L'écume des jours, Jean-David Morvan, Marion Mousse, Frédérique Voulyzé & Boris Vian (2012)

"Jeune homme fortuné, Colin est tourmenté par son célibat. Jusqu’au jour où il rencontre Chloé, la femme de sa vie. Le bonheur est à portée de main. Mais il ne saurait durer. Chloé d’ailleurs toussote. Diagnostic : dans son poumon pousse un nénuphar, que Colin s’épuise à soigner. Mais rien n’y fait. Son état s’aggrave, si bien que leur maison rapetisse, se délabre. Tout devient étriqué, étouffant."

J'avoue un faible pour L'Écume des jours, même si ce n'est pas mon livre préféré, donc quand j'ai découvert cette adaptation en bande-dessinée dans un recoin d'une librairie, j'ai tergiversé un peu et j'ai fini par me l'offrir.

L'histoire est donc celle écrite par Boris Vian :  Colin, célibataire et riche, se trouve invité à une fête, avec son ami Chick, pauvre et admirateur du philosophe Jean-Sol Partre. A cette fête Colin rencontre Chloé et rapidement, les deux se marient. Mais pendant la lune de miel, Chloé attrape froid et se met à tousser : le médecin lui diagnostique un nénuphar dans le poumon. Colin va alors tout faire pour la guérir : payer les remèdes les plus chers, l'entourer de fleurs fraîches, etc, ce qui va diminuer progressivement sa fortune. Et Colin s'appauvrit d'autant plus qu'il a donné à Chick de l'argent pour que celui-ci épouse Alise, sauf que Chick a tout dépensé dans des objets en rapport avec Jean-Sol Partre. Colin doit alors travailler pour guérir Chloé et Alise quitte Chick.

J'aime beaucoup cette histoire onirique, poétique, triste et mélancolique dont l'atmosphère se retrouve dans cette bande-dessinée. Cependant, les dessins -parfois peu lisibles- sont en noir et blanc ce qui ne correspond pas à l'atmosphère pastel que j'associe à ce texte, mais ce point est totalement subjectif. En tout cas ce livre est une adaptation fidèle du roman de Boris Vian.

Mange, prie, aime, Elizabeth Gilbert (2006)

"A trente et un ans, Elizabeth possède tout ce qu’une femme peut souhaiter : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Pourtant, elle est rongée par l’angoisse et le doute.
Un divorce, une dépression et une liaison désastreuse la laissent encore plus désemparée. Elle décide alors de tout plaquer pour partir seule à travers le monde !
En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les « douze kilos les plus heureux de sa vie » ; en Inde, ashram et rigueur ascétique l’aident à discipliner son esprit et, en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver cet équilibre qu’on appelle le bonheur…
Et qui n’a jamais rêvé de changer de vie ?
"

J'avais entendu parler de ce livre lorsqu'il est sorti aux États-Unis, par le biais de sites et blogs américains que je suivais : les commentaires étaient positifs, le livre était considéré comme passionnant, inspirant, etc. Quand il est arrivé en France, il a également connu un certain succès si je me souviens bien, et en plus une adaptation cinématographique -avec Julia Roberts- a vu le jour. Donc même si j'étais assez intriguée par ce livre, je n'avais jamais eu assez de motivation pour le lire, mais faute de motivation j'ai fini par avoir de la curiosité à l'encontre de ce livre puisque dans la série The Big Bang Theory Raj y fait plusieurs fois références. Et donc même si je pressentais que le livre n'étais pas vraiment du genre susceptible de me passionner, j'ai tout de même sauté le pas.

Dans ce livre autobiographique, Elizabeth Gilbert, dite Liz nous explique qu'une nuit elle s'est retrouvée à pleurer dans la salle de bain de sa belle maison en banlieue de New York, avec son mari en train de dormir dans la chambre à côté, et elle, se sentant absolument désespérée : son mariage ne tient plus la route, mais elle n'ose pas demander le divorce, tout en ne supportant pas non plus de continuer à vivre cette vie qui devrait pourtant la combler mais dans laquelle elle ne s’épanouit pas. Finalement, au gré de rencontres et d'envies, elle décide de prendre une année sabbatique, année pendant laquelle elle ira quatre mois en Italie pour apprendre l'italien, langue qu'elle a toujours en envie de connaître, quatre mois en Inde pour apprendre la méditation puis quatre mois en Indonésie pour apprendre l'équilibre entre la discipline et le plaisir.

