Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson (Millenium, tome 1) (2005)

"Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire."

J'avais lue la trilogie Millénium il y a quelques années, alors que j'étais encore à l'université, et les trois livres m'avaient plus, à divers degrés. Récemment, je me suis dit que j'aimerais bien les relire, mais en même temps, je n'en avais qu'à moitié le courage et la motivation vu qu'il y a par ailleurs des tas d'autres livres que j'ai envie de découvrir, donc les relectures passent souvent à la trappe. Cependant, à la bibliothèque, j'ai découvert que nous possédions cette trilogie sous forme de livre audio, et là ça change les choses : en effet, je n'ai jamais écouté de livre audio, or c'est un support que j'ai envie de découvrir, donc c'est l'occasion de découvrir un texte que j'ai envie de relire, mais sous une forme inédite. Du coup, j'ai décidé de "relire" Millénium, mais en l'écoutant.

Mikael Blomkvist est un journaliste suédois qui se retrouve pris dans des affaires judiciaires après avoir publié des accusations qu'il ne peut pas justifié. Il est alors éloigné de son travail et condamné à une peine de prison. Alors que sa carrière est stoppée, et avant de purger sa peine, il est contacté par un riche industriel, Henrik Vanger, qui propose de l'embaucher, officieusement, pour mener une enquête sur une affaire familiale, et, officiellement, pour rédiger la biographie de sa famille. Mikael accepte et se retrouve donc chargé d'élucider un mystère vieux de plusieurs décennie et jamais résolu malgré toutes les enquêtes menées : la disparition d'Harriet Vanger, jeune fille disparue sur une île dont le seul accès était bloqué par un accident. Au cours de son enquête, il va être amené à rencontrer Lisbeth Salander, jeune femme marginale, misanthrope et très intelligente, avec qui il va enquêter sur non seulement la disparition d'Harriet, mais également ce qui ressemble à une série de meurtres de femmes ayant eu lieu dans les mêmes années.

J'ai adoré ce premier tome : l'enquête est très bien mené, c'est tout à fait crédible (ou en tout cas, ça me semble l'être), les différentes intrigues sont corsées sans être trop complexes ni s'emmêler, les personnages sont très bien construits, tout est cohérent, l'intrigue principale forme un tout contenu dans ce livre, mais on voit bien que beaucoup d'éléments sont installés pour amener une suite. Bref, un thriller difficile à lâcher tant il est captivant !

A l'attention de la femme de ménage, Emilie Desvaux (2011)

"C’est une belle demeure de campagne, au milieu d’un parc arboré, pleine d’escaliers, d’enfilades de pièces et de mobilier élégant. C’est une maison peuplée de souvenirs, de fantômes et de rêveries où vivent deux femmes. L’une est veuve depuis quelques mois. Elle s’installe souvent dans le salon d’hiver, pour lire, silencieuse et pensive. L’autre, c’est Marie-Jeanne, une jeune fille vive et désordonnée, infiniment sensuelle. Sans attaches, elle a surgi un jour pour qu’on s’occupe d’elle et n’est jamais repartie.
Les deux femmes se sont éprises, mais, au fil de quelques saisons, la veuve supporte de moins en moins la présence de Marie-Jeanne, ses longs bains mystérieux, son amour inconditionnel, et se fait plus cruelle. Se glissent dans ses songes l’ombre de sa mère, dure et sèche, et celle de son père, qui lui racontait le mythe ensorcelant des sirènes. S’immisce en elle le désir de détruire cet amour finissant ou de le transformer en autre chose.
En arrière de l’histoire de ces femmes, et comme confondue avec la maison, la femme de ménage passe telle une ombre. Elle est la dépositaire de leurs secrets. Le témoin de leur amour trouble et de leur étrange métamorphose.
"

C'est par hasard que j'ai emprunté ce lire dont la quatrième de couverture avait l'air tentante.

La narratrice est une femme de presque 40 ans, veuve depuis peu, qui vit dans la maison où vivaient ses parents et où elle a vécu quand elle était petite, et qui partage sa vie avec la cousine de son défunt mari, Marie-Jeanne, qui s'est un peu incrustée chez elle et avec qui elle entretient une relation, bien qu'elle ne la supporte pas beaucoup. Cette narratrice s'adresse à sa femme de ménage à travers une lettre et y parle de ses pensées, ses sentiments, son passé, la manière dont elle a rencontré son mari alors qu'elle était étudiante, l'accident de voiture qui a coûté la vie à son époux, etc, tout en racontant aussi son quotidien.

