Ça, Stephen King (Tome 2) (1986)

"De retour, après vingt-sept années, dans leur petite ville de Derry, les membres du « Club des ratés » (ainsi se nommaient-ils eux-mêmes sur les bancs de l'école) doivent affronter leurs plus terrifiants souvenirs, brutalement ressurgis.
Ça : nul ne sait nommer autrement la chose inconnue qui semble devoir se réveiller cycliquement dans les entrailles de la ville, pour semer la mort et l'épouvante. Roman de l'enfance, tableau saisissant de la vie américaine, cette oeuvre ambitieuse est une parabole du Mal enfoui, refoulé, et de la violence de ses réapparitions. C'est enfin, et surtout, une des plus grandes oeuvres de Stephen King, un festival de terreur.
"

Après avoir lu le tome 1 (article ici) qui nous avait approchés de la fin des évènements de 1958, alors que nos héros n'étaient que des enfants, et que nous étions en train de suivre le déroulement des évènements de 1985, avec nos héros devenus adultes, c'est très logiquement que je poursuis et termine la lecture de Ça avec le second tome.

Nous retrouvons donc nos six personnages, Ben, Beverly, Bill, Eddie, Mike et Richard, toujours dans la ville de Derry. Nous les suivons encore sur deux périodes : lorsqu'ils étaient enfants et vingt-sept ans plus tard, alors qu'ils sont adultes et que Ça, le clown et ses atrocités, sont revenus. Dans les deux cas, le groupe est en train d'essayer de tuer la chose qui terrorise la ville, mais la seconde fois, ils sont déjà armés de l'expérience de la première fois, et ils sont motivés par la promesse, le pacte qu'ils ont fait lorsqu'ils étaient enfants de tuer cette chose. Et cette fois, ils sont aussi décidés à tuer Ça définitivement et à stopper le cycle de violence qui a lieu tous les vingt-sept ans, c'est-à-dire à terminer ce qu'ils ont commencé quand ils étaient enfants.

J'ai bien aimé ce livre, comme tous ceux de Stephen King que j'ai lu, c'est bien écrit, dense mais fluide. Mais comme la plupart de ses livres que je connais, je trouve que la fin est un peu trop grandiloquente, il y a toujours une montée en puissance, un cataclysme quand le dénouement arrive. Cela contribue certes à l'ambiance, ça fait monter la pression, mais je trouve que ce procédé est un peu trop systématique et prévisible. Enfin, il n'en demeure pas moins que j'ai appréciée cette lecture et que j'ai eu du mal à lâcher ce livre avant la fin.

Moi, Pascal F., Pascal Fioretto (2011)

"- Qu'est-ce que vous voulez que je raconte ? 
- Tout : ta mère foldingue, ta congélation, ton adoption par les loups, le tsunami, ta capture par les Allemands, ton mariage avec une femme, tes enfants "différents", tes TOC... 
- Vous voulez que j'inflige aux lecteurs les détails intimes de ma vie privée ? Mais mon métier, c'est le rire... Jamais je ne pourrai faire pleurer personne. Jamais ! 
- C'est ce qu'on va voir..."

Il y a quelques années, j'avais lu Et si c'était niais ? de Pascal Fioretto, un livre pastichant les auteurs français que l'on retrouve systématiquement dans les meilleurs ventes de livres : Amélie Nothomb, Christine Angot, Marc Lévy, etc. Ce livre, sans être génial, m'avait tout de même bien plu, du coup, quand j'ai croisé un autre livre de Pascal Fioretto, à savoir Moi, Pascal F., je me suis dit que ça pourrait être marrant à lire.

Ce texte, dont le sous-titre est Congelé, tsunamié, élevé par les loups, presque chauve..., est une parodie des témoignages exhibitionnistes que l'on trouve présentés dans des émissions télévisées racoleuses, des revues people et, aussi, sous forme de livres. Le personnage de ce livre, qui est une parodie de l'auteur, raconte sa vie et toutes les improbables péripéties qui l'ont jalonnées : les soeurs jumelles imaginaires que sa mère chouchoute, son enfermement dans un congélateur, congélateur ensuite emporté pas le débordement de la rivière d'à-côté, son arrivée dans la forêt et les années durant lesquelles il vit avec un loup, sa découverte par des campeurs allemands, son adoption par un couple de lesbiennes, etc. Bref, une autobiographie à base de grand n'importe quoi.

Un livre agréable à lire qui non seulement pastiche les témoignages racoleurs que l'on trouve dans les médias, mais aussi les programmes télé sur la cuisine, le féminisme, les bobos, l'écologie, la politique et le langage en entreprise sans oublier quelques références à des personnalités françaises, notamment dans le monde littéraire. Bref, un livre qui caricature l'uniformité bien pensante de certaines catégories de population, les gens qui défendent une idéologie jusqu'au ridicule, l'étalage de soi sur tous les supports médiatiques possibles. Il s'agit d'une exagération du monde dans lequel nous vivons, et bien que le trait soit forcé pour en rire et que ça ne vole pas toujours très haut, il y a beaucoup de vrai dans ce livre !

La vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe (2010)

"Max Sim, le protagoniste principal, est un antihéros par excellence, voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille ne le regarde guère, sinon pour rire sous cape), s’acceptant d’ailleurs en tant qu’échec et y trouvant même une certaine paix : l’absence de lutte, enfin. « Savoir s’accepter » devient l’un de ses mots d’ordre… À force de solitude, il finit par converser avec son GPS au long de ses pérégrinations de commis-voyageur représentant en brosses à dents dernier cri. Il tombe amoureux de cette voix désincarnée, lui imaginant même une personnalité, et les dialogues engagés avec elle partagent le lecteur entre le rire et la compassion. Le drame essentiel réside pourtant dans la relation avec son père, dont il découvre en lisant son journal qu’il était homosexuel et l’a conçu, lui, Max, par accident pourrait-on dire. Mais il va tout de même essayer de se réconcilier avec ce père et même, de lui faire retrouver son ami de cœur, l’extraordinaire Roger S. Un échec là encore, mais l’échec est l’un des ressorts du comique… Jonathan Coe renoue ici avec la veine comique tout en gardant la même complexité, la même précision, la même habileté que dans ses livres précédents. Tout à la fois drôle, bien construit et situé à la pointe du contemporain, le roman procède par mélange de genres, suite d’échos, de souvenirs récurrents, de parallèles, de rappels, pour tenter de cerner la grand interrogation : jusqu’à quel point la vie peut être considérée comme une fiction ?"

Un livre qui m'a tenté parce que j'ai l'impression que les livres de cet auteur sont régulièrement empruntés à la bibliothèque et qu'il me semble avoir vus plusieurs de ces livres en présentation dans les librairies, c'est donc que ça être bien et/ou bien se vendre.

Le personnage principal de ce livre est Maxwell Sim, divorcé de Caroline, père d'une jeune ado, Lucy. Alors qu'il est en arrêt maladie pour cause de dépression (il travaille au rayon jouets d'un grand magasin), Max se rend en Australie pour voir son père avec qui il n'a pas grand chose à dire. A partir de là, il va rencontrer ou croiser plusieurs personnes qui vont le marquer : la mère et la fille asiatique qui jouent aux cartes, son voisin d'avion, sa voisine d'avion qui exerce un métier étrange et lui fait découvrir Donald Crowhurst, etc. Une fois rentré chez lui, en Angleterre, il se voit proposer pas son ami un poste de commercial dans une entreprise de brosses à dent écologiques, poste qu'il accepte. Il doit alors partir pour Aberdeen, et le voyage et la raison de Max commencent à déraper au fil du trajet...

Ce livre m'a bien plu parce qu'il a un petit côté déjanté et improbable que l'on trouve dans les pensées de Maxwell Sim, mais aussi ses rencontres et globalement sa vie. J'ai notamment bien aimé le personnage de Poppy, que j'aurais aimé voir approfondi. Mais même si ce livre paraît léger (ce qu'il est, d'une certaine manière), il est quand même à propos d'un personnage qui perd un peu la tête en mettant sa vie en parallèle avec celle d'un mythomane pseudo-navigateur. Par contre, la fin m'a un peu déstabilisée : il y a une sorte de mise en abîme qui m'a fait m'interroger sur la réalité de ce que j'ai lu. Mais bon, c'est quand même un livre que j'ai apprécié et qui me donne envie de lire d'autres textes de Jonathan Coe si l'occasion se présente.

Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas (2010)

"Désireuse de saisir au plus près la réalité sociale de la crise, Florence Aubenas s'est immergée pendant six mois dans le quotidien d'une travailleuse précaire. Sans autre qualification que le baccalauréat sur son CV, elle s'inscrit au Pôle Emploi de Caen. Son objectif : décrocher un CDI. Elle devient alors "agent de nettoyage" et enchaîne les heures par-ci par-là. Dans son livre, elle témoigne de la misère ordinaire de la France d'en bas. Un document exceptionnel qui a dévoilé le vrai visage de la crise."

Ce livre avait beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie et je m'étais dit qu'à l'occasion je pourrais le lire, bien que l'économie ne soit pas un sujet qui me passionne. L'autre jour, j'ai vu que ce livre était disponible, donc je l'ai emprunté en me disant que c'était l'occasion, surtout qu'il était bien moins épais que ce que je ne pensais.

