Le laboratoire aux serpents, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 2) (1999)

"Dans cette série, les malheurs succèdent aux malheurs, pour le plus grand désespoir des héros, et pour le plus grand plaisir des lecteurs... Le tout mené par la plume ironique et brillante de Lemony Snicket. Série Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. La suite des savoureux récits tragi-comiques des Orphelins Baudelaire où les trois enfants affrontent une odeur détestable, un terrible accident de voiture, un serpent au venin mortel, un coutelas pointu, un cadenas rétif et le retour d’une personne qu’ils espéraient ne jamais revoir..."

Après Tout commence mal (article ici), voici le tome deux des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire.

Après l'échec du placement de Violette, Klaus et Prunille chez le comte Olaf qui était seulement intéressé par l'héritage des orphelins, ceux si se retrouvent accueillis par Montgomery Mongomery, un spécialiste des serpents passionnés par ses recherches. Lorsque les enfants arrivent, leur nouveau tuteur est à quelques jours d'un voyage au Pérou et les enfants l'accompagneront là-bas. Il ne manque que le nouvel assistant de Montgomery, Stephano, puisque le premier a soudainement quitté son poste. Or, lorsque Stephano arrive, il se révèle être le comte Olaf, toujours obsédé par l'héritage des enfants, et il est prêt à tout, y compris au meurtre pour arriver à ses fins.

Ce roman ce lit bien, mais il n'est définitivement pas adapté à mon âge : je pense que c'est une très bonne lecture pour des enfants autour de 10 ans puisque c'est bien écrit, il y a de l'humour, de l'ingéniosité, etc, mais pour des adultes, cela manque de consistance... Le scénario de ce tome se calque sur celui du premier et c'est finalement assez prévisible puisque l'intrigue est conçue pour des enfants. Donc je ne dis pas que cet ouvrage est mauvais, mais simplement qu'il ne correspond pas du tout à mon âge. Je vais quand même lire au moins les deux prochains tomes puisque je les ai déjà récupérés, mais je ne sais pas si j'irais au-delà...

Le ciel en cage, Christine Leunens (2007)

"Johannes, le narrateur, naît à Vienne en 1927. L’Histoire a tôt fait de venir se mêler de sa vie ordinaire, et de celle de sa famille – les parents, antinazis farouches, et la dynamique grand-mère, Pimmichen. Johannes devient un partisan enfiévré d’Adolf Hitler : parce qu’il est soumis, à l’école, à un lavage de cerveau permanent, mais aussi, sans doute – la suite le laisse supposer –, parce qu’il est instinctivement porté vers le Mal. Il revient très vite du combat, défiguré et manchot à 17 ans.
C’est alors qu’il découvre que ses parents cachent au grenier une jeune Juive, Elsa. Lui, l’antisémite farouche, est d’abord séduit par l’idée de contrôler absolument le destin d’un de ces êtres qu’il a appris à haïr. Puis il se laisse toucher par le regard de la jeune fille, qui n’exprime aucun dégoût pour son infirmité. Commence alors une passion dévorante, et une cohabitation qui durera toute une vie : la mort frappe la famille de Johannes, jusqu’à ce qu’il se retrouve seul avec sa proie. À la fin de la guerre, il lui fait croire que les Nazis ont gagné, et qu’elle ne peut sortir de la maison sans courir à sa perte...
Tout
Le ciel en cage est dans cette relation étrange, d’une ambiguïté vertigineuse entre les deux héros. Qui trompe l’autre ? Johannes qui, par amour mêlé de haine, retient la jeune femme prisonnière ? Ou Elsa que l’on devine forcément complice de ce jeu de masques, manipulatrice suprême sous ses airs de victime ? Le monologue de Johannes, la description de la vie à Vienne durant ces années noires, la narration d’un huis clos de cauchemar mènent le lecteur au bord du précipice. Car le dégoût et la fascination se mêlent, irrésistibles, signe d’un livre d’une puissance très rare."

Un livre sur lequel je suis tombé par hasard en allant chercher un autre livre dans un rayon. Son titre m'a interpellée et après avoir lue la quatrième de couverture, j'ai eu envie de le lire, notamment parce qu'il a pour contexte la Seconde Guerre Mondiale, une période qui m'intéresse.

L'histoire est celle d'une famille, celle de Johannes, jeune garçon au début du livre. Il vit avec ses parents à Vienne, son père est le directeur d'une usine de métal fondée par le père de ce-dernier. Vit aussi avec la famille une grand-mère de Johannes et a vécu la soeur de Johannes, fillette décédée lorsque commence le roman, et ce parce qu'elle était diabétique. La guerre éclate et Johannes se retrouve enrôlé dans les Jeunesse hitlérienne : étant jeune et sans recul sur ce qu'il se passe, il adhère au discours et tente de convaincre ses parents des valeurs du nouveau régime en place, ce qui provoque des tensions. Lors d'un combat, il se retrouve blessé, défiguré et amputé d'un bras, ce qui l'oblige à retourner vivre chez ses parents. Enfermé toute la journée dans la maison, il remarque certaines choses : sa mère amène de l'eau à l'étage, soi-disant pour remonter les plantes, or celles-ci sont complètement desséchées lorsque Johannes va voir, les restes aussi semblent mis de côté. C'est grâce à ses indices qu'il va découvrir que ses parents cachent une jeune femme dans une des chambres, une jeune Juive dont il va devoir ensuite s'occuper lorsque son père aura disparu et que sa mère sera décédée.

