Légère comme un papillon, Michela Marzano (2012)

"« Des années durant, j'ai cherché par tous les moyens à devenir aussi légère qu'un papillon. Et j'y suis presque arrivée. En termes de kilos, s'entend. Car pour ce qui est du reste, la vie a souvent été trop pesante pour moi. De devoir être la meilleure. De m'efforcer de répondre aux attentes des autres. D'oublier Alessandro, d'abandonner mon pays, de faire du français ma langue. Mais le plus pesant fut de recommencer à vivre... » Dans ce livre intime et émouvant, la philosophe Michela Marzano raconte son histoire d'anorexique, faite de douleurs dérobées, de moments intenses, de secrets familiaux, mais cette histoire personnelle, ce passé qui ne passe pas, c'est aussi la souffrance de beaucoup d'entre nous. Le savoir nous permet-il de triompher du corps ? Ou ne serait-il qu'une science sans conscience ?"

J'ai entendu parler de ce livre sur France Inter au printemps lors d'une interview de l'auteur. Cela m'a donné envie de lire cet ouvrage, donc j'ai noté le titre sur ma liste d'idées de lectures pour plus tard. Plus tard qui s'est donc présenté récemment.

Dans ce texte autobiographique, Michela Marzano revient sur son passé pour expliquer ce qui fait qu'elle est comme elle est, les choix qu'elle a pu faire et ce qui a pu causer son anorexie. Elle nous parle donc de son enfance, de l'absence de sa mère, de son père autoritaire et extrêmement exigent, de ses brillantes études et des objectifs qu'elle s'impose à elle-même. Elle parle également de ce qu'elle est aujourd'hui, les choix qu'elle a fait à cause de l'anorexie, notamment dans ses sujets d'études, sa partition en l'Italie, sa terre natage, et la France, sa terre d'adoption, et les difficulté et préférences linguistiques que cela entraîne. Elle évoque aussi les valeurs qu'elles juge essentielles et qui sont parfois mal interprétées, telles que la confiance ou l'amour.

Le livre parle donc de beaucoup de choses et, finalement, peu de l'anorexie. C'est d'ailleurs ce qui m'a déçue : le contenu du livre n'était pas ce à quoi je m'attendais. Je pensais que l'auteur parlerait de son expérience de la maladie, et cela avec un point de vue philosophique puisqu'elle est philosophe, que ce serait une autobiographie dans laquelle certains éléments seraient analysés à travers le prisme d'auteurs ou de concepts philosophiques, ce qui n'est pas le cas. Je trouve que ce livre parle plutôt d'amour et du rapport de l'auteur avec les hommes et en particulier son père, donc déjà, déception au niveau du sujet, mais désintérêt également. Et déception également au niveau du style, très répétitif et saccadé. Cela est reconnu d'ailleurs puisque le compagnon de l'auteur lui fait le même reproche après qu'elle lui ait fait lire une partie de son texte. Bref, au final non seulement ce livre m'a déçue, mais en plus, il ne m'a pas plu, et cela tant sur le fond que sur la forme...

La ligne de beauté, Alan Hollinghurst (2005)

"Nick Guest est un jeune homosexuel sensible et cultivé. Fils d'un modeste antiquaire anglais, il fait de brillantes études à Oxford et, au début des années 1980, part vivre à Londres pour y mener à bien sa thèse de littérature. Nick s'installe dans le grenier de l'hôtel particulier des Fedden, les parents d'un de ses amis d'Oxford, Toby. Le jeune locataire entre peu à peu dans l'intimité de la famille et côtoie ainsi la grande bourgeoisie londonienne. Son amant, Wani, le fils d'un magnat libanais de la grande distribution, lui fait découvrir le sexe, la cocaïne, les voitures de sport et la vie facile. Mais quelques années plus tard, tout s'effondre. Le sida fait des ravages. Rattrapé par son destin, Nick voit ce monde, auquel il a cru appartenir un moment, le rejeter aussi rapidement qu'il l'avait accueilli."

Je ne sais plus comment j'ai eu connaissance de l'existence de ce roman, probablement une suggestion vue quelque part puisque ce livre n'est pas assez récent pour être présent dans l'actualité littéraire. Bref, le fait est que j'ai dû être tentée à un moment ou un autre puisque son titre s'est retrouvé dans ma liste de livres à lire.

L'histoire se passe dans les années 1980 en Grande-Bretagne. Nick, un jeune homme homosexuel, vit à Londres dans la famille d'un de ses amis, Toby, le fils de Gérald Fedden, un homme politique anglais prometteur. Nick se retrouve donc intégré dans la vie de cette famille, devenant avec le temps aussi proche de Toby que des autres membres de la famille. De par le statut social de cette famille, lui qui a des origines sociales modestes est amené à fréquenter des hommes politiques du pays, mais aussi de la noblesse. Il côtoie donc le luxe, l'argent, les grands repas, les nouveaux et les anciens riches, l'argent facile et les fonds de spéculation, ainsi que la drogue et le SIDA puisque tout n'est pas rose, que ce soit les années 1980 ou la vie de la famille Fedden et de Nick.

Ce roman est une sorte de fresque sur laquelle nous suivons les aléas de Nick et de la famille Fedden en trois parties : 1983, 1985 et 1987. Nous voyons donc ce qui change et ce qui ne change pas, comment chacun évolue, les gens croisés et les liens entre eux. Et nous voyons aussi l'ascension puis les scandales et le naufrage de cette vie privilégiée, les tensions et le rejet qui apparaissent. J'ai beaucoup apprécié le fait de suivre un même groupe de personnages sur ces quelques années, on apprend à les connaître, on s'attache, ou non, à eux et on suit leurs évolutions. En plus de cela, ce roman nous montre aussi les changements ayant lieu dans les années 1980 et les différentes mentalités, notamment à travers Nick qui permet d'aborder les sujets du SIDA et de l'homosexualité. Bref, un livre que je ne trouvais pas exceptionnel au début, mais que j'ai finalement beaucoup aimé.