Il s'agit là moins d'un essai que d'un texte entre enquête et récit. L'auteur, journaliste, décide de s'immerger dans le quotidien d'une femme dans une situation précaire qui n'a aucune expérience et le niveau Bac. Elle vit et raconte donc les rendez-vous à Pôle Emploi où la tension se retrouve partout : du côté des demandeurs d'emploi qui ne trouvent rien, qui ont à peine de quoi survivre et doivent sans cesse se rendre à des rendez-vous qui ne servent à rien, et aussi du côté des employés de Pôle Emploi à qui on demande de gérer de plus en plus de dossier et d'atteindre des quotas. Florence Aubenas parvient à trouver des petits boulots, quelques heures de ménages par-ci par-là, dans des conditions difficiles et des allers-retours incessants. Elle côtoie des gens qui ont toujours connu ce genre de situation précaire et qui acceptent tout parce qu'ils n'ont pas vraiment le choix, que c'est mieux que rien.

J'ai beaucoup aimé ce livre, je m'attendais à y trouver des chiffres, de la politique, etc, mais non, il s'agit du quotidien d'une travailleuse qui enchaîne les boulots ingrats, quelques contrats de quelques heures, juste de quoi vivre sur le court terme. Elle et les autres dans la même situation sont comme des pions que d'autres déplacent ou écartent au gré des besoins, voire des humeurs, ils n'ont pas les moyens de grand chose et leurs rêves ne sont pas grands, mais ils n'en sont pas moins inaccessible vu leur revenus et leurs conditions de travail. Ces travailleurs sont usés avant l'âge, épuisés par les horaires décalés et les heures supplémentaires non-comptées dans les forfaits horaires, etc. Un livre qui a quelque chose de pesant vu la situation qu'il décrit, mais qui n'en reste pas moins intéressant et qui fait réaliser le luxe que c'est d'avoir un travail en CDI et/ou à temps complet.

Ça, Stephen King (Tome 1) (1986)

"Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l'horreur absolue ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans...
Vingt-sept ans plus tard, l'appel de l'un d'entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l'horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.
Entre le passé et le présent, l'enfance et l'âge adulte, l'oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l'auteur de Sac d'os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses oeuvres les plus amples et les plus fortes
."

Ça est probablement l'un des romans les plus connus et appréciés parmi le bibliographie de Stephen King, et n'ayant jamais lu ce livre, ni jamais vu d'adaptation qui a pu être faite, je me devais de le lire puisque mon but est de découvrir les romans cultes de cet auteur.

Le roman commence dans les années 1950 dans la petite ville de Derry. Des enfants se font tuer et aucun indice ne permet d'avancer dans l'enquête. Nous suivons quelques enfants de cette petite ville, dont Bill, le frère d'un des enfants tué, dans leur enfance, leurs rencontres, leurs jeux, leur frousses des gros durs, etc. Vingt sept ans plus tard, ces enfants sont devenus adultes, chacun ayant suivi sa voix. Leur quotidien se trouve bouleversé lorsqu'ils reçoivent l'appel de l'un d'eux, Mike, qui leur rappelle la promesse qu'ils s'étaient faite vingt-sept ans auparavant. Presque tous reviennent à Derry honorer leur promesse puisque ce qui avait provoqué les décès d'enfants est désormais revenu, comme cela revient toujours, par cycle de vingt-cinq à vingt-sept années, et qu'ils vont tenter d'y mettre fin.

J'ai beaucoup aimé ce premier tome qui nous présente bien chacun des personnages, aussi bien adultes qu'enfants, et qui décrit très bien l'ambiance de la ville, la peur des enfants et celle des adultes. La tension monte mais sans que l'intrigue ne soit prévisible parce que nous n'avons pas tous les éléments : le contenu de la promesse qu'ils se sont faite, par exemple. La seule chose que je peux lui reprocher c'est son mode de narration qui peut embrouiller un peu : passé et présent se croisent, de même que la vie des différents personnages, ce qui m'a un peu perdu puisque je n'arrivais pas à savoir qui était qui, mais je suis tout de même parvenu rapidement à les identifier, il n'y a qu'au début que j'ai été un peu perdue. En tout cas, je suis impatiente de lire le second tome puisque le premier nous laisse alors que les éléments de l'intriguent commencent à converger vers des évènements peu réjouissants.

Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, Antoine Bello (2010)

"Le détective Achille Dunot souffre d'une étrange forme d'amnésie. Depuis un récent accident, sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, si bien qu'il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille. Quand le chef de la police lui demande d'enquêter sur la disparition d'Emilie Brunet, une des femmes les plus riches du pays, Achille décide de tenir un journal dans lequel il consignera le soir, avant d'aller se coucher, les enseignements de la journée. Lui qui ne jure que par Agatha Christie devient ainsi à son insu le héros et le lecteur d'un drôle de roman policier... dont il est aussi l'auteur. Très vite, tout accuse Claude Brunet, le mari de la disparue. Il a plusieurs mobiles et aucun alibi. Il se vante à demi-mot d'avoir commis le crime parfait. Mais surtout, il ose critiquer les méthodes d'Hercule Poirot..."