Déjà, le texte n'est pas ce à quoi je m'attendais : je pensais que l'histoire aurait basée sur ce que vois et entend la femme de ménage au court de son travail, des drames qui se jouent autour d'elle, du rôle de témoin silencieux qu'elle a, mais pas du tout. C'est la propriétaire de la maison qui s'exprime, elle s'adresse certes à la femme de ménage, mais du coup cette dernière est en filigrane. En plus de cela, je n'ai pas réussi à entrer dans le texte que j'ai trouvé froid, vide et un peu dérangeant. La fin m'a complètement surprise tant elle détonne avec le reste du texte, et du coup, bien qu'elle relève un peu le reste, je la trouve disproportionnée. Bref, une lecture qui ne m'a pas particulièrement intéressée.

Tokyoland, Benjamin Reiss (2009)

"Jean-Yves Brückman est un jeune dessinateur français qui se cherche. Il réalise un vieux rêve : partir au Japon pour y vivre. Il va se heurter à l’apprentissage d’une vie d’immigré. Après plusieurs échecs professionnels, et bien qu’ignorant tout du manga, il va devenir assistant mangaka. Il fera la rencontre de plusieurs dessinateurs japonais, explorant les coulisses de ce monde fait de bulles et de cases. A l’instar de Stupeur et tremblement ou Lost in translation l’auteur nous plonge dans un univers où les codes sont déroutants. Un récit sensible et drôle."

Ce livre se trouve sur ma liste de livres à lire depuis quelque chose comme cinq ans. Aujourd'hui, je ne sais plus pourquoi je l'y avais inscrit, mais comme j'ai vu ce livre à plusieurs reprises au cours des derniers mois en rangeant les bandes-dessinées à la bibliothèque, j'ai fini par l'emprunter.

Le livre débute alors que Jean-Yves, désormais âgé, reçoit une invitation pour participer à une conférence sur les mangas. Cela est prétexte pour lui à raconter à sa fille le séjour qu'il avait fait au Japon pendant les années 2000. Il est alors étudiant en France, dans le secteur du graphisme, et rencontre un jour une jeune japonaise, Kayoko à une fête. Cela ne va pas plus loin, surtout que Jean-Yves est en couple, mais avec la fin de l'année scolaire, les choses changent puisque chacun a des projets différents : sa copine part en Allemagne, lui a un stage pendant l'été. Comme ils s'éloignent et que cette relation expirent, il décide de partir pour rejoindre Kayoko. Sauf que sur place celle-ci est introuvable, mais cela n'empêche pas Jean-Yves de rester, de chercher du travail et de rencontrer des gens.

Cette bande-dessinée se lit bien, mais je n'ai pas accroché à l'histoire et je ne me suis pas attachée aux personnages. Le début est pas mal, mais rapidement j'ai trouvé que ça manquait de vie, que c'était impersonnel. En plus de cela, j'ai parfois été déstabilisée par le ressenti du temps, la manière dont celui-ci est traité : je ne me suis pas rendu compte des durées, des ellipses, etc, ce qui, je trouve, nuit à la cohérence de l'histoire puisque parfois je ne savais pas si ce qui était raconté se passait le même jour ou quelque jours après la scène précédente, ou si plusieurs semaines s'étaient écoulées.

Marcher : Eloge des chemins et de la lenteur, David Le Breton (2012)

"Dix ans après Éloge de la marche, et n'ayant jamais cessé de marcher, j'ai voulu reprendre le chemin de l'écriture pour témoigner d'autres expériences, de rencontres, de lectures. J'espère ne pas me répéter davantage que le marcheur qui revient des années plus tard sur un parcours qu'il a énormément aimé. Il n'est plus tout à fait la même personne, il y voit encore autre chose. Et puis le paysage lui-même a changé. Le cheminement sans doute sera différent, même si l'esprit à l'Éloge de la marche demeure. J'ai voulu reprendre des sentiers autrefois parcourus, lire à nouveau des ouvrages que j'avais aimés, étant et n'étant plus tout à fait le même homme. Ces dix dernières années, passées comme en un souffle, la marche n'a cessé de prendre de l'ampleur, de toucher une population grandissante. Désormais, sur les sentiers, il est courant de croiser d'autres randonneurs partis pour la journée ou pour une balade de quelques heures. Le désir devenait impérieux de renouer avec le chemin de l'écriture pour dire à nouveau la jubilation de marcher. L'esprit de divagation est toujours aussi souverain et la page blanche prolonge agréablement le sentier sous les pas."

Je me suis acheté cet ouvrage lors d'un festival du livre où l'auteur, David Le Breton, était présent (j'en ai parlé ici). Comme ça a déjà été évoqué, j'ai lu plusieurs livres de lui au cours de ces dernières années, et j'avais trouvé ses textes intéressants, donc ça plus le fait que j'aime bien marcher m'ont poussée à acheter Marcher : Éloge des chemins et de la lenteur, bien que je n'ai pas lu un autre livre qu'il avait déjà publié sur la marche, à savoir Éloge de la marche.

