Nos étoiles contraires, John Green (2012)

"C'est l’histoire d’Hazel Grace, 16 ans, et d’Augustus, 17 ans. Lorsqu'ils se rencontrent, Hazel est atteinte d'un cancer incurable : selon ses propres mots elle est «une grenade dégoupillée» qui a peur d'exploser. Augustus, lui, est en rémission et il a peur de l'oubli comme un aveugle a peur du noir. Leur complicité pleine d'humour nous entraîne par delà leur maladie dans une magnifique histoire d'amitié et d'amour qui nous fait furieusement aimer la vie... et on en redemande."

J'ai déjà lus plusieurs textes de John Green et à chaque fois j'avais bien aimé, du coup, j'étais déjà motivée à l'avance pour lire à l'occasion d'autres de ses livres, mais là je l'étais d'autant plus que cela fait des mois et des mois que je vois ce livre partout sur les blogs et sites anglo-saxons, du coup j'étais intriguée.

Le personnage principal de ce livre est Hazel Grace, une adolescente qui a un cancer incurable et doit se déplacer avec une bouteille d'oxygène et être branchée à une machine spéciale quand elle ne bouge pas. Une fois par semaine, elle se rend à un groupe de parole pour jeunes malades. Devoir se rendre à ce groupe la lasse un peu car l'animateur, Patrick, ressort toujours le même discours et clôt les rencontres par une prière dans laquelle sont énumérés tous ceux qui ont fréquentés ce groupe et qui sont désormais mort. Mais un jour, lors d'une rencontrer, un nouveau membre fait son apparition : il s'agit d'Augustus. Les deux vont devenir amis, notamment grâce au livre préféré d'Hazel Grace, Une impériale affliction de Peter Van Houten.

J'ai beaucoup aimé ce livre, je comprends vraiment son succès : le sujet est certes sinistre, mais il n'est pas traité de manière larmoyante ou avec pitié, le ton est plutôt drôle, la maladie et la mort sont omniprésents sans pour autant éclipser les personnages, et tout est traité avec justesse et humour. C'est donc un roman qui n'est pas neuneu, simpliste, prude ou accablant malgré le sujet et le fait que ce texte est publié à destination des adolescents. Nos étoiles contraires est donc un livre sur l'adolescence, la maladie et la mort qui est très bien écrit et qui peut plaire aussi bien aux ados qu'aux adultes.

La singulière tristesse du gâteau au citron, Aimee Bender (2010)

"Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour l'occasion. S'ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément l'émotion éprouvée par sa mère, alors qu'elle assemblait les couches de génoise et de crème. Sous la douceur la plus exquise, Rose perçoit le désespoir. Ce bouleversement va entraîner la petite fille dans une enquête sur sa famille. Car, chez les Edelstein, tous disposent d'un pouvoir embarrassant : odorat surpuissant ou capacité de se fondre dans le décor au point de disparaître. Pour ces superhéros du quotidien, ce don est un fardeau. Chacun pense être affligé d'un mal unique, d'un pouvoir qu'il faut passer sous silence. Comment vivre lorsque les petits arrangements avec la vérité sont impossibles ? Comment supporter le monde lorsque la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ?"

J'ai découvert ce livre par hasard il y a quelques temps parmi les nouveautés de l'année 2013 placées en présentation à la bibliothèque, le titre m'a intrigué, la quatrième de couverture m'a tentée donc je l'ai emprunté.

