Les anonymes, Roger Jon Ellory (2008)

"Washington. Quatre meurtres aux modes opératoires identiques. La marque d’un serial killer de toute évidence. Une enquête presque classique donc pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité. Qui était-elle réellement ? Et ce qui semblait être une affaire banale va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain…"

De Roger Jon Ellory, j'ai déjà lu Seul le silence (article ici), un thriller qui m'avait beaucoup plu, donc j'avais retenu le nom de l'auteur afin de lire d'autres textes de lui à l'occasion.

Robert Miller est inspecteur au commissariat n°2 à Washington, il vient de réintégrer son poste après une affaire dans laquelle son rôle n'était pas très clair. Il se retrouve sur une affaire de meurtre, celui de Catherine Sheridan, une femme battue à mort et retrouvée nue dans son lit, avec un ruban autour du coup. Ce dernier point fait de Catherine la quatrième victime du Tueur au Ruban, et comme elle est la deuxième à se trouver dans le secteur du commissariat n°2, c'est Robert Miller et son collègue Al Roth qui récupèrent l'ensemble des affaires. Au cours de leur enquête, il vont découvrir des liens inexplicables avec un junkie, Darryl King, une absence d'informations et de proches liés aux victimes, un policier qui n'existe pas vraiment, un homme sans nom mais connu de deux victimes et un article sur les élections au Nicaragua, bref, rien de cohérent...

Cette fois-ci aussi j'ai bien aimé ce livre de R. J. Ellory : c'est un thriller bien ficelé et captivant, surtout le début pendant lequel les points d'interrogation ne font que ce multiplier. La fin m'a un peu moins plu : il est question de politique, de pouvoir, de l'administration des États-Unis, bref, des sujets qui ne m'intéressent pas vraiment et une histoire que je ne connais pas. Malgré cette fin que je n'ai pas trouvée à la hauteur de ce qui précède, ce livre reste palpitant et le scénario bien ficelé.

L'accablante apathie des dimanches à rosbif, Sébastien Vassant & Gilles Larher (2008)

"Je m'appelle Brice Fourrastier, avec deux «r», comme dans «marrant», mais à «mourant», y en a qu'un. J'ai quarante ans et j'irais pas plus loin...
Pour son premier scénario, Gilles Lahrer a décidé de s'attaquer à un sujet douloureux: la maladie et la mort ! En choisissant de raconter celle d'un artiste comique, il prend le lecteur à contre-pied et nous offre un long roman graphique réjouissant, entre émotion et rire, d'une extraordinaire maturité pour une oeuvre naissante. Bien qu'il soit légèrement narcissique, parfois cynique et franchement séducteur, Brice Fourrastier est adulé des foules. Son spectacle «L'accablante apathie des dimanches à rosbif» triomphe sur les scènes de France.
La quarantaine venue, Brice termine la tournée de son spectacle avant de prendre une ou deux années studieuses pour écrire son prochain spectacle. Histoire de se ressourcer, et peut-être aussi, qui sait, enfin trouver l'âme soeur. Car, si son sketch le plus célèbre s'intitule «Le grand secret des femmes !», il semble bien qu'il n'est pas encore percé celui qui consiste à établir une relation durable (mais en a-t-il vraiment envie ?). La vie de Brice Fourrastier va basculer d'une façon imprévue. Un cancer le ronge. Il n'a plus que quelques mois à vivre. L'heure est venue pour lui de faire ses adieux. Artiste iconoclaste, il décide d'en faire son dernier spectacle...
"

J'avais vu ce livre une première fois et c'est son titre qui m'avait attiré, mais je ne sais plus pourquoi, je l'avais laissé de côté. Et puis l'autre jour à la bibliothèque, alors que je rangeais les bandes-dessinées, j'ai à nouveau vu cette bande-dessinées, elle était posée en présentation et dessus se trouvait un bout de papier déchiré sur lequel il était écrit que c'était un livre à lire (c'était très manifestement l'oeuvre d'un lecteur). Du coup, j'ai été intriguée et j'ai empruntée cette BD.

Brice Fourrastier est un humoriste connu, il a déjà plusieurs spectacles à son actif, il passe à la télévision et à la radio, on lui propose un rôle au cinéma, etc, bref, il réussit. Mais un jour, il va devoir réenvisager son avenir : comme il a des douleurs au ventre (ce qu'il met d'abord sur le compte de la choucroute d’Angoulême), il finit par aller voir un médecin, et de consultation en analyse, le diagnostic est qu'il a quelque chose de plus grave qu'un ulcère et qu'il ne lui reste qu'environ trois mois à vivre. Il va alors être suivi par une psychologue dont il va tomber amoureux, réfléchir sur lui-même et sa vie, annoncer la nouvelle à ses proches, etc. En plus de cela, et en tant qu'humoriste, il décide alors d'organiser ses adieux avec un dernier spectacle destiné à ses proches.

J'ai bien aimé cette bande-dessinée qui pourtant ne correspondait absolument pas à ce à quoi je m'attendais : je pensais que ça raconterait l'enfance d'un personnage, la nostalgie des déjeuner en famille, etc, alors que non, ça parle d'un adulte de 40 ans qui se retrouve confronté à la maladie et à la mort à court terme. Pour autant ce n'est pas sinistre, il n'y a pas non plus de grandes réflexions sur la vie et la mort, le fait que le personnage principal soit un humoriste dédramatise aussi l'histoire. En fait, il est surtout question de l'irréalité de sa propre mort, même quand on sait qu'il reste peu de temps à vivre, sur la difficulté à annoncer une maladie à ses proches quand on a soi-même du mal à intégrer cette idée, sur l'absence, le deuil de l'entourage. Bref, un livre qui se lit très bien malgré un sujet peu joyeux.

Un cheval dans la salle de bain, Douglas Adams (Dirk Gentle, détective holistique, tome 1) (1987)

"Le plus grand roman policier, romantique, d'humour, de voyage dans le temps, d'horreur et fantastique jamais écrit. Le seul, à la réflexion."

J'ai déjà lus des livres de cet auteur avec la série H2G2 (les articles ici) et j'avais beaucoup aimé, j'étais donc tout à fait prête à lire d'autres textes de lui. Ce qui m'a poussé vers ce titre en particulier, c'est que mon compagnon m'a fait découvrir une mini-série anglaise nommée Dirk Gently est qui s'inspire justement d'Un cheval dans la salle de bain.

Ce roman commence lors d'un dîner dans une université anglaise, dîner autour duquel se trouvent Reg, un professeur qui occupe une chaire qui s'apparente à une sinécure, et Richard, un de ses anciens élèves qui travaille désormais dans l'informatique et qui a un problème de canapé coincé dans sa cage d'escalier. Après le repas, les deux se retrouvent dans l'appartement de Reg où un cheval les attend dans la salle de bain. En parallèle, nous suivons également un moine-robot dont le but est de croire, et qui se ballade à une époque inconnue et dans un monde désertique. Et les choses se corsent lorsque le patron de Richard est retrouvé assassiné sur une route de campagne. Richard décide alors de faire appel à un ancien et drôle de camarade d'université, à savoir Sclad Cjelli, renommé Dirk Gently, et qui est détective privé.

Ce livre m'a beaucoup plu : c'est du fantastique absurde, c'est drôle, c'est bien construit, etc. L'essentiel du livre ressemble à une enquête policière truffée d'éléments cocasses, mais des éléments de science-fiction sont également présent, et cet aspect se retrouve également à la fin. Fin qui m'a d'ailleurs surprise car elle est nettement plus orientée science-fiction que le reste de l'ouvrage. Mais cette surprise n'était pas mauvaise, et j'ai dévoré tout l'ouvrage donc un de ces jours je lirai les textes qui font suite à celui-ci.

Fleur de cimetière, David Bell (2011)

"Tom et Abby Stuart avaient tout pour être heureux : un mariage parfait, une vie confortable et une merveilleuse petite fille de douze ans, Caitlin. Jusqu’à ce que Caitlin disparaisse sans laisser de traces. Pendant un temps, le couple s’accroche à tous les espoirs, toutes les fausses pistes, mais cette vaine attente et le poids de la culpabilité finissent par avoir raison de leur mariage, brisant leur vie à jamais. Quatre ans plus tard, Caitlin réapparaît, sale, hirsute, et pourtant étrangement calme. La jeune fille refuse d’expliquer ce qui lui est arrivé. Et lorsque la police arrête un suspect lié à l’affaire, Caitlin refuse de témoigner contre lui, laissant les Stuart face à une seule alternative : abandonner l’espoir que justice soit faite, ou prendre les choses en main. Pour Tom, lancé dans une quête obsessionnelle de la vérité, commence alors un voyage qui le conduira à explorer la part d’ombre des êtres qui lui sont chers et à affronter ses propres démons. Mais rien de ce qu’il a vécu jusqu’alors ne l’a préparé à ce qu’il s’apprête à découvrir."

J'ai découvert ce livre part hasard parmi des livres venant d'être rendus à la bibliothèque et j'ai été interpellée par sa collection, par son titre, par la pastille le signalant comme une nouveauté puis pas la lecture de la quatrième de couverture, et comme tout cela était plutôt attractif, je l'ai emprunté.

Le récit commence alors qu'un couple s'apprête à commémorer les quatre ans de disparition de leur fille unique, Caitlin, disparu alors qu'elle avait 12 ans et qu'elle était parti promener le chien. Les parents sont vivent encore ensemble, mais ils ne sont plus sur la même longueur d'ondes : la mère s'est réfugiée dans la religion et la communauté du pasteur Chris, afin de faire le deuil de sa fille, tandis que le père croit encore qu'elle est vivante. A l'occasion des quatre ans de la disparition de Caitlin, l'affaire revient un peu sur le devant de la scène grâce à quelques articles dans la presse et, étonnamment, des informations nouvelles refont surface et, surtout, Caitlin elle-même est retrouvée. Mais elle n'est plus la petite fille de 12 ans qu'elle était : elle est désormais une adolescente renfermée sur elle-même, qui ne veut pas retourner avec ses parents et qui ne souhaite que retourner vivre avec son ravisseur, dont elle est amoureuse...