Les New-Yorkaises, Edith Wharton (1927)

"Pauline Manford est une épouse, une mère et une maîtresse de maison apparemment exemplaire, bien décidée à ne voir autour d'elle que réussite et harmonie. Mais dans le New York des années folles, l'opulente famille Manford est prise dans le tourbillon des plaisirs et de l'argent. Le conflit entre un puritanisme tenace et le cynisme des comportements provoque des drames dont Pauline se détourne en menant une activité frénétique. Ses journées enchaînent rituels domestiques, tactiques conjugales, méditations spiritualistes, réceptions mondaines et associations caritatives dans un total nivellement des valeurs. Elle s'étourdit de principes positifs aussi catégoriques que factices afin de se distraire d'une réalité qu'elle trouverait incorrect de regarder en face. Pourtant ses proches ont douloureusement conscience de l'aveuglement, des mensonges et des trahisons qui l'entourent. Les blessures intimes de sa fille Nona sont celles de toute une génération victime de l'incurie des aînés. Satire étonnamment actuelle des ravages de l'autosatisfaction, Les New-Yorkaises est le roman le plus féroce, le plus drôle et le plus moderne d'Edith Wharton."

Ayant déjà lus des textes d'Edith Wharton et ayant apprécié le style et l'atmosphère, j'ai décidé de continuer ma lecture de textes de cet auteur, avec ici Les New-Yorkaises.

Dans ce livre, nous suivons la vie de la famille de Pauline Manford, mère de deux enfants, Jim et Nona, chacun de pères différents puisque Pauline a deux mariages et un divorce à son compte. Pauline Manford est une hyperactive qui s'active à droite à gauche, dont les journées sont remplies de réunions, de rendez-vous, d'exercices d'assouplissements, de massages anti-rides, d'organisation de fêtes, etc. Autour d'elle gravitent son ancien mari, Arthur Wyant, alias Specimen A, son nouveau mari, Dexter Manford, son fils et sa belle-fille, Jim et Lita, sa fille, ses domestiques, ses amis, les membres encombrants de la famille et ses semblables. Nous voyons à l'occasion de leur quotidien comment se déroulait la vie de la bourgeoisie new-yorkaise dans les années 1920, les différences de mentalité et de croyances entre les différentes générations, la peur de l'ennui et du vide, l'importance des apparences, l'effervescence désirée, provoquée, entretenu et cadrée, une sorte de tourbillon pour ne pas penser aux problèmes et contradictions auxquels les personnages pourraient avoir à faire face.

Une fois de plus, j'ai beaucoup apprécié ce texte d'Edith Wharton, et surtout le ton très moderne qu'elle emploie, de même que le regard lucide qu'elle porte sur son époque. Par certains aspects, il me fait penser à la chick-lit d'aujourd'hui, avec toutes ces citadines préoccupées de vêtements, de soins, de mariages et de divorces, et ayant des journées très remplies. D'ailleurs, cela est un peu ce que je lui reproche : ce texte m'a parfois paru un peu superficiel. De même que j'ai trouvée la fin abrupte et bâclée, ce qui m'a quelque peu déçu lorsque j'ai tourné la page pour lire la suite et que j'ai découvert que non, ça se finissait là et comme ça. Malgré cela, ce texte m'a plu, mais moins pour le fond que pour la forme, ce qui ne me décourage pas pour autant dans la découverte d'autres textes de cette auteur.

Syster, Bengt Ohlsson (2009)

"La soeur de Marjorie disparut un vendredi, début mai. Ce jour-là, Miriam n'est pas rentrée de l'école, mais on l'a vue marcher, là-bas, du côté de la colline... Si ses parents sont angoissés, Marjorie, elle, semble hors d'atteinte, indifférente, insondable. Ou... peut-être se réjouit-elle un peu, un tout petit peu de cette disparition car, après tout, il y avait parfois des jours où elle ne l'aimait pas trop, sa grande soeur Miriam... Alors, pour l'éloigner d'une ambiance saturée de désespoir, sa tante Ilse l'héberge. Et, de jour en jour, tente de l'aider à voir un peu plus clair en elle, à distinguer l'amour de la haine, la jalousie de la générosité, l'aveuglement de la lucidité. En somme, elle apprend à Marjorie à grandir et à assumer ses contradictions. Véritable tour de force, Syster restitue à la perfection le regard multiple, voire parcellaire, que tout être pose sur ses proches, sur les paysages et sur le monde."

C'est par hasard que j'ai lu ce livre, alors qu'il se trouvait sur le chariot des livres venant d'être rendus par les lecteurs de la bibliothèque, à la recherche de quelque chose susceptible de m'intéresser. La quatrième de couverture, sans être exceptionnelle, avait quand même l'air un peu tentante, donc j'ai emprunté le livre.

Marjorie est la cadette d'une fratrie de deux filles et elle nous raconte sa vie après la disparition de sa soeur aînée, Miriam. Sa soeur lui manque, elle est perturbée par ce changement et cette inquiétude dans le quotidien, mais elle est encore une enfant et son regard est aussi teinté des rivalités que peuvent avoir les frères et soeurs, donc cette absence ne la dérange pas tant que cela non plus, même si elle sait qu'elle devrait se montrer triste. Délaissée par ses parents qui recherchent  Miriam, Marjorie est envoyée chez sa tante, Ilse, auprès de qui elle va parvenir à exprimer son ressenti, à mûrir et à être elle-même malgré la disparition de sa soeur.

