Les anonymes, Roger Jon Ellory (2008)

"Washington. Quatre meurtres aux modes opératoires identiques. La marque d’un serial killer de toute évidence. Une enquête presque classique donc pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité. Qui était-elle réellement ? Et ce qui semblait être une affaire banale va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain…"

De Roger Jon Ellory, j'ai déjà lu Seul le silence (article ici), un thriller qui m'avait beaucoup plu, donc j'avais retenu le nom de l'auteur afin de lire d'autres textes de lui à l'occasion.

Robert Miller est inspecteur au commissariat n°2 à Washington, il vient de réintégrer son poste après une affaire dans laquelle son rôle n'était pas très clair. Il se retrouve sur une affaire de meurtre, celui de Catherine Sheridan, une femme battue à mort et retrouvée nue dans son lit, avec un ruban autour du coup. Ce dernier point fait de Catherine la quatrième victime du Tueur au Ruban, et comme elle est la deuxième à se trouver dans le secteur du commissariat n°2, c'est Robert Miller et son collègue Al Roth qui récupèrent l'ensemble des affaires. Au cours de leur enquête, il vont découvrir des liens inexplicables avec un junkie, Darryl King, une absence d'informations et de proches liés aux victimes, un policier qui n'existe pas vraiment, un homme sans nom mais connu de deux victimes et un article sur les élections au Nicaragua, bref, rien de cohérent...

Cette fois-ci aussi j'ai bien aimé ce livre de R. J. Ellory : c'est un thriller bien ficelé et captivant, surtout le début pendant lequel les points d'interrogation ne font que ce multiplier. La fin m'a un peu moins plu : il est question de politique, de pouvoir, de l'administration des États-Unis, bref, des sujets qui ne m'intéressent pas vraiment et une histoire que je ne connais pas. Malgré cette fin que je n'ai pas trouvée à la hauteur de ce qui précède, ce livre reste palpitant et le scénario bien ficelé.

L'accablante apathie des dimanches à rosbif, Sébastien Vassant & Gilles Larher (2008)

"Je m'appelle Brice Fourrastier, avec deux «r», comme dans «marrant», mais à «mourant», y en a qu'un. J'ai quarante ans et j'irais pas plus loin...
Pour son premier scénario, Gilles Lahrer a décidé de s'attaquer à un sujet douloureux: la maladie et la mort ! En choisissant de raconter celle d'un artiste comique, il prend le lecteur à contre-pied et nous offre un long roman graphique réjouissant, entre émotion et rire, d'une extraordinaire maturité pour une oeuvre naissante. Bien qu'il soit légèrement narcissique, parfois cynique et franchement séducteur, Brice Fourrastier est adulé des foules. Son spectacle «L'accablante apathie des dimanches à rosbif» triomphe sur les scènes de France.
La quarantaine venue, Brice termine la tournée de son spectacle avant de prendre une ou deux années studieuses pour écrire son prochain spectacle. Histoire de se ressourcer, et peut-être aussi, qui sait, enfin trouver l'âme soeur. Car, si son sketch le plus célèbre s'intitule «Le grand secret des femmes !», il semble bien qu'il n'est pas encore percé celui qui consiste à établir une relation durable (mais en a-t-il vraiment envie ?). La vie de Brice Fourrastier va basculer d'une façon imprévue. Un cancer le ronge. Il n'a plus que quelques mois à vivre. L'heure est venue pour lui de faire ses adieux. Artiste iconoclaste, il décide d'en faire son dernier spectacle...
"

J'avais vu ce livre une première fois et c'est son titre qui m'avait attiré, mais je ne sais plus pourquoi, je l'avais laissé de côté. Et puis l'autre jour à la bibliothèque, alors que je rangeais les bandes-dessinées, j'ai à nouveau vu cette bande-dessinées, elle était posée en présentation et dessus se trouvait un bout de papier déchiré sur lequel il était écrit que c'était un livre à lire (c'était très manifestement l'oeuvre d'un lecteur). Du coup, j'ai été intriguée et j'ai empruntée cette BD.

Brice Fourrastier est un humoriste connu, il a déjà plusieurs spectacles à son actif, il passe à la télévision et à la radio, on lui propose un rôle au cinéma, etc, bref, il réussit. Mais un jour, il va devoir réenvisager son avenir : comme il a des douleurs au ventre (ce qu'il met d'abord sur le compte de la choucroute d’Angoulême), il finit par aller voir un médecin, et de consultation en analyse, le diagnostic est qu'il a quelque chose de plus grave qu'un ulcère et qu'il ne lui reste qu'environ trois mois à vivre. Il va alors être suivi par une psychologue dont il va tomber amoureux, réfléchir sur lui-même et sa vie, annoncer la nouvelle à ses proches, etc. En plus de cela, et en tant qu'humoriste, il décide alors d'organiser ses adieux avec un dernier spectacle destiné à ses proches.

J'ai bien aimé cette bande-dessinée qui pourtant ne correspondait absolument pas à ce à quoi je m'attendais : je pensais que ça raconterait l'enfance d'un personnage, la nostalgie des déjeuner en famille, etc, alors que non, ça parle d'un adulte de 40 ans qui se retrouve confronté à la maladie et à la mort à court terme. Pour autant ce n'est pas sinistre, il n'y a pas non plus de grandes réflexions sur la vie et la mort, le fait que le personnage principal soit un humoriste dédramatise aussi l'histoire. En fait, il est surtout question de l'irréalité de sa propre mort, même quand on sait qu'il reste peu de temps à vivre, sur la difficulté à annoncer une maladie à ses proches quand on a soi-même du mal à intégrer cette idée, sur l'absence, le deuil de l'entourage. Bref, un livre qui se lit très bien malgré un sujet peu joyeux.