Ce que j'ai bien aimé dans ce thriller, c'est l'originalité du point de vue : au lieu de suivre une histoire qui se déroule au moment de la disparition, c'est du retour de la disparue dont il est question, la difficulté de s'adapter à quelqu'un qui a été attendu mais qui a changé. En plus, dans ce cas, l'ex-disparue n'avait pas particulièrement envie d'être retrouvée et n'a pas envie de rester avec ses parents, ce qui renforce l'originalité du point de vue. Mais malgré cela, j'ai quand même trouvé que pas mal de passages étaient un peu convenus, et d'autres un peu lents, ce qui fait que j'ai bien aimé ce texte, mais pour autant, il ne reste pas inoubliable.

Elizabeth Bàthory, Pascal Croci & Françoise-Sylvie Pauly (2009)

"Hongrie, XVIe siècle. La jeune comtesse Elizabeth Bàthory se livre à des orgies dans son château. Elle y torture et tue des jeunes filles pour se baigner voluptueusement dans leur sang, espérant ainsi gagner la jeunesse éternelle. Pascal Croci reprend le mythe de la comtesse sanglante : vampire pour la légende et tueuse en série pour l'histoire. Il dresse un portrait sans concession d'une femme complexe, autant ambiguë que terrifiante."

C'est l'illustration sur la couverture qui m'a attirée à cette bande-dessinée : je trouvais le portrait de cette femme très beau et du coup, j'ai emprunté ce livre.

Ce livre a pour sujet Elizabeth Bàthory, une femme qui a vécu au XVIème siècle en Hongrie. Cette très belle femme s'est retrouvée mariée contre son gré à un commandant de l'armée qui était sans cesse absent. La comtesse Elizabeth Bàthory était donc seul dans son château, seule avec une cousine qui avait été sa demoiselle d'honneur, et, plus tard, un prêtre et un peintre qui ne peint pas. La comtesse a pour "loisir" de torturer et de tuer des jeunes filles et femmes, par plaisir, mais aussi pour récupérer leur sang et s'en faire des bains car elle veut rester jeune. Mais tout cela est du domaine du mythe car aucune preuve fiable n'existe, et cela pourrait aussi bien être un complot ou une légende.

Ce livre m'a déçue parce que j'ai trouvé qu'il manquait de consistance et que beaucoup de choses étaient répétitives, tels que les dessins ou les épisodes de l'histoire. Apparemment, cette femme est la première vampire qui soit, bien avant Dracula, elle est l'objet de nombreuses croyances, mais tout cela n'est que peu abordé dans la bande-dessinée elle-même, ce n'est mentionné qu'à la fin dans une explication sur la genèse du livre. D'un autre côté, je comprends aussi qu'il soit difficile de faire un travail plus dense sur Elizabeth Bàthory car elle a vécu au XVIème siècle, ce qui rend les sources rares.

Le contenu du silence, Lucía Etxebarria (2011)

"Cela fait dix ans que Gabriel, un jeune cadre menant une existence paisible à Londres, est sans nouvelle de sa soeur, Cordelia. Jusqu’au jour où il reçoit un sinistre appel : sa soeur est l’une des victimes présumées du suicide collectif de la secte « Thule Solaris » à Ténérife. Délaissant les préparatifs de son mariage, il se rend aussitôt aux îles Canaries pour faire la lumière sur ce drame. Helena, l’amie intime de Cordelia, sera son guide durant son enquête. Elle révélera peu à peu les zones d’ombres de la vie de la jeune femme et les événements qui l’ont précipitée dans les bras de la secte. Ensemble, Gabriel et Helena partent à la recherche des disparus et tentent d’établir la vérité sur Solaris et ses ramifications."

Il y a quelques années, alors que j'étais lycéenne puis étudiante, j'ai eu l'occasion de découvrir Lucía Etxebarria, puis de lire une grande partie de ses ouvrages traduits en français. Donc quand l'autre jours j'ai vu un livre que je n'avais pas lu de cette auteur, je n'ai pas hésité, je l'ai emprunté sans même lire la quatrième de couverture.

Le personnage principal de ce livre est Gabriel, un homme vivant en Grande-Bretagne et sur le point de se marier. Il est sans nouvelles de sa soeur, Cordélia, depuis une dizaine d'années, mais il est un jour contacté par Helena, une amie très proche de Cordélia : un suicide collectif a eu lieu à Ténérife, et Cordélia serait à priori au nombre des victimes puisqu'elle appartenait à la secte concernée par ces décès. Gabriel se rend donc sur place pour éclaircir la situation et une fois là-bas, il découvre la vie que menait sa soeur, celle qu'elle était devenu, les gens et la secte qu'elle fréquentait et, éloigné de sa vie quotidienne, il prend conscience de ses doutes, notamment à propos de son mariage prochain.

J'ai été un peu surprise par ce livre qui m'a certes plu, mais qui n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais. Dans les précédents ouvrages de Lucía Etxebarria, il était énormément question des relations entre hommes et femmes, de relations amoureuses, de féminisme, d'identité féminine, etc, le tout dans des atmosphères colorées et chaleureuses. Or, ici, pas ou peu de tout cela : il s'agit plutôt d'un thriller, d'un retour sur l'histoire d'une femme intelligente mais fragile émotionnellement et qui se retrouve assujettie à une secte, à l'histoire d'une secte qui trouve ses racines dans l'Allemagne nazie, etc. Ce livre m'a donc plu parce que l'écriture est fluide, que l'histoire des personnages est intéressante, de même que  l'historique de la secte, mais je l'ai trouvé différent -mais bien !- des autres ouvrages de la même auteur.

Un vautour, c'est déjà presque un aigle ..., David Vandermeulen (L'esprit du temps, tome 3) (2010)

"1915 fut pour Fritz Haber une année fatidique, lorsque le 22 avril il lança son ordre de lâcher la première attaque aux gaz sur le front belge. 1915 fut aussi pour ses amis et "coreligionnaires" comme Enstein, Walter Rathenau ou encore Haim Weizmann, l'année de toutes les contradictions. Empêtrée dans le plus terrible des conflits internationaux, embrumée dans les miasmes d'une idéologie nationaliste ainsi que par une antisémitisme nouvellement exacerbé, la diaspora juive occidentale se vit contrainte de se remettre en question face à une Allemagne et uen Europe mues par un romantisme frelaté. Malgré leur profond sentiment d'appartenance à la nation allemande, Haber ainsi que les grandes figures intellectuelles juives qu'il fréquentait furent lors des premiers signes d'enlisement du conflit, assimilés à une ploutocratie cosmopolite antinationale en songeant qu'au profit. Ce troisième tome s'attarde sur cette funeste année 1915, où un certain esprit allemand voyait l'héroïsme de ses aigles corrompu par des vautours entraînant la patrie vers sa perte."

Suite du tome 1 L'esprit du temps (article ici) et du tome 2 Les héros (article là), le tome 3 reprend la vie de Fritz Haber en 1914, alors que la Première Guerre Mondiale vient de débuter et que l'occasion de tester un gaz toxique de son invention sur les champs de bataille. Bien que l'utilisation d'une telle arme pourrait s'avérer décisive (grâce au gaz en lui-même et grâce à l'effet de surprise), Haber ne bénéficie que de peu de soutien. En effet, une telle arme est considérée comme une arme de lâche car elle permet d'éviter le combat. Haber a du mal à prouver son efficacité car les conditions météorologique du premier test sur le terrain ne sont pas favorables, ce qui le discrédite, et le climat est toujours aussi antisémite, ce qui le dessert également.

J'ai apprécié ce troisième tome même si je l'ai trouvé un peu long (l'attente d'un météo favorable dans les tranchées) et répétitif (Haber déconsidéré malgré ses compétences). Par contre, j'ai été surprise par la fin : d'après ce que j'ai compris, il s'agit là du troisième tome d'une trilogie, le dernier volet donc, or l'intrigue de ce tome s'achève en 1915 alors que la guerre n'est pas terminée, qu'il reste encore à Haber beaucoup à faire, etc. Donc j'avoue que là, je reste sur ma faim, surtout que je ne sais pas si l'histoire est terminée ou non.

La physique des catastrophes, Marisha Pessl (2006)

"Bleue Van Meer serait une adolescente américaine tout à fait ordinaire. Sauf que, à cinq ans, elle perd sa mère dans un accident de voiture et que son père, un intellectuel exubérant et excentrique, la ballotte désormais d'une ville universitaire à l'autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route. Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l'histoire de la littérature et de la physique quantique. Mais un jour, elle découvre le cadavre pendu d'Hannah Schneider, son professeur préféré. Que peut-elle bien faire ? Suivre les conseils paternels et reconstituer l'histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il à élucider le drame et à percer les secrets d'un entourage plus mystérieux qu'il n'y paraît ?"

Quand ce livre était sorti, j'avais eu très envie de le lire et pendant un long moment, j'étais resté cette idée, ce qui fait que dans mon esprit, ce livre était resté associé au fait que je devais le lire. Et donc l'autre jour, je tombe dessus, et naturellement je me dis que je dois le lire, je commence ma lecture et... je réalise que je l'ai déjà lu. J'avais tellement associé ce livre à l'idée que je devais le lire dès que possible que j'en avais oublié que je l'avais déjà lu. Du coup, cela m'a aussi fait réalisé que si je ne me souvenais pas l'avoir lu auparavant, c'est qu'il ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable...

Le personnage principal de ce livre est Bleue Van Meer, une adolescente dont le père, Gareth, est professeur d'université (conférencier itinérant) et dont la mère est décédée. Bleue et son père sont à peu près constamment sur la route, Gareth change régulièrement d'université au fil de ses interventions, ce qui fait que Bleue passe dans deux ou trois établissements scolaires chaque année. Mais pour la dernière année de lycée de sa fille, Gareth décide de passer toute l'année au même endroit. Bleue va donc découvrir une nouvelle université et de nouvelles personnes, en particulier le groupe des Sang Bleu et Hannah, professeur de cinéma. Cette femme invite tous les week-ends les ados du Sang Bleu chez elle pour discuter et manger, et Bleue est conviée à ce rituel. Elle constate alors que Hannah fascine les autres car elle garde une grande part de mystère et se montre peu prolixe sur elle-même et son passé.

