Qui touche à mon corps je le tue, Valentine Goby (2008)

"Marie G., faiseuse d'anges, dans sa cellule, condamnée à mort. Lucie L., femme avortée, dans l'obscurité de sa chambre. Henri D., exécuteur des hautes œuvres, dans l'attente du jour qui se lève. De l'aube à l'aube, trois corps en lutte pour la lumière, à la frontière de la vie et de la mort."

L'autre jour j'ai aperçu ce livre sur le chariot des livres venant d'être rendus par les lecteurs de la bibliothèques, et je me suis rappelée que ce titre était présent sur la liste d'idées de livres à lire. Je n'avais pas en mémoire la raison pour laquelle j'avais voulu lire ce livre -et je ne m'en rappelle d'ailleurs toujours pas- mais si je l'avais un jour inscrit dans cette liste c'est qu'il était susceptible de m'intéresser. Donc je l'ai emprunté.

L'intrigue suit trois personnages sur vingt-quatre heures, les dernières avant l'exécution d'un de ces trois personnages, Marie G. Cette dernière est condamnée pour avoir avorté des femmes, pas pour revendiquer quoique ce soit, mais parce que c'est comme ça, parce qu'elle pouvait le faire et qu'elle a ensuite été identifiée dans ce rôle, donc elle a continué quand c'était nécessaire. Un autre des personnages suivis est Henri D., le bourreau de Marie G., tracassé par son travail même s'il le fait bien quand même. Et enfin, il y a Lucie L., jeune femme qui avorte et qui se perd dans le rapport à son corps, à sa mère et au foetus qu'elle expulse.

Il est difficile de dire que la lecture de ce livre a été agréable puisqu'il est question de peine de mort, d'avortement, de rapport entre mère, enfant, corps et mort, et pourtant, c'est un livre que j'ai apprécié, que j'ai trouvé instructif d'une certaine manière, bien qu'il ne soit question que de souvenirs et d'impressions. Un livre qui m'a bien plus donc.

La vitesse de l'obscurité, Elizabeth Moon (2002)

"Il y a la vitesse de la lumière, dont tout le monde a entendu parler, sur laquelle ont travaillé les plus grands savants. Mais qu'en est-il de la vitesse de l'obscurité ? Lou Arrendale sait qu'elle existe, qu'elle est aussi digne d'intérêt, et même peut-être plus. Mais personne n'écoute Lou. Car Lou est autiste. Grâce à ses dons pour les mathématiques, il jouit d'une excellente situation dans une compagnie pharmaceutique et mène une vie indépendante. Mais l'offre de tester un traitement expérimental censé annuler les effets de l'autisme chez l'adulte vient perturber son existence bien réglée. Si celui-ci réussit, Lou devrait penser, agir et se comporter comme n'importe quel adulte " normal ". Mais, délivré de l'autisme, Lou Arrendale serait-il encore lui-même ?"

J'ai découvert ce livre dans des suggestions sur un site marchand, et comme la lecture du résumé m'a donné envie de lire l'ouvrage, je l'ai emprunté à la bibliothèque.

Le personnage principal de ce livre est Lou Arrendale, un homme autiste qui a un travail, des loisirs, des amis, qui est amoureux de quelqu'un, etc, et qui est beaucoup plus intelligent et lucide que ne peut le penser sa psychiatre. Bref, malgré sa maladie, il a une vie tout à fait normale. Mais des éléments viennent perturber son quotidien : tout d'abord, l'entreprise pharmaceutique qui l'emploie -lui et d'autres autistes ayant de grandes capacités mathématiques- envisage de lui faire tester un nouveau traitement qui pourrait le rendre "normal", et l'entreprise menace les employés de perdre leurs aménagements de travail voire leur travail, s'ils refusent d'être des cobayes pour ce traitement. Et à côté de cela, Lou subi des attaques de plus en plus violentes qui semblent le viser personnellement.

