieur de l'hôtel avant d'avoir sa chambre, chambre assez bizarrement localisée et étrangement aménagée. Bref, tout est bizarre, incompréhensible, injuste, contradictoire.

Il y a du Kafka dans ce roman, cela m'a notamment fait penser au Château et au Procès : l'Entreprise est omniprésente et inaccessible, les chefs son invisibles alors que les petits fonctionnaires son nombreux et ne savent rien, on ne sait rien des gens qui en sont réduits à leur fonction, le personnage principal est complètement perdu, il ne comprend pas ce qu'il se passe, le sort s'acharne sur lui, l'ambiance est oppressante, etc. comme Franz Kafka est l'un de mes auteurs favoris, j'ai appréciée cette lecture. Seule la fin m'a déroutée : certes, elle n'est pas surprenante par rapport à tout ce qui précède, mais on ne sait pas de quoi il s'agit, de quoi elle est la métaphore. En tout cas, j'ai dévoré ce livre en moins de trois heures et j'ai passé un bon moment de lecture.

A propos du livre électronique

"Le livre dans la liseuse électronique n’existe que le temps de la lecture, puis il disparaît, comme effacé, ou siphonné. Nous fréquentions aussi l’objet, jadis (et naguère encore). C’était une présence physique, avec ses caractéristiques familières, une compagnie. Certains volumes étaient de vrais crampons, certes, des incrustés, des parasites, mais d’autres nous accompagnaient comme des fétiches, de déménagement en déménagement. Ils partageaient notre vie. Sans vouloir blesser ces purs esprits, nous les aimions aussi pour leur physique… Leur contenu était associé à leur aspect dans notre mémoire oublieuse et il nous suffisait d’en regarder certains sans même les ouvrir pour très exactement et en un éclair les relire. Voilà tout de même une chose irremplaçable qui va se perdre si la tablette absorbe la bibliothèque."
Eric Chevillard (Source)

Quand Je est un autre, Jean-Claude Kaufmann (2008)

"Certaines expressions résument l'esprit d'une époque. L'obligation d'"être soi-même" est le mot d'ordre de la nôtre. Mais, passé l'évidence du droit à l'autonomie personnelle, rien n'est clair. "Soi-même" existe-t-il vraiment ? Jean-Claude Kaufmann, pour avoir perçu le sens de nos comportements les plus anodins, nous connaît mieux que personne. Il inflige ici, mine de rien mais preuves à l'appui, une sévère et utile correction à quelques-unes de nos croyances les mieux ancrées. Non, il n'existe pas de "soi" traversant la vie égal à lui-même. Il n'existe même pas de "centre" à l'intérieur de nous. Notre identité est extraordinairement multiple et changeante : tissée de moments parfois infimes où bascule tout ce que nous sommes. Je n'est jamais autant je que lorsqu'il s'invente différent. Et c'est très bien ainsi. Ce livre novateur, où la réflexion s'appuie sur le concret des grandes enquêtes menées par l'auteur (Premier matin, Agacements), ouvre la voie de ce nouveau savoir-être, ni rigidité illusoire, ni absence de repères, auquel nous aspirons tous."

Voici le troisième des quatre livres que je lis dans le cadre de ma démarche de réflexion sur l'identité (annoncée ici), choisi d'après son indice thématique puis son titre.

Dans cet ouvrage, le sociologue nous parle de notre identité, de ce qui la fait, de ce qui la change et comment. En s'appuyant sur des faits recueillis lors d'entretiens pour certains de ses précédents livres, Jean-Claude Kaufmann nous montre comment nous raisonnons plus ou moins consciemment lorsque nous sommes confrontés à une situation nouvelle, nouveauté nécessitant un repositionnement -plus ou moins important- de notre identité. Nous voyons donc que l'identité n'existe pas en tant que définition fixe, mais plutôt comme quelque chose de mouvant se réinventant sans cesse.

Je n'ai pas aimé ce livre dont, je l'avoue, la lecture a été laborieuse. Non pas à cause du langage ou de la structure qui sont tous les deux très clair, mais à cause du contenu. Je me perdais dans le raisonnement, je ne voyais pas toujours où l'argumentation menait et même une fois celle-ci terminée, j'avais une l'impression d'inachevé. Il y a beaucoup de constats, de faits, mais je trouve que cela manque d'explication, de conclusion, comme si c'était des énumération plus que des éléments s'enchaînant. Bref, je n'ai pas l’impression d'avoir appris quoique ce soit en lisant ce livre

Pour les yeux et les oreilles

Mon butin à la Médiathèque aujourd'hui.

Cet article pour vous faire par de ma joie et de mon fébrilité parce que j'ai récupéré aujourd'hui deux documents que j'attendais depuis un moment :
- le premier est Une femme avec personne dedans le dernier livre de Chloé Delaume. J'ai déjà lus beaucoup de texte d'elle et j'apprécie son travail sur le langage, l'expression et l'identité, bien qu'on puisse lui reprocher de souvent ressasser les mêmes choses. Je ne sais pas ce que vaut cet ouvrage, mais j'ai en tout cas trouvés très intéressants les entretiens que j'ai lus dans le Nouvel Observateur (à lire là) et sur le site de Mediapart, donc je suis assez pressée de me plonger dans cette lecture, dont vous aurez évidemment le compte-rendu dans les semaines à venir sur le présent blog.
- le second est Nyx, le dernier CD de Mansfield TYA, album pour lequel je trépignais d'impatience parce que Mansfield TYA est l'un de mes groupes favoris (avec, entre autres, Archive, Blonde Redhead, Ghinzu, Pink Floyd, etc) et qu'en plus, j'avais entendu par hasard sur France Inter un des morceaux de cet album -Logic coco (à écouter ici)- et, sans savoir qui était l'interprète, j'avais trouvée cette chanson génial. Donc quand le nom du groupe avait été annoncé à la fin de l’interprétation, j'ai fait un bond et je me suis empressée de chercher des informations sur cet album. Et après plusieurs écoutes, je peux vous dire que j'aime ! Il est différents des précédents albums de la formation nantaise, un peu plus pop, mais on retrouve toujours le côté mélancolique quand même, donc ça évolue et ça se renouvelle mais tout en gardant son identité.

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