Cet ouvrage est une lecture agréable, mais il y a tout de même des longueurs, je comprends pourquoi j'avais oublié la première lecture que j'en avais faite. L'histoire est prenante, on a envie d'en savoir plus sur Hannah, de suivre la vie de Bleue et des autres ados, j'ai aussi beaucoup apprécié le fait que les titres des chapitres soient des titres d'ouvrages que Bleue considère comme incontournables, et puis j'aime beaucoup les histoires qui se passent dans les universités états-uniennes, ce qui est un peu le cas ici. Néanmoins, je reste un peu sur ma faim : certes la fin est ouverte (ou plutôt à choix multiples), mais c'est tout au long de ma lecture que j'ai ressenti ce manque, j'aurais aimé en savoir plus, avoir plus de densité. Donc bien, mais comme je m'en étais déjà aperçue, pas inoubliable !

Les héros, David Vandermeulen (L'esprit du temps, tome 2) (2007)

"Ce deuxième volume poursuit la biographie du chimiste juif allemand Fritz Haber, de 1908 à décembre 1914, période durant laquelle peu devinèrent ce qu'allait inaugurer et coûter ce qui s'appellera la "Grande Guerre". Placer la science au service de l'industrie, l'éthique scientifique au service de l'Armée, tel fut pour certains savants et hommes politiques le devoir national envers "l'esprit allemand". Fritz Haber en réalisa parfaitement le programme : inventeur du gaz moutarde, il fut n nationaliste radical et belliciste. C'est dans ce contexte trouble et fascinant que Haber se lia d'amitié avec le jeune Albert Einstein, futur grand héros du XXe siècle."

Dans cette suite de L'esprit du temps, le tome 1 (article ici) de cette trilogie consacrée à Fritz Haber, nous retrouvons ce dernier dont les recherches sur l'ammoniac progressent. Si son travail venait à aboutir, cela permettrait de produire des engrais azotés synthétiques qui remplaceraient les nitrates importés du Chili et qui feraient de l'Allemagne un pays indépendant pour sa production alimentaire. Le travail de Fritz Haber attire donc les investisseurs, mais ceux-ci n'osent toujours pas prendre de risques en finançant un Juif. Cependant Fritz connait tout de même une grande réussite : il devient directeur de l'institut de chimie, ce qui lui permet de développer ses idées, à savoir le renforcement du lien entre la chimie et l'industrie, l'application pratique des découvertes réalisées, et tout cela au profit de la grandeur de l'Allemagne. Sur le plan politique, des tensions apparaissent avec les colonies, avec le sémitisme et l'antisémitisme, et surtout avec le début de la Première Guerre Mondiale en 1914. Cette dernière est pour Haber, et d'autres, l'occasion d'utiliser les découvertes techniques, industrielles et chimique en vue de gagner la guerre et de faire étalage de la puissance de l'Allemagne.

Ce deuxième tome de cette série sur Fritz Haber m'a autant plu que le premier : on retrouve Haber qui malgré ses compétences et ses idées doit se battre pour réussir à cause de l'antisémitisme qui règne. Dans ce tome, il est un peu plus question de politique dans la mesure où Fritz Haber a plus de responsabilités, ce qui l'amène à fréquenter des gens importants et influents. Il est également question des colonies et des théories raciales (pureté des Allemands, infériorité des Juifs et des autochtone des colonies), et, toujours, de cette courses à la puissance et au progrès. Ce tome se termine donc au début de la Première Guerre Mondiale, alors qu'aucune expérimentation chimique n'a encore été tentée sur le terrain mais que cela est envisagé, ce qui mettrait Fritz Haber au centre de l'attention.

Procrastination, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 27) (2001)

"Le temps est une ressource qu'il faut gérer, chacun le sait.
Sur le Disque-monde, c'est le boulot des moines de l'Histoire, qui l'emmagasinent, le prélèvent où on le gaspille (par exemple sous la mer : de combien de temps a besoin une morue ?) et le redistribuent à de gros consommateurs comme les villes où l'on en manque toujours.
Mais la fabrication de la première horloge du monde vraiment précise donne le départ d'une course contre... disons la montre pour Lou-tsé et son apprenti Lobsang. Parce qu'elle va arrêter le temps. Et ce ne sera que le début des ennuis.
Procrastination s'est assuré la participation de héros et de canailles, de yétis, d'artistes martiaux et de Ronnie, le cinquième cavalier de l'Apocalypse (qui a quitté le groupe avant qu'il devienne célèbre).
"

Jérémie Lhorloge est un horloger, probablement le plus précis de la Guilde des Horlogers, mais tellement obsédé par l'exactitude de son travail que ses collègues gardent toujours un oeil sur lui et veillent à ce qu'il prenne ses médicaments. C'est parce que Jérémie excelle dans son domaine qu'il reçoit la visite d'une très belle femme, Myria Ligion, et de ses deux gardes du corps, qui lui demande de créer une horloge la plus précise qui soit, et qui soit faite en verre. Sauf que cette horloge en verre n'est pas anodine puisqu'elle existe dans un conte. Et plus l'élaboration de cette horloge progresse, plus des problèmes de temps vont apparaître, ce que vont remarquer les Moines de l'Histoire, et en particulier Lou-Tsé et son apprenti étrangement doué, Lobsang.

Une fois de plus, je n'ai pas été déçue par la lecture d'un nouveau tome des Annales du Disque-Monde ! Dans ce tome, nous retrouvons comme thème la manière de calculer, de mesurer, de manipuler et de ressentir le temps, une réflexion sur ce qu'est un être humain et ce que c'est que d'être humain, sur les apparences qui sont trompeuses (ne jamais oublier la fameuse règle numéro 1 !) et également des conseils de bon sens qui sont des citations du livres, citations qui ne disent rien à personne. Bref, encore beaucoup d'humour et de réflexion dans cet opus !

L'esprit du temps, David Vandermeulen (L'esprit du temps, tome 1) (2005)

"Fritz Haber, juif allemand né en 1868 et mort en 1934, est un personnage de l'histoire contemporaine. Homme d'ambition avant tout, ce grand scientifique fut tour à tour le bienfaiteur de l'Humanité couronné par un prix Nobel de chimie, et l'un des pires représentants de la science en tant que père de la guerre chimique moderne. Nationaliste et patriote convaincu, sa judaïté restera pour lui une question existentielle profonde et le germe de sa destinée tragique véritablement faustienne. L'esprit du temps est le premier tome d'une trilogie."

J'ai découvert ce livre -et les deux autres de la trilogie- en faisant du rangement dans les rayonnages un matin, et comme le format (plus petit que les BD standard) et les couleurs (marron, gris) étaient inhabituels, cela a attiré mon regard, et une brève lecture du synopsie m'a convaincu de me laisser tenter.

L'histoire est une biographie partielle de Fritz Haber, il n'est question ici que de sa vie adulte, de la fin du XIXème siècle jusqu'en 1915 (où se termine le troisième tome). Fritz Haber est donc un étudiant en chimie en Allemagne et, surtout, il est Juif. Lui-même n'est pas particulièrement pratiquant et l'Allemagne passe avant tout pour lui, mais cela compte peu pour les autres, au regard desquels il demeure Juif, et cela bien qu'il se soit converti. Fritz fréquente une jeune femme, Clara, Juive et étudiant la chimie également, ils sont même fiancés, mais leurs fiançailles sont rompues lorsque qu'un investissement fait dans la chaux par Fritz Haber se retrouve inutile. Fritz retourne alors à ses études mais il peine à trouver sa place, des financements ou un emploi à cause de son judaïsme, et cela bien que ses recherches sur l’ammoniac soient prometteuses. Il parvient tout de même à trouver une situation, il se marie alors avec Clara, ils ont un fils, puis Fritz se voit proposer une mission aux États-Unis.

J'ai bien aimée cette lecture sur ce personnage qui m'est complètement inconnu. A travers lui est décrit le climat de l'Allemagne de la fin du XIXème siècle, le machinisme, la courses au progrès technique et chimique, mais aussi l'antisémitisme ambiant et un esprit belligérant qui se développe et l'émergence de groupes sionistes. J'ai aussi bien aimé le dessin qui ne consiste qu'en aquarelles dans les marrons et gris : c'est un peu austère, mais cela est très lisible et vivant, contrairement à ce que je craignais. Bref une bonne surprise qui m'a encouragée à poursuivre la lecture de cette trilogie.

Grâce, Delphine Bertholon (2012)

"1981. Dans sa maison près de Villefranche-sur-Saône, la très jolie Grâce Marie Bataille, trente-trois ans, vit au rythme des retours de son mari, représentant en électroménager, lorsqu’une jeune fille au pair d’origine polonaise vient perturber une vie qui semblait jusque-là tracée à la craie…
En 2010, Nathan, son fils, vient fêter Noël en famille. Mais cette année, tout est différent. Nathan apprend que son père, disparu sans crier gare trois décennies plus tôt, a refait surface. D’inquiétants phénomènes surviennent alors dans la maison familiale.
"

J'ai emprunté ce livre alors que ma pile de livres à lire diminuait dangereusement (c'est-à-dire moins de cinq livres), mais sans connaître cet auteur ni être spécialement tentée par la quatrième de couverture.

L'histoire mêle passé et présent, ainsi que les regards de différents personnages : le journal de la mère, Grâce, le récit au présent du fils, Nathan, et une lettre d'une jeune fille au pair, Christina, qui s'est occupé de Nathan et de sa grande soeur Lise quand ceux-ci étaient petits. Grâce était profondément jalouse de la beauté et de la jeunesse de Christina, jeune et séduisante Polonaise chargée de s'occuper des enfants, et cette jalousie se transforme en rage car Thomas, le mari de Grâce, a une relation adultère avec Christina. Trente ans après, à Noël, Grâce, ses enfants, Lise et Nathan, et ses petits-enfants, les jumeaux Colin et Soline, se retrouvent dans la maison familiale et lors de la soirée de réveillon, Grâce annonce que Thomas, son mari, leur père, est revenu après être parti au même moment que Christina, une trentaine d'années auparavant.