Donc dans le livre dont il est question ici, le sujet est, évidemment, la marche. Pour aborder ce sujet, David Le Breton fait appel à de nombreux auteurs afin d'illustrer ses propos sur les motivations et les réflexions liées à la marche. Il est question du but de la marche mais aussi de la pérégrination elle-même, de ce qu'elle apporte à celui qui parcourt les chemins. La marche est vue comme un exil, comme une volonté de s'évader, de se transformer, de prendre du recul, de partir en pèlerinage, de retrouver des souvenirs, de prendre son temps. La marche est comme un acte de rébellion en ces temps de vitesse, de performance et de rentabilité, mais c'est aussi une nécessité pour ne pas se perdre dans une société qui ne prend plus le temps de réfléchir et de regarder.

J'avoue que j'ai été déçue par cette lecture. Le texte est certes intéressant et riche de citations et d'exemples, mais malgré je n'ai pas accroché au texte. J'ai trouvé ma lecture laborieuse et sur le fond je ne m'y suis pas retrouvée. Par exemple, la marche à la campagne est très valorisée alors que la ville et la marche en ville sont dépréciés, or, personnellement, j'adore marcher en ville, découvrir des quartiers que je ne connais pas, tomber sur un petit espace vert, trouver des raccourcis, voir de belles maisons, un détail art déco, etc, au fil de mes ballades ou trajets à pieds. Et même si l'environnement n'est pas toujours beau en ville, j'y attache des souvenirs, des bons moments, des réflexions, cela m'a permis d'apprivoiser la ville dans laquelle je vis, ou celle où j'ai passé la dernière année de mes études. De plus dans ce livre, les longues marches, périples de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sont récurrentes, or, pour ma part, je ne fait que des "petites" marches (rarement plus de 6km), donc les randonnées et voyages à pieds ne me parlent pas vraiment... Donc ce livre m'a déçu, mais c'est surtout parce qu'il ne correspond pas à ma pratique de la marche, à ce que j'y associe, mais pour un amateur de randonnée, je pense que ce livre est tout à fait adéquat et très intéressant.

Thin, Grace Bowman (2006)

"Bright, popular, pretty and successful, Grace Bowman had the world at her feet. So what drove her to starve herself nearly to death at the age of 18? And what, more importantly, made her stop? A grippingly honest account of life with anorexia nervosa, "A Shape of My Own" is Grace's hearbreaking, shocking and, finally, inspirational memoir. An extraordinary story, it is also a common one - is there a woman in the western world who has a normal relationship with food? It is a compulsive read, essential for anyone hoping to understand more about eating disorders and overcoming addiction."

Voici un livre dont j'ai croisé le titre à plusieurs reprise au cours de ces dernières années, ce livre étant apparemment un témoignage assez reconnu en matière de vécu concernant l'anorexie. Ce texte n'ayant pas été traduit en français, c'est dans sa version anglaise que je l'ai lu.

Dans ce livre, l'auteur revient sur ses années d'anorexie et sur son rétablissement. Elle cherche les causes, les explications à ce qu'elle a vécu, raconte les épisodes marquants et significatifs de son enfance et de son adolescence puis parle plus longuement de sa vie à partir de sa dix-neuvième année, alors que la maladie se manifeste. Elle revient donc sur son perfectionnisme et son esprit de compétition, deux traits de caractères qui l'ont toujours caractérisées et qui se trouvent exacerbés dans la maladie, elle raconte aussi l'attitude et l'inquiétude de son entourage, les médecins auxquels elle est confrontée, les rituels qu'elle a, son incapacité à exprimer ses sentiments et l'isolement qu'elle ressent malgré les mains tendues.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui ne dramatise pas la maladie et ne tombe pas non plus dans le voyeurisme. L'auteur nous parle aussi bien de ce qu'elle ressent que ce que peut vivre l'entourage familial ou amical, ce qui n'est pas forcément courant. Elle insiste bien sur le fait que son expérience est toute personnelle et qu'on ne peut rien généraliser car cette maladie reste mystérieuse, causes et conséquences sont emmêlés et les spécialistes n'ont pas de réponse unique à donner. Cette maladie ne se guérit pas comme une grippe ou un rhume : il faut que la malade ait la volonté de guérir et accepte d'abandonner l'anorexie qui accapare toutes ses pensées et tout son temps. Grace Bowman raconte tout cela de manière très limpide et à la troisième personne, ce qui rend aussi le livre plus accessible. Bref, une lecture intéressante sur le sujet des troubles du comportement alimentaire.

