Dent pour dent, Frédérique Molay (2011)

"Trois mois après avoir échappé à un dangereux serial killer, le commissaire Nico Sirsky est appelé d’urgence sur une scène de crime.
À la faculté de Médecine, en pleine séance de dissection, des dentistes ont trouvé un étrange message : « On m’a tué », dissimulé sous un plombage grossier, dans la bouche d’un homme qui a fait don de son corps à la science.
anular, ou meurtre déguisé ? C’est à la brigade criminelle du Quai des Orfèvres d’en juger, et son chef redoute une terrible machination...
"

Après la lecture de La 7e femme (article ici) qui m'avait plu, j'ai voulu lire l'ouvrage qui fait suite, Dent pour dent.

Dans ce livre, nous retrouvons Nico Sirsky, toujours commissaire à la brigade criminelle du quai des Orfèvres et toujours amoureux de Caroline. L'enquête sur laquelle il va être amené à travailler est pour le moins étrange : alors que des étudiants en orthodontie travaillent sur des corps donnés à la science, l'un deux voit une dent qui a l'air anormal, surtout vu la qualité des soins sur le reste de la mâchoire. Un technicien responsable de la préparation des corps va alors examiner cette dent et il va y découvrir un petit bout de plastique sur lequel il est écrit "On m'a tué". Cela est pour le moins suspect donc l'école de médecine prévient la police pour qu'elle enquête. En faisant quelques recherches, l'équipe policière va s'apercevoir que cette victime n'est qu'un pion qui a été assassiné à cause d'un hasard, et cela va les mener à d'autres morts qui, eux, ne le sont pas forcément.

J'ai une fois de plus bien apprécié ce roman policier plutôt bien ficelé. Certes, ce n'est pas un polar états-unien, c'est français, mais c'est bien (pas comme la plupart des séries télé policières françaises !) : on retrouve les personnages du tome précédent, leurs histoires personnelles sont dans la continuité de ce qu'il s'était déjà passé, les personnages évoluent, l'intrigue est originale, etc. Il y a malgré tout des choses prévisibles, mais pas grand chose. Bref, un roman policier français qui se lit bien.

Celle que je voudrais être, Vanyda (Celle que je... tome 2) (2009)

"Valentine est maintenant au lycée et son groupe de copines est dispersé dans différentes classes. Elles se font toutes de nouveaux amis, chacune de son côté. C'est peut-être l'occasion de faire de nouvelles rencontres, voire de se rapprocher de Félix..."

Voici la suite de la bande-dessinée Celle que je ne suis pas, dont j'avais parlé ici.

Nous retrouvons donc Valentine qui fait son entrée en classe de seconde. Malheureusement, elle n'est pas dans la même classe que ses amies, même si elle retrouve des gens qu'elle connaît (Gaëlle, Juliette). Mais heureusement, il y a les récréations et les pauses déjeuner pour se retrouver, en tout cas au début, parce que Valentine et ses amies ont changé : l'une d'elle a redoublé et est resté au collège, Emilie devient une pétasse, par contre, Yamina et Valentine se rapprochent. Cette dernière se lie également un peu avec les exclus de la classe, Gaëlle et Baptiste, se dernier lui tournant un peu autour.

Ce récit étant dans la continuité du précédent, nous retrouvons donc les mêmes personnages, mais également des nouveaux puisque l'arrivée au lycée et la répartition des quatre amies dans différentes classes leur fait rencontrer des gens. Une fois de plus, j'ai trouvé cette série très pertinente et exacte dans ce qu'elle dépeint de l'adolescence, des années lycée, on se retrouve forcément à un moment ou un autre dans ces cases. En plus, les personnages ont grandi, mûri, leur personnalité s'est développée et leurs goûts affinés, ce les rend encore plus crédibles. J'ai donc beaucoup apprécié de me replonger dans la vie de Valentine et suis impatiente de continuer (et finir) la trilogie Celle que je....

