Feuilletés poireau, chèvre & bacon

Voici une recette que j'ai bricolée moi-même pour en faire quelque chose qui nous plaît à moi et mon copain.

Il se trouve donc qu'une fois, ma belle-mère nous avait donné des émincés de poireaux, or, mon copain n'est pas fan de ce légume. Du coup, j'ai dû me creuser les méninges pour savoir comment le cuisiner d'une manière qui puisse nous plaire à tous les deux. La première fois, j'avais fait des feuilletés poireau & chèvre, mais après avoir goûté, nous avons trouvé qu'il manquait quelque chose, mon copain a suggéré qu'avec du bacon, ça pourrait être meilleur. La fois suivante j'ai donc ajouté cet ingrédient au reste, la recette a alors été testée et approuvée.

Par contre, comme c'est une recette improvisée, et que, comme déjà dit, je n'ai pas de balance de cuisine, les dosages sont approximatifs, mais en gros, pour deux personnes, il vous faut les ingrédients suivants :
- 1 pâte feuilletée,
- de la moutarde,
- 1 jaune oeuf,
- 1 barquette d'allumettes de bacon (100g),
- environ 60g de fromage de chèvre,
- 3 grosses poignées d'émincées de poireau.


Préparation

1/ Préchauffez le four sur 180°C.
2/ Faites revenir les émincés de poireaux dans une poêle avec un peu de beurre, salez et poivrez selon vos goûts.
3/ Étalez la pâte feuilletée et coupez-là en deux.


4/ Étalez de la moutarde sur la moitié de chaque moitié de pâte, en n'allant pas jusqu'aux bord, gardez une marge pour la fermeture des feuilletés.

 
5/ Mettez des tranches de chèvre sur la moutarde (l'épaisseur et le nombre de tranches variant selon vos goûts).


6/ Recouvrez la moutarde et le chèvre avec les poireaux.

 
7/ Rajoutez les allumettes de bacon par-dessus.


8/ Puis à nouveau du fromage de chèvre en quantité désirées.


9/ Repliez les feuilletés en courbant les bord, appuyez dessus avec une fourchette pour mieux les coller.


10/ Recouvrir le dessus des feuilletés avec le jaune d'oeuf (c'est pour que ça dore bien).


11/ Enfournez pendant environ 40 minutes à 180°C. Vous pouvez éventuellement retourner les feuilletés à la moitié de la cuisson (mais seulement s'il ne sont pas collés, sinon vous les déchireriez !), ce n'est pas nécessaire, mais ça permet d'avoir les deux côtés dorés, au lieu d'un côté doré et un côté cuit.


12/ Le feuilleté est prêt à être dégusté une fois que la pâte est bien cuite et croustillante partout !


Exister, le plus intime et fragile des sentiments, Robert Neuburger (2012)

"« Je sens mon cœur battre, mes poumons respirer, mon corps vivre, et pourtant je ne sens pas que j’existe », dit une jeune femme victime d’un abus sexuel. « J’ai l’impression d’être transparente », dit une autre. « Je ne me sentais plus exister », explique un homme pour justifier d’avoir brutalement décidé de quitter femme et enfants. Un grand nombre de personnes expriment leur souffrance en disant que leur sentiment d’exister a été anéanti ou, du moins, fortement attaqué. C’est que la vie nous est donnée, le corps a ses exigences, mais le sentiment d’exister – être en accord avec soi-même et avec la vie qu’on mène – est une construction. En un sens, nous avons la liberté de le faire advenir. Nous n’avons guère conscience de ce sentiment tant que tout va bien. Or si parfois il nous emmène près du bonheur, parfois il évolue vers la désespérance, aussi appelée dépression. Comment construisons-nous notre sentiment d’exister ? Quelles sont nos réactions lorsqu’il est ébranlé ? Comment le reconstruire – revivre au monde ? Voici un livre qui redonne toute sa place au sujet et à sa dignité, peut-être le premier depuis longtemps à faire plus de bien qu’un antidépresseur !"