Un jour, David Nicholls (2009)

"Comédie de moeurs, tableau social de l'Angleterre des vingt dernières années, mais surtout sublime histoire d'amour, Un jour est le livre qui a fait chavirer l'Europe tout entière. Superbement construit, un roman drôle et lucide sur l'amitié, le passage à l'âge adulte, les occasions manquées, les illusions perdues.
Lui, Dexter, issu d'un milieu aisé, séduisant, sûr de lui, insouciant.
Elle, Emma, d'origine modeste, charmante qui s'ignore, bourrée de complexes, de principes et de convictions.
Nous sommes le 15 juillet 1988. Margaret Thatcher est au pouvoir, la new wave bat son plein, Dexter et Emma viennent de passer une nuit ensemble. Ces deux-là ne le savent pas encore mais ils ont vécu un coup de foudre.
D'année en année, Dexter et Emma vont se chercher, se perdre, s'aimer, se détester, se séparer, et finir par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu'ils sont ensemble.
Nous sommes le 15 juillet 2004. Tony Blair est Premier ministre, Robbie Williams cartonne et la vie, la vie qui va, réserve encore bien des surprises...
"

Ce livre s'est retrouvé sur ma liste de livres à lire après en avoir entendu parler deux fois à quelques jours d'intervalle sur des blogs, à savoir chez Miss Alfie (article ici), puis chez Armalite (article là), donc ça m'a titillé ma curiosité surtout que ce livre n'était pas une nouveauté. Pourtant, au moment de l'emprunter, j'ai été sceptique, je me suis demandée pourquoi je l'avais mis dans ma liste de livres à livre vu que ce livre avait l'air d'être une romance, une histoire d'amour à travers les années, etc, bref, pas le genre de livre qui m'intéresse vraiment... Mais bon, ça n'avait pas non plus l'air complètement mièvre et donc je l'ai lu quand même.

Ce livre nous raconte vingt ans d'amitié entre Emma et Dexter, depuis le jour de leur remise de diplôme le 15 juillet 1988, et tous les 15 juillet qui s'ensuivent. Elle est alors une jeune bohème un peu hippie engagée pour toutes les causes et lui est un jeune bourgeois arrogant et hédoniste. Malgré leurs différences, ils vont se lier et leur amitié -aussi ambigüe qu'elle soit- passera les années et les changements dans leur vie : alors que lui voyage à travers le monde, elle doit supporter un boulot minable, quant il devient animateur vedette d'émission de variété, elle est professeur, métier qui lui plait mais qui n'est pas glorieux à côté de celui de Dexter, puis la carrière de Dexter décline tandis qu'Emma se décide enfin à prendre sa vie en main. Ils connaissent des histoires d'amour, se marient ou presque, divorcent, se retrouvent avec des enfants, se posent des questions sur leurs choix, leur vie et leur avenir, mais Dexter et Emma finissent toujours par se retrouver.

Au final j'ai beaucoup aimé cette lecture qui est certes une histoire d'amour, mais qui n'est pas mièvre du tout. Les personnages sont réalistes, de même que leur vie, ils sont ancrés dans leur époque et font échos à l’actualité de leur temps. C'est d'ailleurs un élément qui m'a beaucoup plu dans ce livre : la vie culturelle, politique, etc, des années traversées sont dépeintes, ce qui fait qu'on retrouve l'ambiance de certaines périodes. C'est donc une histoire d'amour, mais aussi une histoire de la vie et du monde de la fin des années 1980 aux années 2000. Bref, ce livre est une très bonne surprise ! Une adaptation cinématographique en a été faite, mais je ne sais pas si je la regarderais puisque je trouve les livres toujours meilleurs que les films et en plus je crains qu'ici le film ne se concentre trop sur l'histoire d'amour... Mais en tout cas le livre est bien !

Blast : la tête la première, Manu Larcenet (tome 3) (2012)

"Toujours en garde à vue après la mort d’une jeune femme, Polza Mancini déroule ses souvenirs d’errance, sa quête éperdue du « blast » – ces moments magiques qui le transportent ailleurs –, mais aussi ses séjours en hôpital psychiatrique, ses terreurs et ses cauchemars. Avec Blast, Manu Larcenet signe l’une des œuvres majeures de la bande dessinée contemporaine, une terrifiante descente aux enfers, profondément humaine et touchante."

Nous retrouvons Polza Mancini au commissariat où il est toujours en train de se faire interroger par les deux enquêteurs qui sont chargés de découvrir ce qui est arrivé à Carole Oudinot, femme qui n'a pas encore été évoquée dans l'histoire de Polza. Le deuxième tome se terminait sur la fuite de Polza après les évènements qui se sont passés sous le pont avec Jacky. Il se cache dans les maisons vides, ne reste jamais longtemps au même endroit afin de ne pas se faire repérer, etc, mais il finit quand même par se retrouver en hôpital psychiatrique à cause de mutilation qu'il s'est faites sur le ventre. Enfermé là, il ne pense qu'à sortir, surtout que l'été approche et qu'il aimerait le passer dehors. Il parvient à s'échapper et vit dans la forêt où il se fait un jour violemment agresser. Alors qu'il est en très mauvais état, il se fait récupérer par hasard par Roland, un homme qui était à l'hôpital psychiatrique avec lui, et qui vit chez sa fille. Polza est donc accueilli par Roland et sa fille qui s'appelle... Carole Oudinot.