J'ai énormément apprécié ce livre qui traite du sujet aussi vaste que méconnu qu'est l'autisme, et plus largement de la différence.  Le livre nous interroge sur la notion de normalité et d'identité, sur les limites floues entre ce qui est considéré comme normal et ce qui ne l'est pas. En effet, le personnage de Lou est autiste, et pourtant il a une vie semblable à celle de beaucoup de gens, il se pose des questions que beaucoup se posent, il est même bien plus intégré dans la société et a un mode de vie bien plus équilibré que pas mal de gens qui sont considérés comme "normaux". Bref, ce livre est très intéressant et éclairant, à lire !

Trésor, Lucie Durbiano (2008)

"Jolie, gaie, naïve et fleur bleue, Christine est la fille de l'archéologue Alamaro. Quand elle tombe éperdument amoureuse de Jean, un étudiant de son père, elle est bien loin de s'imaginer ce que le garçon manigance avec sa petite amie Simone... Chasse au trésor, marivaudage, poursuites et quiproquos, le charme irrésistible d'une comédie dans les années 50, relevé comme toujours chez Lucie Durbiano d'une touche d'acidité malicieuse."

Je suis tombé sur cette bande-dessinée par hasard en rangeant le rayon des BD, et comme la couverture avait l'air sympathique et que ce livre semble régulièrement emprunté (puisque je le range régulièrement), j'ai eu envie de le lire.

Cette histoire très fraîche est colorée est une enquête pour retrouver les trois manuscrits indiquant l'emplacement d'un trésor. Le professeur Almaro en possède un et l'un de ses étudiants, Jean, est très intéressé par celui-ci. Jean et sa compagne, Simone -qui se fait passer pour sa soeur- décident donc d'utiliser la fille du professeur, Christine, pour récupérer le fameux manuscrit car Christine est tombé amoureuse de Jean. Tout cela au détriment de Michel, l'assistant d'Almaro qui est amoureux de Christine... Tous les personnages vont donc courir après le trésor en se trahissant les uns les autres.

J'ai bien aimé cette bande-dessinée au style coloré, badin et espiègle. L'histoire se passe dans les années 1950 ce qui donne un côté un peu désuet, surtout que les couleurs sont vives comme dans les vieux livres pour enfants. Bref, une lecture agréable et légère.

La nef des fous, Richard Paul Russo (2001)

"L'Argonos est un immense vaisseau qui abrite des milliers d'êtres humains depuis des générations. Tous ont oublié depuis longtemps le but de leur voyage. Bartolomeo Aguilera, handicapé, enferré dans un exosquelette, mais doté d'une intelligence hors du commun, est le conseiller du capitaine. Il sera ses yeux au sein de l'équipe d'exploration d'Antioche, une planète qui émet une transmission probablement humaine. Une colonie ? Sans doute. Mais ils sont tous morts, massacrés avec barbarie. Que s'est-il passé sur Antioche ? Pourquoi une telle atrocité ? Et surtout, commise par qui ?"

J'ai découvert ce livre dans des suggestions sur Amazon, sauf que comme je travaille dans une bibliothèque, je ne vais pas acheter les livres que je peux emprunter, et quand j'achète, ce n'est de toute façon pas sur Amazon (sauf livres épuisés ou pas vendus en France). Bref, je n'ai pas acheté le livre qu'Amazon me suggérait, mais je l'ai lu quand même.

L'histoire commence sur l'Argonos, un vaisseau spatial qui erre depuis des siècle afin de trouver une planète sur laquelle installer les milliers de gens qui vivent dans ce vaisseau. Au fil des siècles, une hiérarchie et des clans se sont constitués et les luttes de pouvoir et d'ambition font rage tout en restant rangées car la vie sur un vaisseau implique de vivre les uns avec les autres. Un jour, l'Argonos trouve une planète qui semble tout à fait propice à accueillir les habitants du vaisseau. Un groupe y est alors envoyé afin d'explorer cet endroit. Sur place, des traces de civilisations sont découvertes, ce qui est plutôt positif, mais aucune présence de vie n'est constaté, ce qui est plutôt inquiétant, et ces doutes se renforcent lors de la découverte d'un charnier et d'un bâtiment dont l'usage reste mystérieux. Peu après, un étrange et immense vaisseau est découvert : il est vide, lui aussi, mais semble étrangement vivant...

