Le cinquième éléphant, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 25) (1999)

"Samuel Vimaire est en fuite ; la chasse à l'homme est ouverte. Hier préfet du Guet, duc et ambassadeur d'Ankh-Morpork dans le mystérieux royaume d'Uberwald (ses forêts de conifères, ses traditions identitaires, ses mines de graisse), il ne lui reste désormais que son astuce naturelle et la culotte tristounette d'oncle Vania. (Laissez tomber.)
Il neige. Il gèle. S'il ne traverse pas la forêt pour rejoindre la civilisation, une guerre abominable éclatera. Et des monstres sont à ses trousses. Intelligents. Rapides. Des loups-garous. Ils gagnent sur lui...
Voici le vingt-cinquième roman du Disque-monde. On y trouve des nains, des vampires, des intrigues diplomatiques, des héros, de la graisse antique.
"

Dans le vingt-cinquième tome des Annales du Disque-Monde, nous retrouvons les agents du Guet, mais pas à Ankh-Morpork, même si l'histoire y commence. En effet, le vol du Scone de pierre, réplique de l'objet servant aux cérémonies royales des nains a été volée, ce qui est plutôt étrange puisqu'il s'agit d'un faux et reconnu comme tel. Mais avant que le Guet n'ait le temps de bien approfondir son enquête, Vimaire doit quitter la ville. La raison est qu'un nouveau roi va être intronisé en Uberwald, donc Ankh-Morpork doit envoyer quelqu'un pour représenter la cité, et Vétérini décide d'envoyer Samuel Vimaire et son épouse pour jouer les diplomates et faire des marchés commerciaux intéressants. Et Vimaire va pouvoir continuer son enquête sur le Scone de pierre puisque celui-ci sera nécessaire pour l'intronisation du nouveau roi. A côté de ça, Angua est parti et Carotte part à sa recherche, quittant provisoirement le Guet, ce qui cause quelques soucis (qui chaparde les sucres ?).

Une fois de plus j'ai trouvé ce tome intéressant, surtout qu'il nous fait découvrir l'Uberwald, région peuplée de vampires, de loups, de nains et de loup-garous, ce qui permet de voir autre chose. Par contre, j'ai trouvée l'enquête sur la disparition du Scone de pierre un peu opaque, j'ai eu du mal à suivre cette aspect de l'intrigue, mais le reste m'a tout à fait plu parce que c'est drôle et bien raconté.

Mort d'un clone, Pierre Bordage (2012)

"Nous sommes à la fin du siècle dernier, un chroniqueur distancié nous raconte la vie de Martial Bonneteau, un petit employé à la quarantaine aigrie, mal mariée à une femme épaisse et acariâtre qu'il n'a jamais pu satisfaire sexuellement, père de deux fils aussi tristes que lui et d'une fille qui se cherche ; Martial est un médiocre qui enfouit dans la routine et le mépris de soi les frustrations d'une existence de clone parmi les clones.
Et puis un matin, de micro-événements en micro-événements, un regard dans le métro, un retard au bureau, Martial Bonneteau va légèrement diverger de son chemin quotidien bien tracé, et c'est tout son univers normé qui commence à se lézarder...
Soudain livré à un confus désir de vivre, notre anti-héros va connaître bien des mésaventures : d'abord généreusement initié au sexe et au plaisir par une prostituée de la rue St-Denis, il va abattre un par un les murs qui emprisonnait sa vie : retour au foyer, réaction des proches et des collègues, scènes de ménages, hystérie familiale, coaching psychologique... Les scènes d'anthologie se succèdent sur un rythme de comédie ou de théâtre de boulevard, et on rit beaucoup.
On rit surtout du portrait au vitriol, presque cynique, que brosse Bordage de nos aliénations ordinaires.
Jusqu'à la disparition du clone, où, après l'ironie et l'humour noir, on retrouve l'écrivain qui nous parle mieux que tout autre d'humanité
."

Ce livre m'est passé entre les mains alors que je suis actuellement en train de découvrir les textes de Pierre Bordage, donc comme la lecture de la quatrième de couverture m'a tentée, j'ai voulu livre ce livre.