Dans ce tome nous découvrons enfin qui est cette fameuse Carole Oudinot qui est évoquée depuis le premier tome et qui n'avait pas encore été évoquée. Nous ne savons pas encore ce qui lui est arrivé, mais l'intrigue progresse. J'ai quand même trouvé que sur certains points il y a avait tout de même des répétitions : les fuites, la vie dans la forêt, etc, mais en même temps, ça tient la route, ces points ne durent pas trop et au détour des pages on trouve de très jolis dessins d'oiseaux, des aquarelles de paysages qui compensent certains passages un peu longs. En tout cas ce troisième tome m'a bien plus et j'attends la suite avec impatience.

Treize raisons, Jay Asher (2007)

"Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D'abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d'Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C'est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer..."

Encore un livre que j'ai découvert parce qu'il était nommé dans une liste de livres préférés de l'auteur d'un blog sur lequel j'étais tombé et que j'ai lu parce que ça avait en effet l'air bien, malgré le sujet du livre, à savoir le suicide.

Clay Jensen est un lycéen qui un matin reçoit un colis contenant sept cassettes audio. Il commence à les écouter et découvre qu'il s'agit des raisons du suicide d'Hannah, une autre lycéenne, exposées sur treize faces de cassettes et concernant les treize personnes qui ont joué un rôle dans son suicide. Nous suivons donc le récit d'Hannah et, en parallèle, les réactions de Clay pendant qu'il écoute ces bandes. L'arrivée d'Hannah au lycée -alors qu'elle ne connaît personne-, les premiers contacts, puis les rumeurs, les moqueries et les trahisons sont décrits. Hannah raconte comment un geste ou un mot anodins peuvent avoir une portée plus grande que ne peut le penser l'auteur du geste ou mot, comment une accumulation de petites choses peut prendre de l'ampleur et rendre la vie insupportable, sans que quiconque ne le réalise vraiment parce que ce ne sont "que" de petites choses.

J'ai bien aimé ce livre parce que l'intrigue est bien ficelée, mais c'est le côté mise en scène qui m'a moins plus : le fait qu'Hannah enregistre ses accusations et les envoie ensuite. C'est un principe original, cela lui permet d'être écoutée, mais bon, sur la forme ça me dérange un peu (elle nomme treize personnes qui, chacune, connaîtra quelque chose de pas forcément très reluisant sur les douze autres et se verra également exposée...). Malgré cela, qui est un peu la base du livre, j'ai plutôt bien appréciée cette lecture : nous sommes immergés dans un univers de lycéens où tout n'est pas si rose, où trahisons, moqueries et ragots sont monnaie courante et sont bien plus crus que la vérité, même par les gens les mieux placés pour savoir ce qui est vrai et faux. Bref, un bon roman pour adolescents et jeunes adultes.

Bookworm Chair




(Source)


Les apparences, Gillian Flynn (2012)

"Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan, leur vie aisée, leur travail dans la presse, pour s'installer dans la petite ville du Missouri où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, celui-ci découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. L'enquête qui s'ensuit prend vite une orientation inattendue : sous les yeux de la police, chaque petit secret entre époux et autres trahisons sans importance de la vie conjugale prennent une importance inimaginable et Nick devient bientôt un suspect idéal. Alors qu'il essaie désespérément de son côté de retrouver sa femme, celui-ci découvre qu'elle aussi lui dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres bien plus inquiétantes."

Après avoir découvert Gillian Flynn par hasard avec Sur ma peau qui m'avait beaucoup plus (article ici) et avoir ensuite lu Les lieux sombres, qui m'avait plus aussi (article là), c'est logiquement que je me suis tournée vers le dernier livre de cette auteur : Les apparences.

Amy et Nick sont mariés depuis cinq ans et vivent dans le Missouri où ils sont venus s'installer après qu'ils aient tous les deux perdus leur travail à New York, afin de se rapprocher des parents de Nick qui étaient malades. Amy n'a pas trouvé de travail et s'est très mal faite à cette nouvelle vie étriquée dans un coin paumée, elle, la petite fille gâtée, riche et citadine. Quant à Nick, ancien journaliste, il a acheté un bar avec sa soeur jumelle, Margo, et parvient à s'habituer même si l'écriture lui manque. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, alors que Nick est au bar, il reçoit un appel d'un voisin lui signalant que la porte de sa maison est ouverte : en rentrant, Nick s'aperçoit qu'il y a comme des traces de bagarre dans le séjour, que le fer à repasser est branché et que sa femme a disparu. Se lance alors une enquête pour savoir ce qu'il s'est passé et, rapidement, les soupçons se tournent vers le mari, toujours coupable dans ces cas-là, surtout que tous les éléments pointent en sa direction.