Je n'ai pas été particulièrement intéressée par cette lecture : le résumé au verso du livre n'était pas particulièrement aguichant, mais le texte aurait pu révéler de bonnes surprises, ce qui n'a pas été le cas. Dès le début, on présume fortement de la fin, et ce à quoi je m'étais attendue arrive de manière tout à fait prévisible, sans fausses pistes, sans zone d'ombre, sans mystère, juste des longueurs. Du coup, j'ai trouvé cette lecture ennuyeuse puisque tout se passe exactement je l'avais subodoré au départ et qu'en plus la forme et le style ne sont pas particulièrement originaux non plus...

Tigre, tigre !, Margaux Fragoso (2011)

"Par une belle journée d'été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans; il en a cinquante et un. Quand Peter l'invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d'animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d'ami, puis de père, et d'amant. Charmeur et manipulateur, Peter s'insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l'enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée."

J'avais croisés pas mal d'articles à propos de ce livres, articles le plus souvent élogieux, mais malgré cela je n'étais pas particulièrement tentée par cet ouvrage dans lequel l'auteur raconte sa relation avec un homme beaucoup plus âgée puisque lorsque leur relation a débuté, elle avait sept ans et lui cinquante et un. Bref, je n'étais pas vraiment intéressée, je craignais de trouver ce livre malsain, de ne pas être à l'aise. Mais l'autre jour, un lecteur a rendu le livre et, surprenamment, il n'était pas réservé, du coup, après avoir hésité un peu, j'ai fini par l'emprunter.

L'histoire est celle de l'auteur : quand elle avait 7 ans, lors d'un après-midi à la piscine, elle voit un homme avec deux garçons et va jouer avec eux. Margaux et sa mère sont ensuite invités à passer chez cet homme, Peter, et elle s'y rendront régulièrement car autant la fille que la mère, qui a des tendances dépressives se plaisent chez Peter, dans sa maison en chantier et pleine d'animaux. Mais Margaux ne joue que peu avec les fils de Peter, c'est avec ce dernier qu'elle passe le plus de temps. Une relation va naître entre eux, pas seulement un lien physique, sexuel, mais aussi une amitié et un lien malsain fait de chantage, d'exclusivité et de jalousie. Leur relation dure plus de dix ans et Margaux sent que moins elle est enfant, moins elle plaît à Peter.

Difficile de dire si j'ai apprécié ou non ce livre car c'est à la fois oui et non. Oui parce que l'auteur raconte son amitié particulière avec Peter sans exhibitionnisme ni vulgarité, elle ne dédramatise pas ce qu'il s'est passé mais le raconte tel qu'elle l'a vu et ressentie en tant qu'enfant puis adolescente. La franchise de l'auteur permet d'éviter tout sensationnalisme et donne un visage humain à une relation entre un adulte et un enfant, sans pour autant dédouaner Peter de ses actes. Et non, ce livre ne m'a pas plus, parce que le sujet est très délicat et malsain, j'ai été dérangée par cette lecture bien qu'il n'y ait que très peu de passages explicites, c'est la relation globalement qui m'a dérangée. Donc je pense que le livre est bien écrit, l'histoire bien racontée mais que le sujet n'est pas vraiment plaisant.

So shoking, Alan Bennett (2011)

"L'auteur de La Reine des lectrices nous offre une fantaisie hilarante sur une libération sexuelle tardive, une farce impertinente sur la petite bourgeoisie anglaise."

 D'Alan Bennett j'ai déjà lu La mise à nu des époux Ransome (article) et La reine des lectrices (article), deux textes que j'avais apprécié, donc quand je suis tombé sur un nouvel ouvrage de cet auteur, je l'ai immédiatement emprunté.

Dans So shocking ! nous avons deux textes, deux nouvelles en quelque sorte, les deux étant liée par les sujets : les préjugés, l'audace et la honte. Dans la première partie, le personnage principal est Mrs Donaldson, une femme au foyer âgée qui vit désormais seule et qui occupe son temps en jouant à être patiente pour les élèves en médecine, sous la houlette du Dr Ballantyne qui a un faible pour Mrs Donaldson. Un jour, afin de compléter ses revenus, Mrs Donaldson accepte de louer une chambre à des étudiants, mais un jour ceux-ci ne peuvent pas payer leur loyer à temps, et la solution trouvée va déstabiliser et troubler Mrs Donaldson... Dans la seconde partie, le personnage principal est Graham, qui s'apprête à épouser Betty. Sauf que Graham est gay et le cache à son entourage, ce qu'il réussi très bien, jusqu'au jour où son secret est menacé par un maître chanteur...

J'ai bien aimé cet ouvrage qui ne manque pas de piquant dans ses sujets, avec ses personnages qui ont une vie bien rangée, que ce soit parce qu'elle l'est effectivement ou parce qu'ils maintiennent cette apparence, mais qui se trouvent chahutés par quelque chose qui vient bouleverser leur routine, les amenant à réfléchir sur eux-même et le regard que les porte les autres. Cependant, j'ai trouvé que ces récits manquaient de dynamisme et sans que je ne suis en cerner la raison, j'ai ressenti une certaine frustration en terminant ma lecture.

Le premier cercle, Alexandre Soljenitsyne (1955/1968)

""Quand on décrit les prisons, on s'attache toujours à en noircir les horreurs. N'est-ce pas encore pire quand il n'y a pas d'horreurs ? Quand l'atroce naît de la grisaille méthodique des semaines ? Et du fait qu'on oublie que la seule vie dont on dispose sur terre est brisée ?" Pour les zeks, détenus politiques qui peuplent les charachkas, ce premier cercle de l'enfer pénitentiaire, la notion de temps devient abstraite ; chaque jour, chaque heure, c'est la même chose. C'est le silence, l'ennui. L'art de la lenteur aussi, qui est souvent de rigueur quand on a une longue peine à purger. Les charachkas, c'est oublier qu'on est en vie. Sous la plume humaine et délicate d'Alexandre Soljenitsyne coulent des souvenirs douloureux. Avec un cynisme brûlant et une violence voilée, il décrit le régime concentrationnaire soviétique. Le Premier Cercle est un des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature du XXe siècle."

J'avais acheté ce livre il y a un peu plus de deux ans, motivée par le fait qu'Alexandre Soljenitsyne est un grand auteur et que ça serait bien que je lise quelque chose de lui, et le hasard a fait que le texte en question est Le premier cercle.

Le récit se passe essentiellement dans la charachka de Marfino, une prison qui "accueille" des prisonniers scientifiques. De par leurs connaissances et leur connaissances, ceux-ci bénéficient d'un traitement privilégié par rapport aux autres prisonniers puisqu'ils faut bien qu'ils soient correctement nourris et logés pour bien travailler. Les travaux dont il est question ici son liés aux écoutes téléphoniques et à la reconnaissance des voix, tout cela avec Vocoder ou des nomenclatures de voix. Nous suivons également des hommes dirigeants cette prison, avec leur vie de famille, les rivalités, les histoires de guerre, leurs pensées pas toujours en accord avec la pensée officielle, notamment avec le personnage de Volodine, diplomate de l'URSS qui passe un appel anonyme vers une ambassade de l'Ouest afin de transmettre des informations. Mais le NKVD surprend son appel et tente de le retrouver. Pour cette tâche, Roubine, de la prison de Marfino, qui travaille sur la reconnaissance vocal est réquisitionné.

J'avoue qu'au début, j'étais peu motivée à débuter ma lecture : en version poche, le livre fait pas loin de mille pages bien denses (ce qui normalement ne m'effraie pas) sur un sujet certes intéressant, mais un peu rébarbatif quand même. Malgré cela, une fois lancée, ma lecture n'a pas été particulièrement rébarbative, au contraire, j'ai trouvé que ce livre était plutôt une bonne surprise : le ton est à la fois humain et ironique, la vie des prisonniers est décrite dans les petits détails du quotidiens, les luttes de chefs mettent en avant l'hypocrisie et le ridicule de ces hommes qui agissent d'une façon et pensent d'une autre, ne croyant pas au régime auquel ils appartiennent pourtant. La seule chose que je n'ai pas appréciée dans ce livre c'est la quantité de personnages, j'ai toujours du mal à m'y retrouver quand il y a plus d'une poignée de personnages, sachant qu'en plus tous ont des noms russes ce qui ne m'aider pas à m'y retrouver ! Outre cela, j'ai apprécié ce livre qui m'a donné envie de lire d'autres ouvrages du même auteur.

Un peu de bois et d'acier, Christophe Chabouté (2012)

"L'histoire d'un banc, un simple banc public qui voit défiler les gens à travers les heures, les jours, les saisons, les années... Ceux qui passent, qui s'arrêtent, d'autres qui reviennent, certains qui attendent... Le banc devient un havre, un îlot, un refuge, une scène... Un ballet d'anonymes et d'habitués évoluant dans une chorégraphie savamment orchestrée ou les petites futilités, les situations rocambolesques et les rencontres surprenantes donnent naissance à un récit drôle et singulier."

C'est une collègue qui m'a conseillé ce livre un matin que nous rangions les bandes-dessinées : elle m'a dit que c'était âpre, mais très bien, et que c'était parfait à lire au lit le soir. Je n'ai qu'à moitié suivi son conseil puisque j'ai bien lue cette BD, mais un midi, pas un soir !

Ce livre est l'histoire muette d'un banc en bois et en acier, banc installé dans un parc à l'ombre d'un arbre. Sur ce banc et autour passent les gens qui vont et reviennent du travail, les mémés pipelettes, le SDF, un chien, un vieux couple, des enfants, etc. Le banc fait partie du décor des discussions, des trajets, des bonnes et des mauvaises nouvelles, des rapports de force ou d'amitié. Il est témoin de la vie de dizaine de gens et pourtant, on ne le voit pas tant il est banal. Et c'est justement sa banalité qui le rend aussi présent et important.

J'ai donc été de l'avis de ma collègue à propos de ce livre : c'est une bande-dessinée très agréable. Son contenu est certes sobre, surtout que pas un mot n'est prononcé, mais cette sobriété fait ressortir le propos plus clairement, on comprend quand même ce que disent les gens car le dessin des visages et des gestes est très expressif. Bref, la lecture de cette BD a été une très bonne surprise !