Ce livre est tel que je me l'imaginais : un texte autobiographique qui se veut généraliste, assez typique dans son côté USA "j'ai réussi à m'en sortir !". Donc je ne vais pas dire que j'ai été déçue, puisque le contenu du livre correspond à l'idée que je m'en était faite, mais en tout cas, je n'ai pas trouvé ça fabuleux. J'avoue que j'ai notamment été sceptique devant certains passages, notamment ceux concernant la méditation et les états seconds dans lesquels elle parvient à se trouver, et je me suis ennuyée en lisant d'autres passages un peu niaiseux et plein de bon sentiments. Au niveau du style, ça se lit bien, surtout que le texte est découpé en plein de petits chapitre, mais sur le fond, ce n'est pas une lecture qui me marquera durablement.

Restons calmes, Soledad Bravi (2011)

"Persécutée au quotidien par ses deux ados empêtrées dans leur crise d’adolescence (c’est de leur âge), Soledad trouve un échappatoire inespéré dans… le jogging, la course à pied ! Qu’elle va se mettre à pratiquer assidûment par tous les temps et dans toutes les circonstances, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige. Bon, avouons-le, c’est aussi un peu-beaucoup pour perdre quelques kilos qu’elle juge superflus, et qu’elle « traite » par ailleurs par un régime draconien. Les ados qui la plombent + la course qui l’épuise + la faim qui la tenaille : bonjour l’humeur… Dans un esprit très proche (et donc très drôle) de ses chroniques du Docteur Aga, Soledad livre au jour le jour un savoureux journal dessiné dans lequel nombre d’entre nous sauront assurément se reconnaître."

J'ai empruntée cette bande-dessinée par hasard alors que je m'apprêtais à la ranger à la bibliothèque, en me disant que ça occuperait ma pause déjeuner.

Soledad décide un beau jour de se mettre à courir pour garder la forme. Les débuts sont laborieux malgré de bonnes intentions, mais progressivement, courir devient une habitude, puis une addiction : une frustration ? de l'énervement ? un besoin de prendre l'air ? Toutes les raisons sont bonnes pour aller courir, y compris pendant les vacances, et surtout lorsque l'on a des filles adolescentes qui sont des sources d'agacement. Et à force de courir régulièrement, les autres coureurs sont catégorisés, les habitués sont repérés, les différents parcours et leurs particularités, etc.

Cette bande-dessinée commence donc sur le sujet du jogging et se termine sur les adolescents et leurs comportements exaspérants, surtout du point de vue des parents, ce qui n'était pas exactement ce à quoi je m'attendais lorsque j'ai emprunté ce livre. Mais la lecture de cette BD n'en demeure pas moins agréable, même si vous n'êtes pas un(e) sportif(ve) ou si vous n'avez pas d'enfants adolescents (et je suis dans les deux situations).

Qui es-tu Alaska ?, John Green (2005)

"Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama, au pensionnat de Culver Creek.
Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.
Qui es-tu Alaska ? Est le roman de l'adolescence : les amitiés fortes, l'amour, la transgression, la soif de connaissance et la fondamentale quête de sens.
La vie explose dans ce livre qui fait rire, et fondre en larmes l'instant d'après et qu'on voudrait ne jamais finir.
"

Qui es-tu Alaska ? est un livre dont j'ai pas mal croisé le titre sur des blogs états-uniens, du coup, au bout d'un moment j'ai fini par aller voir de quoi il était question dans ce livre, s'il était traduit en français et s'il était à la bibliothèque, et comme la réponse à la première question semblait tentante et que la réponse aux deux dernières questions était positive, j'ai emprunté l'ouvrage.