J'ai découvert par hasard ce livre qui a attiré mon attention à cause de l'illustration de la couverture : un tableau de Gustav Klimt, un de mes peintres favoris, peut-être même mon préféré. Du coup, cela m'a amenée à lire le titre et la quatrième de couverture et, comme cela avait l'air d'être une lecture intéressante, à l'emprunter.

Le sujet de ce livre est la dépression, mais pas la dépression vue comme une maladie, non, il s'agit de voir la dépression comme un mal-être qui est un symptôme. Ce qui signifie qu'il s'agit d'une réaction à quelque chose, une situation à problème. La dépression ne marque pas une personne comme anormale, elle est la réaction normale face à une situation anormale, mal vécue ou mal gérée par la personne. L'auteur nous explique également comme nous nous épanouissons, à savoir essentiellement par l'appartenance et la reconnaissance, donc en lien avec autrui, et il nous explique alors la nature des différentes relations qui existent et les différents groupes dans lesquels nous nous intégrons.

J'ai trouvé ce court livre (156 pages) intéressant et surtout très accessible. J'ai notamment été d'accord avec le point de vue de l'auteur consistant à voir la dépression comme un symptôme plutôt que comme une maladie, bien qu'il y ait malgré tout un aspect chimique derrière cela, mais il met en avant le fait que ce n'est pas qu'une maladie qui se traite à coup d'antidépresseurs et que le problème est peut-être moins le malade que son environnement, un changement dans sa vie. Bref, une lecture instructive et limpide.

Réminiscences parisiennes, Vanna Vinci (Chats noirs, chiens blancs, tome 1) (2009)

"Gilla, une jeune femme italienne, est lasse de sa vie quotidienne : elle tourne en rond dans sa ville natale et ne supporte plus son petit ami avec qui elle reste par habitude. Elle décide donc, du jour au lendemain, de partir pour Paris, où elle dit vouloir suivre un cours de photographie.
En réalité, Gilla veut juste fuir cette vie qui l’ennuie. A Paris, elle rencontre de nouveaux amis, à la faveur des soirées organisées par Cicci, une amie de sa mère dont elle est très proche et qui l'héberge. Elle v vivre une amitié avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle, qui va lui faire découvrir la ville de Paris sous un jour nouveau."

C'est l'illustration sur la couverture qui m'a menée à ce livre, puis le titre m'a intriguée, du coup, je l'ai empruntée.

Le personnage principal de cette histoire est Gilla, une jeune femme qui ne est un peu perdue dans sa vie mais qui ne sait pas quoi faire, vers où aller. Elle décide alors, suite à la suggestion d'une amie, de partir et d'aller à Paris suivre des cours de photographie. Elle y est hébergée par une amie de sa mère avec qui Gilla s'entend bien également. Au cours de ses pérégrinations dans la ville, Gilla croise Samuel Beckett qui se promène. Plus tard la vapeur sortant de la théière fait apparaître un chat, puis à l'instant d'après, alors que Gilla pense être victime d'hallucinations, c'est un de ses amis mort des années auparavant alors qu'ils étaient adolescent qui surgit. Et quelques jours plus tard, Gilla croise une femme nue dans la rue, juste après avoir vu un chien blanc.

L'histoire n'appartient pas au genre du fantastique comme pourrait le laisser penser les fantômes, il s'agit plutôt ici d'un récit initiatique et onirique dans lequel une jeune femme se cherche. Les fantômes sont le passé, passé qui est aussi très présent par le biais de Cicci et de son ami, Giorgo, dont l'esprit reste ancré dans les années 60 et 70. J'ai beaucoup aimé ce livre aussi bien par les dessins que je trouve très beaux que sur le récit en lui-même (bien que je reste un peu sur ma faim), mais aussi sur tout le travail de l'auteur. Ce travail est d'ailleurs raconté dans un dossier de quelques pages à la fin de l'ouvrage, et c'est très intéressant de lire et de voir ce qui a inspiré l'auteur, quelles sont ses sources, vers quoi elle voulait aller. Bref, je suis impatiente de lire le deuxième tome, Chemin faisant.