Un cheval dans la salle de bain, Douglas Adams (Dirk Gentle, détective holistique, tome 1) (1987)

"Le plus grand roman policier, romantique, d'humour, de voyage dans le temps, d'horreur et fantastique jamais écrit. Le seul, à la réflexion."

J'ai déjà lus des livres de cet auteur avec la série H2G2 (les articles ici) et j'avais beaucoup aimé, j'étais donc tout à fait prête à lire d'autres textes de lui. Ce qui m'a poussé vers ce titre en particulier, c'est que mon compagnon m'a fait découvrir une mini-série anglaise nommée Dirk Gently est qui s'inspire justement d'Un cheval dans la salle de bain.

Ce roman commence lors d'un dîner dans une université anglaise, dîner autour duquel se trouvent Reg, un professeur qui occupe une chaire qui s'apparente à une sinécure, et Richard, un de ses anciens élèves qui travaille désormais dans l'informatique et qui a un problème de canapé coincé dans sa cage d'escalier. Après le repas, les deux se retrouvent dans l'appartement de Reg où un cheval les attend dans la salle de bain. En parallèle, nous suivons également un moine-robot dont le but est de croire, et qui se ballade à une époque inconnue et dans un monde désertique. Et les choses se corsent lorsque le patron de Richard est retrouvé assassiné sur une route de campagne. Richard décide alors de faire appel à un ancien et drôle de camarade d'université, à savoir Sclad Cjelli, renommé Dirk Gently, et qui est détective privé.

Ce livre m'a beaucoup plu : c'est du fantastique absurde, c'est drôle, c'est bien construit, etc. L'essentiel du livre ressemble à une enquête policière truffée d'éléments cocasses, mais des éléments de science-fiction sont également présent, et cet aspect se retrouve également à la fin. Fin qui m'a d'ailleurs surprise car elle est nettement plus orientée science-fiction que le reste de l'ouvrage. Mais cette surprise n'était pas mauvaise, et j'ai dévoré tout l'ouvrage donc un de ces jours je lirai les textes qui font suite à celui-ci.

Fleur de cimetière, David Bell (2011)

"Tom et Abby Stuart avaient tout pour être heureux : un mariage parfait, une vie confortable et une merveilleuse petite fille de douze ans, Caitlin. Jusqu’à ce que Caitlin disparaisse sans laisser de traces. Pendant un temps, le couple s’accroche à tous les espoirs, toutes les fausses pistes, mais cette vaine attente et le poids de la culpabilité finissent par avoir raison de leur mariage, brisant leur vie à jamais. Quatre ans plus tard, Caitlin réapparaît, sale, hirsute, et pourtant étrangement calme. La jeune fille refuse d’expliquer ce qui lui est arrivé. Et lorsque la police arrête un suspect lié à l’affaire, Caitlin refuse de témoigner contre lui, laissant les Stuart face à une seule alternative : abandonner l’espoir que justice soit faite, ou prendre les choses en main. Pour Tom, lancé dans une quête obsessionnelle de la vérité, commence alors un voyage qui le conduira à explorer la part d’ombre des êtres qui lui sont chers et à affronter ses propres démons. Mais rien de ce qu’il a vécu jusqu’alors ne l’a préparé à ce qu’il s’apprête à découvrir."

J'ai découvert ce livre part hasard parmi des livres venant d'être rendus à la bibliothèque et j'ai été interpellée par sa collection, par son titre, par la pastille le signalant comme une nouveauté puis pas la lecture de la quatrième de couverture, et comme tout cela était plutôt attractif, je l'ai emprunté.

Le récit commence alors qu'un couple s'apprête à commémorer les quatre ans de disparition de leur fille unique, Caitlin, disparu alors qu'elle avait 12 ans et qu'elle était parti promener le chien. Les parents sont vivent encore ensemble, mais ils ne sont plus sur la même longueur d'ondes : la mère s'est réfugiée dans la religion et la communauté du pasteur Chris, afin de faire le deuil de sa fille, tandis que le père croit encore qu'elle est vivante. A l'occasion des quatre ans de la disparition de Caitlin, l'affaire revient un peu sur le devant de la scène grâce à quelques articles dans la presse et, étonnamment, des informations nouvelles refont surface et, surtout, Caitlin elle-même est retrouvée. Mais elle n'est plus la petite fille de 12 ans qu'elle était : elle est désormais une adolescente renfermée sur elle-même, qui ne veut pas retourner avec ses parents et qui ne souhaite que retourner vivre avec son ravisseur, dont elle est amoureuse...

Ce que j'ai bien aimé dans ce thriller, c'est l'originalité du point de vue : au lieu de suivre une histoire qui se déroule au moment de la disparition, c'est du retour de la disparue dont il est question, la difficulté de s'adapter à quelqu'un qui a été attendu mais qui a changé. En plus, dans ce cas, l'ex-disparue n'avait pas particulièrement envie d'être retrouvée et n'a pas envie de rester avec ses parents, ce qui renforce l'originalité du point de vue. Mais malgré cela, j'ai quand même trouvé que pas mal de passages étaient un peu convenus, et d'autres un peu lents, ce qui fait que j'ai bien aimé ce texte, mais pour autant, il ne reste pas inoubliable.

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