Le roi transparent, Rosa Montero (2008)

"Lorsque pour échapper au viol et à la mort la jeune Léola revêt l'armure d'un chevalier tué, elle ne sait pas qu'elle va dorénavant devoir vivre comme un homme et apprendre à se battre. Nynève la rousse, la guérisseuse, la sorcière, devient son guide et l'aide à grandir et à faire sa route de femme indépendante dans ce Moyen Age réel et fantasmé qui permet au talent de conteuse de Rosa Montero de nous montrer, en l'espace d'une vie, un siècle qui marque l'ouverture du Moyen Age vers la Renaissance. Léola va apprendre à penser et à écrire, fréquenter la cour d'Aliénor d'Aquitaine, voir la corruption de l'Eglise et le fanatisme de l'Inquisition, admirer la lutte des Cathares, découvrir les pouvoirs de l'imagination et rêver du roi Arthur tout en évitant soigneusement la malédiction du Roi Transparent. Le grand talent de Rosa Montero est de savoir tenir le lecteur prisonnier de son histoire tout en l'amenant à s'interroger sur un siècle turbulent et déroutant peut-être à l'image du nôtre. Emouvant et épique, original et puissant, ce roman a la force irrésistible des histoires que le lecteur a du mal à abandonner."

J'ai trouvé ce livre par hasard à un moment où je n'avais pas grand chose à faire, ce qui m'a amenée à jeter un coup d'oeil aux livres que j'avais à proximité et à lire les quatrièmes de couverture au cas où je trouverais un livre à m'intéresser. Et comme Le roi transparent avait l'air pas mal, je l'ai emprunté.

Le récit se déroule au XIIe siècle et nous est raconté par une femme, Léola. Lorsque le livre débute, c'est déjà la fin pour elle, et elle va nous raconter sa vie. A savoir qu'alors qu'elle était adolescente et alors promise à Jacques, des soldats sont venus pour enrôler son père et son promis, et elle s'est alors retrouvée seule. Pour se protéger, elle a dû se déguiser en homme -acte puni- grâce à une armure récupérée sur un cadavre sur un champ de bataille proche. Peu après, elle va rencontrer Nynève, une femme dont on ne sait si elle est sorcière, fée ou guérisseuse. Les deux vont alors parcourir ensemble la région, le but pour Léola étant de retrouver Jacques, mais au final, elles n'auront pas d'autre but que de s'en sortir, de vivre aussi bien que possible dans un contexte de guerres de religions et de pouvoir.

Ce livre est une très agréable surprise ! C'est une sorte de roman historique dans lequel sont abordés la condition des femmes, le servage, le Catharisme, la vie dans les villages, les croyances populaires, etc. Raconté comme cela, le Moyen Age m'est apparu comme beaucoup plus intéressant que les cours pendant ma Licence d'Histoire ! Et plus concret aussi puisque nous suivons des personnages dans leur vie quotidienne. Je pense que je vais lire d'autres livres de Rosa Montero pour faire une meilleure idée de ce qu'elle écrit, mais pour le moment, ce livre m'a plu et j'espère qu'il en sera de même des autres !

Notre poison quotidien, Marie-Monique Robin (2011)

"Selon l'Organisation mondiale de la santé, l'incidence du taux de cancer a doublé au cours des trente dernières années (déduction faite du facteur de vieillissement de la population). Durant cette période, la progression des leucémies et des tumeurs cérébrales chez l'enfant a été d'environ 2 % par an. Et l'OMS constate une évolution similaire pour les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) et auto-immunes, ou pour les dysfonctionnements de la reproduction. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits « développés » ?
C'est à cette question que répond Marie-Monique Robin dans ce nouveau livre choc, fruit d'une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. S'appuyant sur de nombreuses études scientifiques, mais aussi sur les témoignages de représentants des agences de réglementation - comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) -, elle montre que la cause principale de l'épidémie est d'origine environnementale : elle est due aux quelque 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement, et principalement notre alimentation, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Pour cela, l'auteure retrace le mode de production des aliments, depuis le champ du paysan (pesticides) jusqu'à notre assiette (additifs et plastiques alimentaires). Elle décortique le système d'évaluation et d'homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l'aspartame et du Bisphenol A, et montre qu'il est totalement défaillant et inadapté. Surtout, elle raconte les pressions et les manipulations de l'industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques. Et elle explore les pistes permettant de se protéger en soutenant ses mécanismes immunitaires par... la nourriture, ainsi que le démontrent de nombreuses études scientifiques (décriées par l'industrie pharmaceutique)
."

Après la lecture du Monde selon Monsanto (article ici) qui m'avait énormément intéressée, j'ai voulu voir ce que Marie-Monique Robin avait écrit par ailleurs. J'ai donc jeté un coup d'oeil a sa bibliographie dans laquelle j'ai trouvé Notre poison quotidien, autre ouvrage qui avait l'air passionnant et que je me suis empressé de réservé à la bibliothèque (puisqu'il était déjà emprunté...).