Le père Porcher, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 20) (1996)

"La nuit du père Porcher…
Neige, rouges-gorges, chorales et sapins décorés…
Mais le gros bonhomme de rouge vêtu, celui qu’on attend en cette nuit de fête… a disparu.
En lieu et place, faisant fonction, un autre bonhomme de rouge vêtu, dans son traîneau tiré par des cochons sauvages, avec sa hotte, sa fausse barbe et son oreiller pour simuler un ventre qu’il n’a pas. Un bonhomme plus habitué à manier la faux qu’à descendre dans les cheminées distribuer des jouets par milliers.
Mais quand le devoir appelle…
Car certains préméditent l’assassinat du père Porcher. Et s’ils arrivent à leurs fins…
… le soleil ne se lèvera pas
."

Voici la suite des Annales du Disque-Monde, avec Le père Porcher dans lequel nous retrouvons la Mort et sa petite fille Suzanne.

Ce livre se passe à la veille du jour du Porcher, alors que les mages font apparaître des lutins aux diverses attributions pas forcément très intéressantes et que le père Porcher doit passer avec son traîneau mené par quatre porcs. Sauf que cette année, le père Porcher semble quelque peu étrange et son embonpoint contrefait, il faut dire qu'il s'agit d'un déguisement puisque le vrai père Porcher, sans être mort, est indisponible. Du coup, c'est un autre être extraordinaire qui le remplace : la Mort. Et Suzanne se retrouve mêlée à tout ça en voulant savoir ce qu'il se passe, alors qu'on lui avait pourtant bien dit de ne pas s'en mêler, surtout pas (tout en sachant que c'est le genre d'avertissement qui a auprès de Suzanne l'effet inverse que ce qu'il préconise...).

Ce vingtième tome des Annales du Disque-Monde m'a bien plus, mais pas autant que les précédents : on trouve certes un style plus mature et toujours autant d'humour, mais c'est l'intrigue qui ne m'a pas emballée. J'ai trouvé qu'il manquait de tension, alors que l'histoire se déroule pourtant en peu de temps. De plus, il y avait trop de pistes, d'intrigues qui ne m'ont pas semblé très claires ni assez exploitées. Du coup, j'ai été un petit peu déçue par rapport aux volumes précédents, mais pour autant, je n'ai pas détesté et cela ne m'a pas découragé dans la poursuite de la lecture de cette série.

La cloche de détresse, Sylvia Plath (1972)

"Esther Greenwood, dix-neuf ans, est à New York avec d'autres lauréates d'un concours de poésie organisé par un magazine de mode. De réceptions en soirées passées pour tuer le temps, ce sont quelques jours d'une existence agitée et futile que vit la narratrice. En même temps, elle se souvient de son enfance, de son adolescence d'étudiante américaine, des amours qu'elle a connues. Tout bascule lorsque Esther quitte New York. Tentatives de suicide, traitements de choc, guérison, rechutes, et, pour finir, l'espoir. Esther est à la fois «patiente» dans l'univers hospitalier et observatrice au regard aigu de ce monde, qui a pour toile de fond l'Amérique des années 50."

Je ne sais plus ce qui m'avait mené à ce livre, mais le fait est que ma motivation devait être importante puisque j'avais pensé à réserver ce livre (puisque quelqu'un l'avait déjà emprunté à la bibliothèque), alors que d'habitude, j'attends patiemment une autre occasion (et souvent, j'oublie...).