J'ai bien aimé ce livre, l'idée de départ est très intéressante et le mensonge de Johannes à Elsa entraîne beaucoup de question sur le vrai et le faux, entre la réalité et les croyances. Le monde que créé Johannes sur son mensonge est fragile et le rend vulnérable : il doit faire attention à tout pour ne pas qu'Elsa découvre quoique ce soit et s'enfuit. De plus, l'amour de Johannes pour Elsa devient autoritaire, c'est une relation étrange et malsaine qui se construit sur ce que chacun veut bien accepter des mensonges de l'autre, tout en sachant aussi que c'est une impasse : comment Johannes va-t-il pouvoir garder Elsa ? Elsa croit-elle vraiment à ce que lui dit Johannes ? Bref, un roman à l'intrigue étrange avec des personnages ambigus entre qui se créé un lien de dépendance réciproque.

Auto-bio, Cyril Pedrosa & Ruby (Tome 1) (2008)

"Cyril Pedrosa et sa famille tentent de mettre en adéquation leurs convictions écologiques avec leur vie quotidienne. Un recueil de gags citoyens et écolos : drôle et subtil !"

Le livre est composé d'une série de planches ayant pour thème l'écologie, les bobos, voter à gauche et être à gauche, etc, le tout avec humour à travers une famille composée de deux parents et deux enfants. Cette famille est idéologiquement de gauche et écologiste, mais se défend d'être bobo malgré plusieurs traits en commun avec ceux-ci. C'est sur la confrontation entre leurs valeurs et la réalité qui constitue le principal ressort des planches. En effet, quand les enfants ont des poux et que la seule alternative au shampooing insecticide bien chimique est de passer chaque mèche au crible avec un peigne métallique, que choisir ? Et comment concilier amour des saucisses d'apéritif et alimentation locale et biologique ? Faut-il laisser le bouchon sur les bouteilles en plastique que l'on met au tri sélectif ?

J'ai bien aimé cette bande-dessinée, c'est drôle et agréable à lire et cela tourne un peu en dérision les fanatiques de l'écologie, du bio, du retour à la nature face à la réalité de la vie quotidienne. C'est sympathique, surtout que le père de famille est moins radical que sa femme, ce qui créé parfois des frustrations pour lui, fan de saucisses apéritif pas très bio. Une bande-dessinée agréable qui sera suivie de la lecture du second tome dès que je pourrais !

"Library are killing the book industry"

(Source)
"Comment-se fait-il que nous entendions toujours : « le piratage est en train de tuer l'industrie musicale » et jamais « les bibliothèques sont en train de tuer l'industrie du livre »"

RFID : la police totale, Pièces et main d'oeuvre (2008)

"Hors des laboratoires, des services vétérinaires et de logistique, peu de gens connaissent les RFID (Radio Frequency Identification), aussi nommées « étiquettes électroniques », « intelligentes », « smart tags », « transpondeurs », « puces à radiofréquences ». Ces mouchards, nés durant la Seconde Guerre mondiale, vont bientôt supplanter les codes-barres dans les objets de consommation, puis envahir les animaux, les titres de transport et d’identité, les livres des bibliothèques, les arbres des villes et, finalement, les êtres humains à l’aide de puces sous-cutanées : voici venu le temps du marquage électronique universel et obligatoire.
Bientôt il sera criminel d’extraire de son corps sa puce d’identité.
– Avez-vous quelque chose à vous reprocher ?
"

J'ai vu ce livre en exposition dans un rayon de la bibliothèque et il m'a intéressé à cause de son thème : les RFID. Il s'agit de sorte de codes barre améliorés, au point qu'ils peuvent recevoir et transmettre des informations (alors qu'un code barre ne peut qu'être lu). Et ce sujet m'intéresse parce que les étiquettes RFID se répandent dans les bibliothèques, notamment parce qu'elle permettent d’accélérer et de faciliter certaines tâches. Bref, un sujet en rapport avec mon milieu professionnel, d'où ma lecture.

Le livre tient plus du pamphlet que de l'essai, contrairement à ce que j'avais cru au premier abord. Les auteurs, un collectif, dénoncent les dérives que le système des RFID risque d'entraîner. En effet, cela permet d'identifier et de localiser, ce qui peut être pratique, mais qui peut également être liberticide lorsque ce système est appliqué à l'être humain, or cela est en train de se faire, par le biais de nos téléphones portables, cartes de bus et divers appareils électroniques. Ce qui peut être un confort ou un outil pratique peut donc, et est donc, aussi une manière de suivre et repérer les gens, leurs habitudes, leurs heures et lieux de passages, c'est donc une sorte de flicage, surtout si les fichiers sont recoupés. Ce livre dénonce aussi bien les dérives qui nous attendent et qui sont en fait déjà en cours de réalisation, mais plus largement, le rejet de cette technologie dans quelques domaine que ce soit (élevage d'animaux de ferme, puce des animaux domestiques, gestion des stocks dans les magasins et entrepôts, etc).