Voici un livre que j'ai eu du mal à lâcher ! J'ai eu un peu de mal à m'immerger dans le récit au tout début, mais très vite je ne pouvais plus m'arrêter : ce livre est un thriller très bien construit avec des une intrigue qui ne se dévoile pas tout de suite puisque nous même sommes leurrés -au même titre que les personnages du livre- par un personnage manipulateur au possible. La fin m'a certes un peu frustrée, mais pour autant elle ne gâche rien ni n'est décevante. Bref, désormais je surveillerais les publications de livres de Gillian Flynn parce que ce livre confirme ce que j'avais déjà pu constater lors des deux autres livres que j'avais lus d'elle, à savoir que j'aime beaucoup son travail !

Blast : l'évangile selon saint Jacky, Manu Larcenet (tome 2) (2011)

"Un homme seul dort dans les bois. Masse inouïe de plus de 150 kilos, il est parti un beau matin, laissant sa vie d avant, à la recherche du blast, ce court instant de perfection, flash improbable, qui survient parfois, lorsque, oubliant sa graisse, il parvient à voler.
Après un premier tome prix des libraires 2010, Manu Larcenet signe un immense roman graphique, noir et âpre, d'un humanisme bouleversant
."

Vu que le premier tome de Blast, Grasse Carcasse (article ici) m'avait beaucoup plu, j'ai logiquement enchaîné sur la lecture du deuxième tome, L'évangile selon saint Jacky.

Nous retrouvons donc Polza, toujours interrogé par la police à propos de Carole Oudinot, qui vient de décéder, ce qui fait que Polza seul détient la vérité sur ce qu'il s'est passé, et qu'en plus sa situation s'aggrave du fait de ce décès (et bien que nous ne sachions pas qui est cette femme et ce qu'il lui est arrivé). Polza continue donc de raconter sa vie dans la forêt, et sa rencontre et le temps passé avec un certain Jacky, dealer et bibliophile, qui l'avait assommé et qui le soigne ensuite en réalisant que Polza est un écrivain. Les deux hommes vont passer les mois d'hiver ensemble dans le hangar où loge Jacky. Polza va notamment tester de l'héroïne et sentir un blast tel qu'il n'en a jamais eu, surtout qu'avec le confort de cette vie à l'abri, les moments de blast sont moins intenses. Leur vie s'organise jusqu'à ce que Polza s'apprête à partir, mais avant, il doit accompagner une dernière fois Jacky à un concert où ce dernier a prévu de vendre pas mal de drogue. Polza va donc l'accompagner et découvrir un aspect de Jacky qu'il ne connaissait pas.

Ce deuxième tome m'a autant plus que le premier : on continue de suivre l'histoire de Polza, sa routine dans sa nouvelle vie et l'étrange compagnon qu'il se fait en la personne de Jacky. L'ambiance est toujours aussi sombre -que ce soit le dessin ou l'intrigue-, mais c'est toujours aussi intéressant, même si ça n'avance pas très vite. Tout comme à la fin du premier tome, le livre se termine sur des questions quant au parcours de Polza, ce qu'il s'est passé entre les derniers évènements qu'il a raconté et le moment où il les raconte. La bibliothèque n'a pas encore le tome trois, mais j'espère qu'elle l'achètera rapidement parce que j'ai envie de connaître la suite !


Avant d'aller dormir, S. J. Watson (2011)

"À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent."

Ce livre m'a été conseillé parmi une collègue amatrice de thrillers et autres romans policiers. Comme ce n'est pas la première fois que je suis ses conseils et qu'à chaque fois j'en ai été satisfaite, j'ai rapidement suivi cette nouvelle recommandation.

Christine se réveille tous les matins sans savoir où elle se trouve ni qui est l'homme à-côté d'elle dans le lit : elle est pourtant chez elle, avec son mari, mais elle ne s'en souvient pas, de même que le quart de siècle qui vient de s'écouler ainsi que beaucoup de souvenirs antérieurs à un accident qu'elle a eu. Tous les matins,  l'homme qui est dans la maison avec elle doit lui expliquer qu'il s'appelle Ben, qu'il est son mari, qu'elle a perdu la mémoire, qu'elle a désormais presque cinquante ans, etc. Un jour, Christine est contactée par un médecin, le Dr Nash, qui souhaite l'aider (et rédiger un article sur elle), cela dans le dos du mari puisque celui-ci refuse désormais toute tentative de traitement. Outre des rendez-vous et des exercices pour stimuler la mémoire, le Dr Nash suggère à Christine de tenir un journal. Chaque jour, elle relit donc les entrées antérieurs puis ajoute les évènements du jour. Et au bout de quelques semaines elle va réaliser que quelque chose ne colle pas, que les versions des évènements et de sa vie qu'on lui donne ne correspondent pas exactement.