Ce texte est présenté comme un roman, mais il s'agit surtout d'une autobiographie à travers le personnage d'Esther Greenwood. Au début du récit, celle-ci se retrouve à New York après avoir gagné un concours de poésie. Sa vie là-bas est un peu agitée même si son état d'esprit semble fragile : les sortie en groupe avec les autres gagnantes s'enchaîne, elle a un planning rempli de repas, de visite, de rencontres, etc. Mais son mal être déborde lorsqu'elle rentre chez sa mère près de Boston : tout lui semble vain, vide et ennuyeux, surtout après les moments trépidants passés à New-York, elle n'a plus goût à rien, pense souvent au suicide et doute de son avenir. Son médecin de famille à qui elle parle de sa léthargie l'envoie vers un autre médecin qui lui fait faire un séjour dans une clinique spécialisée dans laquelle elle subit des électrochocs.

J'ai adoré ce roman qui est très bien écrit, pas un mot de trop, ni un mot manquant pour raconter la dépression du personnage principale -et donc de l'auteur- alors qu'elle ne sait pas quoi faire de sa vie et qu'elle se sent écrasée par la vacuité de la vie et l'incompatibilité d'avoir une vie de famille classique (mariage, enfants, tâches ménagères) comme on attend d'elle et avoir une carrière (écrire de la poésie) comme elle le voudrait. Elle est enfermée dans une cloche de verre depuis laquelle tout lui semble lointain, atténué et inintéressant, comme si elle était une simple spectatrice incapable d'agir et de s'investir dans un monde qui lui semble fade et cela se ressent clairement à la lecture du texte. Bref, ce n'est pas une lecture joyeuse puisqu'il est question de suicide, de dépression, d'hôpitaux psychiatriques, etc, mais c'est un texte très bien écrit et très intéressant.

La vie secrète et remarquable de Tink Puddah, Nick DiChario (2006)

"À la mort de ses parents, alors qu'ils venaient d'arriver sur Terre, Tink Puddah est livré à lui-même. Malgré sa peau bleue et sa difformité, il est recueilli par un couple qui vit aux États-Unis, au cour de la forêt. Mais sa survie n'est pas assurée dans ce pays où le simple fait d'être noir vous met en danger de mort. Et lorsqu'il est abattu d'une balle dans la tête, personne ne se soucie vraiment de savoir qui a bien pu le tuer. Pourtant, ceux qui l'ont connu se souviennent d'un être doté d'une intelligence rare et d'une gentillesse à toute épreuve. Ainsi se révèle La vie secrète et remarquable de Tink Puddah. Ce premier roman de Nick DiChario donne une nouvelle dimension au récit de contact extraterrestre. Un livre original et poignant."

Voici un livre dont j'ai découvert l'existence par la lecture d'avis sur des blogs, sur de très nombreux blogs même. Au début, je n'avais même pas lus les articles le concernant, et puis à force de le voir revenir régulièrement sur les blogs, cela a fini par m'intriguer, du coup j'ai lus les articles en question, puis, j'ai voulu le lire, et cela a été possible grâce à ma meilleure amie à paillettes qui me l'a offert à l'occasion de mon anniversaire.

Le récit est découpé en plusieurs parties, et chaque partie contient des chapitres se déroulant à différentes époques et s'entrecroisant. Mais cela reste très clair et nous suivons donc Tink Puddah, un être malingre à la peau bleue, originaire de l'Eauspace, née à terme (12 ans) alors ses parents venant d'être attaqués par des chiens se voient donné le coup de grâce par le propriétaire de ces animaux. Tink va être recueilli par ce chasseur et vivre avec eux, jusqu'à ce que ce-dernier meurt et que Tink soit obligé de fuir. Il va alors rencontré des gens, être exploité, découvrir le base-ball, être accusé de meurtre, vivre dans la nature, être traité de nègre nom pas parce qu'il est noir (il est bleu), mais parce qu'il n'est pas blanc, soigner des blessures mortelles, cultiver ses légumes dans son coin, aider ses voisins, et être tué.

Ce livre parle de la miséricorde, de la foi, de la repentance, de la culpabilité, de la peur de l'étranger, de la générosité, sans pour autant être axé sur la religion, même s'il en est beaucoup question. En fait, les valeurs qui sont présentées ici sont traitées au sens général moins que pour un cas particulier, une religion ou autre. Le personnage de Tink Puddah est un étranger dans une société qui en a peur et qui est sur le point de se lancer dans la Guerre de Sécession. Il  n'a pas de mauvaises intentions, mais étant différent, il est forcément coupable aux yeux de beaucoup et sa version des faits et même les faits eux-mêmes ne font pas le poids face à sa différence. Bref, un livre intéressant sur la tolérance, la différence et la foi.