Le personnage qui raconte l'histoire est Miles, un lycéen très intelligent, collectionneur de derniers mots des mourants célèbres, qui quitte sont État, la Californie, pour aller en pension dans un lycée réservé aux surdoués, en Alabama. Là-bas, il se fera surnommé Le Gros -car ne l'étant pas- par les amis qu'il se fait, à savoir la personne avec qui il partage sa chambre, et deux amis de celui-ci qui vont également devenir les amis de Miles, Takumi et Alaska. Cette dernière fascine Miles : elle est mystérieuse, lunatique et hantée par la mort de sa mère alors qu'elle avait 8 ans. Mais elle sort avec quelqu'un et va mettre dans les pattes de Miles une de ses amies, Lara, sans que cela ne diminue la fascination de Miles pour Alaska.

J'ai bien aimé ce livre, même si j'ai rapidement compris quel en été l'élément principal, le drame. Mais même en sachant cela, je n'ai pas été ennuyée car le propos n'est pas (que) l'évènement autour du quel est construit l'histoire, avec un avant/après et un compte à rebours à partir de cet évènement ; le texte porte plus largement sur l'adolescence, l'amitié, les relations entre les adolescents, les chahuts et blagues potaches de l'internat cohabitent avec les questions de deuils, de regrets, de premières expériences, etc. C'est un livre que j'ai trouvé touchant, qui retranscrit l'adolescence de manière plutôt crédible, bref, un livre agréable à lire.

Stupeur et révélation, Chloé Cruchaudet (Ida, tome 3) (2012)

"Recueillies par des soeurs missionnaires, Ida et Fortuné embarquent pour le Congo français, sans manquer de participer à la cérémonie du passage de l’équateur. Sur place commence une vie faite de règles et de travaux particulièrement pénibles. La question du retour en Europe devient cruciale. Ce n’est qu’une fois à Paris que la suissesse trouvera enfin les réponses sur les origines de son périple africain."

Après les deux premiers tomes (article ici et ),voici le troisième et dernier tome des aventures d'Ida et Fortunée.

Le deuxième tome se terminait alors que les deux femmes étaient recueillis par un groupe de soeur en route pour une mission d'évangélisation. Elles font route avec les soeurs mais au moment où elles souhaitent partir de leur côté, elles s'aperçoivent qu'elles n'ont plus rien pour vivre et demandent donc l'hospitalité aux soeurs. Ida et Fortunée vont donc se retrouver porter l'habit des soeur -qui gratte- à marcher à nouveau dans la jungle pour arriver jusqu'au site de la mission. Au cours de leur marche, le groupe va croiser le chantier d'un chemin de fer et constater les changements qui sont en train d'avoir lieu dans les pays africains sous l'influence des Européens. Mais Ida et Fortunée vont finir par se lasser de cette vie.

Cette trilogie se termine donc avec la fin des aventures d'Ida et Fortunée en Afrique et la réponse aux souvenirs d'Ida quand au pavillon qui l'avait tant captivé lors de l'Exposition Universelle qu'elle avait visité quand elle était petite. Comme dans le tome 2, les questions de politiques sont abordée, ici accompagnée d'économie, mais malgré la gravité de certains sujets, tout cela reste abordé avec un ton teinté d'humour et un dessin coloré et tout en rondeurs. Stupeur et révélation clôt donc une trilogie qui m'a bien plu, le hasard et la curiosité qui m'ont fait emprunter ces livres m'ont amenée à une bonne surprise !

La théorie de l'information, Aurélien Bellanger (2012)

"La théorie de l'information est une épopée économique française. De l'invention du Minitel à l'arrivée des terminaux mobiles, de l'apparition d'Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l'irruption d'acteurs nouveaux, souvent incontrôlables. La théorie de l'information est l'histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d'entre eux. Adolescent solitaire épris d'informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l'un des hommes les plus riches du monde. La théorie de l'information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l'histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l'information. Pascal Ertanger s'en voudra le prophète exclusif. La théorie de l'information évoque enfin le destin d'une planète devenue un jouet entre les mains d'un milliardaire fou."