Au final j'ai bien aimé ce livre, mais sans plus. Ce que j'ai trouvé le plus intéressant, c'est le fait que le point de vue adopté soit celui de la soeur de la disparue, celle qui est complétement éclipsée par l'absence de l'autre. Elle ne ressent pas les évènements de la même façon que les adultes, elle n'est pas aussi touchée ce qui donne du recul et permet moins de parler de la disparition de la soeur que de ce que ressent celle qui reste. C'est donc intéressant et agréable à lire, même si j'ai trouvé que le texte manquait un peu de dynamisme.

Sorcellerie & dépendances, Sandrine Revel (2010)

"San Francisco, de nos jours. Accro à la sorcellerie, Eva essaie de rompre avec cette dépendance en fréquentant les Sorciers Anonymes. Mais c'est plus facile à dire qu à faire : la sorcellerie améliore tellement la vie de celles qui s y adonnent qu il n est pas évident d'y renoncer ! De bonnes résolutions en rechutes, elle finit par signer un pacte avec Satan... Mauvaise idée.
Avec cette comédie pleine d humour et de fantaisie, Sandrine Revel dresse une savoureuse satire de la société moderne.
"

Voici une bande-dessinée que j'ai découverte au hasard des rangements à la bibliothèque. Comme l'illustration de couverture et le titre m'ont semblé attirants, j'ai empruntée puis lue ce livre.

Le personnage principal de l'histoire est Eva, une femme qui approche de la cinquantaine qui se préoccupe de son apparence physique qui se modifie à cause de son âge et qui a des problèmes avec son mari et avec sa fille adolescente. Elle est aussi animatrice d'un groupe de parole de gens dépendants à la sorcellerie et elle-même a un problème avec la sorcellerie. Tentée de retrouver une apparence physique rajeunie, elle utilise des sorts, puis, se voit proposer un pacte avec le diable.

Je ne sais pas trop quoi penser de cette bande-dessinée, mais en tout cas, elle m'a déçue. Le synopsis, le dessin et le ton m'ont plu, mais le récit en plus même, non. J'ai trouvé que l'intrigue partait un peu en vrille vers quelque chose qui ne tenait pas la route, pourtant tous les éléments promettaient quelque chose susceptible de m'intéresser, mais au final, non. J'ai également trouvé que certains aspects auraient gagnés à être approfondis (la psychologie d'Eva et le penchant des gens pour la sorcellerie), mais ça, c'est selon mes préférences. Bref, une lecture qui ne va pas me laisser un grand souvenir.

Jane Eyre, Charlotte Brönte (1847)

"Je savais à peine ce qu'était une pension. Bessie m'en avait parlé comme d'une maison où les jeunes filles étaient assises sur des bancs de bois, devant une grande table, et où l'on exigeait d'elles de la douceur et de l'exactitude. Si les détails que m'avait donnés Bessie, détails qui lui avaient été fournis par les jeunes filles d'une maison où elle avait servi avant de venir à Gateshead, étaient un peu effrayants, d'un autre côté, je trouvais bien de l'attrait dans les talents acquis par ces mêmes jeunes filles. Bessie me vantait les beaux paysages, les jolies fleurs exécutés par elles ; puis elles savaient chanter des romances, jouer des pièces, traduire des livres français. D'ailleurs, la pension amènerait un complet changement de vie, remplirait une longue journée, m'éloignerait des habitants du château, serait enfin le commencement d'une nouvelle existence."

Voici un classique de la littérature anglaise que je n'avais encore jamais lu. Donc quand j'ai eu l'occasion de croiser cet ouvrage à la bibliothèque, je me suis dit que c'était l'occasion de combler cette "lacune" (je mets de guillemets parce qu'on peut vivre sans avoir lu les livres qualifiés de classiques).

Le personnage principal de cette histoire est Jane Eyre, une jeune orpheline, fille de pasteur, confiée à son oncle à la mort de ses parents. Sauf qu'un jour son oncle meurt aussi et que Jane se retrouve alors à la charge de la femme de celui-ci, Mrs Reed, qui a promis à son époux de s'occuper de Jane comme de ses propres enfants. Promesses qu'elle regrette par la suite parce que ni Mrs Reed ni ses enfants n'apprécient Jane qu'ils trouvent diaboliques, inconstante, peu soigneuse, mal élevée. Du coup, d'un accord commun, Jane est envoyée à Lowood, une école de charité où elle va passer six ans en tant qu'élève puis deux comme enseignante. A l'issue de ces huit ans, elle va chercher une place de gouvernante et va en trouver une à Thornfield, pour s'occuper de la petite Adèle, fille bâtarde du propriétaire, Mr. Rochester, de qui Jane va tomber amoureuse.

Ce livre m'a bien plu, mais il m'a aussi un peu exaspéré par moment. Commençons donc par ce qui m'a un peu agacée, à savoir les grandes tirades ainsi que les appels et références incessantes à Dieu qui sont peu crédibles dans la réalité, mais aussi l'attitude de Jane Eyre qui se retrouve deux fois sur le point de se marier et qui fuit. Certes, elle a ses raisons et ses valeurs, mais bon... Surtout que du coup, la fin m'a un peu désarçonnée : John-Paul ne dit rien ? Mr. Rochester non plus ? C'est Jane qui décide et n'en fait donc qu'à sa tête ? Pourtant, elle croit en des valeurs précises et a reçu une éducation rigoureuse qui la guide, lui donne des repères sur la manière juste et bonne d'agir. Mais d'un autre côté, avec le recul, l'intrigue et le comportement de Jane tiennent tout à fait la route, sans pour autant être prévisibles, ce qui est appréciable. Autre chose qui m'a bien plus, c'est la précision de la langue, du style : les émotions sont comme disséquées et précises, l'écriture est agréable à lire parce qu'il y a un souci d'exactitude d'expression, une recherche du mot juste, c'est dense mais limpide. Donc je comprends ce qui en fait un classique, ce qui a fait son succès, mais bon, au vu de mes goûts, je ne juge pas l'histoire exceptionnelle, par contre l'écriture est excellente.