Muffin avoine & framboises fait au micro-ondes

Voici une recette que j'ai testée hier, alors que j'avais envie de muffins, mais que j'avais la flemme de cuisiner et d'attendre le temps de cuisson. En plus, je n'avais pas de lait (ingrédient que l'on retrouve dans la plupart des recettes de muffins), ni de balance de cuisine (seulement un verre gradué) et je ne voulais pas faire 36 portions, juste une pour le goûter.

J'ai donc fait quelques recherches et j'ai découvert qu'il existait une solution pour les gourmandes paresseuses mal équipées et approvisionnée pour la cuisine, à savoir, des recettes conçues pour être réalisées en quelques minutes, avec peu d'ingrédients, et à cuire au micro-onde ! J'ai donc adapté une recette muffin à l'avoine et aux framboises puisque j'avais tous les ingrédients sous la main.


Voici donc les ingrédients que j'ai utilisés (pour 1 mug) :
- 5 cs de flocons d'avoine,
- 2 cc de sucre roux,
- 1 oeuf,
- une poignée de framboises.


Préparation :
1/ Mélangez tous les ingrédients dans un mug,
2/ Mettez le mug au micro-ondes à puissance maximale pendant 1 min 30, et rajoutez 30 secondes si nécessaire. Surveillez pendant que ça cuit et si le contenu du mug approche du bord, suspendez la cuisson puis reprenez-là dès que le niveau est un peu descendu.


Au final, j'ai trouvé ça bon, et surtout simple et rapide ! Je referais cette recette, mais je la testerais en ajoutant des pépites de chocolat blanc ou de l'extrait de vanille pour que ce soit plus savoureux. Certes, ce n'est pas de la grande cuisine, ce n'est pas à la hauteur d'un vrai gâteau cuit au four et tout, mais c'est quand même mieux que ce à quoi je m'attendais et étant un peu paresseuse, je ne vais de toute façon pas faire ma difficile. Et puis vraiment, c'est tout à fait mangeable, il s'agit là d'une recette que je risque d'utiliser souvent, surtout qu'on peut varier en mettant d'autres fruits, des pépites de chocolat, etc.

Savoir vivre : manuel à l'usage des désespérés, Robert Misrahi & Hélène Fresnel (2010)

" « L' amour, c'est tout attendre, ne rien exiger. Et si rien ne vient, alors il faut se détourner ou... mourir », affirmait, il y a quelques mois, Robert Misrahi. Le philosophe venait de perdre son épouse Colette, après plus de soixante ans de vie commune. Pourquoi un défenseur de la Joie et de la puissance créatrice humaine a-t-il pensé au suicide ? Comment redonner un sens à sa vie quand l'être aimé disparaît ? Un individu désespéré peut-il (re)trouver la plénitude et sortir grandi de situations de crise ? Et s'il était possible de proposer à ceux qui traversent des moments d'abattement profond, un parcours intellectuel ouvrant la porte à la liberté et à la jouissance dans l'existence ? C'est à toutes ces questions que ce livre d'entretiens se propose d'apporter des réponses le plus directement possible, en éclairant la doctrine de Robert Misrahi, à partir de son itinéraire personnel, en expliquant de quelle manière, sa vie a influé, modifié sa pensée. Et réciproquement..."

Voici un petit livre que j'ai découvert par hasard alors qu'il était sur le chariot des livres venant d'être rendus et que je jetais un oeil dessus. Intriguée par le titre du livre et après avoir lu la quatrième de couverture, j'ai décidé de l'emprunter pour le lire.