J'avais entendu parler de ce livre lors de sa sortie et j'avais hésité à le lire, avant de finalement renoncer vu que j'avais déjà un paquet d'autres livres à lire. Pour autant, je n'avais pas renoncer à le lire, et il est rappelé à moi quand un collègue en a parlé puisqu'il s'agissait du livre qu'elle était en train de lire. Du coup, dès qu'elle l'a eut fini, je m'en suis emparé.

Cette histoire, mêle en réalité deux histoire : celle du personnage Pascal Ertanger et celle des télécommunication en France depuis le Minitel, il s'agit donc d'un texte entre le roman et l'essai, une histoire économique réelle vue par un personnage fictif en quelque sorte. Le texte se partage en trois partie. Dans la première, Pascal est un adolescent solitaire et fasciné par le Minitel, cette étrange technologie qui arrive dans son foyer et à laquelle il va finir par prendre part. Dans la deuxième partie, Pascal travaille donc dans une entreprise liée au Minitel et se lance ensuite dans l'Internet quand celui-ci commence à se développer. Dans la troisième et dernière partie, il est question du développement récent d'Internet, à savoir le Web 2.0, c'est-à-dire l'Internet participatif, celui des réseaux sociaux, et l'évolution possible de celui-ci.

Quand j'ai commencé à lire ce livre, j'ai plutôt été ravie car c'était intéressant et bien écrit, mais ensuite... Il y a beaucoup de considérations économiques et techniques qui m'ont pas mal échappé, à partir de la deuxième partie beaucoup de choses m'ont parues ennuyeuses, insipides et la fin m'a carrément déroutée. Du coup, je ne sais pas trop quoi penser de ce livre qui m'a laissée perplexe quand je l'ai refermé, mais qui globalement m'a pourtant laissé une impression plutôt bonne. Bref, un texte inhabituel qui déplaira probablement à beaucoup, mais qui a quand même un quelque chose qui le rend intéressant à lire.

Candeur et abomination, Chloé Cruchaudet (Ida, tome 2) (2011)

"Quelque peu agacée par Fortunée, Ida décide de voyager seule. Sitôt débarrassée de sa dame de compagnie au détour du premier comptoir venu, elle se met en tête de découvrir la région de Dahomey. Heureuse coïncidence, la voici officiellement invitée à la cour du roi. Flattée et candide, elle espère être reçue avec le faste approprié à son rang mais c’est un tout autre accueil qui lui sera réservé..."

Après le tome 1 (dont j'ai parlé ici), nous retrouvent Ida et Fortunée en vadrouille au milieu de la jungle africaine.

Ida et Fortunée ont fait de leur précédent périple un guide de voyages qui est un succès en Europe et elles continuent leur voyage en Afrique. Elle arrivent dans un comptoir allemand et à partir de là, Ida, lassée de Fortunée, décide de partir "seule" (avec une dizaine de porteurs, mais sans Fortunée) pour voir des hippopotames. En chemin, elle reçoit une invitation du roi du Dahomey chez qui elle se rend donc, accompagnée par Zaka qui lui sert de guide et de traductrice. Mais arrivée chez le roi du Dahomey le faste et le luxe qu'Ida imaginaient ne sont pas au rendez-vous et elle découvre une réalité loin de l'image naïve et exotique qu'elle se faisait de l'Afrique.

J'ai trouvé ce deuxième tome à la hauteur du premier au niveau du dessin (toujours coloré et fluide) et de la narration, mais ici, le propos se fait un peu moins drôle et se teinte de politique. En effet, lorsqu'Ida a débuté son périple, elle partait l'esprit rempli d'images et de situations idéalisées, ses péripéties étaient drôles, mais désormais elle découvre la colonisation, l'industrialisation et les guerres au sein des paysages luxuriants. Une suite cohérente avec le premier tome donc et tout aussi agréable à lire même si c'est un peu moins joyeux.

