Jeûne fille, Audrey Raveglia (2002)

"Audrey a quelques kilos en trop et une petite soeur ravissante qui la traite de "grosse vache". Elle profite d'un séjour à Londres en tant que jeune fille au pair pour se mettre au régime. Mais bientôt gagnée par l'euphorie de privations toujours plus drastiques, elle sombre dans l'anorexie. A son retour en France, son poids inquiète sa mère. Alors débutent mensonges et les promesses d'Audrey, qui jure ses grands dieux qu'elle va manger, alors qu'elle est captivée par L, la voix intérieure qui l'exhorte à poursuivre. Une voix si impérieuse qu'elle hante encore l'héroïne après un bref internement et un long séjour à l'hôpital Bichat. Mais sa rencontre avec Fifi, qui l'apprivoise doucement, va lui redonner goût à la vie. Roman d'une descente aux enfers, "Jeûne fille" donne à voir de l'intérieur les ressorts et les rouages d'une maladie implacable."

C'est par hasard que je suis tombé sur ce texte : il y a eu un moment de creux pendant que j'enregistrais les documents prêtés et retournés par les usagers de la bibliothèque, du coup, j'ai jeté un coup d'oeil sur le chariot des documents venant d'être rendus, et parmi les quelques livres qui étaient là (c'était un jeudi, c'est un jour calme...) j'ai vu celui-ci, donc je l'ai commencé, et du coup, je l'ai fini aussi (je termine toujours un livre que j'ai commencé !).

La narratrice de cette histoire (d'inspiration autobiographique d'après ce que j'ai compris) est Aurane. Elle a développé un complexe d'infériorité par rapport à sa soeur qui est mince et qui est une artiste alors qu'elle est qualifiée d'intellectuelle, ce qui au ton des gens paraît moins bien qu'être une artiste. Et puis elle aimerait que sa mère l'aime aussi, être une fille parfaite brillant aux yeux maternels. Et dans sa logique, être parfaite consiste essentiellement à être mince. Et à être pure aussi, surtout que pour casser son image d'intello, Aurane a enchaîné les fêtes pendant son adolescence, ce qui lui a valu une mauvaise réputation, réputation qu'elle souhaite donc laver. Mais cela est moins l'expression de la volonté d'Aurane que celle de L., L. étant décrit telle que suit : "[...] L. est ma "maladie" et ma "maladie" n'est qu'un leurre, la traduction d'une angoisse démesurée face à la vie." Aurane a besoin de s'éloigner pour maigrir, de couper les ponts, alors elle va à Londres où elle est jeune fille au pair et où elle prépare également le concours d'entrée de Science Po par correspondance. Sauf qu'évidemment en rentrant en France, elle ne voit aucune fierté dans le regard de sa mère, et que la situation n'est pas à la hauteur des attentes...

J'ai bien aimé lire ce livre : le ton est simple, accessible ; il faut dire que ce livre est comme un témoignage, Aurane nous parle, nous raconte sa maladie (l'anorexie), cette période de sa vie, ses impressions, ses actes, ses mensonges et puis le déclic, le travail à fournir pour en revenir. Le fait que cela ne soit pas une autobiographie, mais un roman d'inspiration biographique évite de tomber dans la crudité, le sensationnalisme, etc, que l'on peut trouver habituellement dans ce type de texte et qui, personnellement m'irritent. De plus, cela permet de mieux "entrer" dans le livre car il ne s'agit pas d'une personne particulière qui existe réellement, mais d'un personnage. Bref, un ouvrage intéressant, encore que la fin soit -à mes yeux- un peu trop une happy end, ce que je trouve dommage.

Kafka, l'éternel fiancé, Jacqueline Raoul-Duval (2011)

"C'est un jeune homme élancé, sportif, élégant, dandy à l'occasion. Il fascine ses amis. Il tient les femmes sous son charme. Il a passionnément aimé Felice, Julie, Milena, Dora. Elles habitaient Berlin ou Vienne. Il n'aurait jamais épousé une jeune fille de Prague. Il fallait que celles dont il faisait la conquête fussent loin pour avoir le bonheur de leur écrire et le soulagement de ne pas les voir dans leur réalité. Fiancé quatre fois, quatre fois il échappe au mariage. Lorsque s'achève chacun de ses amours, il rédige d'une traite un roman qui, lui, ne s'achève pas. L'Amérique. Le Procès. Le Château. Sa vie ressemble au monde qu'il a créé : impénétrable, hérissé de pièges, mais où l'exigence de la vérité débouche sur la lumière. Aucun écrivain n'a suscité autant de livres, mais rares sont ceux qui font revivre, comme celui-ci, la vie amoureuse, si singulière, de Franz Kafka."