Le texte débute un matin, alors que que Martial Bonneteau vient encore de passer une nuit d'insomnie et qu'il doit se lever pour aller au travail. Mais ce jour-là, il refuse l'ordre des choses, les habitudes telles que le partage de la salle de bain avec son épouse. S'ensuit alors une dispute, puis Martial part au travail, mais il flâne en chemin, et il le dit bien quand on lui fait remarquer qu'il est arrivé en retard. Là aussi, il se rebelle et dit les choses comme il les pense. Sommé de prendre un congé pour se remettre les idées en place, il va alors faire ce qu'il n'a jamais fait : s'épanouir sexuellement, s'occuper de ses enfants, reprendre sa vie en main plutôt que de vivre en étant un clone de lui-même, un être pâle qui suit le troupeau sans jamais rien dire.

J'ai bien aimé ce livre qui contrairement à ce que je pensais est bel et bien un roman au sens classique du terme, et non pas un roman de science-fiction comme je m'y attendais. Mais pas de déception pour autant : l'histoire de cet homme qui prend sa vie en main, qui en a marre de ne plus avoir le contrôle sur sa vie et qui réalise qu'il se fait embobiner est agréable à lire. Il y a un petit côté absurde du fait du décalage entre Martial qui a ouvert les yeux sur sa vie et les gens autour de lui qui continuent de faire de qu'ils ont toujours fait et qui le considèrent comme fou parce que Martial n'agit pas comme d'habitude. Donc un livre intéressant qui m'a fait découvrir un autre aspect de la bibliographie de Pierre Bordage.

Sur ma peau, Gillian Flynn (2007)

"La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà l'été dernier, une enfant avait été enlevée. On l'avait retrouvée peu après, étranglée, les dents arrachées... La jeune journaliste Camille Preaker est envoyée sur les lieux pour couvrir l'affaire. Elle a grandi à Wind Gap et elle sera la mieux placée pour enquêter, selon le directeur de son journal.
Mais pour Camille, retourner sur les lieux de son enfance, c'est réveiller des souvenirs douloureux.
Adolescente, incapable de faire face à la folie de sa mère et traumatisée par la mort inexpliquée de sa sœur cadette, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu'elle n'a pu exprimer. Son corps n'est qu'un entrelacs de cicatrices...
Le cadavre de l'enfant disparue est bientôt retrouvé et, très vite, les soupçons de la police se portent sur le frère d'une des fillettes. II semble le coupable idéal, mais Camille a des doutes.
Hantée par la tragédie de son enfance, elle comprend très vite qu'elle devra pourtant trouver la force de l'affronter si elle veut découvrir la vérité...
"

J'ai découvert ce livre alors que j'étais allé le chercher suite à la demande d'une lectrice qui souhaitait l'emprunter. Dans l’ascenseur j'ai lue la quatrième de couverture et comme ça avait l'air plutôt pas mal, j'ai rapidement mis une réservation dessus afin de le récupérer lorsque la lectrice l'aurait lu.

Camille, une journaliste trentenaire vivant et travaillant à Chicago est amenée à retourner dans sa ville d'origine dans laquelle une jeune fille a disparu, et cela peu de temps avant le meurtre d'une autre fillette dans les mêmes âges. Camille n'est pas très motivée pour y aller, il faut dire qu'elle a des relations familiales compliquées, surtout vis-à-vis de sa mère : une femme manipulatrice qui souhaite contrôler tout ce qui l'entoure et qui surjoue la douleur successive à la perte de sa deuxième fille, la demi-soeur de Camille. Sur place, Camille retrouve les gens de son âge, certains s'en sont plutôt bien sortis et d'autres pas, il y a parfois de la jalousie, de la rancoeur et de l'indifférence. Elle rencontre aussi un inspecteur venu exprès pour l'enquête, qui n'est pas apprécié de la police locale, et avec qui elle s'entend plutôt bien du fait que tous les deux ne vivent pas ici et ne sont venus que pour l'enquête.

J'ai beaucoup aimé ce livre : le personnage de Camille est bien construit et a de multiples facettes, j'ai notamment trouvé intéressant son ancien vice de graver les mots qui lui sont significatifs, aussi malsain que ce soit. Sa famille, sa demi-soeur et sa mère notamment, sont eux-aussi crédibles et leur côté taré tient la route sans être exagéré. Quand à l'enquête, elle est bien racontée, avec tous les doutes, les impasses, les rumeurs et les lenteurs qu'il peut y avoir. Bref, un thriller qui m'a bien plu, je pense lire les autres ouvrages de cette auteur.