J'ai beaucoup aimé ce roman de science-fiction qui est oppressant et captivant, difficile à lâcher même. Les personnages sont plutôt bien construits, chacun avec une identité et un rôle distinct et les questions de pouvoir, de réaction face à l'inconnu et à l'horreur sont bien abordée. Cependant, la fin est plutôt déroutante, et je suis resté sur ma faim car beaucoup de questions restent sans réponses, de nombreuses pistes ne sont pas explorée, j'ai eu une impression d'inachevé, de frustration à la fin de ma lecture. Mais globalement ce livre m'a beaucoup plu !

Tu peux sortir de table, Jessica L. Nelson (2008)

"L'anorexie dérange. Minimisée, elle ne serait qu'un effet pervers de la mode et de la publicité. Dramatisée, elle devient l'expression de tendances suicidaires. Mais, derrière la faiblesse du corps anorexique, rares sont ceux qui cherchent à déceler une éventuelle force d'âme. Dans toutes les civilisations, pourtant, existent certaines pratiques ancestrales du jeûne et de l'ascèse auxquelles sont volontiers associées les vertus du courage et de la maîtrise de soi. Les anorexiques d'aujourd'hui en seraient-elles dépourvues ? Ne font-elles pas preuve d'une volonté hors du commun dans ce qui s'apparente à une quête de pureté ? Pourquoi réduire leur sensibilité à un caprice ou à l'envie d'en finir ?. J'ai enduré l'anorexie et je ne le souhaite à personne. Je confirme qu'il s'agit d'une pathologie, qui présente en outre de graves dangers. L'anorexie doit être vaincue. Mais elle ne pourra l'être vraiment que si ceux qui la combattent reconnaissent aux anorexiques leurs qualités spécifiques."

J'avais déjà lu ce livre il y a quelques années, mais je ne me souvenais plus vraiment de son contenu, et comme le sujet traité m'intéresse, je me suis dit qu'une relecture ne serait pas désagréable.

Dans ce livre, Jessica L. Nelson, journaliste et éditrice, parle de l'anorexie, mais il ne s'agit ni d'un essai purement médical, ni d'une autobiographie : l'auteur mêle ici les deux en liant sa propre expérience aux cas généraux, et en humanisant l'aspect médical. Sur ce point, la question de la famille est notamment abordé, ce qui est intéressant et trop rare, car l'anorexie, et plus globalement les troubles du comportement alimentaire, ne font pas que détruire la/le malade, la famille sombre avec. Par contre, je n'ai que peu apprécié les très nombreuses citations et références à d'autres ouvrages... Peut-être parce que j'ai déjà lu quasiment tous les livres auxquels elle fait référence, du coup je n'ai pas l'impression de lire quelque chose de neuf, mais peut-être que pour quelqu'un qui ne connait pas grand chose à la maladie (exemple : un proche qui souhaite en apprendre plus) ce livre peut apparaître comme complet.

Donc globalement le livre n'est pas mauvais, mais quand on a déjà lu des choses sur le sujet, il n'apporte pas grand chose, ce qui a fait de cette lecture une déception, pour moi en tout cas. Heureusement, le point de vue humain avec lequel est abordé la maladie rend la lecture agréable, et pour un proche d'une malade, ce livre peut, je pense, aider à mieux appréhender la personnalité de la personne malade et à mieux comprendre qu'il ne s'agit pas que d'un régime ou d'un caprice.

Tous les diamants du ciel, Claro (2012)

"Propulsé dans le siècle du LSD et de la guerre froide après avoir mangé un morceau de “pain maudit” pendant l’été 1951 à Pont-Saint-Esprit, le jeune Antoine va découvrir un monde où l’improbable est réel et le réel improbable, et entamer un chaotique chemin de croix, qui le mènera des mirages du désert algérien aux sex-shops du Paris de l’après 1968."