Les femelles, Joyce Carol Oates (2006)

"Elles s'appellent Poupée, Lucrétia ou encore Kristine. Toutes semblent inoffensives. Derrière leurs visages angéliques, un mal sournois se tapit, attendant le moment propice pour se manifester : ce sont des tueuses. Joyce Carol Oates saisit au vol cette fulgurance meurtrière et observe tranquillement le venin agir et le sang se répandre."

Je ne suis pas une adepte des nouvelles que je trouve souvent frustrantes et trop brèves, je préfère largement les romans. Malgré tout Joyce Carol Oates est l'une de mes auteurs favorites (pour le relativement peu que j'en ai lu, puisqu'elle est très prolixe), donc malgré la forme de la nouvelle j'ai quand même cédé et lu ce recueil.

Qui dit recueil de nouvelles dit différentes histoires : Lucretia et les appels téléphoniques qu'elle croit être de son mari mais qui ne le sont peut-être pas, ce qui la fait s'interroger et s'inquiéter, une fillette et son petit frère tout bébé qui se retrouvent seuls lors d'une réception chic à Nantucket, Poupée et son beau-père qui donnent rendez-vous à des hommes dans les hôtels, Mme G., femme superficielle, riche, exigeante et paranoïaque qui passe ses journées à dormir et faire les magasins, Marybeth effrayée par les lapins qui sont dans la cage et dont on lui dit qu'ils n'existent pas et dont le père est décédé, etc.

Dans ces nouvelles, comme dans les romans de Joyce Carol Oates, il est question de femmes : mères, filles, jeunes, âgées, etc, mais des femmes toujours. Il est également question de violence et d'angoisses : ces femmes ont peur, elles fuient, elles se défendent, elles mutilent, elles tuent, etc. Je n'étais donc pas dépaysée par les sujets et les personnages, mais je n'ai pas appréciées toutes les nouvelles : certaines m'ont plu mais leur brièveté avait un côté frustrant, d'autres avaient juste la longueur qu'il fallait et d'autres m'ont ennuyées, déplues ou déroutées. Bref, je ne suis toujours pas convaincue par les nouvelles, mêmes quand elles sont écrites par une auteur que j'apprécie, il y a trop d'inégalité et de frustration, pas assez de subtilité ou trop d'allusions, je préfère amplement les romans.

Grandeur et humiliation, Chloé Cruchaudet (Ida, tome 1) (2009)

"1887. Ida est une vieille fille d'une trentaine d'années hypocondriaque et autoritaire. Son existence prend un tournant imprévisible un beau matin, lorsque son médecin lui prescrit une cure sur la Côte d'Azur. Elle s'aperçoit qu'avec le mouvement ses symptômes disparaissent. Ida prend alors goût au voyage et s'éloigne toujours plus de sa Suisse natale tout en restant fidèle à son corset et à ses bonnes manières. De Tanger à Saint-Louis commencent alors des tribulations qui lui donneront à vivre les joies et les vicissitudes de l'exploration."

C'est en faisant du rangement au rayon des bandes-dessinées que je suis tombé sur la série Ida : je vois souvent ces livres dans les étagères, mais je n'en vois que le dos, je n'avais jamais vues les couvertures, or le rangement m'a fait les voir et je les ai trouvées très belle, du coup, j'ai empruntés les trois tomes directement, sans savoir de quoi il était question à l'intérieur.

Ida Von Erkentrud est une femme hypocondriaque et râleuse qui reste enfermer chez elle le plus souvent et enchaîne les remèdes que son médecin lui soumet. Un jour celui-ci l'envoie dans le Sud de la France, un peu contre son gré, et alors qu'elle commence par se plaindre, elle découvre que l'air marin lui fait du bien,qu'elle se sent mieux. Elle décide alors de voyager un peu, imaginant les pays étrangers comme ils étaient présentés à l'exposition universelle de 1867 qu'elle a visité alors qu'elle était enfant. Après la France, elle fait un très bref passage en Espagne, puis elle se dirige vers l'Afrique. Grâce à des lettres de recommandation, elle parvient à être admise chez le gouverneur où elle rencontre Rosa, une voyageuse qui écrit des critiques de voyages, et Fortunée, une femme destinée au couvent. Une nuit, Ida quitte la résidence du gouverneur avec Fortunée et les deux femmes vont partir au Maroc, puis au Sénégal.