Persécution, Alessandro Piperno (2010)

"Leo Pontecorvo est un professeur de médecine reconnu et un père de famille respecté. Avec savoir vivre et discrétion, il mène une vie confortable. Les excès et les incartades font d’autant moins partie de son univers qu’il est issu d’une famille juive romaine qui a sa place dans la bourgeoisie depuis des décennies, ce qui lui confère une tranquille approche de la vie. Mais voilà qu’un soir, en regardant le journal télévisé, il apprend qu’une gamine de douze ans, petite amie de l’un de ses fils, l’accuse d’avoir tenté de la séduire. Un gouffre s’ouvre sous ses pieds. Rien dans sa vie ne l’a préparé à affronter une situation aussi humiliante. Rien ne l’a préparé à se battre en général. Depuis toujours il s’est déchargé des contingences matérielles sur sa mère et sa femme, Rachel. Au lieu d’affirmer son innocence, Pontecorvo se replie sur lui-même et commence une lente descente aux enfers, tout en se remémorant comment le piège s’est refermé sur lui entre l’indispensable et trop raisonnable épouse, la fillette mythomane, les clinquants parents de l’accusatrice, l’intraitable magistrat, l’ami avocat pervers..."

C'est par hasard que j'ai découvert ce livre qui se trouvait sur le chariot des livres que venaient de rendre les lecteurs. Comme j'en ai l'habitude, je jette toujours un coup d'oeil aux livres qui se trouvent là, lisant la quatrième de couverture dans les cas ou le titre et/ou le nom de l'auteur m'interpellent. J'avais donc vu Persécution, puis je l'ai reposé n'étant que moyennement convaincue, et puis au final je l'ai quand même emprunté.

Le personnage principal, Léo, est un médecin et chercheur italien reconnu qui travaille dans le domaine de la cancérologie pédiatrique. Il est marié et a deux fils, toute la famille vivant dans une luxueuse maison au sein d'un lotissement fermé. Sauf qu'un jour, alors que la famille est en train de dîner, la photo de Léo apparaît, accompagnée des paroles d'un journalistes disant qu'il est accusé de tentative de séduction sur une fille de 12 ans, la petite amie de son fils cadet. Complétement anéanti, il descend alors dans le sous-sol où il va désormais vivre, n'échangeant plus un mot avec sa famille et ne sortant que pour voir son avocat, un ancien ami de jeunesse. Il est alors un paria dans sa propre maison, complètement sonné comme si cette affaire ne le concernait pas tant elle lui paraît absurde et ébranle toute sa vie et ses convictions.

D'après la quatrième de couverture, je m'attendais à ce que l'accusation de séduction de la fille de 12 ans à l'encontre de Léo soit le sujet principal du roman et que l'enquête soit menée pour éclairer cette affaire. Or cette accusation et le règlement judiciaire ne sont qu'une trame, un prétexte à énormément de digressions sur le passé de Léo : son éducation, sa mère, son mariage, ses enfants, son travail, etc. Il s'agit donc plutôt d'une introspection de Léo sur ce qui l'a mené à être tel qu'il est. Malgré le fait que le contenu du livre ne soit pas ce que j'en attendais j'ai quand même appréciée cette lecture, mais il m'a quand même manqué quelque chose pour que ce livre me plaire vraiment : peut-être que les digressions nuisent à la cohérence, ou qu'on n'en sait finalement pas assez sur cette accusation, ses causes et ses conséquences... ? Donc pas mal, mais sans plus.

Carpe jugulum, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 24) (1998)

"« J'peux pas les vaincre, dit Mémé Ciredutemps. Ils ont l'esprit comme de l'acier. J'ai tout essayé. Toutes les ficelles que j'connais ! Le meilleur a failli m'avoir dans ma chaumière. Ma chaumière, tu t'rends compte ? J'ai jamais rien connu de tel. Ces vampires, ils ont appris des trucs. J'ai trouvé aucune faille chez eux, nulle part. Ils sont plus forts, ils réfléchissent vite… Moi je te l'dis, les affronter par l'esprit, c'est comme cracher contre une tempête.
— Tu vas faire quoi, alors ? demanda Nounou.
— Rien ! J'peux rien faire ! Tu comprends donc pas ce que j'te dis ? Ils connaissent tout en magie, ils sont rapides, ils nous prennent pour du bétail doué d'la parole… J'ai examiné le problème sous toutes les coutures et j'vois pas ce que j'peux faire. J'suis vaincue. D'avance. »
"