J'avais lu plusieurs bonnes critiques de cet ouvrage, ce qui avait fait que son titre était resté en réserve dans un recoin de ma mémoire et qu'il s'est rappelé à moi lorsque j'ai eu l'occasion de croiser ce livre.

Le narrateur de ce texte est Achille Dunot, un ancien détective qui après avoir reçu un livre sur la tête souffre d'amnésie rétrograde : c'est-à-dire qu'il a tous ses souvenirs d'avant l'accident, mais qu'il est incapable d'en retenir d'autre au-delà d'une journée, donc chaque matin, il se réveille sans savoir ce qu'il s'est passé depuis son accident. Malgré cela, il est sollicité pour mener une enquête : une femme a disparu. C'est son mari, Claude Brunet, un célèbre neurologue, qui a signalé la disparition de sa riche épouse, après avoir constaté qu'elle n'était pas revenu de la randonnée qu'elle avait été faire avec son amant. Après avoir été tabassé par l'agent qui a pris l'avis de disparition de son épouse, Claude Brunet se retrouve à l'hôpital, incapable de se souvenir de ce qu'il s'est passé dans les jours avant son passage à tabac, c'est-à-dire pendant le week-end où sa femme a disparu. Achille Dunot doit donc mener l'enquête en tenant un journal, journal qui est le texte que nous lisons.

Je dois dire que je suis resté sur une drôle d'impression parce que la fin du livre m'a décontenancée. Tout ce qui précède, c'est-à-dire l'essentiel du teste, m'a plus, mais la fin est ouverte et nous laisse le soin de résoudre l'énigme grâce aux clés contenues dans les propos des personnages. Le problème c'est que malgré mes très nombreuses lectures, je n'ai que peu d'imagination et je suis rarement capable de devenir le coupable dans un roman policier, c'est le processus plus que de savoir qui est le coupable qui m'intéresse. Du coup, avec cet ouvrage, j’aboutis dans une impasse : j'ai une énigme que je suis incapable de résoudre... Donc cela m'a moyennement enthousiasmée, mais j'imagine que pour beaucoup de gens, cela ajoute du piquant à la lecture et en fait un très bon livre : l'amnésie du narrateur, celle -vraie ou fausse ?- du principal suspect, le fait que ce texte soit sous forme de journal, etc, est à la fois original et captivant. Sinon, il est énormément question d'Agatha Christie et des livres qu'elle a écrit, mais il n'y a aucun besoin d'être un connaisseur de cette auteur pour lire l'Enquête sur la disparition d’Émilie Brunet.

Cauchemar à la scierie, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 4) (2000)

"Cher lecteur,
J'espère pour toi que tu n'as pas choisi ce livre en te disant : " ça a l'air drôle ; je vais me régaler ! " Si tel est le cas, un conseil : remets-le en place, et vite. Car, de tous les épisodes désolants de la triste vie des orphelins Baudelaire, celui-ci pourrait bien pulvériser les records de tristesse et de désolation. Violette, Klaus et Prunille se retrouvent à La Falotte, où leur nouveau tuteur est le patron de la scierie Fleurbon-Laubaine, et derrière chaque bûche (ou presque) est embusquée une calamité. À titre d'exemple, dans ces pages, ils vont avoir affaire à une pinceuse géante, à d'abominables casseroles, à de la fumée de cigare qui parle, à un mystérieux cas d'hypnose, à des kilos de chewing-gums et à des bons de réduction. J'ai fait serment, pour ma part, de relater jusqu'au bout les misères endurées par ces trois enfants, mais ce serment n'engage que moi. De ton côté, cher lecteur, si tu préfères les histoires moins sombres, libre à toi de choisir quelque chose de plus réjouissant. Avec mes sentiments respectueux, Lemony Snicket
"

Nous retrouvons ici la fratrie orpheline des enfants Baudelaire : Violette, Klaus et Prunille. Ceux-ci se voient à nouveau confier à quelqu'un de la famille puisque leur placement précédent n'a pas duré. Cette personne est propriétaire d'une scierie et gros fumeur, au poids que son visage se perd toujours dans une brume de fumée. Alors que les enfants pensaient pouvoir bénéficier d'un minimum de confort et de tranquillité dans cette entreprise, ils s'aperçoivent bien rapidement que cela ne va pas être le cas : ils doivent rejoindre le contingent des travailleurs de l'usine et son traités de la même manière que ceux-ci. Les enfants doivent donc se partager deux couchettes dans le dortoir, sont rémunérés en bons de réduction -inutiles puisque n'ayant pas d'argent ils ne peuvent de toute façon rien acheter-, et sont nourris avec des chewing-gum. Heureusement, les enfants Baudelaire sont ingénieux et débrouillards, ce qui va les aider à mettre fin à cette situation évidemment ourdie par le cupide comte Olaf...