Ce bref ouvrage m'a déçue pour plusieurs raisons. Déjà, et là ce n'est pas vraiment de sa faute, c'est que je m'attendais à lire un essai faisant l'historique du système RFID, une présentation des utilisations possible, une réflexions sur les limites éthiques, etc, or il ne s'agit pas du tout de cela ! Ce livre est une critique, une dénonciation même, des RFID, il y a donc un parti pris, assez extrême d'ailleurs puisque les auteurs préconisent un rejet total. Nous sommes donc loin d'une présentation neutre, même si le texte informe quand même. Par ailleurs, j'ai trouvé l'ouvrage trop superficiel, peut-être parce que justement il ne présente qu'une opinion, et pas toutes les opinions et usages possibles de la RFID. Bref, cet ouvrage est une légère déconvenue puisque je n'ai pas appris autant de choses que je l'aurais souhaité sur le sujet.

Tout commence mal, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 1) (1999)

"La vie des enfants Baudelaire démarre bien mal... Tout commence le jour où leurs parents disparaissent dans l'incendie de leur maison laissant leurs trois enfants à la tête d'une immense fortune. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, les voilà confiés à leur oncle, le Comte Olaf, qui déploiera toutes les ruses pour s'emparer de leur richesse. Il faudra encore plus de malices aux trois enfants pour déjouer les tours pendables de cet étrange aristocrate...
Pas de temps morts dans ce premier tome des désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Pas de temps non plus pour s'appesantir sur le triste sort des enfants. La place est à l'action et à la réflexion. Il faudra faire preuve de beaucoup d'intelligence pour se sortir des moments difficiles. Heureusement Violette, Klaus et Prunille ne manquent pas d'astuce ! Violette, l'aînée, a quatorze ans et adore les sciences. Elle a toujours une nouvelle invention en préparation. Le second, Klaus, dévore les livres et, à douze ans, il a déjà engrangé un savoir impressionnant. Enfin, la petite Prunille, "pas plus haute qu'une botte", utilise ses quatre dents pour mordre tout ce qui passe...
"

Il y a quelques temps, je voyais que cette série était plutôt pas mal empruntée à la bibliothèque, donc je me suis dit que ça devait être de bons livres. Et donc l'autre jour j'ai vu le tome un dans les livres venant d'être rendus et je me suis dit que ça pourrait être agréable à lire, même si le public cible a un âge bien inférieur au mien.

Le roman commence alors que Violette, Klaus et Pétronille, tous frères et soeurs, ici par ordre décroissant d'âge, quittent leur maison pour aller profiter de la plage, déserte à cause du temps couvert. Alors qu'ils sont respectivement en train de faire des ricochets, d'examiner les bestioles dans les flaques et de ne pas faire grand chose, quelqu'un émerge du brouillard : il s'agit de M. Poe, un ami de la famille, qui vient leur annoncer que leurs parents viennent de périr dans l'incendie de leur maison. Les trois enfants se retrouvent donc orphelins. Ils sont d'abord sous la garde de M. Poe, l'exécuteur testamentaire, puis, c'est un membre éloigné de leur famille qui finit par les récupérer, le Comte Olaf. Ce dernier est un homme antipathique qui se soucie bien plus de l'héritage des enfants Baudelaire que de leur éducation, et il est prêt à tout pour mettre sa main crochues sur cet argent.

J'ai bien aimé ce livre, même si c'est assez prévisible. Mais cela est surtout dû au fait qu'il est destiné à un lectorat dont l'âge est inférieur à la moitié du mien, du coup l'intrigue n'est pas aussi dense et complexe que ce que l'on trouve dans les livres pour adultes. J'ai quand même appréciée cette lecture et je vais me plonger dans les tomes suivants, qui devraient probablement être un peu plus dense maintenant que le décor est planté et les personnages présentés.

Et toi, quand est-ce que tu t'y met : celle qui e voulait pas d'enfant (tome 1), Madeleine Martin & Véronique Cazot (2011)

"A l'âge où toutes les femmes ne pensent qu'à pouponner, Jeanne, 35 ans, n'a aucune envie de "s'y mettre". Elle voit l'accouchement comme un film d'horreur, la maternité comme une perte d'identité et l'éducation des enfants comme un parcours du combattant.
Le jour où Jeff, son compagnon et allié de toujours, voit sa fibre paternelle se réveiller en pleine crise de la quarantaine, Jeanne voit son équilibre menacé.
Le bonheur passe-t-il forcément par la case bébé ?
"

Hier soir, en lisant les mises à jour effectuées sur les sites et blogs que je suis, j'ai vu un article de Chaplum' sur une bande-dessinée concernant le fait de ne pas vouloir d'enfants. Comme je fais justement partie de ces personnes -pour le moment- qui ne désirent pas avoir d'enfants, j'ai évidemment voulu lire cette bande-dessinée. J'ai donc été voir si la bibliothèque l'avait et ce matin j'ai donc été la récupérer en rayon, afin de la lire pendant ma pause déjeuner.

Ce livre est donc une série de planche qui peuvent être indépendantes, mais qui ont quand même un fil conducteur à travers la vie de couple de Jeanne et Jeff (et Juliette, la plaquette de pilule) et l'oubli de pilule de l'une et le désir de peut-être finalement vouloir un enfant de l'autre. Nous partageons donc les rencontres de Jeanne avec ses amies enceintes ou jeunes mères, les week-end en famille, les cauchemars et les justifications, mais aussi la satisfaction de s'épanouir dans la vie qu'elle s'est choisi et le réconfort de trouver quelqu'un qui a fait le même choix et qui est heureuse.