Ce livre est un entretien en sept petits chapitres entre Robert Misrahi, professeur de philosophie, et de Hélène Fresnel, journaliste à Psychologie magazine. Le thème de cette rencontre est de surmonter une perte et, plus globalement, de savoir surmonter une crise, d'avancer dans la vie, de se libérer des contraintes. Pour illustrer ses propos, Robert Misrahi donne des exemples tirés de sa propre vie et fait des parallèle avec les théories et pensées des philosophes qui l'ont influencé (Jean-Paul Sartre, Baruch Spinoza). Il explique aussi comment avancer par étapes, comment notre manière de penser est formatée par le Christianisme qui nous donne une vision pessimiste et fataliste de la vie, comment s'épanouir et être soi, etc.

J'ai apprécié ce livre non seulement pour les thèmes qu'il aborde, mais aussi pour son accessibilité : il n'est pas nécessaire d'être calé en philosophie pour comprendre les propos dont il est question. Par contre, là où j'ai été déçue, c'est que j'ai trouvé que ce texte manquait de profondeur, qu'il donnait des conseils, des processus en plusieurs étapes, mais cela m'a paru relativement superficiel. Il faut dire qu'il n'y a pas de solution miracle : pour changer, s'épanouir, trouver la joie et le bonheur, il faut que cela vienne de soi-même, ce n'est pas un livre qui va tout changer, il peut seulement nous orienter, nous guider. Mais même sachant cela, j'en attendais quand même quelque chose de plus.

Un ange noir, François Beaune (2011)

"«J'ai un secret inexplicable, difficile à décrire. Pour résumer, on ne me trouve pas sympathique
Journal de cavale, carnet de métamorphose ou confessions d'un antihéros,
Un ange noir se joue des genres littéraires, du polar sans flic au roman métaphysique. Brouillant progressivement les pistes, François Beaune nous entraîne dans la logique implacable d'un homme a priori sans histoires, qui vient tout juste d'entrouvrir les portes de sa nature profonde."

De François Beaune, j'avais déjà lu Un homme louche (j'en parle ici) qui m'avait beaucoup plu. Du coup, j'avais fait une petite recherche afin de savoir si cet auteur avait publié d'autre livre, ce qui est le cas avec Un ange noir.

Ce texte se présente sous forme de journal, celui d'Alexandre Petit, vieux garçon, la trentaine, vivant chez sa mère et travaillant dans un institut de sondage. Son journal est celui d'une fuite puisqu'il est recherché par la police suite au décès d'Elsa, une jeune de ses collègues, après qu'il l'ait ramenée chez elle suite au dîner d'anniversaire de leur chef. Elsa a en effet été retrouvée sans vie dans sa baignoire où flottaient une multitudes de canards en plastiques. Alexandre se dit innocent mais il préfère tout de même se cacher, cela avant même que la nouvelle du décès d'Elsa soit rendue publique, car sa personne a toujours suscité l'antipathie, ce qui rend son innocence difficile à prouver puisque les gens ont tendance à le condamner.

J'ai également beaucoup aimé ce roman. Il est qualifié de "policier", mais il pourrait aussi ne pas l'être : même s'il y a un meurtre et la recherche du coupable, ce n'est pas le sujet central, celui-ci étant la personnalité du narrateur. Il est certes innocent, mais il va devenir coupable, cela illustrant le principe du nocebo dont il parle à propos de sa mère : sa mère ne cesse de dire qu'il est hypocondriaque, pâle, malade, etc, et au final il devient malade. Mais dans le roman, cela est étendu à la société qui le considère comme suspect, donc il agit comme tel, jusqu'à devenir coupable.

Bref, ce deuxième texte de François Beaune m'a autant plu que le premier (on retrouve d'ailleurs des thème en commun dans ces deux ouvrages), j'espère avoir l'occasion d'en lire d'autres !