Dans ce tome des Annales du Disque-Monde, nous retrouvons les sorcières, Magrat, Nounou Ogg, Mémé Ciredutemps et Agnès. Magrat étant désormais une épouse, une mère et une reine, elle a laissé sa place à Agnès. Et, sans le savoir, à Perdita, l’alter-égo mince et confiant d'Agnès. Mais malgré l'éloignement de Magrat, toutes les sorcières se retrouvent à l'occasion de la cérémonie durant laquelle le bébé de Magrat et de Vérence, roi de Lancre, va recevoir son prénom. Sauf que d'autres invités sont là : des vampires, ou plutôt des vampyres, ça fait plus moderne, à savoir, la famille Margopyr, qui a bien envie de s'emparer du royaume de Lancre. Les sorcières vont alors devoir lutter contre ces êtres capables de prendre le contrôle de la pensée, et ce alors que Mémé Ciredutemps, la plus forte des sorcières du groupe, semble bien faible au vu de qui menace.

Encore une fois, j'ai beaucoup aimé ce texte de Terry Pratchett. C'est drôle tout en traitant de sujet sérieux, ici, il s'agit de la foi : croire en quelque chose qui nous fait avancer, croire que l'entraînement peut changer la vrai nature (pour les vampires, qui s'exercent pour résister aux signes religieux, à l'ail, etc). Le personnage d'Agnès, qui vient de commencer dans le groupe des sorcières prend bien sa place puisqu'elle est capable de résister aux vampires, lui permettant de jouer un rôle important à plusieurs reprises. Bref, une lecture toujours aussi plaisante !

Un père idéal, Paul Cleave (2010)

"Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.
Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.
"

Une collègue m'avait conseillé cet ouvrage alors que nous étions en train de le passer au retour à la bibliothèque. Comme d'autres lecteurs l'avaient réservé, je ne l'ai pas eu tout de suite, mais j'ai tout de même pu le lire après l'avoir également réservé.

Le personnage principal de cet histoire est Edward, qui a fait la une des journaux pendant son enfance parce qu'il était présent lors de l'arrestation de son père pour des meurtres de prostitués. Désormais adulte, Edward a coupé les ponts avec son passé, s'est marié, a eu une fille, a un travail, etc. Mais tout bascule le jour où son épouse et lui ont rendez-vous à la banque : alors qu'ils attendent dans le hall, des braqueurs arrivent, ceux-ci récupèrent l'argent, menacent une des employées de la banque, Edward la défend et les braqueurs décident alors de tuer la femme d'Edward. Complètement sonné par le choc et la douleur, Edward va tomber dans une logique de violence et de vengeance, donnant raison à tout ceux qui se sont toujours méfié de lui sous prétexte que le goût du meurtre serait héréditaire...

J'ai dévoré ce livre qui est très prenant, bien que très oppressant. On se dit qu'Edward va rester raisonnable, penser à sa vie, à la vie qu'il s'est construite, et ce malgré la perte de sa femme, mais il se lance malgré tout dans sa propre enquête, ou plutôt une chasse aux coupables, jugeant que la police n'en fait pas assez. Il dépasse progressivement toutes les limites dont on se dit qu'elles l'arrêterait, laissant derrière lui un sillage sanglant jusqu'au point de non-retour. Vraiment captivant, surtout que ce n'est pas qu'une simple histoire de vengeance, il y a aussi l'aspect de la transmission de la violence, de l'influence que le père a pu avoir sur le fils. Bref, un ouvrage qui m'a beaucoup plu.

La quatrième main, John Irving (2001)

"C'est un lac vert émeraude, quelque part dans le nord des Etats-Unis. Patrick Wallingford est couché sur un ponton tiédi par le soleil et une femme à la voix sensuelle, qu'il entend sans la voir, lui propose de retirer leurs maillots mouillés. Ce rêve est induit par un puissant analgésique administré au héros dont un lion vient d'avaler la main gauche alors qu'il faisait un reportage sur un cirque en Inde."

J'ai découvert ce roman par hasard alors que je regardais les livres fraîchement retournés à la bibliothèque par les lecteurs. En lisant le synopsie de celui-ci, j'ai été tentée, donc je l'ai emprunté (je n'ai jamais assez de livres en attente d'être lus sur mon bureau...), surtout que l'auteur est John Irving, celui qui a aussi écrit Le monde selon Garp, que j'avais lu et apprécié quand j'étais au lycée.