Qui touche à mon corps je le tue, Valentine Goby (2008)

"Marie G., faiseuse d'anges, dans sa cellule, condamnée à mort. Lucie L., femme avortée, dans l'obscurité de sa chambre. Henri D., exécuteur des hautes œuvres, dans l'attente du jour qui se lève. De l'aube à l'aube, trois corps en lutte pour la lumière, à la frontière de la vie et de la mort."

L'autre jour j'ai aperçu ce livre sur le chariot des livres venant d'être rendus par les lecteurs de la bibliothèques, et je me suis rappelée que ce titre était présent sur la liste d'idées de livres à lire. Je n'avais pas en mémoire la raison pour laquelle j'avais voulu lire ce livre -et je ne m'en rappelle d'ailleurs toujours pas- mais si je l'avais un jour inscrit dans cette liste c'est qu'il était susceptible de m'intéresser. Donc je l'ai emprunté.

L'intrigue suit trois personnages sur vingt-quatre heures, les dernières avant l'exécution d'un de ces trois personnages, Marie G. Cette dernière est condamnée pour avoir avorté des femmes, pas pour revendiquer quoique ce soit, mais parce que c'est comme ça, parce qu'elle pouvait le faire et qu'elle a ensuite été identifiée dans ce rôle, donc elle a continué quand c'était nécessaire. Un autre des personnages suivis est Henri D., le bourreau de Marie G., tracassé par son travail même s'il le fait bien quand même. Et enfin, il y a Lucie L., jeune femme qui avorte et qui se perd dans le rapport à son corps, à sa mère et au foetus qu'elle expulse.

Il est difficile de dire que la lecture de ce livre a été agréable puisqu'il est question de peine de mort, d'avortement, de rapport entre mère, enfant, corps et mort, et pourtant, c'est un livre que j'ai apprécié, que j'ai trouvé instructif d'une certaine manière, bien qu'il ne soit question que de souvenirs et d'impressions. Un livre qui m'a bien plus donc.

La vitesse de l'obscurité, Elizabeth Moon (2002)

"Il y a la vitesse de la lumière, dont tout le monde a entendu parler, sur laquelle ont travaillé les plus grands savants. Mais qu'en est-il de la vitesse de l'obscurité ? Lou Arrendale sait qu'elle existe, qu'elle est aussi digne d'intérêt, et même peut-être plus. Mais personne n'écoute Lou. Car Lou est autiste. Grâce à ses dons pour les mathématiques, il jouit d'une excellente situation dans une compagnie pharmaceutique et mène une vie indépendante. Mais l'offre de tester un traitement expérimental censé annuler les effets de l'autisme chez l'adulte vient perturber son existence bien réglée. Si celui-ci réussit, Lou devrait penser, agir et se comporter comme n'importe quel adulte " normal ". Mais, délivré de l'autisme, Lou Arrendale serait-il encore lui-même ?"

J'ai découvert ce livre dans des suggestions sur un site marchand, et comme la lecture du résumé m'a donné envie de lire l'ouvrage, je l'ai emprunté à la bibliothèque.

Le personnage principal de ce livre est Lou Arrendale, un homme autiste qui a un travail, des loisirs, des amis, qui est amoureux de quelqu'un, etc, et qui est beaucoup plus intelligent et lucide que ne peut le penser sa psychiatre. Bref, malgré sa maladie, il a une vie tout à fait normale. Mais des éléments viennent perturber son quotidien : tout d'abord, l'entreprise pharmaceutique qui l'emploie -lui et d'autres autistes ayant de grandes capacités mathématiques- envisage de lui faire tester un nouveau traitement qui pourrait le rendre "normal", et l'entreprise menace les employés de perdre leurs aménagements de travail voire leur travail, s'ils refusent d'être des cobayes pour ce traitement. Et à côté de cela, Lou subi des attaques de plus en plus violentes qui semblent le viser personnellement.

J'ai énormément apprécié ce livre qui traite du sujet aussi vaste que méconnu qu'est l'autisme, et plus largement de la différence.  Le livre nous interroge sur la notion de normalité et d'identité, sur les limites floues entre ce qui est considéré comme normal et ce qui ne l'est pas. En effet, le personnage de Lou est autiste, et pourtant il a une vie semblable à celle de beaucoup de gens, il se pose des questions que beaucoup se posent, il est même bien plus intégré dans la société et a un mode de vie bien plus équilibré que pas mal de gens qui sont considérés comme "normaux". Bref, ce livre est très intéressant et éclairant, à lire !

Trésor, Lucie Durbiano (2008)

"Jolie, gaie, naïve et fleur bleue, Christine est la fille de l'archéologue Alamaro. Quand elle tombe éperdument amoureuse de Jean, un étudiant de son père, elle est bien loin de s'imaginer ce que le garçon manigance avec sa petite amie Simone... Chasse au trésor, marivaudage, poursuites et quiproquos, le charme irrésistible d'une comédie dans les années 50, relevé comme toujours chez Lucie Durbiano d'une touche d'acidité malicieuse."

Je suis tombé sur cette bande-dessinée par hasard en rangeant le rayon des BD, et comme la couverture avait l'air sympathique et que ce livre semble régulièrement emprunté (puisque je le range régulièrement), j'ai eu envie de le lire.

Cette histoire très fraîche est colorée est une enquête pour retrouver les trois manuscrits indiquant l'emplacement d'un trésor. Le professeur Almaro en possède un et l'un de ses étudiants, Jean, est très intéressé par celui-ci. Jean et sa compagne, Simone -qui se fait passer pour sa soeur- décident donc d'utiliser la fille du professeur, Christine, pour récupérer le fameux manuscrit car Christine est tombé amoureuse de Jean. Tout cela au détriment de Michel, l'assistant d'Almaro qui est amoureux de Christine... Tous les personnages vont donc courir après le trésor en se trahissant les uns les autres.

J'ai bien aimé cette bande-dessinée au style coloré, badin et espiègle. L'histoire se passe dans les années 1950 ce qui donne un côté un peu désuet, surtout que les couleurs sont vives comme dans les vieux livres pour enfants. Bref, une lecture agréable et légère.

La nef des fous, Richard Paul Russo (2001)

"L'Argonos est un immense vaisseau qui abrite des milliers d'êtres humains depuis des générations. Tous ont oublié depuis longtemps le but de leur voyage. Bartolomeo Aguilera, handicapé, enferré dans un exosquelette, mais doté d'une intelligence hors du commun, est le conseiller du capitaine. Il sera ses yeux au sein de l'équipe d'exploration d'Antioche, une planète qui émet une transmission probablement humaine. Une colonie ? Sans doute. Mais ils sont tous morts, massacrés avec barbarie. Que s'est-il passé sur Antioche ? Pourquoi une telle atrocité ? Et surtout, commise par qui ?"

J'ai découvert ce livre dans des suggestions sur Amazon, sauf que comme je travaille dans une bibliothèque, je ne vais pas acheter les livres que je peux emprunter, et quand j'achète, ce n'est de toute façon pas sur Amazon (sauf livres épuisés ou pas vendus en France). Bref, je n'ai pas acheté le livre qu'Amazon me suggérait, mais je l'ai lu quand même.

L'histoire commence sur l'Argonos, un vaisseau spatial qui erre depuis des siècle afin de trouver une planète sur laquelle installer les milliers de gens qui vivent dans ce vaisseau. Au fil des siècles, une hiérarchie et des clans se sont constitués et les luttes de pouvoir et d'ambition font rage tout en restant rangées car la vie sur un vaisseau implique de vivre les uns avec les autres. Un jour, l'Argonos trouve une planète qui semble tout à fait propice à accueillir les habitants du vaisseau. Un groupe y est alors envoyé afin d'explorer cet endroit. Sur place, des traces de civilisations sont découvertes, ce qui est plutôt positif, mais aucune présence de vie n'est constaté, ce qui est plutôt inquiétant, et ces doutes se renforcent lors de la découverte d'un charnier et d'un bâtiment dont l'usage reste mystérieux. Peu après, un étrange et immense vaisseau est découvert : il est vide, lui aussi, mais semble étrangement vivant...

J'ai beaucoup aimé ce roman de science-fiction qui est oppressant et captivant, difficile à lâcher même. Les personnages sont plutôt bien construits, chacun avec une identité et un rôle distinct et les questions de pouvoir, de réaction face à l'inconnu et à l'horreur sont bien abordée. Cependant, la fin est plutôt déroutante, et je suis resté sur ma faim car beaucoup de questions restent sans réponses, de nombreuses pistes ne sont pas explorée, j'ai eu une impression d'inachevé, de frustration à la fin de ma lecture. Mais globalement ce livre m'a beaucoup plu !

Tu peux sortir de table, Jessica L. Nelson (2008)

"L'anorexie dérange. Minimisée, elle ne serait qu'un effet pervers de la mode et de la publicité. Dramatisée, elle devient l'expression de tendances suicidaires. Mais, derrière la faiblesse du corps anorexique, rares sont ceux qui cherchent à déceler une éventuelle force d'âme. Dans toutes les civilisations, pourtant, existent certaines pratiques ancestrales du jeûne et de l'ascèse auxquelles sont volontiers associées les vertus du courage et de la maîtrise de soi. Les anorexiques d'aujourd'hui en seraient-elles dépourvues ? Ne font-elles pas preuve d'une volonté hors du commun dans ce qui s'apparente à une quête de pureté ? Pourquoi réduire leur sensibilité à un caprice ou à l'envie d'en finir ?. J'ai enduré l'anorexie et je ne le souhaite à personne. Je confirme qu'il s'agit d'une pathologie, qui présente en outre de graves dangers. L'anorexie doit être vaincue. Mais elle ne pourra l'être vraiment que si ceux qui la combattent reconnaissent aux anorexiques leurs qualités spécifiques."

J'avais déjà lu ce livre il y a quelques années, mais je ne me souvenais plus vraiment de son contenu, et comme le sujet traité m'intéresse, je me suis dit qu'une relecture ne serait pas désagréable.