Burlesque Girrrl, François Amoretti (Tome 1) (2012)

"Une jeune pin-up pulpeuse, tatouée, qui porte la vingtaine avec l'élégance d'une diva. Une incarnation du « rock » et du « burlesque », dans la lignée des effeuilleuses Dita Von Teese et Devil Doll : c'est Violette. Bassiste dans un groupe, modèle pour sous-vêtements, elle alterne shootings et concerts, compose ses morceaux à l'occasion. Une fille pas comme les autres et délicieusement GRRRL..."

J'avais repérée cette bande-dessinée en regardant les nouveautés BD il y a quelques semaines. Rien que le titre m'a interpellée puisque le burlesque (ou, pour être exacte, le néo-burlesque) est un genre que j'apprécie beaucoup, que je trouve beau graphiquement. Et d'ailleurs, la couverture confirmait ce dernier point, me donnant encore plus envie de mettre la main sur ce livre.

L'histoire se déroule de nos jours, mais avec des gens qui, par affinités, vivent dans les années 1950. Ils se passionnent pour le style vestimentaire de l'époque, les pin-ups, les voitures, la musique (le rockabilly), les effeuillages, le glamour, le second degré, etc. Les personnages en question sont Violette, Morgan, Peter et Juan, qui forment un groupe, les Grrrl. Ils font des concerts dans des bars et ne sont pas très connus, d'ailleurs, le fin de mois sont difficiles pour chacun d'entre eux. Mais cela n'est pas définitif et la chance commence à leur sourire : un producteur leur donne un rendez-vous, ils font la première partie d'un groupe connu, Violette se fait connaître grâce à des photos et des séances de strip-tease, etc. 

Au début, je pensais que ce livre me plairait pour l'ambiance burlesque et les dessins, ce qui est le cas, mais l'histoire aussi m'a plu. Pourtant, au début je me disait que l'intrigue n'avait rien d'exceptionnel, sauf que plus on approche de la fin et plus elle se densifie, laissant plein de points d'interrogation et l'envie de lire rapidement le second tome. Quant aux illustrations et à l'atmosphère 50's, je n'ai pas été déçue ! J'ai adoré les couleurs, les vêtements, les tatouages, les coiffures, les corps pulpeux des femmes, etc. En plus de cela, il y a une sorte de bonus à la fin avec des illustrations de pin-ups et des interviews de gens liés à ce milieu (une journaliste, un tatoueur et une historienne), ce qui prolonge la bande-dessinée de manière très intéressante.

Cosmopolis, Don DeLillo (2003)

"New York, avril 2000. Bloqué dans sa somptueuse limousine par un embouteillage géant qui paralyse Manhattan, Eric Packer, golden boy de vingt-huit ans, assiste au crépuscule du système qui a porté sa compagnie au firmament de la galaxie Wall Street. Les yeux rivés sur les cours d'une monnaie dont il a parié la chute et qui remonte contre toute attente, tétanisé par l'irruption dans son monde virtuel d'un réel ensauvagé qui embrase les rues de la ville, Packer accède, en vingt-quatre heures d'une initiation spectaculaire, aux codes qui détiennent le secret de son assassinat annoncé. Concentrant dans un espace littéraire superbement inédit tous les langages où se profère l'inquiétant scénario global du monde contemporain, Cosmopolis fait du présent une fable, du futur une histoire et de l'archaïque, peut-être, notre étrange avenir."

J'ai entendu parler de ce livre en mai dernier, alors que l'adaptation cinématographique qui en a été faite était présentée au Festival de Cannes. J'ai déjà lus deux textes de Don DeLillo (Les noms, ici, et L'homme qui tombe, ) sans vraiment être convaincue, mais comme les critiques du livres étaient bonnes, je me suis dit que je pouvais toujours retenter l'expérience.

Dans ce livre, nous suivons pendant une journée, à New York, un jeune homme extrêmement riche (il a un appartement de 48 pièces...) qui travaille dans la finance et le monde abstrait de la Bourse. L'essentiel de ce jour est passé dans sa luxueuse limousine blanche, bloquée dans la circulation à cause d'un manifestation et d'un enterrement. Au fil de son lent trajet, il va rencontrer son médecins, ses divers conseillers, son coiffeur, sa femme,..., soit en les récupérant sur la route, soit en descendant de son véhicule, et nous suivons les évènements de cette journée décisive depuis cette voiture et les arrêts qu'elle effectue.

Je n'ai pas accroché à ce texte que j'ai trouvé ennuyeux, même quand il se passait quelque chose... Est-ce que c'est pour montrer la vacuité de nos vie où tout s'achète et se vend, la frénésie vaine de la société de consommation, la superficialité du monde ? Peut-être, mais ce n'est même pas sûr, rien ne l'indique de manière un tant soit peu évidente. Bref, c'est le troisième livre que je lis de cet auteur, et sur ces trois, c'est le deuxième qui ne me plaît pas, donc je pense que je vais arrêter là dans sa bibliographie.

La guerre secrète des OGM, Hervé Kempf (2003)

"Derrière la polémique concernant les Organismes génétiquement modifiés (OGM) se cache une incroyable histoire. Au cours des vingt dernières années, en effet, un phénomène nouveau est apparu : pour la première fois depuis les débuts de la Révolution industrielle, la société humaine a majoritairement refusé une mutation technologique. Alors qu'elle promettait de transformer le monde, la dissémination dans l'environnement des organismes génétiquement modifiés (OGM) s'est heurtée à une contestation mondiale. Les OGM sont maintenant confinés pour l'essentiel en Amérique du Nord, et les firmes qui les promeuvent s'enfoncent dans la crise. Que s’est-il réellement passé ? Après un tel échec de la logique technoscientifique quelle leçon peut-on tirer concernant les rapports ambigus entre science et démocratie ? C’est à ces questions que tente de répondre ce livre d’Hervé Kempf, journaliste."