Le personnage central du présent ouvrage est Patrick Wallingford, un journaliste télévisé, qui lors d'un reportage dans un cirque en Inde se fait manger la main par un lion, le tout sous l'oeil de la caméra, ce qui fait de lui une célébrité puisque tout le monde le connaît sous le nom du "type au lion". Peu après, Patrick divorce parce qu'il a tendance à coucher avec toutes les femmes qui croisent son chemin, mais que cette histoire de main semble décider sa femme. Un jour, il va se voir proposer une greffe de main, cette dernière appartenant à Otto Clausen et proposée par Doris, l'épouse -puis veuve- d'Otto.

J'ai beaucoup aimé ce livre un peu déjanté et très improbable, surtout le début du livre, avec le chirurgien qui s'occupe de la greffe, le docteur Zajac. Après, le rythme s’essouffle un peu mais le récit n'en reste pas moins intéressant à suivre, et la fin n'a finalement pas été aussi mièvre que je ne le craignais. Bref, une lecture qui m'a plu, les personnages sont aussi improbable que les évènements de leur vie ce qui donne un côté cocasse à ce livre. Si j'en ai l'occasion, je pense que je lirais d'autres livres de cet auteur.

Nous étions des êtres vivants, Nathalie Kuperman (2010)

"Le groupe de presse pour la jeunesse Mercandier vient d être vendu. Son nouvel acquéreur, Paul Cathéter, ambitieux, vulgaire, méprisant, compte imposer à l entreprise sa mentalité et ses méthodes de travail. Restructuration, réduction de la masse salariale, abandon des locaux « historiques » de l entreprise... Les salariés s interrogent avec angoisse sur leur avenir. Certains doivent partir, d autres montent en grade, comme Muriel Dupont-Delvich, qui devient Directrice générale. Ariane Stein, une des responsables éditoriales, refuse plus que les autres ces changements. Un soir, avec la complicité du gardien d immeuble, Ariane se fait enfermer dans les bureaux pour y passer la nuit avant le déménagement de l entreprise. Elle découvre dans les cartons de Muriel une liste de salariés pour la prochaine charrette, dont elle-même fait partie... Nathalie Kuperman s empare avec originalité d un sujet très actuel : le rachat d une entreprise, le harcèlement au travail, les inquiétudes des salariés, les licenciements..."

Ce livre avait pas mal fait parler de lui lors de sa sortie, et même s'il avait l'air susceptible de m'intéresser, je ne l'avais pas ajouté à ma liste de livres à lire. Mais l'autre jour, je l'ai croisé à la bibliothèque donc je me suis dit que c'était l'occasion de le lire même si j'avais quelques réticences à cause du thème : celui des licenciements.

En effet, dans ce livre nous suivons la vie d'une rédaction d'un magazine jeunesse alors que le groupe auquel ce titre appartenait vient de le vendre à un homme d'affaires. Sur le moment, les gens sont soulagés que le titre ait été racheté, cela signifie que leurs emplois sont maintenus, mais rapidement l'angoisse revient car le nouveau propriétaire va revoir l'organisation en vu de réaliser des économies, et pour cela il va licencier. Nous  voyions donc la vie de cette rédaction au moment du rachat à travers différentes voix : celles d'Ariane, de Muriel, de Patrick, d'Agathe et du choeur, c'est-à-dire l'ensemble des employés, les bruits de couloirs et les bavardages. Et à travers toutes ces voix, nous découvrons les personnalités de chacun, leurs névroses, leurs obsessions, leurs rancoeurs et leur colère, leurs failles et leurs ambitions dans le contexte de crise professionnelle.

Je me disais que ce livre pourrait être intéressant mais je craignais que le thème ne soit un peu trop austère, et au final, j'ai beaucoup apprécié ce livre. Le rachat de l'entreprise et la restructuration que cela implique n'est que le contexte, ce qui déclenche l'action, le vrai sujet, ce sont les personnes prises dans ce bouleversement : leur manière de réagir et leur façon de se comporter les uns vis-à-vis des autres. Bref, une bonne surprise !

Le chuchoteur, Donato Carrisi (2009)

"Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
Depuis qu ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure...
"

Encore un livre suggéré par une de mes collègues. Ni le titre ni l'auteur ne me disaient rien, mais comme je suis toujours avide de nouvelles lectures,je me suis dit que je pouvais toujours le lire !