Dans ce livre, Jessica L. Nelson, journaliste et éditrice, parle de l'anorexie, mais il ne s'agit ni d'un essai purement médical, ni d'une autobiographie : l'auteur mêle ici les deux en liant sa propre expérience aux cas généraux, et en humanisant l'aspect médical. Sur ce point, la question de la famille est notamment abordé, ce qui est intéressant et trop rare, car l'anorexie, et plus globalement les troubles du comportement alimentaire, ne font pas que détruire la/le malade, la famille sombre avec. Par contre, je n'ai que peu apprécié les très nombreuses citations et références à d'autres ouvrages... Peut-être parce que j'ai déjà lu quasiment tous les livres auxquels elle fait référence, du coup je n'ai pas l'impression de lire quelque chose de neuf, mais peut-être que pour quelqu'un qui ne connait pas grand chose à la maladie (exemple : un proche qui souhaite en apprendre plus) ce livre peut apparaître comme complet.

Donc globalement le livre n'est pas mauvais, mais quand on a déjà lu des choses sur le sujet, il n'apporte pas grand chose, ce qui a fait de cette lecture une déception, pour moi en tout cas. Heureusement, le point de vue humain avec lequel est abordé la maladie rend la lecture agréable, et pour un proche d'une malade, ce livre peut, je pense, aider à mieux appréhender la personnalité de la personne malade et à mieux comprendre qu'il ne s'agit pas que d'un régime ou d'un caprice.

Tous les diamants du ciel, Claro (2012)

"Propulsé dans le siècle du LSD et de la guerre froide après avoir mangé un morceau de “pain maudit” pendant l’été 1951 à Pont-Saint-Esprit, le jeune Antoine va découvrir un monde où l’improbable est réel et le réel improbable, et entamer un chaotique chemin de croix, qui le mènera des mirages du désert algérien aux sex-shops du Paris de l’après 1968."

J'avais déjà lu ClaroZ de Claro il y a à peu près un an et demi et l'ouvrage en question m'avait beaucoup plus (j'en parle ici). Du coup, quand j’ai vu qu'il y avait un autre livre de cet auteur à sortir, j'en ai ajouté le titre à ma liste de lecture.

Le livre commence dans un village au sud de la France quand une tournée de pain se trouve empoisonnée, rendant folle à différents degrés une grande partie des habitants de la communes. Le jeune apprenti du boulanger, Antoine, va lui-même manger de ce pain et va alors vivre une expérience qui va le transformer complètement, lui ouvrir les yeux sur un monde mêlant réel et imagination. Alors que plusieurs de habitants ayant mangé ce pain terminent à l'hôpital, voire au cimetière, Antoine, va partir et va, en vrac, intégrer l'armée, rencontrer Lucy qui tient un sex-shop à la fin des années 1960, croiser un agent de la CIA, aller en Algérie, etc.

Il est difficile de parler de ce livre qui raconte les années 60, la drogue, la libération sexuelle dans des styles tantôt poétique, haché, lyrique, mêlant la réalité et les délires et qui pourtant reste clair. C'est un texte qui raconte certains aspects des années 60 mais que l'écriture rend à la fois fascinant et vertigineux. Il y a des passages que j'ai beaucoup aimé, et d'autres pas du tout,  mais globalement ce livre et le style de l'auteur m'ont captivée.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker (2012)

"À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias."

Comme à peu près toute personne qui s'intéresse un tant soit peu aux livres, j'ai pas mal entendu parler de ce livre, notamment parce qu'il a reçu le prix Goncourt des lycées et le Grand prix du roman de l'Académie française. Vu le battage autour du livre, j'avais été lire son synopsie afin de voir s'il me tentait ou non, à priori c'était non, mais à force de voir des articles à son sujet un peu partout, ma curiosité a été piquée et j'ai fini par vouloir le lire.

2008 : Marcus Goldman est un jeune écrivain dont le premier roman a connu un très grand succès et a fait de lui une star. Sauf que cela commence à dater et qu'il est censé travailler à son deuxième roman, ce qu'il ne parvient pas à faire faute d'un blocage. Il se tourne alors vers son ami et ancien professeur d'université, Harry Québert, pour l'aider à surmonter cette angoisse de la page blanche. Mais peu de temps après cette prise de contact, Harry Québert se trouve pris dans une tempête médiatico-judiciaire : le cadavre de Nola Kellergan, jeune fille de 15 ans disparue à la fin de l'été 1975 a été retrouvée enterrée dans son jardin, avec un manuscrit du roman qui a valu la gloire à Harry. Marcus décide de soutenir son ami et mentor et de faire une enquête afin de prouver que Harry est innoncent, cette enquête devenant son deuxième livre.

Au final j'ai plutôt bien aimé ce livre qui est à la fois une enquête, mais aussi un texte sur les écrivains et l'écriture, ainsi que sur l'emballement autour des grandes affaires judiciaires. L'intrigue est bien ficelée, les liens et connexions entre les personnages sont cohérents et intéressants et tout fini par se recouper sans laisser de points d'interrogations dans cette histoire à plusieurs intrigues (la disparition de Nola, le rôle d'Elijah Stern, le manuscrit, etc). Par contre, j'ai quand même été un peu agacée par la répétition de certains passages et par les traits caricaturaux de quelques personnages : la mère de Marcus est une caricature de la mère juive, le bourru sergent Gahalowood qui finit par s'attacher à Marcus, l'éditeur sans scrupule, arriviste et opportuniste, etc. Malgré cela, La vérité sur l'affaire Harry Québert est une lecture agréable et plutôt captivante.

L'écume des jours, Jean-David Morvan, Marion Mousse, Frédérique Voulyzé & Boris Vian (2012)

"Jeune homme fortuné, Colin est tourmenté par son célibat. Jusqu’au jour où il rencontre Chloé, la femme de sa vie. Le bonheur est à portée de main. Mais il ne saurait durer. Chloé d’ailleurs toussote. Diagnostic : dans son poumon pousse un nénuphar, que Colin s’épuise à soigner. Mais rien n’y fait. Son état s’aggrave, si bien que leur maison rapetisse, se délabre. Tout devient étriqué, étouffant."

J'avoue un faible pour L'Écume des jours, même si ce n'est pas mon livre préféré, donc quand j'ai découvert cette adaptation en bande-dessinée dans un recoin d'une librairie, j'ai tergiversé un peu et j'ai fini par me l'offrir.

L'histoire est donc celle écrite par Boris Vian :  Colin, célibataire et riche, se trouve invité à une fête, avec son ami Chick, pauvre et admirateur du philosophe Jean-Sol Partre. A cette fête Colin rencontre Chloé et rapidement, les deux se marient. Mais pendant la lune de miel, Chloé attrape froid et se met à tousser : le médecin lui diagnostique un nénuphar dans le poumon. Colin va alors tout faire pour la guérir : payer les remèdes les plus chers, l'entourer de fleurs fraîches, etc, ce qui va diminuer progressivement sa fortune. Et Colin s'appauvrit d'autant plus qu'il a donné à Chick de l'argent pour que celui-ci épouse Alise, sauf que Chick a tout dépensé dans des objets en rapport avec Jean-Sol Partre. Colin doit alors travailler pour guérir Chloé et Alise quitte Chick.

J'aime beaucoup cette histoire onirique, poétique, triste et mélancolique dont l'atmosphère se retrouve dans cette bande-dessinée. Cependant, les dessins -parfois peu lisibles- sont en noir et blanc ce qui ne correspond pas à l'atmosphère pastel que j'associe à ce texte, mais ce point est totalement subjectif. En tout cas ce livre est une adaptation fidèle du roman de Boris Vian.

Mange, prie, aime, Elizabeth Gilbert (2006)

"A trente et un ans, Elizabeth possède tout ce qu’une femme peut souhaiter : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Pourtant, elle est rongée par l’angoisse et le doute.
Un divorce, une dépression et une liaison désastreuse la laissent encore plus désemparée. Elle décide alors de tout plaquer pour partir seule à travers le monde !
En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les « douze kilos les plus heureux de sa vie » ; en Inde, ashram et rigueur ascétique l’aident à discipliner son esprit et, en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver cet équilibre qu’on appelle le bonheur…
Et qui n’a jamais rêvé de changer de vie ?
"

J'avais entendu parler de ce livre lorsqu'il est sorti aux États-Unis, par le biais de sites et blogs américains que je suivais : les commentaires étaient positifs, le livre était considéré comme passionnant, inspirant, etc. Quand il est arrivé en France, il a également connu un certain succès si je me souviens bien, et en plus une adaptation cinématographique -avec Julia Roberts- a vu le jour. Donc même si j'étais assez intriguée par ce livre, je n'avais jamais eu assez de motivation pour le lire, mais faute de motivation j'ai fini par avoir de la curiosité à l'encontre de ce livre puisque dans la série The Big Bang Theory Raj y fait plusieurs fois références. Et donc même si je pressentais que le livre n'étais pas vraiment du genre susceptible de me passionner, j'ai tout de même sauté le pas.

Dans ce livre autobiographique, Elizabeth Gilbert, dite Liz nous explique qu'une nuit elle s'est retrouvée à pleurer dans la salle de bain de sa belle maison en banlieue de New York, avec son mari en train de dormir dans la chambre à côté, et elle, se sentant absolument désespérée : son mariage ne tient plus la route, mais elle n'ose pas demander le divorce, tout en ne supportant pas non plus de continuer à vivre cette vie qui devrait pourtant la combler mais dans laquelle elle ne s’épanouit pas. Finalement, au gré de rencontres et d'envies, elle décide de prendre une année sabbatique, année pendant laquelle elle ira quatre mois en Italie pour apprendre l'italien, langue qu'elle a toujours en envie de connaître, quatre mois en Inde pour apprendre la méditation puis quatre mois en Indonésie pour apprendre l'équilibre entre la discipline et le plaisir.