Pieds d'argile, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 19) (1996)

"Ankh-Morpork, « Cytée aux mille surpryses ». Ouais.
Ankh-Morpork, cité du meurtre et du mystère…
Qui assassine d’inoffensifs vieillards ? Qui empoisonne le Patricien ? Les brouillards d’automne se sont abattus sur la ville et le Guet enquête sur un meurtrier insaisissable.
Le Guet : un catalogue hétéroclite des multiples espèces du Disque-monde; louve-garou, nains, trolls… et le caporal Chicque (probablement humain) – mais doit-on dire C. W. Saint-Jean de Chicque, comte d’Ankh ? – qui fraye avec les aristos.
Le Guet : une force qui va.
Seuls les golems savent peut-être ce que le Guet ignore. Et les golems ne sont pas vivants. Ce sont des machines animées par les mots du chem dans leur crâne.
Golem doit avoir un maître.
Dans la nuit brumeuse et menaçante, le commissaire Samuel Vimaire bat le pavé…
"

Nous continuons ici avec le dix-neuvième tome des Annales du Disque-Monde, dans lequel nous retrouvons les agents du Guet.

Le Guet, mené par l'agent Vimaire, enquêtent sur deux meurtres qui se sont déroulés à Ankh-Morpork : celui d'un religieux et celui du propriétaire du musée du pain de nain. En parallèle des choses étranges se passent avec les golems, sortes de robots en terre cuite, ce qui intrigue également le Guet. Et comme si cela ne suffisait pas, quelqu'un a empoisonné Vétérini, le patricien de la cité, ce qui amène les chefs de guildes à s'interroger sur son successeur au cas où Vétérini succomberait et il se trouve qu'ils ont déjà une petite idée de la personne qu'ils veulent, sauf qu'il va falloir bricoler un peu la vérité afin de lui attribuer des ancêtres illustres et donc une légitimité.

Encore un bon cru des Annales du Disque-Monde avec le thème des robots et de l'humanité, du pouvoir, de la féminité dans un monde professionel masculin, etc. Toujours bien écrit et avec humour, ce dix-neuvième tome est très agréable à lire et se dévore d'une traite. Je suis donc une fois de plus convaincue par Terry Pratchett et je vais donc rapidement enchaîner sur le vingtième tome, à savoir Le père Porcher.

Petit chat !

Une petite nouveauté toute douce dans ma vie :


Et j'avoue que le soir j'ai plus envie de jouer avec elle et de lui faire des câlins plutôt que de lire !

La chambre des vies oubliées, Stella Duffy (2008)

"Après quarante années à laver et repasser toutes les chemises du voisinage, Robert Sutton a décidé de vendre son pressing de Loughborough Junction, quartier pauvre du sud de Londres. C'est un jeune Anglais d'origine pakistanaise, Akeel, qui répond le premier à sa petite annonce - il est sérieux, poli, intelligent et ambitieux, mais ce n'est pas vraiment le genre d'héritier que Robert avait en tête... Une année durant, les deux hommes que tout oppose vont se côtoyer, s'apprivoiser et, de méfiance en confidences, nouer une amitié singulière. Autour d'eux, Londres palpite ; deux clochards beckettiens, une jeune fille au pair amoureuse de son employeur, une vieille dame sénile, un poète jamaïcain, un père de famille factotum de la mafia locale... Robert et Akeel observent en devisant cette ronde étourdissante. Et Robert se demande s'il livrera à son jeune successeur la clé de la "chambre des vies oubliées", cette pièce où il conserve ses secrets, et ceux des autres..."

C'est en rangeant des livres que j'ai vu celui-ci : sa couverture représentant le plan du métro londonien est très reconnaissable et m'a attiré l'oeil. Du coup, j'ai lu la quatrième de couverture et comme ça avait pas mal, j'ai emprunté le livre en me disant que ça me fera toujours une lecture sous la main.