Ce quatrième tome de la série des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire est le dernier que je vais lire. Non pas que cette série soit particulièrement mauvaise, mais c'est plutôt qu'elle n'est absolument pas adaptée à un public aussi âgé que moi ! Comme je l'ai déjà dit, ces livres -le quatrième tome y compris- sont bien écrits et l'intrigue cohérente, mais pour un adulte, le contenu est plutôt prévisible et manque de densité. Je pense que cette série doit être vraiment bien mais pour un public ayant plutôt 8 à 10 ans. Donc même si ça ne m'a pas intéressée, je retiens quand même au cas où j'aurais à faire un cadeau à un enfant de cet âge !

Scintillation, John Burnside (2008)

"Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d’enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d’enfer contemporain. Année après année, dans l’indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs. Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d’espoir et de passion, il aime les livres et les filles. Il y a dans ce roman tous les ingrédients d’un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l’écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter les histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie. On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c’est par le respect et l’admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d’un texte littéraire rare."

J'ai entendu parler de ce livre à plusieurs reprises, que ce soit dans la presse ou sur des blogs (Biblioblog, Bibliobs), et ce que j'en lisais me donnait envie d'en savoir plus, ce qui m'a poussé à lire le livre.

L'histoire se déroule dans l'Intraville, une petite ville au bord de la mer et qui a prospéré lorsque l'usine installée là fonctionnait encore. Au moment du récit, l'usine est désaffectée et sert de terrain de jeu aux enfants de coin. Mais la page n'est pas tournée pour autant puisque cette usine a pollué tous les alentours, provoqué des maladies plus ou moins identifiables et connues au sein de la population, contaminé les bois et les animaux. Autre particularité de l'Intraville, ce sont les disparitions de jeunes garçons : officiellement, ils s'agit de fugues, ce qui est crédible au vu de l'environnement lugubre et sans avenir. Mais officieusement, le policier du coin, Morrison, qui a découvert le corps d'un des garçons disparus, pense qu'il s'agit d'autre chose, sans vraiment savoir ce qu'il se passe vraiment, et sans pouvoir mener d'enquête puisque celui qui fait la pluie et le beau temps dans la commune et à qui Morrison doit son poste, lui a dit de ne pas se poser de questions. Nous avons également le point de vue de Léonard, un adolescent de l'Intraville, intelligent mais désoeuvré et sans avenir, dont la mère est parti et dont le père est malade. Il se joint à une bande de jeunes de son âge et une vengeance suite aux disparitions est envisagée.

J'ai été déstabilisée par cet ouvrage, je ne sais pas vraiment quoi en penser... L'écriture et l'ambiance de ce texte sont très bons, exceptionnels, c'est à la fois beau, sombre, précis et nébuleux. L'histoire aussi est intéressante, on a envie d'en savoir plus, et c'est là justement que se situe la nuance de mon avis : la fin ouverte et mystique m'a déroutée, je suis resté sur ma faim une fois le livre refermé, j'ai eu l'impression de ne pas comprendre, d'avoir raté quelque chose vers la fin. Pour résumer, j'ai trouvé ce livre remarquable pour son atmosphère et l'écriture, mais j'ai été déboussolée par la fin ouverte et énigmatique.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer (2006)

"En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s excuse, et, peu à peu, un dialogue s engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l un pour l autre une certaine fascination. Alors même qu ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l autre... De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d un chagrin d amour. Un jour, pourtant enfin ! , ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s imposent une règle : reconnaître l autre qu ils n ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler..."

Voici un livre que j'ai lu après qu'une lectrice rendant ce livre en ai donné une bonne crique. La lecture de la quatrième de couverture m'a laisser penser que ça pourrait me plaire, donc je l'ai emprunté puis lu.

Ce roman est épistolaire, mais de façon moderne puisque les courrier échangés sont des mails. Les deux personnages, Emmi et Léo, commencent à échanger par hasard. En effet, Emmi souhaite résilier un abonnement à une revue, et à cause d'une faute de frappe, c'est Léo qui reçoit le mail. Puis Emmi refait à nouveau la même erreur. Léo et Emmi commencent alors à discuter par mail et les conversation deviennent de plus en plus fourni. Les deux envisagent de se rencontrer puisqu'ils vivent dans la même ville, et ils se donnent alors rendez-vous dans un café, mais le but est seulement de savoir s'ils seront capable de se reconnaître et si oui, il ne doivent pas le manifester, c'est simplement pour se faire une idée de ce à quoi l'autre ressemble. Après, ils reprennent leur correspondance, aucun n'étant vraiment sûr d'avoir reconnu l'autre. Les échanges deviennent de puis en plus détaillés et personnels, virant à la quasi-obsession.