Une bande-dessinée intéressante qui n'est pas partiale puisque tous les points de vue y sont représentés, avec humour, aucun jugement positif ou négatif n'est émis, le message est plutôt que chacun fait ses choix et s’épanouit différemment donc il n'y a pas à reprocher quoique ce soit à ceux qui ne choisissent pas le chemin pris pas la majorité. En plus de cela, j'ai beaucoup aimé le dessin qui est léger, fluide et coloré, c'est très agréable à lire et regarder. Bref, un livre qui m'a plu, et comme j'ai vu qu'un tome deux était sort cette année, je vais essayer de mettre la main dessus un de ces jours (quand/si la bibliothèque l'aura acheté).

En mémoire de la forêt, Charles T. Powers (1997)

"Pologne, quelques. années après la chute du communisme. Lorsqu'on retrouve le cadavre d'un homme dans la forêt qui entoure le petit bourg de Jadowia, Leszek, un ami de la famille du disparu, décide de faire la lumière sur l'affaire. Il comprend vite que cet assassinat est lié à l'histoire trouble du village. Mais, dans cette petite communauté soudée par le silence, beaucoup ont intérêt à avoir la mémoire courte et sont prêts à tout pour ne pas réveiller les fantômes du passé. L'ère communiste a en effet laissé derrière elle bien des séquelles et personne n'a rien à gagner à évoquer cette période où la dénonciation était encouragée, la paranoïa et la corruption étaient omniprésentes, les comportements souvent veules. Sans parler de secrets plus profondément enfouis encore, datant de la Seconde Guerre mondiale, lors de la disparition brutale des Juifs établis à Jadowia depuis plusieurs générations. Leszek va devoir mettre sa vie en jeu pour venir à bout de cette chape de silence et faire surgir une vérité bien plus inattendue encore que tout ce qu'il avait imaginé."

En mémoire de la forêt est un livre emprunté et lu par hasard : alors qu'il était posé sur la banque de prêt (là où les livres rendus par les lecteurs sont déposés avant d'être répartis sur les chariots), il m'a interpellé par sa couverture et son titre. Après lecture de la quatrième de couverture, je me suis dit que ça pouvait me plaire puisqu'il s'agit d'un thriller et qu'il est question de la Seconde Guerre mondiale, donc je l'ai immédiatement ajouté à ma pile de livres.

L'histoire se déroule dans un village polonais, dans les années 1990 il se semble. Le personnage principal est Leszek, un fils et petit-fils d'agriculteur, qui vit dans la ferme de ses parents, où il travaille aussi. Le fils du voisin, Tomek, a le même âge que Leszek, mais pas le même parcours puisqu'il est attiré par les villes, l'argent facile et les trafic en tout genre, ce qui finit mal pour lui puisqu'il est retrouvé le crâne fendu dans une forêt proche de son village. Leszek et le père de Tomek vont essayer de savoir ce qu'il s'est passé et par le biais de leurs recherches, et par ce biais, nous allons en apprendre beaucoup sur le passé du village et plus globalement la mémoire du pays. En effet, des trous vont être fait dans les fondations de certains bâtiments, une rumeur sur le retour des Juifs chassés de ce village bruisse, des arrangements et du chantage ont lieu, les gens se plaignent du mauvais état des infrastructures et de la corruption, les restes du régime communiste, le silence sur la guerre et la culpabilité concernant les camps d'extermination tandis que le village se meurt de l'exode des jeunes vers la ville.

Tout d'abord, ce livre est classé dans la bibliothèque où je travaille parmi les livres policiers, mais c'est plus un roman tendance thriller qu'un vrai roman policier. Le meurtre dont il est question n'est qu'un prétexte pour dépeindre la vie du village et de ses habitants, son passé et ses aspirations, de même que ses résignations. J'ai bien aimé découvrir l'histoire des personnages, surtout que nous suivons à travers eux l'histoire de leur famille, mais aussi de leu village, le tout sur fond de crise économique et sociale dans les campagnes. Bref, un thriller agréable à lire, bien que manquant peut-être un petit peu de dynamisme.

On dirait ma vie ! :D

(Source : Philippa Rice)
Ce matin j'ai croisée cette illustration qui non seulement me rappelle fortement le temps que je passe avec mon compagnon, mais qui fait aussi allusion à ce que j'écrivais il y a quelques jours sur la solitude (l'article ici) : mon compagnon passe son temps libre devant son ordinateur et moi le nez dans les livres, mais malgré nos activités solitaires respectives, nous passons du temps ensemble ! (Et en plus j'ai très souvent un plaid rouge avec moi quand je lis !)

Sac d'os, Stephen King (1998)

"Reclus à Sara Laughs, sa maison de campagne, près d'un lac, Mike Noonan n'écrit plus. Depuis la mort brutale de sa femme Jo, enceinte, ce romancier à succès connaît l'angoisse de la page blanche.
La rencontre de la petite Kyra, puis de sa mère Mattie, jeune veuve en butte à la malveillance de son richissime beau-père, amorce t-elle pour Mike un nouveau départ? Il le croit, mais c'est compter sans les ombres qui hantent Sara Laughs. Celle notamment d'une chanteuse de blues, violée et assassinée des décennies plus tôt par les racistes du coin...
"

Je continue donc dans ma petite sélection de (re)découverte de Stephen King avec ici un roman présenté comme l'aboutissement, le point culminant de sa carrière, en tout cas au moment de la sortie de ce livre.