J'ai beaucoup aimé ce livre que j'ai lu très vite puisque j'ai eu du mal à le lâcher ! Certes, j'avais plus ou moins deviné l'essentiel du dénouement à la moitié du livre, mais pour autant toute l'intrigue n'est pas éventée et on a envie de comprendre, de savoir qui ment pour protéger et qui ment pour dissimuler, et ce qu'il s'est vraiment passé pour que Christine perde la mémoire et, du même coup, son identité. C'est donc un thriller bien ficelé et bien écrit, certes un brin prévisible, mais néanmoins palpitant.

La vérité, Terry Pratchett (Les Annales du Disque-Monde, tome 26) (2000)

"Quand un jeune homme de lettres, Guillaume des Mots, rencontre l'inventeur de l'imprimerie moderne, le nain Bonnemont, le premier journal d'Ankh-Morpork paraît : Le Disque-Monde
La presse d'investigation est née.
Et si le Patricien est accusé de meurtre, si le Guet patine et si MM. Lépingle et Tulipe, médiateurs à gages d'une organisation occulte de comploteurs, sévissent dans la cité, le journaliste doit payer de sa personne. Entre un vampire iconographe à la fascination suicidaire pour le flash, la concurrence peu loyale d'une presse poubelle et la grogne du commissaire Vimaire, Guillaume part en quête de la vérité. Laquelle peut blesser et même tuer.
"

Guillaume des Mots a pour activité de tenir au courant les habitants importants des villes et régions autres qu'Ankh-Morpork des nouvelles importantes de cette ville. Il écrit donc régulièrement des lettres à ces gens, lettres qu'il fait reproduire manuellement par une système de gravure sur bois afin de ne pas avoir à écrire plusieurs fois la même lettre. Et puis un jour, il découvre que les nains ont inventé un système encore plus efficace pour reproduire du texte : l'imprimerie moderne est née, et du coup la presse aussi puisque Guillaume des Mots s'aperçoit qu'au lieu de donner les nouvelles de la ville à quelques personnes, il peut les donner plus souvent et à plus de monde. C'est ainsi que naît le journal le Disque-Monde, bientôt concurrencé par d'autres publications, et toute la presse va notamment suivre une affaire importante : le Patricien se retrouve accusé d'un meurtre.

Une fois de plus j'ai été conquise par un livre de Terry Pratchett : deux intrigues -le développement de la presse et le meurtre- se mêle sans pour autant que l'une soit peu ou mal développée. On assiste à l'émergence de différents type de presse de plus ou moins bonne qualité, la question de l'éthique du journaliste, des limites à avoir dans la transmission d'information, de l'investigation sont abordés avec humour, et le Guet se trouve obligé de revoir sa manière de travailler et de communiquer à cause de la presse qui suit de très près l'enquête sur le meurtre dont est accusé le Patricien. Un très bon moment de lecture, donc !

Le pingouin, Andreï Kourkov (1996)

"A Kiev, Victor Zolotarev, journaliste au chômage, et son pingouin dépressif Micha, rescapé du zoo, tentent péniblement de survivre. Lorsque le patron d'un grand quotidien offre à Victor d'écrire les nécrologies de personnalités pourtant bien en vie, celui-ci saute sur l'occasion. Mais un beau jour, ces « petites croix » se mettent à disparaître à une vitesse alarmante... Crimes commandités par la mafia ou règlements de comptes politiques ?"

J'ai découvert ce livre parmi les objets trouvés de la bibliothèque, j'en ai lu la quatrième de couverture et comme ça avait l'air pas mal, j'ai regardé si la bibliothèque en avait un exemplaire afin que je puisse l'emprunter.

Le personnage principal est Victor, un écrivain raté qui vit dans son appartement avec Micha, un pingouin récupéré alors que le zoo fermait certaines sections. Victor se retrouve un jour embauché par un journal pour écrire les notices nécrologiques des personnalités, et cela avant qu'elles ne soient décédée, afin que le journal ait les articles sous la main quand une de ces personne vient à mourir. A partir de là, il reçoit des visites, un homme -nommé Micha,comme le pingouin- on lui propose de rédiger d'autres notices, puis Micha lui laisse sa fille à garder provisoirement, mais un provisoire qui dure. Victor retrouve des lettres et des objets dans sa cuisine alors même que son appartement est bien fermé à clé, il pressent que le directeur du journal qui l'a recruté lui cache des choses, etc. Bref, il semble mêlé à quelque chose de pas très net, mais il ne pose pas de question pour ne pas être repéré mais aussi parce qu'il est dans une situation confortable, donc autant ne pas tout gâcher.

J'ai bien aimé ce livre qui est une sorte de thriller avec une touche absurde due à la présence du pingouin dépressif. Pourtant, il n'y a pas de situations particulièrement drôle ou cocasse, mais il suffit que Micha, le pingouin, soit là pour que la scène ait un aspect saugrenu. Outre cela, l'intrigue se tient bien même si certains aspects sont un peu prévisible. En plus de cela, alors que le rythme s’essouffle vers les trois quarts, qu'on se demande comment Victor va s'en sortir, la conclusion relève tout cela et réveille un peu l'intrigue, apportant de nouvelles questions sur l'après. Bref, une lecture qui m'a plu, je pense lire prochainement Les pingouins n'ont jamais froid qui est la suite du Pingouin.