En allant chercher un livre dans un rayon de la bibliothèque, j'ai aperçu celui-ci mis en avant parmi les nouveautés et je ne pouvais que l'emprunter sachant que le titre comporte le nom de l'un de mes auteurs favoris, à savoir Franz Kafka.

Cet ouvrage est classé en roman bien qu'il s'appuie sur la correspondance, les journaux et les témoignages de Franz Kafka et son entourage, mais il s'agit quand même de fiction dans la mesure où l'auteur imagine les scènes de la vie amoureuse de l'auteur tchèque. Le texte est divisé en parties nommées d'après les femmes dont il est question, et dans chacune de ces parties est racontée la relation qu'il entretenait avec elle, et cela de manière romancée, il ne s'agit pas ici d'un essai.

J'ai beaucoup aimé ce livre non seulement parce qu'il est bien écrit, intéressant et accessible même si l'on ne connait pas l'oeuvre de Franz Kafka mais aussi parce qu'il aborde un aspect de sa vie que je méconnaissais. En effet, bien qu'ayant déjà lu son Journal, ainsi que quelques textes à son propos, le thème de sa vie sentimental n'était pas celui à m'intéresser le plus, par conséquent, j'avais beaucoup à découvrir. Or ici, c'est le principal thème abordé, ce qui permet de le découvrir clairement, et non par éparpillé parmi le reste de sa biographie, mais également, à travers le prisme de ses amours, sa personnalité et sa vie.

Le candidat


Quoi de plus approprié en ce jour de premier tour de scrutin présidentiel que de regarder un film dont l'action se déroule au lendemain d'un premier tour d'élection présidentielle ?

Ce film est Le candidat de Niels Arestrup (2007), avec Yvan Attal dans le rôle du candidat.

Je suis tombée par hasard sur ce DVD hier, quand un usager l'a rendu à la bibliothèque, et je l'ai emprunté en me disant que cela ferait une occupation adéquate pour ce jour !

Stardust, Neil Gaiman (1998)

"D'un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d'une calme forêt anglaise. de l'autre, le pays des fées, univers d'enchantements, de sorcières, de licornes et de princes sanguinaires. Entre les deux, il y a le mur, l'infranchissable et épaisse muraille qui ceint le hameau et le sépare de féerie. infranchissable ? Pas tout à fait, puisque tous les neuf ans s'ouvre la foire des fées qui, durant un jour et une nuit, permet aux deux mondes de se rencontrer. dans certaines circonstances, cependant, attendre si longtemps pour pénétrer en féerie est impossible. Car quand on s'appelle Tristan Thorn et que l'on a promis à sa belle l'étoile filante tombée du firmament de l'autre côté du mur, aucun obstacle ne saurait s'élever contre l'amour..."

J'ai lu ce livre par hasard, alors que je m'étais retrouvée à court de lecture en-dehors de chez moi. J'ai donc pioché dans la bibliothèque de l'appartement où j'étais, et comme je voulais un livre qui ne soit ni trop épais, ni le début d'une série et pas trop fantasy, j'ai opté pour Stardust, livre qui a en plus le mérite d'avoir été écrit par Neil Gaiman, ce qui -pour moi- est un bon point.

Le personnage principal de ce roman est Tristan Thorn, né d'un père humain et d'une mère qui l'est moins, la rencontre des parents ayant été possible lors de la foire qui a lieu tous les neuf ans. Cette foire n'a rien d'ordinaire puisqu'il s'agit du seul moment où les habitants du village de Wall peuvent passer par la brèche du mur érigé à l'est de la ville. Bref, l'intrigue commence vraiment quand Tristan, amoureux de Victoria, se retrouve à lui promettre d'aller lui chercher l'étoile qu'ils viennent de voir tomber du ciel, or, cette étoile est tombé dans les pays des fées. Tristan va donc passer de l'autre côté du mur -bien que ce ne soit pas la foire- et vivre tout un tas d'épreuves et d'aventures en vue de tenir sa promesse. Surtout qu'il n'est pas le seul à chercher cette étoile, et qu'en plus l'étoile a en sa possession un objet très recherché puisque l'avenir d'un royaume en dépend.