L'histoire commence alors que l'épouse de Mike, auteur à succès, décède soudainement. Cette mauvaise nouvelle ébranle Mike, d'autant plus qu'il trouve un test de grossesse dans les derniers achats de Johanna et que l'autopsie confirme qu'elle était enceinte. Malgré ce contexte, il parvient à terminer le livre qu'il était en train de rédiger, mais celui-ci est le dernier puisqu'il est désormais incapable d'écrire. Pendant quatre années, il va parvenir à dissimuler la situation en faisant publier des romans écrits auparavant, mais ceux-ci sont en nombre limités. Il décide alors d'aller passer quelques temps dans sa résidence secondaire, Sara Laughs, pour se reposer et voir si l'inspiration revient. Arrivé là-bas, il remarque une série de phénomènes étranges et de choses qu'il avait vues dans ses rêves. Peu après, il fait par hasard la rencontre de Mattie et de sa fille Kyra. Ces deux-dernières sont prises dans une histoire de procès puisque le grand-père de la Kyra, le riche Max Devory, veut récupérer la petite. Mike va alors décider de l'aider en lui payant un avocat, sans savoir qu'il met les pieds dans une histoire de plus grande envergure et que Kyra est également convoitée par un esprit et que le décès de Johanna n'est peut-être pas aussi accidentel qu'il ne le pensait.

J'ai bien apprécié l'essentiel du livre puisque ça se lit bien, il y a de la tension, etc, mais j'ai trouvé la fin un peu cliché avec le déferlement d'esprits au moment de la grosse tornade et l'après-tempête. Mais tout ce qui précède m'a plu : ce qui arrive dans le récit à l'époque de Mike n'est pas le fruit du hasard, cela remonte au passé de la commune où est située sa résidence secondaire et aux ascendants de la population actuelle, l'intrigue est tout à fait cohérente. Donc bien, mais sans plus à cause du point culminant et du dénouement qui font vraiment stéréotypes du genre.

Beauté : La reine indécise (tome 2), Kerascoët & Hubert (2012)

"La beauté de Morue ayant conquis le cœur du roi, la voilà donc reine. Mais elle s'avère rapidement incapable de s'intéresser aux affaires du royaume et, malgré les efforts de la laide mais spirituelle princesse Claudine, le roi et la cour semblent plus soucieux de satisfaire à ses caprices que de s'occuper de la guerre en cours..."

J'avais lu le tome 1 de Beauté (j'en parle ici) il y a quelques mois et comme ça m'avait plu, j'attendais évidemment le tome 2. Enfin, attendre est un bien grand mot : je voulais lire le tome 2, mais en même temps, ça m'était un peu sorti de l'esprit. Du coup, grande a été ma surprise, et tout autant ma joie quand en rangeant les bande-dessinées ce matin je suis tombé sur ce fameux tome 2. Et profitant de ma pause déjeuner, je l'ai dévoré en accompagnement de mon repas.

Morue, que tout le monde voit comme l'incarnation de la beauté depuis qu'elle a eu le droit à un voeu de la part d'une fée, se retrouve donc mariée à un roi. Ce roi l'adore, Morue, qui s'appelle désormais Beauté, vit dans le luxe admirée de tous et en particulier des hommes. Sauf que le pays est en guerre et qu'il y a de la pauvreté, ce que Beauté refuse d'accepter, mais fou amoureux, le roi refuse de diminuer les dépenses de la reine et cache la misère au lieu de résoudre le problème. Bref, tout ne va pas bien. Dans ce contexte, Beauté tombe enceinte puis accouche d'une fille qui, malheureusement, a hérité de l'apparence réelle de sa mère, c'est-à-dire qu'elle est laide. Du coup, des doutes apparaissent quand à la paternité du roi :Beauté aurait-elle été infidèle ? Le roi commence à perdre la tête et devient jaloux et maladivement paranoïaque à propos de l'entourage masculin de Beauté, et cela alors que la guerre fait rage.

Cette suite m'a tout autant plus que le premier tome : Morue pensait qu'être belle ferait son bonheur mais il s'avère que c'est un "cadeau" qui détruit autour d'elle, entraînant rivalité et jalousie, sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, toute naïve et égoïste qu'elle est. Cela est un peut moralisateur, mais ce n'est pas traité de manière austère, il y a une sorte d'ironie. En plus de cela, les illustrations sont colorées et "fluides" ce qui rend la lecture agréable. Bref, je lirais le tome quand je parviendrais à mettre la main dessus !

La solitude : amalgames & préjugés

Boire un thé, toute seule, en lisant, toute seule. Zut alors.
       La lecture est une activité solitaire ; même si on peut ensuite discuter de ce que l'on a lu, échanger, débattre, etc, autour du livre, lire reste malgré tout une activité que l'on réalise seul. Certes, on peut lire à haute voix devant une assemblée, mais cela reste marginal et est rarement récréatif. La lecture telle qu'elle se fait aujourd'hui dans le cadre des loisirs est donc une activité qui se fait en solitaire, et c'est justement de la solitude dont j'aimerais parler dans cet article. 