J'avais déjà lu ClaroZ de Claro il y a à peu près un an et demi et l'ouvrage en question m'avait beaucoup plus (j'en parle ici). Du coup, quand j’ai vu qu'il y avait un autre livre de cet auteur à sortir, j'en ai ajouté le titre à ma liste de lecture.

Le livre commence dans un village au sud de la France quand une tournée de pain se trouve empoisonnée, rendant folle à différents degrés une grande partie des habitants de la communes. Le jeune apprenti du boulanger, Antoine, va lui-même manger de ce pain et va alors vivre une expérience qui va le transformer complètement, lui ouvrir les yeux sur un monde mêlant réel et imagination. Alors que plusieurs de habitants ayant mangé ce pain terminent à l'hôpital, voire au cimetière, Antoine, va partir et va, en vrac, intégrer l'armée, rencontrer Lucy qui tient un sex-shop à la fin des années 1960, croiser un agent de la CIA, aller en Algérie, etc.

Il est difficile de parler de ce livre qui raconte les années 60, la drogue, la libération sexuelle dans des styles tantôt poétique, haché, lyrique, mêlant la réalité et les délires et qui pourtant reste clair. C'est un texte qui raconte certains aspects des années 60 mais que l'écriture rend à la fois fascinant et vertigineux. Il y a des passages que j'ai beaucoup aimé, et d'autres pas du tout,  mais globalement ce livre et le style de l'auteur m'ont captivée.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker (2012)

"À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias."

Comme à peu près toute personne qui s'intéresse un tant soit peu aux livres, j'ai pas mal entendu parler de ce livre, notamment parce qu'il a reçu le prix Goncourt des lycées et le Grand prix du roman de l'Académie française. Vu le battage autour du livre, j'avais été lire son synopsie afin de voir s'il me tentait ou non, à priori c'était non, mais à force de voir des articles à son sujet un peu partout, ma curiosité a été piquée et j'ai fini par vouloir le lire.

2008 : Marcus Goldman est un jeune écrivain dont le premier roman a connu un très grand succès et a fait de lui une star. Sauf que cela commence à dater et qu'il est censé travailler à son deuxième roman, ce qu'il ne parvient pas à faire faute d'un blocage. Il se tourne alors vers son ami et ancien professeur d'université, Harry Québert, pour l'aider à surmonter cette angoisse de la page blanche. Mais peu de temps après cette prise de contact, Harry Québert se trouve pris dans une tempête médiatico-judiciaire : le cadavre de Nola Kellergan, jeune fille de 15 ans disparue à la fin de l'été 1975 a été retrouvée enterrée dans son jardin, avec un manuscrit du roman qui a valu la gloire à Harry. Marcus décide de soutenir son ami et mentor et de faire une enquête afin de prouver que Harry est innoncent, cette enquête devenant son deuxième livre.

Au final j'ai plutôt bien aimé ce livre qui est à la fois une enquête, mais aussi un texte sur les écrivains et l'écriture, ainsi que sur l'emballement autour des grandes affaires judiciaires. L'intrigue est bien ficelée, les liens et connexions entre les personnages sont cohérents et intéressants et tout fini par se recouper sans laisser de points d'interrogations dans cette histoire à plusieurs intrigues (la disparition de Nola, le rôle d'Elijah Stern, le manuscrit, etc). Par contre, j'ai quand même été un peu agacée par la répétition de certains passages et par les traits caricaturaux de quelques personnages : la mère de Marcus est une caricature de la mère juive, le bourru sergent Gahalowood qui finit par s'attacher à Marcus, l'éditeur sans scrupule, arriviste et opportuniste, etc. Malgré cela, La vérité sur l'affaire Harry Québert est une lecture agréable et plutôt captivante.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...