Notre poison quotidien est en quelque sorte la suite du Monde selon Monsanto puisqu'il s'agit des pollutions chimiques qui se retrouvent dans notre alimentation et plus largement dans notre environnement, mais là, il ne s'agit plus seulement des insecticides, pesticides & co mais aussi des additifs alimentaires, des molécules contenues dans le plastique qui sert entre autres à l'emballage alimentaire, etc. La question du contrôle institutionnel et scientifique est également posé et on se rend compte des conflits d’intérêts qui se posent souvent, mais qui n'ont pas l'air de beaucoup gêner les décideurs. Des énormités sont pointées du doigts dans les expériences, tests et enquêtes qui sont menés soi-disant de manière neutre mais qui sont fortement influencées par la manière dont est financée la recherche en question, voir carrément biaisée. Bref, un ouvrage extrêmement intéressant sur toutes les molécules que l'on trouve partout autour de nous, qui ne se voient pas, mais qui n'en font pas moins d'énormes dégâts.

Ce livre est une lecture indispensable, au même titre que Le Monde selon Monsanto que je vous conseille à nouveau de lire. Bien que les informations qui nous soient données soient scientifiques, Marie-Monique Robin est très claire dans ses explications et ses raisonnement sont simples à suivre. Les propos sont en tout cas inquiétants sur tous les contrôles qui devraient être faits avant qu'un produit soit commercialisé : naïvement on croit que des produits toxiques ne pourraient pas se retrouver à la vente, or cela n'est pas forcément le cas puisque la santé des consommateurs passent bien souvent après les intérêts financiers. Ceux-ci priment aussi sur la pollution environnementales, la biodiversité et l'honnêteté. Notre poison quotidien fait partie des livres que tout le monde devrait lire puisque c'est la vie de tous les jours de tout le monde dont il est question : une lecture indispensable, vous l'aurez compris. Et le contenu de ce livre fait réellement écho à l'actualité puisque ce matin même était annoncé qu'une étude américaine avait prouvé le lien entre obésité chez les jeunes et exposition au bisphénol A (source).

Celle que je ne suis pas, Vanyda (Celle que je... tome 1) (2008)

"Valentine a 14 ans et aime Felix en secret. Personne ne s'en doute. Normal, même dans son groupe de copines, Valentine a du mal à être elle-même."

Voici un livre -et une série même, puisqu'il y a trois tomes- que je range souvent depuis que je travaille à la bibliothèque, ce qui veut dire qu'il est régulièrement emprunté. Du coup, ce succès auprès des lecteurs m'a incitée à me plonger dans cette lecture.

Le personnage principal est Valentine, 14 ans. Elle est en classe de troisième, a un groupe de copine (Julie, Yamina et Emilie), est amoureuse de Félix, qui est en 3e 4, la classe rivale, elle glandouille chez elle, fait ses devoirs, a des notes moyennes, va à des fêtes mais doit encore demander l'autorisation de sa mère pour s'y rendre, etc. Bref, une collégienne classique avec toutes les préoccupations et étapes inhérentes à l'âge : le premier copain, les potins, qui l'a fait ou pas, l'alcool aux fêtes, les flirts, la lecture de mangas, les séries télé, les rencontres parents-profs, les dissertations, etc.

J'ai bien aimé cette bande-dessinée au dessin manga : le ton est juste et il y a énormément de détails qui font la différence et rendent l'histoire tout à fait réalistes, on se reconnaît dans le quotidien de Valentine, dans son environnement, son quotidien, ce qui l'intéresse ou non. Bref, une lecture plaisante que je vais continuer avec sa suite.

Quand j'avais cinq and je m'ai tué, Howard Buten (1981)

"Il voulait voir s'envoler les minutes...
Gil n'a que huit ans. Mais son petit cœur a déjà connu de bien grands sentiments. Trop grands. Trop forts...
A cause de ce qu'il a fait à Jessica, le voici dans une résidence spécialisée. Seul, face à la bêtise des adultes qui transforment ses rêves en symptômes cliniques, et son amour en attentat. Seul dans une forteresse de silence.
Qui pourra l'y rechercher ?
Une émotion pure, dans une langue merveilleusement préservée.
"

C'est parce qu'un de mes contacts sur un réseau social a listé ce livre parmi ses dernières lectures que j'en ai eu connaissance et qu'après avoir été lire un résumé j'ai également voulu le lire.