       Étant par nature portée à la solitude, et mon penchant pour la lecture ne faisant qu'accentuer ce trait (et vice-versa : mon penchant pour la solitude renforce l'attrait que la lecture a à mes yeux), je suis régulièrement confrontée à des remarques ou allusions par rapport à la solitude. Et cela ne m'indisposerait pas vraiment si ces propos n'étaient pas encombrés d’amalgames, de préjugés et de jugements.

       En effet, j'ai pu remarquer trois choses qui m'irritent un peu et sur lesquelles j'aimerais revenir ici :
- la solitude est souvent considérée comme un défaut ou une tare,
- la solitude est souvent vue comme de l'exclusion,
- la solitude est souvent associée à l'ennui.


La solitude n'est pas un défaut ou une tare

       Quand je discute et que je suis amenée à dire que j'aime bien être seule, que j'aime passer mes week-end sur le canapé avec un livre sans voir personne, que je vais parfois faire une promenade, ou autre activité, toute seule, il arrive souvent que quelqu'un fasse une remarque telle que "C'est dommage quand même." ou bien "Mais il faut sortir, voir du monde !". Comme si passer mon week-end sans faire d'activité de groupe était un gâchis, une perte de temps. Le "il faut sortir, voir du monde" laisse en plus sous-entendre que la solitude est un problème auquel il faut remédier, que je ne peux pas m'enfermer dans une telle situation. Il y a un jugement négatif qui émane de ces propos. C'est comme si apprécier la solitude était une imperfection, une déficience. Or ce n'est pas le cas.

       Aimer la solitude n'est pas bien ou mal, de même qu'aimer être en groupe n'est pas non plus bien ou mal ; les préférences en la matière dépendent des goûts, du caractère et des envie de chacun. Le fait d'en faire un état positif ou négatif est simplement un jugement, c'est subjectif, ce n'est en aucun cas un fait. Ce n'est pas parce que je préfère être seule qu'intégrée à un groupe que je suis déséquilibrée ou que je devrais avoir honte, ni même que je n'aime pas parfois être avec d'autres gens. Il y a des personnes qui préfèrent être seules et d'autres qui préfèrent être en groupe, tout comme il y a des personnes qui préfèrent les tartes aux pommes et d'autres les fondants au chocolat, et d'autres encore qui préfèrent le fromage au dessert. Il n'y en a pas un mieux que l'autre, ça dépend des goûts et envie de chacun.


La solitude n'est pas synonyme d'exclusion

       En semaine, lorsque je déjeune, j'aime être seule : cela me permet de vraiment me couper du travail, de penser à autre chose, d'écouter la radio sur mon téléphone et d'avoir du temps pour moi. Sauf qu'il existe des gens qui ne comprennent pas cela, et il m'arrive souvent, quand je déjeune au restaurant des employés de la ville et que je suis toute seule à ma table, qu'une collègue arrive et s'installe face à moi en disant "J'ai vu que tu étais toute seule alors je viens te tenir compagnie".

       Cela a le don de m'exaspérer. Non seulement parce que du coup je ne profite pas vraiment de ma pause, mais aussi parce que cela sous-entend que je suis exclue et que cette collègue se dévoue pour que je ne le reste pas. Sauf que non, j'ai choisi de manger seule. La solitude peut être choisie autant que subie, on peut tout autant être éloigné d'un groupe que s'en éloigner par soi-même. Personnellement, je choisis d'être seule, je ne subis pas cette situation, auquel cas cela serait de l'exclusion.

       Si j'étais exclue, je ne pourrais pas m'intégrer à un groupe lorsque j'en aurais envie, je serais rejetée, mais là non : je vois du monde, que ce soit la famille, les amis ou les collègues, quand j'en ai envie ou quand l'occasion se présente. Et puis je fais beaucoup d'activités seule, mais je ne suis pas seule pour autant. Par exemple, le week-end, je suis avec mon compagnon, nous sommes dans la même pièce, mais chacun s'occupe à son activité favorite : lui fait des jeux sur son ordinateur et moi je lis. Nous avons donc tous les deux des activités solitaires, mais ensemble, nous nous interrompons parfois pour discuter ou faire une remarque. Il n'y a pas de rejet de l'autre, pas d'exclusion.


La solitude n'est pas synonyme d'ennui

       Récemment, après avoir passé un week-end prolongé avec mon compagnon, ma mère m'a demandé si nous avions passé un bon week-end et ce que nous avions fait de ce long week-end. Je lui ai répondu que le week-end s'était très bien passé, que mon compagnon avait joué à l'ordinateur et que j'avais lu. Et là, elle m'a répondu : "Vous avez dû vous ennuyer !". Ben... non. Au contraire, on a passé un bon week-end tous les deux à profiter de nos loisirs favoris (jeux vidéos et lecture), donc non, nous ne nous sommes pas ennuyés.

       Beaucoup de gens associent solitude et ennui, mais là encore, c'est une question de personnalité : il y a des gens qui parviennent à s'occuper lorsqu'ils sont seuls, et d'autres non, parce qu'ils ont un caractère porté sur la sociabilisation et donc faire quelque chose seul ne leur apporte pas satisfaction. Il n'y a pas de mieux ou de moins bien, cela dépend des préférences de chacun. C'est pour cela que passer le week-end à lire est un week-end ennuyeux pour certains et pas pour d'autres, ce que je comprends, mais pour autant, il n'y a pas de jugement à porter (surtout quand on connait mon goût pour la lecture : il est incohérent de supposer que je me suis ennuyée si j'ai consacré mon temps à mon activité favorite).