Ce roman de fantasy est avant tout une quête, un roman initiatique puisque le jeune, amoureux et impétueux Tristan du début de l'histoire revient transformé et mûri de son périple en terre magique. J'ai apprécié le fait que malgré les différentes intrigues, le roman reste clair et qu'il n'y ait pas de multiplication des personnages (je me perds quand il y a trop de monde). Certes, il y a pas mal de coïncidences, de "comme par hasard" et la fin est heureuse, mais cela tient la route malgré tout, il n'y a pas de surenchère. Donc une fois de plus, j'ai été charmée par Neil Gaiman, un auteur au style limpide et aux univers imaginatifs avec un petit quelque chose d'enfantin.

Replay, Ken Grimwood (1987)

"En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouve dans son bureau new-yorkais, et écoute sa femme lui répéter au téléphone : "Il nous faut, il nous faut..." Il leur faudrait, bien sûr, un enfant, une maison plus confortable. Mais surtout parler. A coeur ouvert. Sur ce, Jeff meurt d'une crise cardiaque. Il se réveille en 1963, à l'âge de dix-huit ans, dans son ancienne chambre d'université. Va-t-il connaître le même avenir ? Non, car ses souvenirs sont intacts. Il sait qui va gagner le prochain Derby, et ce qu'il en sera D'IBM et d'Apple...
De quoi devenir l'homme le plus puissant du monde, jusqu'à... sa deuxième mort, et qu'une troisième, puis une quatrième vie commencent...
"

Je suis tombé sur ce titre par hasard, alors que j'errais sur Internet à la recherche de livres ayant pour thème le voyage dans le temps, influencée que je suis par la série Doctor Who. C'est ainsi que je suis tombé sur Replay, seul titre parmi la dizaine d'autres que j'ai pu débusquer dont la quatrième de couverture laissait présager un roman correspondant à mes attentes.

Le narrateur est Jeff, un presque quadragénaire qui travaille pour une station de radio et dont le mariage -sans enfant- bat de l'aile. Alors qu'il est au bureau et au téléphone avec son épouse, il décède d'une crise cardiaque et se réveille immédiatement 25 ans plus tôt, dans le corps et la vie qu'il avait alors. Une fois réalisé ce retour à un point antérieur de sa vie, il saisit toutes les implications que cela a (le futur est son passé, l'avenir est contenu dans ses souvenirs), et décide d'en tirer parti pour réussir sa vie et réaliser ce qu'il n'avait jamais fait. Mais malgré cet autre parcours, Jeff décède à nouveau, à la même date que la première fois, et se réveille encore une fois en 1963.

J'ai beaucoup aimé ce livre parce que le potentiel de départ -revenir dans son passé en connaissant le futur- est bien exploité, les décisions de Jeff tiennent la route dans la mesure où il agit comme quiconque agirait dans une telle situation (enfin, telle qu'on la fantasme ou l'imagine). En plus de cela, ce récit évite les écueils que je craignais, à savoir la répétition de certains épisodes, les longueurs que cela entraînerait et une fin décevante, or, ce n'est pas le cas ici. Par ailleurs, l'écriture est très fluide ce qui fait que malgré mes appréhensions, je suis très vite rentré dans le récit, et qu'au final, j'ai eu du mal à le quitter !

Le système Victoria, Eric Reinhardt (2011)

"Si David Kolski, architecte reconverti en directeur de travaux, avait renoncé à adresser la parole à cette inconnue croisée dans une galerie marchande, s’il lui avait dit : « Excusez-moi, je suis désolé, je vous ai pris pour quelqu’un d’autre », s’il avait su qu’en abordant une femme de cette stature il entraînerait son existence dans une direction impossible, Victoria de Winter n’aurait pas trouvé la mort onze mois jour pour jour après leur rencontre.
Aujourd’hui, elle serait encore vivante, David ne vivrait pas retiré dans un hôtel de la Creuse, séparé de sa femme et de ses filles. Il n’aurait pas été détruit par le rôle qu’il a joué dans ce drame ni par les deux jours de garde à vue qui en ont découlé. Seulement, le visage de Victoria s’est tourné vers le sien et David a aussitôt basculé dans sa vie
."