Rose a neuf ans quand elle mange un gâteau au citron et au glaçage au chocolat que sa mère a préparé. Mais ce gâteau au citron la déçoit parce qu'il a un goût de vide et d'absence. Elle trouve cela fortement dérangeant mais pense que c'était lié à ce gâteau précis. Sauf qu'à partir de là, chaque aliment qu'elle est amenée à manger a un goût d'émotion : elle découvre alors qu'elle est capable de percevoir les émotions de la ou des personne(s) qui ont participé à l'élaboration du plat qu'elle mange. Elle va en parler à quelques personnes : son frère Joseph, l'ami de celui-ci, Georges, et une amie, elle va également faire des tests et s'apercevoir que le mieux est encore de manger de la nourriture la plus industrielle possible car dénuée ou presque d'émotion. Elle va vivre avec son "don" sans savoir d'où il vient, puis un jour, alors qu'elle est une jeune femme, elle va découvrir que les dons étranges ne sont pas nouveaux dans sa famille et qu'elle n'est pas la seule a en avoir.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui pourtant ne correspond pas vraiment à la quatrième de couverture : il ne s'agit pas de "superhéros du quotidien" mais de la vie d'une famille à travers le regard de la fille, Rose. Il est question de la saveur des aliments, des émotions des gens, de la vie d'une famille, des secrets et des humeurs de chacun, des phobies et des étrangetés. Bref, un roman avec une pointe de fantastique qui se lit très bien est est à la fois touchant, captivant, étrange et un peu triste. Ce livre peut paraître ennuyeux, sans intrigue, la fin est un peu déstabilisante parce que comme manquante, mais c'est surtout au niveau de l'ambiance que tout se joue, donc pour moi ce livre s'avère être une très bonne découverte !

The city & the city, China Miéville (2009)

"Quelque part dans l'Est de l'Europe, se tiennent les villes rivales de Beszel et Ul-Qoma. Bien qu'elles soient étrangères l'une à l'autre, leur tissu urbain est si entremêlé que les rues commencent à Beszel et finissent à Ul-Qoma. Lorsque l'inspecteur Borlú, de Beszel, doit élucider le crime sordide d'une étudiante américaine d'Ul-Qoma, il sait que l'affaire se complique car la victime n'est pas de sa juridiction. Le cas devrait être confié aux agents de la « Brèche », une police chargée des affaires dépendant des juridictions des deux villes et aux pouvoirs illimités. Néanmoins, Borlú, qui n'a pas les moyens d'enquêter légalement dans l'autre ville, n'est pas dessaisi du dossier et devine qu'un influent homme politique tente ainsi de le faire échouer. La victime, Mahalia, était étudiante en archéologie et participait à des fouilles. Mais elle effectuait aussi secrètement des recherches sur Orsiny, la cité légendaire des Illuminati qui se situerait entre Beszel et Ul-Qoma. Borlú découvrira-t-il la vérité alors que les morts étranges se succèdent ?"

En cherchant des auteurs d'ouvrages fantastiques susceptibles de me plaire, je suis tombé sur le nom de China Miéville, auteur dont les textes semblaient pas mal, du coup, j'ai emprunté le premier ouvrage de lui que j'ai pu trouver.

Le corps d'une femme est retrouvé près d'un skate park dans la ville de Beszel et Borlu est chargé d'enquêter sur ce cas qui s'annonce difficile car il n'y a aucune information quant à l'identité du cadavre. Il fait alors poser des affiches avec une photo du visage de la femme et reçoit un appel anonyme qui va lui donner une piste, mais qui va aussi bien compliquer la situation. En effet, il s'avère que la jeune femme serait une étrangère et pourrait avoir été tuée à Ul Qoma, la ville parallèle à Beszel, or les deux sont strictement séparée, chacune avec sa police. Borlu va donc se retrouver à enquêter en terrain miné, et à devoir jongler entre ce qu'il peut voir ou non et les informations auxquels il a accès ou nom.

En commençant ma lecture j'étais plutôt déçue et je ne comprenais à peu près rien au contexte de l'histoire, l'histoire des villes parallèles/superposées, mais au fil de ma lecture, alors que j'avais de plus en plus d'éléments je me suis mise à beaucoup apprécier le concept. The city & the city est donc un thriller plutôt classique, mais c'est la toile de fond, qui fait aussi partie de l'enquête, qui fait l'originalité de ce livre. Il s'agit donc d'un récit intéressant mais un peu frustrant car au début on ne saisit pas vraiment cette histoire de villes jumelles, et à la fin du livre on a envie d'en savoir plus sur le pourquoi et le comment de cette situation. En tout cas, ce livre m'a donné envie de découvrir un peu plus les textes de China Miéville.