Ce livre est tel que je me l'imaginais : un texte autobiographique qui se veut généraliste, assez typique dans son côté USA "j'ai réussi à m'en sortir !". Donc je ne vais pas dire que j'ai été déçue, puisque le contenu du livre correspond à l'idée que je m'en était faite, mais en tout cas, je n'ai pas trouvé ça fabuleux. J'avoue que j'ai notamment été sceptique devant certains passages, notamment ceux concernant la méditation et les états seconds dans lesquels elle parvient à se trouver, et je me suis ennuyée en lisant d'autres passages un peu niaiseux et plein de bon sentiments. Au niveau du style, ça se lit bien, surtout que le texte est découpé en plein de petits chapitre, mais sur le fond, ce n'est pas une lecture qui me marquera durablement.

Restons calmes, Soledad Bravi (2011)

"Persécutée au quotidien par ses deux ados empêtrées dans leur crise d’adolescence (c’est de leur âge), Soledad trouve un échappatoire inespéré dans… le jogging, la course à pied ! Qu’elle va se mettre à pratiquer assidûment par tous les temps et dans toutes les circonstances, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige. Bon, avouons-le, c’est aussi un peu-beaucoup pour perdre quelques kilos qu’elle juge superflus, et qu’elle « traite » par ailleurs par un régime draconien. Les ados qui la plombent + la course qui l’épuise + la faim qui la tenaille : bonjour l’humeur… Dans un esprit très proche (et donc très drôle) de ses chroniques du Docteur Aga, Soledad livre au jour le jour un savoureux journal dessiné dans lequel nombre d’entre nous sauront assurément se reconnaître."

J'ai empruntée cette bande-dessinée par hasard alors que je m'apprêtais à la ranger à la bibliothèque, en me disant que ça occuperait ma pause déjeuner.

Soledad décide un beau jour de se mettre à courir pour garder la forme. Les débuts sont laborieux malgré de bonnes intentions, mais progressivement, courir devient une habitude, puis une addiction : une frustration ? de l'énervement ? un besoin de prendre l'air ? Toutes les raisons sont bonnes pour aller courir, y compris pendant les vacances, et surtout lorsque l'on a des filles adolescentes qui sont des sources d'agacement. Et à force de courir régulièrement, les autres coureurs sont catégorisés, les habitués sont repérés, les différents parcours et leurs particularités, etc.

Cette bande-dessinée commence donc sur le sujet du jogging et se termine sur les adolescents et leurs comportements exaspérants, surtout du point de vue des parents, ce qui n'était pas exactement ce à quoi je m'attendais lorsque j'ai emprunté ce livre. Mais la lecture de cette BD n'en demeure pas moins agréable, même si vous n'êtes pas un(e) sportif(ve) ou si vous n'avez pas d'enfants adolescents (et je suis dans les deux situations).

Qui es-tu Alaska ?, John Green (2005)

"Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama, au pensionnat de Culver Creek.
Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.
Qui es-tu Alaska ? Est le roman de l'adolescence : les amitiés fortes, l'amour, la transgression, la soif de connaissance et la fondamentale quête de sens.
La vie explose dans ce livre qui fait rire, et fondre en larmes l'instant d'après et qu'on voudrait ne jamais finir.
"

Qui es-tu Alaska ? est un livre dont j'ai pas mal croisé le titre sur des blogs états-uniens, du coup, au bout d'un moment j'ai fini par aller voir de quoi il était question dans ce livre, s'il était traduit en français et s'il était à la bibliothèque, et comme la réponse à la première question semblait tentante et que la réponse aux deux dernières questions était positive, j'ai emprunté l'ouvrage.

Le personnage qui raconte l'histoire est Miles, un lycéen très intelligent, collectionneur de derniers mots des mourants célèbres, qui quitte sont État, la Californie, pour aller en pension dans un lycée réservé aux surdoués, en Alabama. Là-bas, il se fera surnommé Le Gros -car ne l'étant pas- par les amis qu'il se fait, à savoir la personne avec qui il partage sa chambre, et deux amis de celui-ci qui vont également devenir les amis de Miles, Takumi et Alaska. Cette dernière fascine Miles : elle est mystérieuse, lunatique et hantée par la mort de sa mère alors qu'elle avait 8 ans. Mais elle sort avec quelqu'un et va mettre dans les pattes de Miles une de ses amies, Lara, sans que cela ne diminue la fascination de Miles pour Alaska.

J'ai bien aimé ce livre, même si j'ai rapidement compris quel en été l'élément principal, le drame. Mais même en sachant cela, je n'ai pas été ennuyée car le propos n'est pas (que) l'évènement autour du quel est construit l'histoire, avec un avant/après et un compte à rebours à partir de cet évènement ; le texte porte plus largement sur l'adolescence, l'amitié, les relations entre les adolescents, les chahuts et blagues potaches de l'internat cohabitent avec les questions de deuils, de regrets, de premières expériences, etc. C'est un livre que j'ai trouvé touchant, qui retranscrit l'adolescence de manière plutôt crédible, bref, un livre agréable à lire.

Stupeur et révélation, Chloé Cruchaudet (Ida, tome 3) (2012)

"Recueillies par des soeurs missionnaires, Ida et Fortuné embarquent pour le Congo français, sans manquer de participer à la cérémonie du passage de l’équateur. Sur place commence une vie faite de règles et de travaux particulièrement pénibles. La question du retour en Europe devient cruciale. Ce n’est qu’une fois à Paris que la suissesse trouvera enfin les réponses sur les origines de son périple africain."

Après les deux premiers tomes (article ici et ),voici le troisième et dernier tome des aventures d'Ida et Fortunée.

Le deuxième tome se terminait alors que les deux femmes étaient recueillis par un groupe de soeur en route pour une mission d'évangélisation. Elles font route avec les soeurs mais au moment où elles souhaitent partir de leur côté, elles s'aperçoivent qu'elles n'ont plus rien pour vivre et demandent donc l'hospitalité aux soeurs. Ida et Fortunée vont donc se retrouver porter l'habit des soeur -qui gratte- à marcher à nouveau dans la jungle pour arriver jusqu'au site de la mission. Au cours de leur marche, le groupe va croiser le chantier d'un chemin de fer et constater les changements qui sont en train d'avoir lieu dans les pays africains sous l'influence des Européens. Mais Ida et Fortunée vont finir par se lasser de cette vie.

Cette trilogie se termine donc avec la fin des aventures d'Ida et Fortunée en Afrique et la réponse aux souvenirs d'Ida quand au pavillon qui l'avait tant captivé lors de l'Exposition Universelle qu'elle avait visité quand elle était petite. Comme dans le tome 2, les questions de politiques sont abordée, ici accompagnée d'économie, mais malgré la gravité de certains sujets, tout cela reste abordé avec un ton teinté d'humour et un dessin coloré et tout en rondeurs. Stupeur et révélation clôt donc une trilogie qui m'a bien plu, le hasard et la curiosité qui m'ont fait emprunter ces livres m'ont amenée à une bonne surprise !

La théorie de l'information, Aurélien Bellanger (2012)

"La théorie de l'information est une épopée économique française. De l'invention du Minitel à l'arrivée des terminaux mobiles, de l'apparition d'Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l'irruption d'acteurs nouveaux, souvent incontrôlables. La théorie de l'information est l'histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d'entre eux. Adolescent solitaire épris d'informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l'un des hommes les plus riches du monde. La théorie de l'information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l'histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l'information. Pascal Ertanger s'en voudra le prophète exclusif. La théorie de l'information évoque enfin le destin d'une planète devenue un jouet entre les mains d'un milliardaire fou."

J'avais entendu parler de ce livre lors de sa sortie et j'avais hésité à le lire, avant de finalement renoncer vu que j'avais déjà un paquet d'autres livres à lire. Pour autant, je n'avais pas renoncer à le lire, et il est rappelé à moi quand un collègue en a parlé puisqu'il s'agissait du livre qu'elle était en train de lire. Du coup, dès qu'elle l'a eut fini, je m'en suis emparé.

Cette histoire, mêle en réalité deux histoire : celle du personnage Pascal Ertanger et celle des télécommunication en France depuis le Minitel, il s'agit donc d'un texte entre le roman et l'essai, une histoire économique réelle vue par un personnage fictif en quelque sorte. Le texte se partage en trois partie. Dans la première, Pascal est un adolescent solitaire et fasciné par le Minitel, cette étrange technologie qui arrive dans son foyer et à laquelle il va finir par prendre part. Dans la deuxième partie, Pascal travaille donc dans une entreprise liée au Minitel et se lance ensuite dans l'Internet quand celui-ci commence à se développer. Dans la troisième et dernière partie, il est question du développement récent d'Internet, à savoir le Web 2.0, c'est-à-dire l'Internet participatif, celui des réseaux sociaux, et l'évolution possible de celui-ci.

Quand j'ai commencé à lire ce livre, j'ai plutôt été ravie car c'était intéressant et bien écrit, mais ensuite... Il y a beaucoup de considérations économiques et techniques qui m'ont pas mal échappé, à partir de la deuxième partie beaucoup de choses m'ont parues ennuyeuses, insipides et la fin m'a carrément déroutée. Du coup, je ne sais pas trop quoi penser de ce livre qui m'a laissée perplexe quand je l'ai refermé, mais qui globalement m'a pourtant laissé une impression plutôt bonne. Bref, un texte inhabituel qui déplaira probablement à beaucoup, mais qui a quand même un quelque chose qui le rend intéressant à lire.

Candeur et abomination, Chloé Cruchaudet (Ida, tome 2) (2011)

"Quelque peu agacée par Fortunée, Ida décide de voyager seule. Sitôt débarrassée de sa dame de compagnie au détour du premier comptoir venu, elle se met en tête de découvrir la région de Dahomey. Heureuse coïncidence, la voici officiellement invitée à la cour du roi. Flattée et candide, elle espère être reçue avec le faste approprié à son rang mais c’est un tout autre accueil qui lui sera réservé..."

Après le tome 1 (dont j'ai parlé ici), nous retrouvent Ida et Fortunée en vadrouille au milieu de la jungle africaine.