Le narrateur, Gil, a huit ans et nous parle dans son langage de son quotidien : son ami Shrubs, ses déguisements, son déjeuner du midi, les concours d'orthographe, les élèves plus âgés chargés des passages piétons, l'auditorium et la salle du préfabriqué, les institutrices, la sortie au zoo, etc, jusqu'à l'évènement qui bouleverse l'ordre et qui l'implique lui, et Jessica. Et en parallèle, ils nous raconte l'après évènement, alors qu'il est dans une structure spécialisée pour accueillir les enfants hors normes, la Résidence Home d'enfants les Pâquerettes, qui accueille des enfants autistes ou ayant des problèmes psychologiques. Et là, il nous parle du docteur Nevele, des crises de colère, des autres patients qu'ils croise, du docteur Rudyard, etc. Les chapitres concernant l'avant et l'après évènement s'alternant.

J'avais lu que c'était un livre qui traitait de l'autisme, mais finalement ce n'est pas ce dont j'ai eu l'impression, même si Gil se retrouve dans une structure qui accueille des enfants autistes. En fait, Gil vit un peu dans son monde, mais malgré cela, il ne va pas dans une école différente, n'est pas suivi ni rien, c'est plutôt un enfant qui a de l'imagination et qui n'obéit pas toujours. Par contre, il ne réalise pas la conséquence de ses actes, d'où l'évènement qui l'envoie aux Pâquerettes. En tout cas, j'ai bien aimé lire ce roman qui est écrit avec la syntaxe et le vocabulaire d'un enfant, c'est très riche parce que Gil nous livre sa vision du monde, avec toute l'imagination dont il fait preuve.

Happiness is simple...

(Source)

La 7e femme, Frédérique Molay (2006)

"La Crim' ne se repose-t-elle donc jamais, même le septième jour ?
Sept jours pour faire cesser l'horreur !
Le Quai des Orfèvres comme si vous y étiez : le fameux escalier, les filets de protection, la vétusté des murs... Si ces murs pouvaient parler, ils diraient l'esprit de corps, les tensions qui se nouent, les affaires qui se dénouent... et le combat implacable du patron de la Crim' : course contre le monstre, course contre la montre pour sauver la 7e femme !
"

J'ai récemment lu un article sur un ouvrage policier de Frédérique Molay, Dent pour dent. Comme le livre en question avait l'air pas mal, j'ai fais une recherche sur cet auteur afin de savoir ce que la bibliothèque avait comme livres d'elle et c'est comme cela que j'ai découvert La 7e femme, paru avant Dent pour dent.

Dans La 7e femme, personnage principal, Nico Sirsky, le chef de la brigade criminelle, se retrouve à pourchasser un tueur en série dans Paris. Ce tueur s'est donné comme objectif -et il l'a annoncé- de tuer sept femmes en sept jours, toujours en suivant le même procédé, en appliquant les mêmes mutilations et en s'en prenant au même type de femmes. Ce tueur s'adresse tout particulièrement à Nico Sirsky, que ce soit par les messages qu'il lui laisse et par la manière qu'il a de mêler son entourage à l'enquête. Enquête qui est menée sous pression puisque l'assassin tue une victime chaque jour en début d'après-midi, ce qui ne laisse que peu de temps pour chercher des indices et explorer les pistes, surtout que Nico Sirsky vient de tomber amoureux.

Ce roman policier m'a beaucoup plu : le rythme est soutenu, dense, mais reste cohérent, on ne se sent pas complètement débordé. En plus, le récit, du fait des sept meurtres en sept jours, est très prenant, et comme le style est fluide, le livre se lit rapidement. Les seuls reproches que je peux faire à ce livre sont qu'il est facile de savoir qui sera la septième victime, que le coupable nous est trop fortement suggéré au cours d'une scène et que le style est un peu plat et manque d'identité. Malgré cela, j'ai beaucoup aimé ce livre qui n'en reste pas moins captivant.