[Film] Stoker, Chan-Wook Park (2013)

Une fois n'est pas coutume (mais ça pourrait le devenir !), je vais parler d'un film : Stoker, de Chan-Wook Park.

"Après la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, voit un oncle dont elle ignorait l’existence, venir s’installer avec elle et sa mère. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi..."

C'est l'affiche qui avait attiré mon oeil, puis la lecture du synopsie m'a définitivement convaincue : ce film avait tout pour me plaire, il fallait que je le vois. Puis quand j'ai lu des critiques et que toutes étaient bonnes, je n'en ai été que plus motivée ! Sauf que je n'aime pas aller au cinéma et que je n'avais pas eu le temps de toute façon, du coup, ce n'est que maintenant que je le vois, en DVD.

Le récit débute le jour des 18 ans d'India (incarnée par Mia Wasikowska), jour qui est également celui où son père décède dans un accident de voiture. Lors des funérailles, le frère du défunt, Charles (Matthew Goode), vient s'installer chez India et sa mère, Evelyn (Nicole Kidman). Un jeu de séduction s'installe entre ce trio : séduction manifeste entre Charles et Evelyn qui retrouve dans son beau-frère l'incarnation de feu son époux dans sa jeunesse, et une relation d'attraction-répulsion-fascination entre India et son oncle qu'elle n'avait jamais vu, puisqu'il avait toujours été en voyage à travers le monde.

J'ai adoré ce film ! Nous sommes dans un presque huis-clos se déroulant dans une grande maison isolée, les seules échappées étant au lycée d'India. Quasiment toute l'histoire se déroule avec les trois personnages dont j'ai déjà parlé puisque le mari d'Evelyn/père d'India est décédé au début et que les autres personnes liées à la maison et ses habitants ont une fâcheuse tendance à disparaître soudainement. L'esthétique est extrêmement soignée, les transitions étudiées, il y a un goût du détail poussé, et un très grand soin apporté au choix de couleurs et de matières. Il y a également beaucoup d'associations telles que la douceur de l'environnement et la violence de ceux qui y vivent, la femme et l'enfant, la beauté de la nature et la chasse, etc, cela reflétant également l'ambivalence des personnages.

De Chan-Wook Park, j'avais déjà vu Old boy, film que j'avais apprécié : l'intrigue était tordue et malsaine, les images soignée, etc, mais le film était extrêmement violent et un peu long aussi. Avec Stoker, nous retrouvons également une histoire malsaine et tordue, mais ici la violence est avant tout psychologique (même s'il y a également de la violence physique). En le visionnant, Stoker m'a un peu fait penser aux films d'Alfred Hitchcock à cause de toute la tension qui existe entre les personnages, leurs secrets et leurs mensonges, l'ambiance globale oppressante. Et surtout, j'ai pensé au personnage de Norman Bates dans Psychose : le personnage de Charles lui ressemble énormément dans son attitude de psychorigide extrêmement séduisant, fascinant, mais tout aussi manipulateur et glaçant.

A noter qu'au générique j'ai vu apparaître le nom de Wentworth Miller qui me disait quelque chose : en effet, il s'agit de l'acteur qui a joué dans la série Prison Break (que je n'ai pas vue), et qui est ici scénariste du film.

Bref, un film à voir si vous aimez les films tordus et malsains !