Ce roman se lit bien, et j'ai bien aimé le principe de départ : une correspondance entre deux inconnus qui se rencontrent par hasard et qui vont se lier au fil de leurs échangent. Par contre, les personnages ne m'ont pas plus et c'est ce qui m'a empêché de bien apprécier le livre : je les ai trouvé superficiels, excessifs dans leur réaction, peu crédibles. Il y a quand même des passages que j'ai plus appréciés que d'autres, mais mon impression globale de ce livre est la déception. Au moins, il n'a pas trop de longueurs et il se lit vite, ce qui m'a permis de ne pas trop m'ennuyer.

Adaptations cinématographiques


Comme cela se remarque quelque peu, c'est la lecture qui occupe l'essentiel de mon temps libre, non seulement parce que c'est l'activité qui m'intéresse le plus, mais aussi parce que les autres ne m'intéressent que peu ailleurs.

Donc, par exemple, je ne vais quasiment jamais au cinéma ; sur les cinq dernières années, je n'ai pas été voir cinq films, je ne sais même pas si j'en ai vu trois, donc en gros, la moyenne est de moins d'un film par an.

Les raisons sont diverses : peu de films à m'intéresser, peu d'affinités avec cette forme d'art, une mauvaise expérience la dernière fois que j'ai été au cinéma (son très mauvais, bâtiment insalubre et odeur d'urine dans la salle...), obligation de me cantonner aux cinémas du centre-ville, etc.

Cela ne signifie pas que je suis complètement réfractaire à l'idée d'aller au cinéma : si un film susceptible de vraiment m'intéresser est à l'affiche, je peux me motiver pour y aller. Mais il faut qu'il y ait un film à me plaire.

Or, il se trouve que mercredi dernier, le 5 donc, DEUX films me tentant sont sortis. J'insiste sur le DEUX parce que cela faisait des années qu'il n'y en avait même pas eu un. Ces films sont Anna Karénine de Joe Wright (fiche du film là) et Les Hauts de Hurlevent d'Andrea Arnold (fiche du film ici) tout deux étant des adaptations de romans classiques, romans que j'ai lus et appréciés. 

En général je me méfie des adaptations parce que ce n'est jamais à la hauteur du livre, mais là, les livres m'ont suffisamment plus pour que j'ai envie de voir les adaptations, mais ils ne m'ont cependant pas assez marquée pour que je tienne rigueur des éventuelles insuffisances, donc c'était d'autant plus l'occasion d'aller au cinéma  pour occuper un lundi après-midi ou un samedi où je ne travaille pas ou pas toute la journée.

Sauf que le premier film n'est diffusé que dans le gros cinéma hors de la ville et dans lequel je ne peux pas me rendre et que le second n'est pas distribué dans le département... Bon ben, tant pis alors.

Je vais donc attendre qu'ils sortent en DVD et espérer que la bibliothèque les achète, et en attendant je vais me consoler avec les livres : ceux dont sont tirés ces deux films (que j'ai déjà lus mais que je pourrais relire vu qu'ils étaient bien), et puis tous les autres livres qui attendent sur mon bureau que je les dévore !

Pour rappel, Anna Karénine a été écrit par Léon Tolstoï (attention, le livre est très bien, mais il y a plein de personnages, et tous avec des noms difficiles à retenir, ce qui peut perturber la lecture) et Les Hauts de Hurlevent par Emily Brönte.

Ouragan sur le lac, Lemony Snicket (Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 3) (2000)

"Cher lecteur, il m'en coûte de le dire, mais le livre que voici ne contient rien de réjouissant. Les orphelins Baudelaire, Violette, Klaus et Prunille, sont trois enfants charmants à l'esprit vif et au cœur d'or, mais leur vie n'est qu'une longue série de coups du sort et de calamités. Tous les récits les concernant ont de quoi fendre le cœur, et le présent épisode pourrait bien se révéler le pire de tous. Prudence, donc : pour lire ce livre, mieux vaut être prêt à affronter mille choses déplaisantes dont un ouragan, des sangsues voraces, une jambe de bois, de la soupe de concombres glacée et des cadeaux ratés, sans parler de manuels de grammaire. Pour ma part, il est de mon devoir de relater ces tragiques événements ; à toi, lecteur, de décider si tu te sens de force à les lire. Avec mes sentiments respectueux, Lemony Snicket."

Après la lecture du premier tome (avis ici), puis du deuxième (), voici le troisième !

Après le décès de leur précédent tuteur, Montgomery Mongomery, assassiné par le comte Olaf, les trois enfants Baudelaire, Violette, Klaus et Prunille se retrouvent placés chez un nouveau membre de leur famille : leur tante Agrippine. Cette veuve vit dans une maison biscornue accrochées à une falaise qui donne au-dessus d'un lac. Agrippine est une femme maniaque de la grammaire (une grammar nazi comme on dit sur le Net) et qui a peur d'à peu près tout. Alors que enfants et leur tante se promènent au marché, ils tombent "par hasard" sur le capitaine Sham qui, soit-disant, loue des voiliers sur le lac. Immédiatement, les enfants voient qu'il s'agit du comte Olaf qui en a toujours après leur héritage, mais leur tante, qui n'a jamais vu le comte ne réalise pas qui est cet homme qu'elle trouve bien sympathique. Les enfants vont donc devoir une fois de plus déjouer les plans du comte, face aux adultes qui ne voient pas qui est vraiment le capitaine Sham.