Le roman commence alors qu'un cimetière de bras gauches a été découvert dans une forêt, ce qui est déjà en soit problématique, mais cela se corse lorsque que six bras de petites filles sont déterrés alors que seules cinq fillettes ont été portées disparues. A l'équipe d'agents et de professionnel qui travaille sur l'enquête est rajoutée Mila, une spécialiste des disparitions d'enfants et Goran, un consultant spécialiste des crimes. Cette affaire est particulièrement tordue puisque l'auteur de ces meurtres de petites filles joue avec les enquêteurs et les mène sur de fausses pistes -dans des temps plus ou moins récent- qui révèlent bien des criminels, mais pas celui qui est recherché. Et mes choses se compliquent sérieusement lorsque c'est aux membres de l'équipe d'enquête que l'auteur des crimes s'en prend.

J'ai bien aimé ce livre qui est quand même très tordu et dérangeant. Les rebondissements sont bien répartis l'intrigue consistante et le roman se lit bien. Mais on peut compter pas mal de points négatifs malgré cela : déjà, tout semple impersonnel, que ce soit les personnages, sur lesquels on ne sait finalement pas grand chose, et sur le contexte, nous ne savons pas où l'intrigue se passe, les institutions n'ont pas de nom. De plus, certaines choses sont exagérées, invraisemblable, alors que l'idée de base est pourtant bien. Au final, le livre se lit bien, il m'a honorablement occupé une demi-journée pluvieuse, mais je peux comprendre aussi qu'il puisse ne pas plaire, déstabiliser ou décevoir.

Derrière la haine, Barbara Abel (2012)

"D'un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l'autre, il y a Laetitia et David. Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge. Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côté à côte dans une harmonie parfaite. Jusqu'au jour du drame. Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s'appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine... Derrière la haine est un roman psychologique à glacer les sangs, d'une noirceur implacable."

J'avais entendu parler de ce livre dans une chronique sur France Info pendant l'été dernier, et comme les chroniqueurs en disaient beaucoup de bien et que l'intrigue donnait envie, je me suis empressée de voir si la bibliothèque l'avait.

L'histoire est celle de deux couples de voisins, Laetitia et David, Tiphaine et Sylvain, qui deviennent amis, au point d'ailleurs d'être chacun comme la famille des autres. Les deux couples se retrouvent à avoir leur premier enfant à trois mois d'intervalle, ce qui renforce leur complicité et les deux petits garçon, Milo et Maxime sont alors comme des frères. Sauf que cet vie simple et heureuse se termine avec un accident : alors que Laetitia est sur sa terrasse, elle voit le fils de ses amis et voisins penchés à la fenêtre. Le temps d'arriver à prévenir la mère de Maxime, celui-ci est tombé et décédé. Commence alors une période plombée par le deuil, mais aussi la paranoïa, les mensonges et les accusations diverses entre les ex-amis qui ne sont désormais plus que voisins.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui est en fait un thriller psychologique où il est question de manipulation et de confiance, de la manière dont certaines personnes sont prêtes à tout pour obtenir ce qu'elles veulent, y compris aux pires mensonges et même au meurtre, le tout de sang-froid. Bref, une lecture captivante, sans temps morts et sans non plus perdre en crédibilité.

Contre la bande dessinée : choses lues et entendues, Jochen Gerner (2008)

"Ce livre extraordinaire de Jochen Gerner est appelé à faire parler de lui. Néanmoins son titre provocateur est à double tranchant : il ne sous-entend pas vraiment que Gerner a réalisé là un violent pamphlet contre ce cher et mal-en-point Neuvième Art. C'est plus subtil et peut-être plus pernicieux : Jochen Gerner a pendant de longues années et en prévision de cet ouvrage, recueilli des centaines de citations, de propos ou d'extraits de presse évoquant la Bande Dessinée, la BD ou la Bédé (propos faisant le plus souvent preuve de mépris, de condescendance, d'incompréhension totale ou de profonde bêtise), et a réorchestré cette matière dans une réflexion en images qui en dit plus long sur la perception de la bande dessinée dans notre culture que n'importe quel pamphlet, précisément. Il fallait un auteur aussi ludique que conceptuel, aussi aigu qu'observateur, aussi oubapien que critique, pour parvenir à décrire avec les moyens mêmes de son sujet (la bande dessinée) l'aberration coutumière avec laquelle ce moyen d'expression est ordinairement et vulgairement perçu."