J'ai beaucoup aimé cette bande-dessinée : les dessins sont colorés, lumineux, fluide et arrondis, le ton est plutôt drôle car les deux bourgeoises européennes ne sont pas à leur place dans la jungle équatoriale, et il y a une toile de fond historique intéressante avec la découverte de l'Afrique que Savorgnan de Brazza est en train d'explorer. Bref un premier tome plaisant et qui pousse à lire la suite !

Le territoire des barbares, Rosa Montero (2001)

"Zarza est réveillée un matin par une voix au téléphone qui lui murmure : "Je t'ai retrouvée". Elle s'habille en hâte et prend la fuite, poursuivie par quelqu'un ou quelque chose lié à un passé qu'elle cache et veut oublier. L'intrigue progresse, inquiétante, fantastique, les pièces du puzzle s'emboîtent jusqu'à l'explosion finale qui changera la vie de Zarza pour toujours."

J'avais lu une fois, par hasard, un livre de Rosa Montero (Le roi transparent, article ici) et cela avait été une bonne surprise. J'avais donc gardé le nom de l'auteur dans un coin de ma mémoire afin de lire autre chose d'elle quand l'occasion se présenterait, ce qu'il s'est passé. 

Dans ce livre, nous suivons Zarza sur un peu plus d'une journée. Cette jeune femme à la vie rangée et aseptisée reçoit un appel téléphonique alors qu'elle sort de la douche : une voix d'homme lui dit qu'il l'a retrouvée. Elle s'empresse alors de quitter son domicile et de fuir : fuir parce que sept ans auparavant, alors qu'elle et son frère jumeau, Nicolas, gravitaient dans le monde interlope et se droguaient, elle l'a dénoncé pour un délit et celui-ci a été emprisonné. Et il semble que désormais, sa peine a pris fin et qu'il a décidé de retrouver sa soeur, sa dénonciatrice.

J'ai bien aimé cette lecture même si ce n'est pas autant que le précédent ouvrage que j'avais de cette auteur. Il y a un côté conte moyenâgeux qui me plait bien -on retrouvait déjà cela dans Le roi transparent- mais j'ai été désarçonnée par les métaphores utilisées pour décrire l'ancienne vie et l'ancien monde de Zarza et Nicolas, le monde de la Reine : j'ai mis un moment à comprendre de quoi il était question et à m'y retrouver. J'ai aussi eu une impression de brouillon, de potentiel intéressant mais pas pleinement développé ce qui frustre un peu. Bref, malgré des points faibles, ce livre tout de même été agréable à lire.

L'assassin à la pomme verte, Christophe Carlier (2012)

"«J'éprouvais pour Elena une tendre reconnaissance. J'avais toujours voulu tuer quelqu'un. Pour y parvenir, il me manquait simplement de l'avoir rencontrée» songe Craig, fraîchement débarqué des États-Unis comme Elena d'Italie. Tous deux se trouvent pour une semaine au Paradise : un palace, vrai monde en soi, où l'on croise parfois au bar d'étranges clients. Par exemple cet homme de Parme, mari volage et volubile, découvert assassiné au lendemain de leur arrivée. Entre Craig et Elena naît un sentiment obsédant, fait d'agacement et d'attirance, sous l'oeil impitoyable de Sébastien, le réceptionniste, auquel rien n'échappe. Ou presque."

J'ai entendu parler de ce livre sur plusieurs blogs que je lis et les avis étaient plutôt bon, du coup, j'ai eu envie de le lire. Sauf que comme la bibliothèque dans laquelle je travaille ne l'avais pas au moment où j'ai lus les critiques le concernant, j'ai dû attendre quelques semaines qu'il se retrouve dans nos collections et qu'il doit prêt à être emprunté avant de pouvoir le lire.