Il y a quelques années, un ami m'avait conseillé la lecture de Cendrillon, d'Eric Reinhardt, un livre que je n'aurais pas spontanément lu, à cause de son titre. En tout cas, j'avais appréciée cette lecture, donc quand j'ai vu qu'Eric Reinhardt avait publié un autre livre l'année dernière, j'ai ajouté le titre à ma liste de livres à lire.

Ce roman nous raconte une liaison du point de vue de David Kolski, un homme marié-deux-enfants, qui travaille dans le BTP et qui ressemble à l'acteur Joaquin Phoenix. Un jour, dans une galerie commerciale, il tombe sous le charme d'une femme, Victoria de Winter. Les deux finissent par faire connaissances et à mener une liaison basée sur des heures de sexe et une multitude de mails et SMS. Dès le début, nous savons que Victoria va mourir et le roman revient sur ce qu'il se passe depuis la rencontre entre David et Victoria et le décès de celle-ci, tout en revenant également sur la vie de David.

Je n'ai que moyennement appréciée cette lecture. Ce qui m'a plu, ce sont les tensions chez David, tensions à cause de son travail, de ses doutes, de ses scrupules, etc. Le récit lui-même m'a relativement captivée aussi, j'avais envie de savoir ce qu'il allait se passer, d'autant plus que dès le début nous savons que ça va mal se finir. Par contre, je n'ai pas accroché aux scènes de sexe, à la dérive de la relation adultère entre Victoria et David avec tous leurs excès, leurs fantasmes et leurs menaces de se quitter. J'aurais aimé en savoir un peu plus sur la vie et les pensées de chacun, de même que la fin manque de profondeur, qu'est-il arrivé à Victoria ? Où est partie la famille de David ? Comment se termine la construction de la tour Uranus ? Bref, le roman n'était pas trop mal, mais pour me plaire, il aurait fallu qu'il soit orienté selon d'autres axes.

Nobliaux et sorcières, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 14) (1992)

"Le royaume de Lancre au cœur des montagnes du Bélier. Si petit. Tout juste s’il ne faut pas un passeport pour s’allonger. Retour de voyage, trois sœurcières y retrouvent leurs pénates, dont l’une, Magrat, pour épouser le roi Vérence.
Les noces approchent. Tout devrait se passer comme dans un songe de nuit d’été. Si l’imprudence des uns et des autres ne risquait d’ouvrir le monde au retour des Seigneurs et Dames. Des Nobliaux. Des Lumineux...
Les elfes sont si beaux, si gueulamour. Les elfes sont cruels. Ils prennent tout. Et ils offrent la peur en échange.
Autour des trois sœurcières à la peine, une affiche exceptionnelle avec notamment : l’archichancelier Mustrum Ridculle, le bibliothécaire de l’Université (« Oook ! » ) et le deuxième grand amant du monde, Giamo Casanabo
."

Dans le quatorzième tome des Annales du Disque-Monde, nous retrouvons les sorcières, que nous avons déjà rencontrées à plusieurs reprises : Magrat Goussedail, Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg. La première est sur le point de se marier avec l'ex-fou désormais roi, Vérence, et apprend donc son métier de reine. Pendant ce temps là, ses deux collègues se renseignent sur d'étranges cercles et des failles entre différentes réalités, cela étant lié à des danseurs, des elfes qui ne correspondent pas au cliché que l'on en a (les gens oublient) et une mystérieuse femme en robe rouge...

J'ai une fois de plus beaucoup aimé ce texte de Terry Pratchett, je trouve vraiment que les ouvrages des Annales du Disque-Monde s'améliorent au fil des tomes (apparemment je suis en train de lire les meilleurs, ça décline ensuite...). En plus, j'aime bien les personnages des sorcières (un autre personnage que j'aime bien est -évidemment- le bibliothécaire !), du coup, cela m'a fait encore plus apprécier ce livre.

Room, Emma Donoghue (2010)

"Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque.
Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.
Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.
Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?
"

Pendant un moment, je voyais ce livre partout : mis en avant dans les librairies, critiqués dans les revues et sur les blogs, sans cesse réservé dans la bibliothèque où je travaille, etc, donc forcément, au bout d'un moment j'ai eu envie de savoir ce qui faisait son succès.