Le dernier stade de la soif, Frederick Exley (1968)

"Avec mordant et poigne, Exley décrit les profonds échecs de sa vie professionnelle, sociale et sexuelle. Ses tentatives pour trouver sa place dans un monde inflexible le mènent aux quatre coins du pays, mais surtout à l'hôpital psychiatrique d'Avalon Valley. Au gré des bars, des boulots et des rencontres improbables, l'obsession d'Exley pour la gloire, les New York Giants et leur joueur star, Frank Gifford, grandit. Dans ses mémoires fictifs, en plongeant la tête la première dans ce « long malaise » qu'est sa vie, Frederick Exley transforme la dérive alcoolisée d'un marginal en une épopée renversante. Chargé en grande partie de ce qu'il appelle « des fardeaux du chagrin » et de catastrophes ordinaires, ce premier roman est un époustouflant voyage littéraire. C'est hilarant. C'est touchant. C'est à la fois Nabokov et Bukowski et Richard Yates et Thomas Bernhard."

J'ai entendu parler de ce livre grâce à un article paru sur Bibliobs, article qualifiant ce texte de chef-d’œuvre. Du coup, cela m'avait donné envie de le lire, surtout que la critique me laissait supposer que cet ouvrage pouvait tout à fait me plaire.

Ce roman d'inspiration autobiographique a pour narrateur et personnage principal Frederick Exley, qui nous raconte son alcoolisme, son fanatisme pour l'équipe des Giants, le temps passé dans les bars, l'argent emprunté voire réclamé à son entourage, ses rêves de grandeur, son incapacité à écrire, ses allers et retours à l'hôpital d'Avalon, la vie là-bas, les traitements à l'insuline et aux électrochocs, les gens qu'il a rencontré, l'ombre du succès de son père, etc. Il ne se complait pas dans ses erreurs ou son alcoolisme, au contraire, il revient dessus avec lucidité, pour raconter son chemin, pas pour étaler sa vie et obtenir de la compassion ou de l'attention. Sa vie pourrait être qualifiée de ratée, et pourtant, il s'en sort, et c'est de sa vie qu'il tire ce livre qui m'a beaucoup plu.

J'ai beaucoup aimé le ton qu'il emploie : il y a de la dérision, de l'intelligence et de la lucidité dans ce qu'il raconte, mais aussi ce qu'il raconte de sa vie et de ce que cela reflète de son époque. C'est vraiment un roman qui a quelque chose de complet, d'achevé, un "grand roman" quelque part, même si je serais bien en peine de vous expliquer ce que je veux dire par là si vous me le demandiez. En tout cas, je suis surprise de ne pas avoir plus entendu parler de cet ouvrage réédité il y a un an et demi parce que je l'ai vraiment trouvé bon.

Le monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin (2008)

"Implantée dans quarante-six pays, Monsanto est devenue le leader mondial des OGM, mais aussi l'une des entreprises les plus controversées de l'histoire industrielle avec la production de PCB (pyralène), d'herbicides dévastateurs (comme l'agent orange pendant la guerre du Viêt-nam) ou de l'hormone de croissance bovine (interdite en Europe). Depuis sa création en 1901, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits, mais se présente aujourd'hui comme une entreprise des " sciences de la vie ", convertie aux vertus du développement durable. Grâce à la commercialisation de semences transgéniques, elle prétend vouloir faire reculer les limites des écosystèmes pour le bien de l'humanité. Qu'en est-il exactement ? Quels sont les objectifs de cette entreprise qui, après avoir longtemps négligé les impacts écologiques et humains de ses activités, s'intéresse tout à coup au problème de la faim dans le monde au point de se donner des allures d'organisation humanitaire ? S'appuyant sur des documents inédits, des témoignages de victimes, de scientifiques ou d'hommes politiques, ce livre reconstitue la genèse d'un empire industriel qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusions avec l'administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu le premier semencier du monde. Et il révèle notamment le rôle joué par Monsanto dans le formidable tour de passe-passe qui a permis l'extension planétaire des cultures OGM sans aucun contrôle sérieux de leurs effets sur la nature et la santé humaine."

Voici un livre que je vois régulièrement emprunté et rendu à la bibliothèque donc au bout d'un moment, j'ai été lire la quatrième de couverture pour savoir de quel sujet il traitait et comme le sujet des OGM dans l'économie et leur influence dans la vie quotidienne partout dans le monde m'a interpellé et paru intéressant, je l'ai lu.