C'est en rangeant des livres que je suis tombé sur ce livre, et c'est son titre provocateur, Contre la bande dessinée, qui m'a interpellée, puisque ce livre est rangé dans le secteur des bandes dessinées justement. Cela m'a donc intriguée, et quand j'ai vu que l'éditeur était L'Association, j'ai tout de suite emprunté l'ouvrage, pensant qu'il devrait me plaire.

Il s'agit donc là d'un livre illustré, mais je ne sais pas si on peut appeler ça une bande dessinée parce que oui, c'est dessiné, mais il n'y a pas là de bandes avec des cases et tout ce qui fait la la bande dessinée classique. Il n'y a pas non plus d'histoire, d'intrigue, mais le contenu est quand même organisé par thèmes. On y trouve donc des citations et des propos divers ayant pour objet la bande dessinée, que ce soit pour en dire des choses positives ou, surtout, négatives ; et toutes ces assertions sont illustrées.

J'ai bien aimé ce livre bien qu'il ne corresponde pas à ce à quoi je m'attendais : je pensais que ça serait plus drôle et plus linéaire aussi. Les pages peuvent paraître un peu fouillis parce que les dessins et les textes se mêlent dans un peu tous les sens, il n'y a pas vraiment de sens de lecture, en plus bien que les dessins soient très clair, le trait est épais ce qui charge un peu les pages, mais malgré cela, la lecture se fait facilement. Donc même si au début j'ai trouvé que c'était un peu difficile à lire et que le contenu n'était pas exactement ce que je pensais qu'il serait, j'ai finalement trouvé ce livre très intéressant. En effet, on y trouve un historique de la bande dessinée, de la sociologie, des typologies diverses, des descriptions, des méthodes, des opinions, etc, en rapport avec le neuvième art. Bref, un livre enrichissant et original !

Le dernier continent, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 22) (1998)

"Voici le dernier continent du Disque-monde.
Il y fait chaud. Il y fait sec. Ce qui n'est pas venimeux est vénéneux. Autrefois il a connu la Mouille, mais ce n'est même plus un souvenir. Pourtant, ce blady pays, c'est le plus beau du monde, vu ?
Et il va mourir dans quelques jours sauf si…
Qui est donc cet étranger qui arpente à grands pas le désert rouge ? Ce héros, guerrier de la route, buveur de bière, broussard, tondeur hors pair qui va changer le cours de l'histoire en empêchant un tama de voler un mouton près d'un creek ?
Oui, tout ce qui se dresse entre ce pays et son funeste destin, c'est un mage bon à peau.
Enfin… casse pas la tête, hein ?
"

Après la lecture du vingtième tome qui m'avait remise dans le bain des Annales du Disque-Monde et qui m'avait beaucoup plus, j'étais impatiente de continuer avec le tome suivant, à savoir Le dernier continent.

Dans ce tome, nous retrouvons les mages et Rincevent, les premiers cherchant le second. En effet, à Ankh-Morpork le bibliothécaire a un problème a maintenir sa forme, et au moindre éternuement, il se transforme en n'importe quel objet (mais il garde la fourrure rousse). Pour les soigner, les mages pourraient utiliser un sort quelconque, sauf que pour cela, il faudrait le nom du bibliothécaire, nom oublié puisque tout le monde l'appelle le bibliothécaire. Seul Rincevent pourrait connaître ce nom puisqu'il était présent à l'époque de la transformation du bibliothécaire en anthropoïde. Sauf que Rincevent est on ne sait où. Rincevent lui-même ne sait d'ailleurs pas vraiment où est, si ce n'est qu'il y a beaucoup de sable, pas de pluie, des rivières de sable, des bestioles dangereuses et de végétaux loin d'être inoffensifs, sans compter le kangourou qui parle.

Le thème de ce livre est l'Australie, même si un avertissement au début du texte nous averti qu'il ne s'agit nullement de l'Australie ! Bref, les mages partent faire des recherches -ils ne s'agit évidemment pas de vacances- sur une île paradisiaque, et s'y retrouvent coincés après que Madame Panaris ait refermé la porte d'accès, ce qui fait une sacré équipée qui doit se débrouiller pour le meilleur et pour le pire aussi.

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