L'histoire nous est narrée par Jack, un petit garçon de 5 ans. Il nous raconte son quotidien sans la Chambre, avec sa mère : les repas, les occupations, les objets (Madame Commode, Monsieur Tapis, Madame Couette, etc), les habitudes,... Bien vite on réalise que quelque chose ne va pas : en effet, Jack et sa mère sont séquestrés dans cette chambre où Jack est né. Ils n'ont pas d'autres contacts avec le monde qu'une télévision et Jack, qui n'est jamais sorti de cette chambre depuis sa naissance, ne conçoit pas que ce que montre la télé existe réellement.

J'ai bien aimé cette lecture qui traite d'un sujet délicat mais sans en faire de trop, sans tomber dans le voyeurisme ou le sensationnel. C'est surtout la narration par l'enfant qui permet cela car il dit les choses avec ses mots, sa conception du monde, ce qui dédramatise la situation tout en la transmettant de manière fidèle. Par contre, bien que la narration par l'enfant fasse la réussite du livre, c'est aussi cela qui m'a un peu déplu dans la mesure où j'ai du mal avec les livres dont le héros est un enfant, mais ce critère de jugement dépend des goûts de chacun.

La grand-mère de Jade, Frédérique Deghelt (2009)

"J'ai beaucoup lu, depuis très longtemps. Je suis une lectrice assidue, une amoureuse des livres. On pourrait le dire ainsi. Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père qui n'en n'a jamais rien su pendant toute notre vie commune. Jade eut l'impression que Mamoune lui assénait cette révélation comme si elle avait fait le trottoir, transformant la lecture en une activité inavouable."

J'avais repéré ce livre dans une liste de coups de cœurs de lecteurs il y a quelques semaines et comme il avait l'air tentant, j'ai retenu ses références pour le lire ensuite.

Dans ce roman, nous avons deux personnages principaux : Jade, vingt-six ans, journaliste vivant à Paris, célibataire depuis peu, et Jeanne, la grand-mère de Jade, femme apparemment simple vivant dans les montagnes et veuve depuis trois ans. Suite à un malaise de Jeanne, ses trois filles de Jeanne ont décidé de la placer en maison de retraite. Le fils de Jeanne est contre et alerte sa fille, Jade, qui décide alors d'enlever sa grand-mère pour l'emmener avec elle à Paris. S'ensuit alors leur quotidien, les discussions sur la lecture, le roman de Jade, les rencontres amoureuses, la découverte de la vie de l'autre, autre qu'on croit connaître mais pas si bien en réalité tant on enferme les gens dans des rôles (ex : la grand-mère) sans chercher à découvrir qui ils son vraiment.

J'ai été plutôt déçue par ce roman, j'ai trouvé qu'il y avait un bon potentiel, la fin est plutôt réussie d'ailleurs, mais entre le début et la fin, je me suis ennuyée. J'ai trouvé que c'était un peu fade et convenu, avec un peu trop de bons sentiments, de clichés et d'heureux hasards. Pourtant le début m'avait plu, mais rapidement ça devient conventionnel, prévisible. Je comprends quand même ce qui a fait de ce livre un coup de cœur des lecteurs de la bibliothèque, mais malgré cela, il ne correspond pas à mes goûts.

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Shaffer & Annie Barrows (2008)

"Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais."

J'ai énormément entendu parler de ce livre ces dernières années parce qu'il a apparemment été un succès en librairie. Le titre me semble certes intriguant, mais en général je me méfie des best-sellers car je suis souvent déçue par ses livres qui ont tant plu. C'est donc avec méfiance et curiosité que j'ai lu ce livre : j'avais envie de savoir ce qui avait fait son succès, mais je craignais d'être -une fois de plus- déçue par le livre et affligée par les goûts de gens.

Tout d'abord, il faut savoir que Le cercle littéraire des amateurs... est un roman épistolaire. Le récit se déroule en 1946 en Grande Bretagne, et c'est à Guernesey que tout se passe. La "narratrice", si l'on peut dire puisque de nombreux personnages s'envoient des lettres, est Juliet, une auteur qui a connaît le succès grâce à des chroniques qu'elle a écrit sous un pseudonyme. Un jour, elle reçoit un courrier d'un certain Dawsey qui vient de récupérer un livre lui appartenant, ils s'échangent quelques lettres dans lesquelles Dawsey parle du club de lecture qui s'est créé à Guernesey. Peut après, Juliet reçoit une commande d'un journal pour écrire une chronique à propos de la lecture et elle envisage de parler de ce club de lecture, s'ensuit alors une correspondance avec diverses personnes de l'île liés à ce club.