Dans ce roman, nous avons Robert, teinturier, qui s'apprête à partir à la retraite. Il passe donc une annonce pour trouver un successeur, et c'est Akeel, jeune homme d'origine pakistanaise qui se présente. Les deux hommes vont travailler ensemble pendant un an, le temps pour l'un de transmettre ses connaissances et de se faire à l'idée de son départ, et pour l'autre d'apprendre concrètement son métier ainsi que les habitués et les habitudes du pressing. En parallèle, des chapitres à propos d'autres personnages sont intercalés : habitants du quartier ou passant ayant un lien ou un autre avec le pressing. Et outre la vie du pressing et des gens le fréquentant, nous découvrons également Londres, ses parcs, ses moyens de transports, ses commerces, son ambiance estivale, etc.

J'ai bien aimé ce livre bien qu'il soit un peu convenu. Par contre, la fameuse chambre des vies oubliées dont il est question dans le titre n'est, à mes yeux, pas assez exploitée car le titre laisse penser qu'il s'agit de l'élément principal du récit alors que non. De même pour Londres : la ville a une vraie place dans le roman grâce aux regards et pensées des personnages, mais, d'après moi, cette place aurait gagné à être plus prépondérante. Malgré cela, ce livre se lit bien et reste une lecture agréable.

Homme invisible, pour qui chantes-tu ?, Ralph Ellison (1952)

"Homme invisible, pour qui chantes-tu ? est un roman de légende. L'homme invisible, c'est l'homme noir dans la société américaine. Leur négro. Voilà trois siècles que là-bas, il vit, travaille, mange, parle, et pour l'Amérique il arrive même au Noir de se faire tuer... En quelque sorte pour rien. Car aux yeux de l'Amérique, le Noir est invisible. Ecrivain lui-même noir, Ralph Ellison a donné ce titre paradoxal, dérisoire et pathétique aux six cent pages qui racontent l'histoire d'un jeune Noir du Sud aux prises avec une société qui lui refuse sa place. Homme invisible, pour qui chantes-tu ? est peut-être le plus insupportable des cris de solitude et de révolte qui se soient exprimés par la littérature."

Il y a quelques années, j'étais tombé sur une chanson de Serge Gainsbourg, I'm the boy, qui m'avait intriguée. En faisant des recherches rapides pour essayer de comprendre de quoi elle parlait, j'ai appris que cette chanson était inspirée par un livre : Homme invisible, pour qui chantes-tu ?, de Ralph Ellison. Comme ce livre avait l'air intéressant je l'avais ajouté à ma liste de livres à lire, et c'est donc récemment que je l'ai lu.

Le narrateur -sans nom- de ce roman est un jeune Noir américain du sud des Etats-Unis dans les années 50. Il est alors étudiant dans une université où il est un élève studieux et sérieux, raison pour laquelle il est choisi pour être le conducteur d'un des fondateurs de l'université lors d'une réunion de ceux-ci. Malheureusement pour lui tout ne se passe pas bien et il est expulsé de l'université. On lui dit d'aller à New York chercher du travail et d'économiser afin revenir s'inscrire à la rentrée suivante, et on lui donne même des lettres de recommandation pour l'aider dans sa recherche d'emploi. Mais ses démarches n'aboutissent pas -il faut dire que les lettres ne le recommandent pas vraiment- et il se retrouve alors dans une situation difficile, ce qui le pousse à accepter d'être recrutée dans la Confrérie, organisation qui lutte pour le droit des Noirs et qui avait proposé de l'embaucher après que le narrateur ai pris la parole lors d'une expulsion.

D'avance, le sujet du livre m'intéressait et le début du texte a confirmé cette impression, mais cela n'a pas duré et au final, j'ai été déçue par ce livre, surtout que je n'arrive pas à mettre le doigt sur le(s) point(s) qui ne m'ont pas plus. Peut-être parce que je n'ai pas réussi à m'attacher au narrateur ? Peut-être parce que le livre traite plus de politique que de sociologie ? Ou bien parce que j'ai parfois perdu le fil conducteur du récit ? En tout cas, ce texte m'a déçue, et je suis même déçue qu'il m'ait déçue parce que d'après les résumés que j'avais pu lire, j'étais persuadée qu'il me plairait : au final, j'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose, d'avoir manqué l'essentiel.

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