Tout comme les tomes précédents, j'ai trouvé que c'était bien écrit, mais que c'est vraiment destiné à des lecteurs bien plus jeunes que moi. Du coup, j'ai une fois de plus été un peu déçue par le manque de consistance de l'intrigue et le fait que ce soit très prévisible, surtout que le scénario est grosso modo le même que dans le tome précédent. Du coup, je pense que je vais encore lire le tome 4 que j'ai emprunté, mais ça sera probablement le dernier.

Auto-bio 2, Cyril Pedrosa & Ruby (Tome 2) (2009)

"C’est bien beau d’être bio, mais pas toujours très facile... Cyril Pedrosa s’amuse de nos contradictions d’urbains écartelés entre consommation et protection de l’environnement. Quiconque a déjà acheté un sac péruvien estampillé « commerce équitable», mais ni lavable en machine ni imperméable, se retrouvera dans cette série à haute teneur en humour !"

Après avoir lu et apprécié le premier tome d'Auto-bio (l'article ici), c'est logiquement que j'ai enchaîné sur la lecture du second tome.

Là encore, le livre regroupe une série de planches ayant pour thème l'écologie et le monde bobo, le tout décrit avec auto-dérision et une touche de cynisme puisque tous les personnages ne sont pas convaincus à 100% par le bio, le compost, etc, puisque l'industriel et le chimique sont parfois bien confortables. Mais il ne s'agit pas non plus que de produits biologiques, certaines planches parlent plus généralement des convictions et des engagements que l'on peut avoir : l'auteur s'est trouvé invité à commenter le premier tome d'Autobio lors de la sortie de celui-ci, plus globalement il en discute avec son entourage, ce qui l'amène à réfléchir sur certaines contradictions.

Il s'agit en tout cas d'une bande-dessinée drôle et qui prend du recul sur le sujet du bio & co. J'ai d'autant plus aimé que, tout comme dans le tome précédent, je me suis retrouvée dans certaines planches, on voit que c'est du vécu, du concret, et c'est ce qui renforce l'humour d'ailleurs. Bref, une bande-dessinée agréable à lire et qui fait quand même un peu réfléchir aussi sur un sujet d'actualité et la manière dont on se positionne à ce propos !

Idée cadeau de Noël, parce que vous le valez bien

Gens qui baguenaudez ici, 

Comme vous l'avez peut-être remarqué grâce aux décorations lumineuses apparu dans le voisinage, ou encore par l'ouverture de votre calendrier de l'avent, le compte à rebours avant Noël à débuté.

Cela signifie que l'heure est venu de se creuser la tête pour trouver des idées cadeaux, courir dans les magasins de plus en plus bondés à la recherche du présent idéal qui fera scintiller la joie et le bonheur de Noël dans les yeux du destinataire dudit cadeau.

Je n'ai pas de solution miracle pour vous aider dans cette poursuite de l'idée parfaite cependant, j'ai tout de même une suggestion assez proche à vous faire. Quatre suggestions même, puisqu'il s'agit d'une série de bandes-dessinées : Reflets d'Acide, de JBX et Le Fab.

J'ai oublié de le préciser, mais ceci n'est pas un article sponsorisé : si je vous parle de ces BD c'est parce que je connais des gens qui sont liés à toute cette histoire, et si ces livres se trouvent au pied de quelques sapins dans trois semaines, cela leur fera autant plaisir qu'aux les destinataires de ces présents.

Ces quatre livres sont donc des adaptations de la saga MP3 du même nom, à savoir Reflets d'Acide. Une saga MP3, pour ceux qui ne le savent pas, est une histoire découpée en plusieurs épisodes, avec ici, des trolls, des nains, des méchants, des rebondissements, de l'humour et des jeux de mots. Vous trouverez tous les renseignements sur la saga -et la saga elle-même- à disposition gratuitement, sur le site officiel de Reflets d'Acide.

Ces bandes-dessinées peuvent cependant tout à fait se lire sans avoir connaissance de la saga MP3, d'ailleurs, si vous les offrez à quelqu'un qui ne connaît pas la saga originelle, il aura le plaisir de la découvrir, cela étant comme un cadeau bonus offert avec le(s) livre(s). Et s'il connaît déjà la saga MP3, ces adaptations lui permettront de retrouver sur papier l'univers qu'il avait découvert en version audio.