Ida et Fortunée ont fait de leur précédent périple un guide de voyages qui est un succès en Europe et elles continuent leur voyage en Afrique. Elle arrivent dans un comptoir allemand et à partir de là, Ida, lassée de Fortunée, décide de partir "seule" (avec une dizaine de porteurs, mais sans Fortunée) pour voir des hippopotames. En chemin, elle reçoit une invitation du roi du Dahomey chez qui elle se rend donc, accompagnée par Zaka qui lui sert de guide et de traductrice. Mais arrivée chez le roi du Dahomey le faste et le luxe qu'Ida imaginaient ne sont pas au rendez-vous et elle découvre une réalité loin de l'image naïve et exotique qu'elle se faisait de l'Afrique.

J'ai trouvé ce deuxième tome à la hauteur du premier au niveau du dessin (toujours coloré et fluide) et de la narration, mais ici, le propos se fait un peu moins drôle et se teinte de politique. En effet, lorsqu'Ida a débuté son périple, elle partait l'esprit rempli d'images et de situations idéalisées, ses péripéties étaient drôles, mais désormais elle découvre la colonisation, l'industrialisation et les guerres au sein des paysages luxuriants. Une suite cohérente avec le premier tome donc et tout aussi agréable à lire même si c'est un peu moins joyeux.

Les femelles, Joyce Carol Oates (2006)

"Elles s'appellent Poupée, Lucrétia ou encore Kristine. Toutes semblent inoffensives. Derrière leurs visages angéliques, un mal sournois se tapit, attendant le moment propice pour se manifester : ce sont des tueuses. Joyce Carol Oates saisit au vol cette fulgurance meurtrière et observe tranquillement le venin agir et le sang se répandre."

Je ne suis pas une adepte des nouvelles que je trouve souvent frustrantes et trop brèves, je préfère largement les romans. Malgré tout Joyce Carol Oates est l'une de mes auteurs favorites (pour le relativement peu que j'en ai lu, puisqu'elle est très prolixe), donc malgré la forme de la nouvelle j'ai quand même cédé et lu ce recueil.

Qui dit recueil de nouvelles dit différentes histoires : Lucretia et les appels téléphoniques qu'elle croit être de son mari mais qui ne le sont peut-être pas, ce qui la fait s'interroger et s'inquiéter, une fillette et son petit frère tout bébé qui se retrouvent seuls lors d'une réception chic à Nantucket, Poupée et son beau-père qui donnent rendez-vous à des hommes dans les hôtels, Mme G., femme superficielle, riche, exigeante et paranoïaque qui passe ses journées à dormir et faire les magasins, Marybeth effrayée par les lapins qui sont dans la cage et dont on lui dit qu'ils n'existent pas et dont le père est décédé, etc.

Dans ces nouvelles, comme dans les romans de Joyce Carol Oates, il est question de femmes : mères, filles, jeunes, âgées, etc, mais des femmes toujours. Il est également question de violence et d'angoisses : ces femmes ont peur, elles fuient, elles se défendent, elles mutilent, elles tuent, etc. Je n'étais donc pas dépaysée par les sujets et les personnages, mais je n'ai pas appréciées toutes les nouvelles : certaines m'ont plu mais leur brièveté avait un côté frustrant, d'autres avaient juste la longueur qu'il fallait et d'autres m'ont ennuyées, déplues ou déroutées. Bref, je ne suis toujours pas convaincue par les nouvelles, mêmes quand elles sont écrites par une auteur que j'apprécie, il y a trop d'inégalité et de frustration, pas assez de subtilité ou trop d'allusions, je préfère amplement les romans.

Grandeur et humiliation, Chloé Cruchaudet (Ida, tome 1) (2009)

"1887. Ida est une vieille fille d'une trentaine d'années hypocondriaque et autoritaire. Son existence prend un tournant imprévisible un beau matin, lorsque son médecin lui prescrit une cure sur la Côte d'Azur. Elle s'aperçoit qu'avec le mouvement ses symptômes disparaissent. Ida prend alors goût au voyage et s'éloigne toujours plus de sa Suisse natale tout en restant fidèle à son corset et à ses bonnes manières. De Tanger à Saint-Louis commencent alors des tribulations qui lui donneront à vivre les joies et les vicissitudes de l'exploration."

C'est en faisant du rangement au rayon des bandes-dessinées que je suis tombé sur la série Ida : je vois souvent ces livres dans les étagères, mais je n'en vois que le dos, je n'avais jamais vues les couvertures, or le rangement m'a fait les voir et je les ai trouvées très belle, du coup, j'ai empruntés les trois tomes directement, sans savoir de quoi il était question à l'intérieur.

Ida Von Erkentrud est une femme hypocondriaque et râleuse qui reste enfermer chez elle le plus souvent et enchaîne les remèdes que son médecin lui soumet. Un jour celui-ci l'envoie dans le Sud de la France, un peu contre son gré, et alors qu'elle commence par se plaindre, elle découvre que l'air marin lui fait du bien,qu'elle se sent mieux. Elle décide alors de voyager un peu, imaginant les pays étrangers comme ils étaient présentés à l'exposition universelle de 1867 qu'elle a visité alors qu'elle était enfant. Après la France, elle fait un très bref passage en Espagne, puis elle se dirige vers l'Afrique. Grâce à des lettres de recommandation, elle parvient à être admise chez le gouverneur où elle rencontre Rosa, une voyageuse qui écrit des critiques de voyages, et Fortunée, une femme destinée au couvent. Une nuit, Ida quitte la résidence du gouverneur avec Fortunée et les deux femmes vont partir au Maroc, puis au Sénégal.

J'ai beaucoup aimé cette bande-dessinée : les dessins sont colorés, lumineux, fluide et arrondis, le ton est plutôt drôle car les deux bourgeoises européennes ne sont pas à leur place dans la jungle équatoriale, et il y a une toile de fond historique intéressante avec la découverte de l'Afrique que Savorgnan de Brazza est en train d'explorer. Bref un premier tome plaisant et qui pousse à lire la suite !

Le territoire des barbares, Rosa Montero (2001)

"Zarza est réveillée un matin par une voix au téléphone qui lui murmure : "Je t'ai retrouvée". Elle s'habille en hâte et prend la fuite, poursuivie par quelqu'un ou quelque chose lié à un passé qu'elle cache et veut oublier. L'intrigue progresse, inquiétante, fantastique, les pièces du puzzle s'emboîtent jusqu'à l'explosion finale qui changera la vie de Zarza pour toujours."

J'avais lu une fois, par hasard, un livre de Rosa Montero (Le roi transparent, article ici) et cela avait été une bonne surprise. J'avais donc gardé le nom de l'auteur dans un coin de ma mémoire afin de lire autre chose d'elle quand l'occasion se présenterait, ce qu'il s'est passé. 

Dans ce livre, nous suivons Zarza sur un peu plus d'une journée. Cette jeune femme à la vie rangée et aseptisée reçoit un appel téléphonique alors qu'elle sort de la douche : une voix d'homme lui dit qu'il l'a retrouvée. Elle s'empresse alors de quitter son domicile et de fuir : fuir parce que sept ans auparavant, alors qu'elle et son frère jumeau, Nicolas, gravitaient dans le monde interlope et se droguaient, elle l'a dénoncé pour un délit et celui-ci a été emprisonné. Et il semble que désormais, sa peine a pris fin et qu'il a décidé de retrouver sa soeur, sa dénonciatrice.

J'ai bien aimé cette lecture même si ce n'est pas autant que le précédent ouvrage que j'avais de cette auteur. Il y a un côté conte moyenâgeux qui me plait bien -on retrouvait déjà cela dans Le roi transparent- mais j'ai été désarçonnée par les métaphores utilisées pour décrire l'ancienne vie et l'ancien monde de Zarza et Nicolas, le monde de la Reine : j'ai mis un moment à comprendre de quoi il était question et à m'y retrouver. J'ai aussi eu une impression de brouillon, de potentiel intéressant mais pas pleinement développé ce qui frustre un peu. Bref, malgré des points faibles, ce livre tout de même été agréable à lire.

L'assassin à la pomme verte, Christophe Carlier (2012)

"«J'éprouvais pour Elena une tendre reconnaissance. J'avais toujours voulu tuer quelqu'un. Pour y parvenir, il me manquait simplement de l'avoir rencontrée» songe Craig, fraîchement débarqué des États-Unis comme Elena d'Italie. Tous deux se trouvent pour une semaine au Paradise : un palace, vrai monde en soi, où l'on croise parfois au bar d'étranges clients. Par exemple cet homme de Parme, mari volage et volubile, découvert assassiné au lendemain de leur arrivée. Entre Craig et Elena naît un sentiment obsédant, fait d'agacement et d'attirance, sous l'oeil impitoyable de Sébastien, le réceptionniste, auquel rien n'échappe. Ou presque."

J'ai entendu parler de ce livre sur plusieurs blogs que je lis et les avis étaient plutôt bon, du coup, j'ai eu envie de le lire. Sauf que comme la bibliothèque dans laquelle je travaille ne l'avais pas au moment où j'ai lus les critiques le concernant, j'ai dû attendre quelques semaines qu'il se retrouve dans nos collections et qu'il doit prêt à être emprunté avant de pouvoir le lire.

Ce roman débute lorsque Craig, un Anglais professeur de Français aux États-Unis arrive en France afin de faire des conférences et des recherches. Il est hébergé au Paradise, un hôtel prestigieux de Paris. Dans ce même hôtel se trouvent également Héléna, une belle Italienne qui travaille dans le milieu de la mode, Sébastien, le réceptionniste de nuit, ainsi qu'un gros Italien marié et ayant deux maîtresses, une femme de chambre qui fréquente une voyante pour les questions importantes, et tous les voyageurs passant là. Le lendemain de l'arrivée de Craig à l'hôtel, le gros Italien à qui il avait parlé au bar la veille au soir est retrouvé mort : chacun a sa théorie, la police enquête et les personnages se lient sans s'occuper de ce meurtre.

J'ai bien aimée cette lecture, mais je ne l'ai pas pour autant trouvée inoubliable ou exceptionnelle, et j'avoue même que je suis presque déçue. C'est bien, mais sans plus : les personnages sont bien construits, l'alternance des narrateurs est intéressante, surtout qu'elle se fait très souvent, l'histoire est bien aussi, mais je ne sais pas, ça manque de quelque chose qui relèverait tout cela... Bref, un moment de lecture agréable mais un petit peu frustrant malgré tout.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...