Encore un livre que j'ai choisi de lire après ma lecture du Monde selon Monsanto (article ici) et ce afin d'éventuellement compléter ce que j'ai déjà pu apprendre à propos des OGM.

Dans ce livre, l'auteur s'attache surtout aux aspect économiques et politiques des manipulations génétiques et de leur usage dans l'alimentation humaine. Il y est notamment question de l'historique de la création des OGM, du travail de recherche en amont : les laboratoires aux États-Unis et en Europe se sont livrés à une courses à la découverte et donc au brevet correspondant. Quand en plus, les entreprises ont réalisé l'intérêt qu'il y avait derrière les OGM, les brevets ont pris encore plus d'importance puisque c'est grâce à eux que les manipulations réalisés peuvent être monétisées. Sauf que les réactions des citoyens n'ont pas été partout les mêmes, ce qui a entraîné des manifestations d'opposition ou au contraire un certains désintérêt, celui-ci étant parfois orchestré grâce à la désinformation, et cela a fait que tous les gouvernements n'ont pas légiféré de la même manière. C'est cet aspect qui m'a le plus intéressé : voir que pour un même sujet -les OGM- le débat va être abordé différemment selon les continents, les lois ne vont pas s'attaquer aux mêmes aspects. Et puis il y a le souci de coordonner ces textes : les décisions de chaque pays d'Europe doivent être cohérentes par rapport à ce qui est décidé au niveau européen justement. Et il faut aussi penser aux échanges et au commerce : par exemple, les Etats-Unis gèrent pareillement les productions avec et sans OGM, sauf qu'en Europe, les produits contenant des OGM doivent signaler ce point.

Bref, encore un livre très intéressant sur les OGM et qui ne rassure pas du tout sur la question puisqu'il fait un peu plus réaliser à quel point les questions d'argent, de budget, de financement et de bénéfices dominent les questions de santé et de biodiversité, y compris dans le secteur de la recherche qui est de plus en plus dépendant du secteur privé pour les questions financières.

Les ensembles contraires, partie 2, Kris, Eric T. & Nicoby (2009)

"Dans ce récit écrit à 4 mains, Kris et Éric T. racontent leur vie, celle de deux adolescents que rien ne prédisposaient à se rencontrer. La chronique intime d'une Amitié Majuscule forgée dans la douleur et les affres de l'existence. Un récit poignant.
Hôpital de Brest 1994. Christophe retrouve son ami Éric, en séjour psychiatrique, suite à sa tentative de suicide. Il essaie de comprendre les motifs qui ont poussé son ami à commettre ce geste. Des raisons, Éric en a beaucoup : une mère alcoolique, un problème d'illettrisme, qui le met en marge de la société. Rien de bien réjouissant dans tout cela. Dans le même temps, Christophe est entré à la fac. Il s'est plongé à corps perdu dans les études et a perdu un peu le contact avec son ami. Jusqu'à cette tentative...Dès lors, Christophe et Éric se retrouvent. La famille de Christophe prend Éric sous son aile et la vie reprend peu à peu son cours normal... c'est le temps des filles et des premiers amours. Et c'est au tour de Christophe de plonger dans une histoire compliquée... et c'est au tour d'Éric d'épauler, à son tour, son ami...
Qu'est-ce qui pousse un jeune adulte au suicide ? Comment peut-on vivre de nos jours sans vraiment savoir lire ? Comment s'intégrer dans la société ? Avec justesse et sincérité, en revenant sur leurs souvenirs d'enfance, Kris et Éric T., épaulés par le dessin efficace de Nicoby, nous prennent par la main pour nous raconter ce terrible récit, sans aucun pathos
."

Après le tome un (dont je parle à cet endroit), voici logiquement le second tome de la bande-dessinée Les Ensembles contraires.

Le tome précédent se terminait sur la tentative de suicide d'Eric, alors hospitalisé à l'hôpital de Brest. L'intrigue va donc reprendre l'année précédent cet évènement pour savoir ce qu'il a pu se passer pour pousser Eric à tenter de mettre fin à sa vie, et également ce qu'il se passe après. Nous découvrons donc que la vie d'Eric s'est assombrie puisque suite au décès de son père, sa mère semble plonger dans l'alcoolisme, qu'en plus de cela il a des problèmes d'argent ce qui limite ses activités et lui pose des problèmes au quotidien. En parallèle, Christophe débute une Licence d'Histoire, ce qui le passionne, et rencontre de nouvelles personnes, ce qui entraîne des soirées régulièrement. Chacun suit donc sa voie, ce qui fait qu'ils s'éloignent progressivement, la tentative de suicide d'Eric va stopper ce mouvement et amener les deux amis à réfléchir à ce qui est vraiment important pour eux.

J'ai préféré ce second tome au premier parce qu'il est moins insouciant, plus grave, ce qui fait ressortir le lien entre Christophe et Eric. En plus, dans ce tome, les deux personnages passent de l'adolescence à l'âge adulte, ce ne sont plus des petits jeunes insouciants, ils gagnent en épaisseur de caractère et de personnalité. Par contre, le reproche que j'avais au premier tome est également valable pour le second : parfois la chronologie n'est pas très claire ce qui rend difficile la compréhension du récit, mais ne l'entrave pas pour autant. En tout cas, ce récit en deux parties m'a bien plu, mais si vous êtes amateur d'histoire rythmée, de rebondissement et d'action, ce livre ne correspondra pas à vos attente puisqu'il s'agit de l'histoire d'une amitié avec tout ce que cela a d'ordinaire et de singulier et intime à la fois. En tout cas, j'ai plutôt bien aimé, et j'ai aussi aimé savoir ce qu'était devenus les gens concernés par cette histoire, à la fin de ce second tome.