       Surtout que l'ennui est une impression subjective : personnellement, je m'ennuie souvent quand je suis avec d'autres gens, presque jamais lorsque je suis seule, je m'ennuie plus à une sortie au restaurant qu'à déjeuner seule, je m'ennuie plus à faire une promenade en famille qu'à aller en ville à pieds seule. Et pour d'autres, ce sera l'inverse. Sachant que l'impression d'ennui varie aussi selon son humeur, sa fatigue, ses intérêts du moment, des alternatives qui se présentent à soi, etc ; quelque chose qui d'habitude nous passionne pourra ponctuellement nous ennuyer parce qu'on est fatigué ou préoccupé.


     Bref, cet article avait simplement pour but de démêler toutes les idées reçues accolées à la solitude parce que je suis lassée d'entendre les régulièrement les mêmes méprises sur la définition de solitude et les connotations négatives qui y sont associées, souvent parce que les gens assimilent solitude à anormalité, exclusion et ennui.

Le sang du ciel, Piotr Rawicz (1961)

"Cette histoire d'une ville ensevelie et d'un homme dont la fuite et la défaite sont devenues la seule patrie, fut-elle simplement vécue ou bien rêvée par un poète assoiffé de rêves cruels ? A travers des terrains vagues, des bourgades incendiées, des prisons et des vieux moulins remplis d'une chair impatiente, à travers des plaines et des montagnes situées aux confins du monde, quelque part dans une Ukraine de légende, Piotr Rawicz parvient à reconstituer, dans un rythme sauvage, l'univers hallucinant de la persécution nazie, à dépeindre le mécanisme de l'extermination d'un peuple. L'amour inflexible qui habite une petite fille phtisique se révélant plus puissant que la torture; les suicidés qui, dans l'autre monde, entrent d'office dans un club aristocratique ; les dernières pensées d'un ange ou d'un cafard lorsqu'il voit une botte géante prête à s'abattre sur sa mince carapace ; ... voilà quelques uns des paysages humains ou extra humains qui, imprégnés d'humour noir, surgissent de ce livre extraordinaire. Malgré ou peut-être à cause de sa charge métaphysique, il se lit d'un bout à l'autre comme un roman policier, et le lecteur fasciné et abasourdi ne parvient pas à reprendre haleine. Toute une littérature de témoignages, de documents et de chroniques a cherché à évoquer le monde des ghettos, des camps et des chambres à gaz. Quelle qu'en soit la valeur, sa portée reste limitée, justement à cause de son caractère historique. Le roman de Piotr Rawicz s'inscrit dans un genre différent : s'inspirant d'une réalité située au bord de l'humain et du concevable, il la dépasse pour la recréer dans sa vérité uniquement intemporelle et universelle, celle de la poésie. Ce roman insolite est ainsi une tentative téméraire en vue de traduire dans le langage de la poésie une réalité qui autrement demeure incommunicable."

J'ai découvert l'existence de cet ouvrage après qu'un lecteur l'ait demandé et comme j'ai été le chercher, j'en ai profité pour lire la quatrième de couverture parce que le titre m'avait interpellée et intriguée.

Pour commencer, ce texte tient autant de l'auto-biographique, du roman, de la poésie, et du témoignage historique, ce qui le rend assez difficile à appréhender et à résumer. Déjà, il s'agit d'un récit indirect : un ami de Boris qui a retrouvé un manuscrit appartenant à ce dernier nous le donne à connaître. Les écrits de Boris racontent sa vie dans l'Ukraine occupée de la Seconde Guerre Mondiale, sa fuite avec sa compagne, les maîtres-chanteurs auxquels il se retrouve confronté, les gens qu'il rencontre, les cachettes, les meurtres et tortures dont il est témoin lors de cette époque d'extermination des Juifs, alors qu'il est lui-même Juif. Il raconte aussi l'angoisse, le froid, la faim et la fuite, la paranoïa vis-à-vis des gens qu'il connait mais qui peuvent malgré tout le dénoncer.

J'ai bien aimé ce livre mais je l'ai aussi trouvé déroutant et décousu : ce livre contient des passages de différentes formes, le récit n'est pas vraiment linéaire, il y a des allusions qui ne sont pas forcément claires. C'est un peu comme un journal où tout n'est pas clairement exprimé, et où les propos viennent un peu au fil des pensées. Je peux difficilement dire que j'ai apprécié, mais en même temps, je n'ai rien contre, c'est simplement qu'il a une forme singulière. Par contre, j'ai trouvé le texte plutôt intéressant sur le fond, d'autant plus que -et je l'ai déjà dit- la Seconde Guerre Mondiale est une période qui m'intéresse, c'est vraiment la forme que j'ai du mal à appréhender.