En plus, comme déjà dit, il s'agit là d'une série, ce qui à le mérite de non seulement donner une idée cadeau pour Noël, mais aussi pour d'autres occasions ensuite ! En offrant le tome 1 à quelqu'un, vous vous faite aussi un cadeau puisque cela signifie que vous n'aurez pas à vous casser la tête pour savoir quoi offrir à ce quelqu'un lors de son anniversaire : vous lui offrirez le tome 2 ! Bref, que des avantages.

Maintenant que vous êtes convaincus (et je sais que vous l'êtes), je m'empresse de vous présenter ci-dessous les quatre titres déjà parus, avec des liens vers un site de vente contenant toutes les références, mais ces bandes-dessinées sont achetables ou commandables depuis n'importe quelle librairie, tant que vous avez les références (et qu'il y a du stock) !

Tome 2 : Quintette en sols quinteux !
Tome 1 : La quête sans nom
Tome 4 : Horizons & dragon...

Internet rend-il bête ?, Nicholas Carr (2010)

"C'est bien sûr à une révolution technique et informationnelle que nous assistons avec Internet. Mais c'est surtout à une révolution dans notre cerveau ! Vous aviez l'habitude de lire tranquillement et de façon linéaire un livre sur lequel vous portiez toute votre attention. Cela pouvait durer des heures pendant lesquelles vous, lecteurs, vous immergiez dans le monde singulier d'un auteur, en y mettant toute la concentration que vous désiriez. Regardez maintenant ce qui se passe quand vous vous connectez à Internet. Vous zappez de page en page par des liens qui vous promènent ici et là, et pendant ce temps vous êtes aussi bombardés de messages, parfois d'alertes vous informant qu'un mail vient de vous arriver ou qu'une nouvelle récente vient de mettre un blog ou un site Web (sur un flux RSS) à jour. Que se passe-t-il alors dans notre esprit ? En quoi cet environnement électronique change-t-il notre état mental, voire notre comportement social ? Ne serons-nous bientôt plus capables de nous concentrer plus de quelques minutes sur un texte ? N'allons-nous pas nous contenter de picorer ici et là quelques bribes (de textes, de vidéos, de messages audio) ? Notre cerveau, incroyablement plastique, s'adapte très vite aux nouvelles technologies et à leurs nouvelles tentations... Quels sont les avantages et les inconvénients de ces changements pour notre esprit ? Nicholas Carr pose ici une question fondamentale : quel monde nouveau l'Homo sapiens vient-il de se forger et y résistera-t-il ?"

Il y a de cela deux ans, j'avais lu un article très intéressant de Nicholas Carr sur la manière dont l'usage de l'informatique changeait notre façon de lire. Le sujet de cet article était également celui du livre qu'il venait de publier, à savoir celui dont il est question ici : Internet rend-il bête ?

Derrière cette question un peu simpliste se cache en réalité de grande question de neurologie et de comportement. En effet, dans cet ouvrage, Nicholas Carr nous explique que chacune de nos action entraîne des conséquence dans la plasticité de notre cerveau, et ces modifications se renforcent si l'acte qui les produit se répète. Utiliser l'informatique et plus spécifiquement Internet a donc des conséquences sur notre cerveau mais aussi sur notre manière de lire. Internet amène à penser vite, à survoler, à aller à l'essentiel, à être sans cesse sollicité par les publicités, les alertes mails, les mises à jour de sites, etc, ce qui fait que nous sommes sans cesse amenés à prendre des micro-décisions, à faire des choix, mais que notre attention est trop dispersées pour se concentrer. Le problème est en effet que la lecture "traditionnelle" est de plus en plus difficile car l'usage grandissant de l'informatique fait que les gens ne parviennent plus ou difficilement à se concentrer sur un long texte, à se couper du monde le temps de cette lecture, ils sont au contraire attentifs à tout ce qu'il se passe autour. Les gens qui font des recherches le font de plus en plus souvent sur la toile, et certains n'utilisent presque plus de livres tant cela leur paraît obsolète : Internet permet d'être efficace, rapide, mais ses résultats sont-ils pertinents ? Faire des recherches approfondis dans des livres est-ce la même chose que d'aller droit au but grâce à une recherche sur le net ? La lecture telle que nous la connaissons est-elle est train de disparaître ?

J'ai trouvé ce livre très intéressant car il traite d'un sujet qui me concerne. D'ailleurs, le constat de départ de l'auteur -à savoir qu'il avait de plus en plus de mal à se concentrer sur de longs textes- me touche aussi parfois, surtout que je passe pas mal de temps devant mon ordinateur. Lisant énormément de livres à côté, l'effet que pourrait avoir mon usage d'Internet se trouve contrebalancé, mais je le retrouve malgré tout dans certains faits évoqués. L'étude de l'auteur est également intéressante lorsque, comme moi, on travaille dans le milieu du livre : comment va évoluer la lecture avec l'usage grandissant d'Internet ? Comment les comportements vont-ils évoluer ? Bref, un livre très intéressant à lire, que ce soit par intérêt ou par curiosité.

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