Blast : grasse carcasse, Manu Larcenet (tome 1) (2009)

"Je pèse lourd. Des tonnes. Alliage écrasant de lard et d'espoirs défaits, je bute sur chaque pierre du chemin. Je tombe et me relève, et tombe encore. Je pèse lourd, ancré au sol, écrasé de pesanteur. Atlas aberrant, je traîne le monde derrière moi. Je pèse lourd. Pire qu'un cheval de trait. Pire qu'un char d'assaut. Je pèse lourd et pourtant, parfois, je vole."

Cela fait déjà quelques années que je vois cette bande dessinée : je l'ai vue mise en avant dans les librairies, j'en a vu et eu des publicités sur les sacs de la librairie BD de la ville, je la voit beaucoup passer à la bibliothèque (=elle est très empruntée), bref, Blast a l'air d'être un succès. Pourtant, je n'ai jamais été très intriguée ou tentée, la couverture ne me laissant pas penser que le contenu pourrait me plaire. Mais bon, l'autre jour j'ai vu que le tome 2 était disponible et que le tome 1 s'apprêtait à être rendu par le lecteur qui l'avait emprunté, donc je me suis dit que c'était l'occasion de jeter un oeil à ce livre.

Dans ce tome, nous faisons la connaissance de Polza Mancini, 38 ans, écrivain gastronomique, obèse et clochard, alors qu'il est interrogé par la police à cause de quelque chose qui serait arrivé à une certaine Carole Oudinot. Polza va alors raconter les derniers mois de sa vie pour expliquer ce qu'il s'est passé. L'évènement qui a bouleversé sa vie a été le décès de son père, il passe alors la nuit dehors à ingurgiter de l'alcool, des médicaments et des barres chocolatées et c'est alors qu'il a sa première expérience du blast, un moment d'ivresse et de liberté où tout lui semble clair. Il va alors s'occuper des formalités liées au décès de son père puis partir, laisser sa vie et son épouse en plan pour aller vivre dans les bois.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, heureusement que j'ai eu la curiosité de lire ce livre pour savoir de quoi il retournait ! L'histoire est sombre, mais il y a également un côté un peu naïf. Le personnage principal a beau avoir une épouse et un travail dans lequel il est reconnu, il y a quelque chose de sombre et sale en lui, il se déteste et se dégoûte, c'est un personnage captivant. J'ai vraiment envie d'en savoir plus sur ce fameux blast, la présence de la statue de l'île de Pâques, comment il est arrivé jusqu'au moment où il raconte son histoire à la police, qui est Carole Oudinot et ce qu'il lui est arrivé. Bref, je suis impatiente de lire la suite !

Samedi, Ian McEwan (2005)

"Pour Henry Perowne, neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d'un musicien de blues et d'une poétesse, ce devait être un samedi comme les autres. Et pourtant… Un banal accrochage, et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée."

Après quelques lectures de textes de Ian McEwan que j'ai appréciés, je me suis lancée dans un autre livre de lui dont le résumé semblait tentant.

Le livre commence un samedi matin en février 2003 alors qu'Henry Perowne se réveille dans la nuit. Il est très lucide malgré la fatigue de sa semaine chargée -il est neurochirurgien-, tout lui semble très net. Il se lève, va à l'une des fenêtre de sa chambre et voit une lumière filer dans le ciel : une météore ? une étoile filante ? Non, un avion en flamme qui va finalement se poser sur une piste d'Heathrow. C'est lors de cette insomnie que naît en lui un malaise, une impression dérangeante, menaçante qui ne le quittera pas de sa journée, alors qu'il doit aller jouer au squash avec un de ses collègues, acheter du poisson, rendre visite à sa mère qui perd la mémoire, etc, le tout alors que Londres est envahi par une manifestation contre la guerre en Irak et -imprévu- qu'il a un accrochage avec une voiture dont les passager semblent être des voyous.

J'ai bien aimé ce livre, même si une drôle d'impression m'a suivie pendant toute ma lecture. Cette impression est la même que celle ressentie par Henry Perowne : un malaise diffus, une menace qui peut éclater à n'importe quel instant. Je pense que c'est un effet volontaire, mais au final j'ai passé le temps de ma lecture sur le qui-vive. En tout cas, cette lecture m'a plutôt plu : le texte retrace une journée dans la vie et les pensées d'un personnage et de sa famille. Y sont abordés son métier, son passé, sa vie de couple, ses enfants, l'état du monde, les questions d'actualités, la vengeance, la violence, la soif de gagner, etc, le tout sur fond de vie quotidienne avec courses, rendez-vous et repas de famille. Le style est très fluide et on passe facilement des réflexions d'Henry aux descriptions de ses actions.

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