Par raccord / Le monde de Charlie, Stephen Chbosky (1999)

"Au lycée où il vient d'entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas "raccord". Pour son prof de Lettres, c'est sans doute un prodige; pour les autres, c'est juste un "freak". En attendant, il reste en marge - jusqu'au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, le sexe, les fêtes : le voilà entré dans la danse et tout s'accélère."

J'avais vu ce titre dans une liste de livres préférés de l'auteur d'un blog sur lequel j'étais tombé au hasard de mes pérégrinations et comme ça avait l'air bien, je l'ai ajouté à ma liste d'idées de lecture (sous le titre Pas raccord qui est le titre qui a été donné à ce texte lors de sa première parution en France). Et depuis quelques semaines, j'entends parler de son adaptation au cinéma, Le monde de Charlie (infos), titre qui a été repris pour le livre du coup. Donc je me suis dit que c'était l'occasion de me lancer dans la lecture de ce texte.

Le texte se présente sous forme de lettres que Charlie, jeune adolescent qui s'apprête à entrer au lycée, envoie à quelqu'un qui ne le connaît pas, afin de raconter son quotidien, ses réflexions et ses préoccupations. Il raconte sa solitude après le suicide de son meilleur ami Michael, sa tante Helen -décédée elle-aussi- qui lui manque, sa vie de famille avec les relations amoureuses de sa soeur, la réussite sportive de son frère, la musique qu'il écoute, les livres que lui conseille son professeur de Lettres, sa rencontre avec Sam et Patrick, une soeur et un frère d'une famille recomposée, avec qui il devient ami bien qu'ils aient deux ans de plus que lui, les fêtes auxquelles il est emmené, les gens qu'il y rencontre, la découverte de l'alcool et de la drogue, les liens qui se créent et son amour pour Sam, et aussi la révélation des abus qu'il avait subi et qu'il cachait en lui-même sans s'en rendre compte et qui le perturbaient depuis longtemps puisqu'il les avait refoulés.

J'ai beaucoup aimé ce livre pourtant je ne m'attendais pas à quelque chose d'exceptionnel, plutôt un n-ième livre sur les malaises de l'adolescence, mais il se distingue malgré tout. L'écriture est très fluide et le ton crédible pour un adolescent, de même que les sujets abordés et la façon dont c'est fait. On s'attache à Charlie et à sa vie, sa personnalité est tout en nuance, sans excès ni caricature, ce qui rend le propos plausible et touchant. Bref, un livre que je conseille peut importe l'âge qu'on a ! J'aurais bien été voir le film, mais -évidemment...- il n'est projeté dans aucun des cinémas du centre-ville, donc j'attendrais le DVD !

La guerre des OGM, Michaël Le Galli & Mike (2009)

"On raconte beaucoup de choses au sujet de ces fameux Organismes Génétiquement Modifiés : qu'ils sont dangereux pour l'homme, qu'ils sont une menace pour l'environnement, qu'ils sont la solution aux famines et l'avenir d'une humanité en voie de surpopulation...
Alors, que sont exactement les OGM ? Où en trouve-t-on ? Pourquoi et comment, partout à travers le monde, des hommes et des femmes se battent-ils contre ceux qui veulent les imposer ? Et qu'en est-il de la France ? Pour la première fois, une bande dessinée répond à toutes ces questions et dresse le bilan de la révolution en cours.
"

C'est parce que j'ai lu Le monde selon Monsanto (article ici, lisez ce livre !) que j'ai lu cette bande-dessinée dont le titre m'a interpellée au vu de l'ouvrage précédemment cité. Comme désormais le sujet des OGM m'intéresse, je ne pouvais que lire cette BD.

Il s'agit moins là d'un récit que d'une présentation illustrée sur les OGM et ce qui y est lié, cela sur fond d'une discussion entre amis, discussion qui d'ailleurs débute par l'évocation du reportage Le monde selon Monsanto (comme quoi, je n'ai pas été la seule à être interpellée !). L'historique des OGM y est donc repris : leur fonctionnement, leurs usages, etc, mais aussi les conséquences sur la santé, l'agriculture, l'économie, la biodoversité, etc, et les cadres juridiques existants, ou non, ainsi que les débats et manifestations que cela entraîne. C'est surtout de l'aspect commercial, agricole et alimentaire dont il est question ici, même s'il est bien précisé au début que les OGM sont également utilisés dans la recherche et la santé.

J'ai trouvé ce livre intéressant, même si j'avais déjà pas mal connaissance de son propos suite à la lecture de l'ouvrage de Marie-Monique Robin. Cependant, ici l'aspect législatif est plus approfondi, les luttes, manifestations, contestations qui ont eu et ont toujours lieu sont plus présentes et ce qu'il se passe en France est plus détaillé. Ce livre a également l'intérêt d'être très accessible dans ses explications, c'est un moyen de s'informer sur la question des OGM plus facilement que par la lecture d'un essai, même si on peut lui reprocher son parti-pris anti-OGM.

Muffins aux Schoko-bons



A l'occasion des fêtes de fin d'année, je me suis retrouvée avec des Schoko-bons, or je n'en suis pas vraiment fan. Ce n'est pas que je n'aime pas, mais je les trouve peu savoureux et vite écœurants. M'interrogeant sur ce que je pourrais en faire, je me suis dit que je pourrais les mettre dans des muffins. J'ai donc été voir les recettes sur Internet, et je m'en suis inspirée pour en fait une avec les ingrédients que j'avais sous la main (pas de lait notamment).

Les ingrédients.
 Pour commencer, les ingrédients (ça m'a fait 8 muffins) :
- 220g de farine,
- 1/2 sachet de levure chimique,
- 150g de sucre roux,
- 100g de beurre fondu,
- 1 pincée de bicarbonate de sodium,
- 1 oeuf,
- 2 Schoko-bons par muffin.