On ira voir la mer, Olivier Adam (2000)

"Ça fait longtemps qu'Olivier connaît Lorette. Depuis le CM2, ils ont un projet tous les deux. Partir à la mer. C'est là-bas qu'il faut vivre. En attendant, ils sont collés, inséparables, comme frère et sueur jumeaux. Ils font la paire. Lui, timide et qui n'ose parler à personne. Elle, solitaire et blessée, en colère contre elle-même, contre tout le monde, contre personne. Bizarre, comme disent les autres. Capricieuse. Différente. Lorette vole des bouteilles de rhum ou de vodka, et avec elle se soûle. Pour se sentir vivante. Lorette se met à hurler parfois, comme une bête. Quand on veut la forcer. D'autres fois, elle disparaît. Ou bien elle détruit. Une expo, à l'école, sa coiffure, au cutter, les bagnoles, à la cité. Elle doit avoir un secret. Une raison de faire tout ça. Olivier ne lui demande rien. C'est pour ça qu'elle lui fait confiance. C'est pour ça qu'elle va tout lui dire. Après, quand il aura compris, ils pourront partir à la mer."

C'est par hasard que j'ai choisi ce livre, alors que j'étais à court d'idées de lectures. J'ai donc été voir parmi les livres venant d'être rendus par les lecteurs et j'ai opté pour On ira voir la mer qui avait l'air pas mal.

L'histoire nous est racontée par Olivier, jeune lycéen, qui se rappelle des moments qu'il a passé avec Lorette, une amie de longue date. Les deux se considèrent comme frère et soeur, jumeaux même, surtout que le frère jumeau de Lorette, décédé quelques mois après sa naissance s'appelait aussi Olivier. Malgré leur attitude rebelle et renfermée, leurs personnalités ne sont pas complètement semblables : Olivier a plutôt une attitude passive tandis que Lorette est agitée et (auto-)destructrice. Un soir, alors qu'ils sont partis se promener, des émeutes ont lieu et alors qu'ils veulent aller à la gare, ils sont séparés : Olivier rentre chez lui, pas Lorette. Personne ne sait rien sur ce qui a pu lui arriver. Et Olivier se remémore les instants qu'il a partagé avec elle avant le dénouement.

Voici une lecture qui ne m'a pas vraiment plu. Ça se lit bien, le style est fluide, mais j'ai trouvé que le récit manquait de consistance, qu'il était elliptique. Peut-être que cela sert à insister sur la notion d'absence, celle de Lorette, mais je n'ai pas accroché. De même que certains personnages n'ont pas vraiment de personnalité alors qu'il aurait été intéressant qu'il soit mieux présentés et cernés : le frère d'Olivier, Léa et Samir. Malgré cela, je pense que c'est un roman qui peu plaire au public auquel il est destiné, savoir les adolescents, mais bien que les thèmes abordées me paraissent intéressant, c'est le style et le traitement qui ne correspondent pas à mes préférences en la matière.

Faut-il manger les animaux ?, Jonathan Safran Foer (2009)

"Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons ? Convoquant souvenirs d'enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête. Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d'une ferme où l'on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l'abomination contemporaine et se penche sur les derniers vestiges d'une civilisation qui respectait encore l'animal. Choquant, drôle, inattendu, ce livre d'un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe."

J'avais beaucoup entendu parler de cet ouvrage lors de sa sortie : non seulement à cause de son sujet, mais aussi à cause du nom de son auteur qui est surtout réputé pour ses romans. Je m'étais dit qu'à l'occasion, je le lirais, il me semble d'ailleurs qu'il est inscrit dans le carnet où je note des idées de lectures, mais j'avais plus ou moins oublié. C'est quand un lecteur l'a rendu à la bibliothèque et que je l'ai donc vu parmi les livres venant d'être rendus que je me suis rappelée son existence et que j'ai décidé de le lire.

Ce texte, qui mêle autobiographie, philosophie, sociologie, éthique, économie et industrie a pour thème la production de la viande et du poisson. L'auteur s'était déjà plus ou moins converti au végétarisme, mais sans vraiment s'y tenir, or, la naissance de son fils l'amène à s'interroger sur ce qu'il veut lui donner à manger, ce qui, par extension, l'interroge lui-même sur son alimentation. Il a donc réfléchi à ce que l'on associe à la nourriture et en particulier à la viande, sur la nécessité biologique d'en consommer, sur la manière dont on considère les animaux, etc. Il a également mené une enquête sur la manière dont est aujourd'hui produite la viande aux Etats-Unis, à savoir, de manière industrialisée, où la rentabilité prime avant tout, et surtout sur le bien-être des animaux. Son but n'est pas de nous convertir au végétarisme, mais plutôt de nous amener à nous interroger sur ce que nous consommons.

J'ai trouvé ce livre intéressant, même s'il ne m'a pas appris grand chose puisqu'il traite de sujets qui m'intéressent déjà un peu et dans lesquels j'ai donc déjà quelques connaissances. Ce texte n'en demeure pas moins édifiant et peut amener très sûrement à faire réfléchir ses lecteurs sur leurs manière de consommer de la viande, sur ce qu'il veulent ou non acheter, cela fait prendre conscience de ce qu'il se passe avant que la viande que l'on achète se retrouve dans sa barquette dans les rayons d'une grande surface. Et la question de l'avenir est également posée : un système de production industrielle tel qu'il existe aujourd'hui est-il viable ? Comment allons-nous faire face à la demande de viande de plus en plus importante en Inde et en Chine ? Faut-il consacrer les ressources en eau et céréales pour élever encore plus d'animaux ou faut-il les consacrer à nourrir les populations qui meurent de faim ? Bref, un livre qui ne propose pas de solution mais qui présente le système actuel et pose des questions sur la production et la consommation de viande et poissons.

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