Ce roman débute lorsque Craig, un Anglais professeur de Français aux États-Unis arrive en France afin de faire des conférences et des recherches. Il est hébergé au Paradise, un hôtel prestigieux de Paris. Dans ce même hôtel se trouvent également Héléna, une belle Italienne qui travaille dans le milieu de la mode, Sébastien, le réceptionniste de nuit, ainsi qu'un gros Italien marié et ayant deux maîtresses, une femme de chambre qui fréquente une voyante pour les questions importantes, et tous les voyageurs passant là. Le lendemain de l'arrivée de Craig à l'hôtel, le gros Italien à qui il avait parlé au bar la veille au soir est retrouvé mort : chacun a sa théorie, la police enquête et les personnages se lient sans s'occuper de ce meurtre.

J'ai bien aimée cette lecture, mais je ne l'ai pas pour autant trouvée inoubliable ou exceptionnelle, et j'avoue même que je suis presque déçue. C'est bien, mais sans plus : les personnages sont bien construits, l'alternance des narrateurs est intéressante, surtout qu'elle se fait très souvent, l'histoire est bien aussi, mais je ne sais pas, ça manque de quelque chose qui relèverait tout cela... Bref, un moment de lecture agréable mais un petit peu frustrant malgré tout.

Des cailloux dans le ventre, Jon Bauer (2012)

"Des cailloux dans le ventre est l’histoire d’un petit garçon de huit ans et de l’adulte instable qu’il est devenu. Au cours de son enfance, ses parents choisissent d’être « une famille d’accueil » en dépit du violent sentiment de jalousie que cela provoque en lui
Cette jalousie prend des proportions dramatiques quand l’enfant doit faire de la place à Robert, un jeune garçon auquel sa mère s’attache particulièrement. La relation qui naît entre eux va déclencher un événement qui transformera l’existence de la famille entière. Et particulièrement celle de Robert.
À l’âge de vingt-huit ans, et après une longue absence, le fils vient rendre visite à sa mère. Il ne lui a rien pardonné. Mais cette femme, malade, a besoin de lui. Comment pourrait-il ne pas profiter de la situation ?
"

J'ai repéré ce livre sur le chariot des livres venant d'être retournés par les lecteurs de la bibliothèque : son titre m'a intriguée et la lecture de la quatrième de couverture m'a fait me dire que ça pouvait être pas mal.

L'histoire se passe à deux moments de la vie du narrateur : à 8 ans et à 28 ans. A 8 ans, il vit chez ses parents qui sont une famille d'accueil, ce qu'il vit mal car il est jaloux de l'attention que ses parents, notamment sa mère, porte au enfants accueillis. Cette jalousie connait son paroxysme avec l'arrivée de Robert, un garçon de 13 ans qui a le droit de s'asseoir à l'avant de la voiture, à qui on s'adresse comme un adulte, etc. Quelques mois après son arrivée, Robert va avoir un accident qui va le laisser handicapé physiquement et mentalement, accident qui va bouleverser les vies de tous les membres de la famille. A 28 ans, il retourne voir sa mère, désormais veuve et atteinte d'un cancer à un stade avancé, ce qui va faire ressortir tous les souvenirs du narrateur, sa jalousie, sa violence, sa culpabilité et la versatilité de son humeur.

Mon avis sur ce livre est mitigé : j'ai bien aimé, mais en même temps il me laisse une mauvais impression. J'ai apprécié la base de l'intrigue avec la famille d'accueil, la jalousie, les mensonges, etc, qui constitue un drame intéressant. Néanmoins, cela est galvaudé par la personnalité du narrateur que je n'apprécie pas, notamment l'adulte qui agit de manière impulsive et irrationnelle, sans penser aux conséquences. Du coup, il m'est difficile de dire si j'ai aimé ou non cette lecture : il y a du bien et du moins bien, mais cela ne fait pas une moyenne entre les deux, chaque aspect restant indépendant.

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