La pâte.
Et la recette :
1/ Préchauffez le four à 180°,
2/ Dans un saladier, mélangez la farine, la levure, le sucre roux et le bicarbonate de sodium,
3/ Ajoutez le beurre fondu et l'oeuf, puis mélangez jusqu'à obtenir une pâte plutôt consistante et homogène,

Le remplissage des moules à muffins.

4/ Mettez une cuillère à soupe de pâte dans le fond des moules à muffins, puis deux Schoko-bons (chacun coupés en deux ou trois morceaux) dans chaque moule, et recouvrir d'une autre cuillère à soupe de pâte.
5/ Mettez au four pendant 20 min.

Les muffins terminés !

Les ensembles contraires, partie 1, Kris, Eric T. & Nicoby (2008)

"Dans ce récit écrit à 4 mains, Kris et Éric T. racontent leur vie, celle de deux adolescents que rien ne prédisposaient à se rencontrer. la chronique intime d'une Amitié Majuscule forgée dans la douleur et les affres de l'existence. Un récit poignant.
Bretagne, fin des années 80.
Pour Chris, jeune ado, la vie tourne autour de quelques points forts : le ping-pong, les copains, les filles. Chris sympathise avec un autre jeune homme, Éric dit Rico. Au départ, il y a des petites moqueries, car Rico prépare un CAP couture. Au fur et à mesure de leur relation, l'insouciance fait place à la gravité. Et quand nous retrouvons Rico dix ans plus tard, il vit dans un foyer, visiblement pauvre et malheureux. Que s'est-il passé entre temps ?
"

C'est en rangeant les bandes-dessinées un matin à la bibliothèque que j'ai vu ce livre, ainsi que le tome deux qui l'accompagne. Je l'ai emprunté sans trop savoir de quoi ça parlait, mais le dessin était pas mal et que la couverture suggérait que ça parlait de la vie de gens, de rencontres, d'amitiés, etc, donc je me suis dit que ça allait être la surprise mais que ça devrait aller quand même.

Et donc en effet, ça parle de rencontres : celle entre les auteurs de ce livre qui nous raconte l'histoire de leur amitié. Cela commence dans les années 80, en Bretagne, entre le Finistère et les Côtes d'Armor, lors de tournoi de ping-pong. Nous les suivons alors dans les loisirs, les fêtes, les vacances, les délires, les moments partagés, etc, mais aussi les doutes, les problèmes d'argent, les problèmes avec les parents. Ce sont des adolescents qui vivent leur vie avec tout ce que cela a de normal et d'unique aussi. Il n'y a pas vraiment d'intrigue particulière, c'est l'histoire d'une amitié. Et même les meilleurs amis ne savent pas tout de l'autre, puisque ce premier tome s'achève sur l'hospitalisation d'Éric après une tentative de suicide que Chris n'avait pas vue venir.

J'ai beaucoup appréciée cette lecture qui parvient à restituer une ambiance, une relation amicale alors que cela est très abstrait et difficile à raconter puisque cela est surtout significatif pour ceux qui la vivent. Mais on parvient quand même à suivre leur relation et à s'attacher à eux. Par contre, j'ai parfois été un peu perdue dans la narration puisque je ne savais plus qui était en train de s'exprimer, mais cela ne durait jamais longtemps, donc la gêne était minime. En tout cas, je suis impatiente de lire la suite, non pas parce que c'est captivant, ou que la fin se termine comme un cliffhanger, mais parce que j'ai envie de comprendre, de savoir ce qu'il arrive aux personnages et comment ça se termine, c'est plus pour les personnages que pour l'intrigue que j'ai envie de lire la suite.

La Casati, Camille de Peretti (2011)

"Née en 1881, la plus riche héritière d’Italie est morte en 1957, fouillant les poubelles de Londres. Luisa Amman, dite « La Casati », n’était pas belle, elle était spectaculaire. Brillante, exhibitionniste, fascinante, imprévisible et prenant l’extravagance très au sérieux, elle voulait « faire de sa vie une oeuvre d’art ». Muse de Gabriele d’Annunzio, Serge Diaghilev ou Léon Bakst, amie d’Isadora Duncan, d’Augustus John ou de Man Ray… quelle curieuse injustice que l’une des femmes les plus portraiturées de l’Histoire, avec la Vierge Marie et Cléopâtre, soit si peu connue du grand public.
Pour Camille de Peretti, écrire le roman de la marquise Casati, c’est aussi s’interroger sur la démarche du biographe (empathie ou duel ?), tenter de se mettre à la place d’une autre, la faire parler d’entre les morts, recouper des suppositions. «
Peu importe que la Casati ait ou non habité le Palazzo dei Leoni à Venise. Car c’est moi qui dormirai dans son lit. »
Au gré d’allers-retours audacieux entre sa propre histoire et celle de ce personnage hors du commun, l’auteur redonne vie et démesure à cette héroïne oubliée de la première moitié du xxe siècle qui a inspiré les plus grands artistes de son temps.
"

J'ai découvert l'existence de ce livre suite à la lecture du tome 2 de Chats noirs, chiens blancs de Vanna Vinci (article ici) puisqu'il est question de Luisa Casati, une femme riche et extravagante qui a fini sa vie ruinée et presque vagabonde. En voulant en savoir plus sur cette femme, j'ai vu qu'un livre avait été écrit sur elle par Camille de Peretti, auteur dont j'ai déjà lu deux ouvrages ces dernières années.

Le livre est composé de deux récits qui s'alternent au fil des chapitres. La première traite de la vie de Luisa Casati, comme l'annonce le titre du livre. Cette femme est née à la fin du XIXe siècle en Italie, dans une riche famille d'industriels. Elle perd sa mère alors qu'elle est adolescente puis son père quelques années plus tard, laissant sa soeur et elle-même seules héritières d'une fortune et de diverses demeures italiennes. Luisa ne supporte pas l'ennui, or elle s'ennuie vite, elle va alors vouloir provoquer et s'amuser. Elle va fréquenter aussi bien l’aristocratie italienne que les artistes pour lesquels elle est une mécène. Femme exigeante qui veut être au centre de l'attention, elle va aller toujours plus loin dans les excès et extravagance. Le second récit est au sujet de la vie de l'auteur : ses auditions en vain, sa vie amoureuse, son divorce, son travail d'écriture, etc.