Nous avons tous plus ou moins entendu parler des OGM, que ce soit avec José Bové, les destructions de champs ou l’étiquetage sur certains produits, et pour beaucoup de gens -dont moi- les connaissances en la matière s'arrêtent là. Le monde selon Monsanto explique, entre autres, ce que sont les OGM, comment ils ont été créés, comment ils fonctionnent et, surtout leurs conséquences sur la santé, l'économie, etc, et cela à travers l'exemple de Monsanto, la principale entreprise en manière de plants OGM. Mais ce n'est pas le seul sujet, car il est aussi question de pesticides, de désherbant (Monsanto est le fabriquant du Roundup, le produit soit disant biodégradable qui est en réalité plus dangereux qu'autre chose), de l'agent orange au Vietnam, de politique, de corruption, de désinformation, d'arnaque et de l'avenir de la planète. Bref, Monsanto est une entreprise tentaculaire qui sait très bien comment manipuler et faire taire les dissidents...

Ce livre est édifiant et très intéressant. Les méthodes de Monsanto en font une entreprise qui écrase tout sur son passage et qui met de son côté aussi bien des scientifiques, que des entreprises ou même des gouvernement. Quant aux produits chimiques et OGM, on réalise à quel points ils sont partout et qu'il est difficile d'empêcher leur propagation, avec toutes les conséquences que cela a. Parce que finalement, il ne s'agit pas d'un sujet pour écologistes extrémistes : nous sommes tous concernés et tous manipulés et le pire est probablement à venir aussi bien sur le plan sanitaire que le plan économique. Bref une lecture instructive et même indispensable.

A noter qu'à l'origine, Le monde selon Monsanto est un documentaire (que je n'ai pas vu) et ce livre reprend le propos du reportage. Donc si vous n'êtes pas motivés pour vous plonger dans cette lecture, je vous conseille vivement de regarder le reportage !

Chemin faisant, Vanna Vinci (Chats noirs, chiens blancs, tome 2) (2010)

"La vie de Gilla à Paris continue, confuse et vide de sens. Elle a décidé de ne plus suivre le cours de photographie et, pour rassurer sa mère qui aimerait la voir rentrer chez elle, elle feint de vouloir s'inscrire dans une école de stylisme et à un cours de français, mais elle n'a, en réalité, aucune intention de le faire.
Elle se contente simplement d'errer dans les rues de Paris, sans but précis, tel un fantôme : elle essaie tantôt de se trouver et tantôt de se perdre totalement. Bien souvent, c'est Robi, le fantôme de son ami d'enfance et amour d'adolescence, qui l'accompagne. Personne -ni Cicci ni Giorgio, et encore moins Zink- n'est à même de sortir Gilla de cette spirale de dépression et d'incohérence. Même Steffy, l'aie de Gilla, qui débarque à Paris avec sa compagne, n'arrive pas à la tirer de sa torpeur. Gilla a parfois encore des hallucinations, celles qui l'emmènent sur les plages de Sardaigne, où elle s'observe, alors adolescente, quand tout était encore si simple..."

Voici le second tome de la série Chats noirs, chiens blancs, suite de Réminiscences parisiennes dont j'ai déjà parlé ici.

Dans ce tome, nous retrouvons Gilla qui est encore à Paris, mais qui semble encore plus perdue que dans le premier tome : elle ne sait pas quoi faire, ment à sa mère en disant qu'elle va s'inscrire à des cours alors qu'elle sait que non, elle se ballade dans Paris, discute avec Cicci, etc, mais sans vraiment être honnête et avec l'air de fuir la situation, de perdre pied. Au cours de ses pérégrinations, elle va croiser Zelda Fitzgerald, de sa période de gloire jusqu'à la déchéance, et la marquise Luisa Casati, une mécène italienne et excentrique qui finit ruinée et errant, une sorte de clocharde luxueuse. Ces deux fréquentations ne l'aident pas vraiment à reprendre sa vie en main, surtout que ces deux femmes ne sont que des apparitions. Steffy, une amie -réelle- de Gilla vient à Paris pour passer du temps avec elle, mais Steffy ne parvient pas à empêcher son amie de se laisser emporter dans les tourbillons de sa raison fuyante.

J'ai bien aimé ce livre qui est dans la suite du premier tome, même si ici, j'ai trouvé que l'intrigue était moins innovante, qu'elle patinait un peu plus, qu'elle manquait de vigueur ; d'un autre côté, cela illustre bien l'état d'esprit du personnage principal, Gilla. Par contre, j'ai tout autant aimé les pages informatives à la fin, qui viennent détailler le travail de l'auteur, les sources avec lesquelles elle a travaillé, cela permet de donner un aspect plus concret à la fiction que l'on vient de lire et permet également de réaliser tout le travail qu'il y a en amont !

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