J'ai été agréablement surprise par cette lecture, tant sur le fond que sur la forme. L'histoire n'est pas très compliquée, mais elle n'est pas insipide pour autant parce qu'elle contient un aspect historique, un ton humoristique par moment et que les personnages sont nombreux et aux caractères variés. De plus, le fait que le récit se fasse par l'intermédiaire de lettres change un peu de la forme classique du roman ce qui est appréciable. La seule chose qui m'a gênée, c'est le nombre de personnage : il y en avait un peu trop pour moi (je suis vite dépassée !) donc au bout d'un moment je ne savais plus qui était qui parmi les personnages secondaires, mais cela ne m'a pas vraiment dérangée. Bref, j'ai beaucoup appréciée ce livre que j'ai lu rapidement et qui alterne très bien humour des sujets graves.

The real cookbook

Dévorer un livre... au sens propre ? C'est désormais possible !

En effet, un livre de cuisine fait de plaque de lasagnes a été créé, et ce livre contient en plus la recette pour préparer les lasagnes, ce qui fait que le livre lui-même fini intégré au plat et donc littéralement dévoré !




(Source)

Le sac : un petit monde d'amour, Jean-Claude Kaufmann (2011)

"Le sac n’est pas un objet ordinaire. En plongeant dans ses profondeurs, ce livre nous révèle un univers immense et fascinant où le cœur de l’intime et les vérités secrètes croisent les images de soi qu’on rêve d’afficher. On y met un peu tout et n’importe quoi à la va-vite, et ces gestes sont aussi naturels et spontanés que sont agaçants les efforts en sens inverse pour trouver les clés ou le téléphone qui s’y cachent.
Accessoire de mode, le sac n’a pourtant rien d’accessoire. Jean-Claude Kaufmann nous explique pourquoi il est l’un des lieux privilégiés où se fabrique l’identité. Ce n’est pas un hasard si certaines parviennent à raconter leur vie au travers de leur sac et de son contenu. Quant aux petites choses qu’il recèle, même les plus dérisoires ont beaucoup à dire. Il n’est pas rare, par exemple, qu’on y trouve des cailloux ! Et on aurait bien tort de se moquer. Car là se nichent mille pépites de sentiments et d’émotions. Jean-Claude Kaufmann n’en doute pas un instant : entre tendresse et passions, le sac est un vrai petit monde d’amour qu’il nous propose de partager.
"

Voici un livre sur lequel je suis tombé en cherchant des livres sur l'identité puisqu'il s'agit d'un auteur dont j'ai lu deux ouvrages dans le cadre d'une démarche personnelle que j'avais évoquée ici. Ici, il s'agit aussi, d'une certaine manière, d'identité mais vue à travers les sacs à mains, aussi bien leur contenu que leur forme. Ayant moi-même un sac à main au quotidien et ayant été passionnée de sacs lorsque j'étais adolescente, mon intérêt s'est donc trouvé éveillé en présence de ce livre.

Dans cet ouvrage, Jean-Claude Kaufmann travaille sur les sacs à mains : leur forme, la manière de les porter, les différents contextes, le choix d'un sac, le contenu, les gestes qui vont avec, de la relation que les femmes -et les hommes également- entretiennent avec leur sac, etc. C'est donc un objet du quotidien invisible tant il est banal et évident et pourtant mis en avant dans les publicités et la mode ; un objet qui peut être purement utilitaire, un ersatz de maison, un doudou ou une armure face au quotidien. Bref, sous ses apparences banales, il y a beaucoup à dire sur le sac et notre manière d'agir à son égard.

J'ai appréciée la lecture de ce livre mais j'ai surtout eu une impression de pas assez. Il y a énormément de descriptions et de témoignages, mais j'ai trouvé qu'il n'y avait pas assez d'analyse, je n'ai pas eu l'impression d'apprendre quoique ce soit, toutes les conclusions étaient pour moi évidentes d'avance, rien de surprenant. Jean-Claude Kaufmann nous explique au début de l'ouvrage qu'il a choisi de travailler sur les sacs à main parce qu'ils sont mystérieux, or à mes yeux ça n'est pas vraiment le cas : personnels oui, mais mystérieux non. Peut-être que mon opinion est dû au fait qu'étant une femme, un sac à main est un objet banal de mon quotidien, alors que pour un homme, c'est un objet ayant une certaine aura, cela faisant de découvertes masculines des évidences féminines.

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