Je dois dire qu'au début j'ai été un peu déçue par le livre parce qu'il n'avait pas le contenu auquel je m'attendais : je pensais qu'il ne s'agirait uniquement d'une biographie un peu romancée de Luisa Casati, or il n'y a pas que ça puisque les passages la concernant sont entrecoupés de chapitres dans lesquels l'auteur nous parle de sa vie, notamment amoureuse et en particulier de son divorce avec celui dont elle était éperdument amoureuse, et également des déceptions dans sa carrière qu'elle aurait aimé mener dans le théâtre et le cinéma. Du coup, on n'aime ou on n'aime pas ce livre puisque les parties autobiographiques peuvent passer pour narcissique, exhibitionniste et surtout hors-sujet. Mais, on peut aussi trouver intéressant ce parallèle entre deux vies de femmes complètement différentes, entre l'auteur et son sujet de travail. De mon côté, j'ai été un peu perturbée parce que je n'étais pas préparée à ça, mais au final, j'ai plutôt bien apprécié, surtout que les parties concernant l'auteur font suite à un autre de ses livres, Thornytorinx, que j'ai lu, donc il y a une certaine cohérence malgré tout.

Bilan 2012 & voeux 2013

Comme il est de circonstance en ces temps de nouvel an, je vous souhaite de passer une très bonne année 2013, avec plein de joie, de projets réalisés et de bons livres.

Et si une année commence, c'est qu'une autre s'est terminée, ce qui est l'occasion de faire des bilans. Je vais donc revenir sur les livres que j'ai le apprécié au cours de l'année 2012, c'est-à-dire ceux qui sont rangés dans la catégorie "J'ai adoré".
Pour commencer, deux essais de Marie-Monique Robin : Le monde selon Monsanto (article là) et Notre poison quotidien (article ici) que j'ai trouvés édifiants, extrêmement intéressants et surtout très clairs. Le premier traite des OGM, sujet revenu récemment dans l'actualité avec la publication du rapport Séralini, et le second a pour sujet la présence plus ou moins cachée des produits toxiques dans notre environnement.



Ensuite, quatre livres de Nancy Peña : Le chat du kimono (article), Tea party (article), It is not a piece of cake (article) et Les carnets du kimono (article). Ce que j'ai absolument adoré dans ces livres, c'est l'ambiance qui correspond tout à fait à mes goûts : des chats, du thé, des arabesques, du rouge et du noir, de la Grande-Bretagne, des références littéraires, etc. Par contre, si on n'aime pas cette atmosphère je doute que ces livres ne soient très intéressants...
Toujours dans les bandes-dessinées, De mal en pis d'Alex Robinson (article) qui raconte la vie de jeunes entrant dans le monde des adultes, avec tous ce que cela peut compter de tâtonnements, de rêves, d'espoirs, de nouveautés, de déceptions, d'hésitations et de ruptures, le tout ressemblant d'ailleurs plus à un roman illustré qu'à une BD au sens classique.
 
Toujours dans l'illustré, mais catégorie album jeunesse, j'ai beaucoup aimé Bou et les 3 zours d'Elsa Valentin pour les textes et Ilya Green pour les dessins (article). Je lis très peu d'albums, mais pour celui-ci, j'ai cédé aux conseils enthousiastes d'une collègues, et j'ai bien fait parce que ce livre est plein de jolis dessins et a la particularité d'être écrit dans une langue qui en mélange plusieurs autres mais qui reste tout à fait compréhensible, c'est très original !
En 2012, j'ai aussi relu Purge de Sofi Oksanen (article), livre que j'avais beaucoup aimé lors de la première lecture et que j'ai tout autant aimé lors de la seconde. Nous y trouvons mêlés la grande et la petite histoire, celle de la Seconde Guerre Mondiale et celle d'une famille, le tout sur plusieurs générations, avec tous les secrets qui ont pu se transmettre sans être révélés.
Roman toujours, Un homme louche de François Beaune (article). Livre en deux partie, chacune étant le journal intime du personnage principal, d'abord lorsqu'il est pré-adolescent et ensuite alors qu'il est adulte. Ce narrateur est bizarre, clairement perturbé et a un regard ironique et désabusé que l'on retrouve dans le ton de ses écrits. C'est un livre qui m'a plu par son originalité, même si j'avais trouvé que le texte s’essoufflait un peu vers la fin.

Et pour finir un ouvrage qui sous l'apparence d'un roman est en réalité une autobiographie : La cloche de détresse (article), dans lequel Sylvia Plath revient sur la dépression dont elle a souffert à partir de son adolescence, dans les années 1950, et des hospitalisations qui s'en sont suivies, ainsi que l'incompréhension de cette maladie et de l'indifférence lucide qu'elle ressent à propos de la vie.

Sinon, sur le plan personnel, on peut noter en 2012 :
- ma tentative de don du sang au printemps (mais veines trop fines, donc échec),
- ma titularisation en juin,
- l'adoption de Nova, petite chatte grise trouvé sous une haie,
- et la naissance de mon neveu à la fin de l'automne.

Quant à 2013, plusieurs choses s'annoncent déjà :
- deux concours, l'un en mars et l'autre en novembre,
- peut-être un PACS au printemps ou à l'été,
- et si tout se passe bien, l'installation de mon compagnon et moi dans un vrai chez nous, avec nos ordinateurs, nos centaines de livres, notre quinzaine de thés différents et notre chat.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...