La dame en blanc, William Wilkie Collins (1860)

"Dans la fournaise de l'été, en ce milieu du XIXe siècle, William Hartright, jeune professeur de dessin émérite, s'apprête à quitter Londres pour enseigner l'aquarelle à deux jeunes filles de l'aristocratie, dans le Cumberland.
Il laisse derrière lui la vie trépidante de la ville et ses étranges incidents, comme cette rencontre en pleine nuit avec une jeune femme terrorisée, toute de blanc vêtue, semblant fuir un invisible danger...
Mais la campagne anglaise, malgré ses charmes bucoliques, n'apaise pas le jeune William autant qu'il le souhaiterait. La demeure de Limmeridge recèle en effet de bien lourds secrets, et lorsque resurgit la mystérieuse dame en blanc, il est bien difficile d affirmer qu'il ne s'agit pas d un présage funeste...
"

J'avais déjà lu et apprécié Mari et femme de William Wilkie Collins (article ici) donc quand j'ai entendu parler de La dame en blanc, je me suis dit qu'il devrait en être de même, donc je l'ai emprunté.

William Hartright est un professeur de dessin et c'est également lui qui est à l'initiative du regroupement de témoignages qui constituent ce livre. Un jour, il est amené à enseigner deux jeunes femmes demi-soeurs : Laura -belle et gracieuse- et Marian -courageuse et intelligente. Laura ressemble énormément à une jeune femme vêtue de blanc que William avait croisé une nuit, et lorsqu'il en parle à Marian celle-ci trouve la trace de cette femme inconnue qui a connu la mère de Laura. En outre, William s'éprend de la première mais n'en dit rien car ils ne sont pas de la même condition sociale, et surtout, Laura a fait la promesse à son père mourant qu'elle épouserait Sir Percival Glyde, homme qui semble avoir des choses à cacher : ce sir ne serait-il qu'il vil gredin uniquement intéressé par l'argent de Laura ?

L'histoire est certes assez convenue comme c'est le cas avec pas mal de romans de cette époques, mais pour autant, je ne l'ai pas trouvé ennuyeuse, notamment parce l'histoire est la compilation de témoignages de différents personnages ayant gravités autour de Marian Halcombe, Laura Fairlie et Sir Percival Glyde, cela donne un certain dynamisme. J'ai aussi apprécié le style très posé, carré et rigoureux qui est limpide et riche en même temps. Il n'y a que la fin qui m'a un peu déçue, notamment à cause de cette histoire de Confrérie qui me semble un peu tirée par les cheveux. Mais globalement cette lecture a été agréable, encore faut-il apprécier les romans victorien, autrement la lecture peut être laborieuse.

Noir Karma, Stefán Máni (2004)

"Bienvenue dans les bas-fonds de Reykjavík, là où le soleil ne brille jamais ! Suivez les aventures malheureuses de Stefán ! Au programme : vols de voitures de luxe, extorsions de fonds, prostitution, deal de substances illicites. Pour Stefán, c'est la grande vie qui commence. Du moins le croit-il..."

Récemment j'ai eu envie de lire des romans policiers et des thrillers, du coup j'ai pioché parmi des auteurs que je connaissais déjà, que je les ai lus ou que j'en ai entendus parler, mais j'ai également été voir parmi les nouveautés au rayon des livres policier afin de découvrir de nouveaux auteurs, et c'est ainsi que je suis tombé sur Noir Karma.

Stefán vient de se faire embaucher comme serveur dans un bar et se retrouve peu à peu lié à des trafiquants de drogues puis va prendre de l'importance au sein du gang. Au fil du temps, nous suivons donc l'ascension de Stefán mais aussi les aléas de la vie de ses "collègues", Robbi, Toti, Klummi, Klaki, Bruno, Dagny, Metusalen, Saeva K., le Pharaon, etc. Dans ce livre, on trouve en vrac les trafics de drogues, les planches, les fausses entreprises qui servent de couvertures, les prostituées, les rivalités, les combines, les braquages, la drogue, le sexe, la vitesse et la paranoïa, le tout sur plusieurs années mêlées.

Déjà, la première impression c'est qu'il s'agit là d'un livre dense et violent, ça va vite et fort, ça coupe le souffle. La plongée dans le monde de la drogue est extrêmement bien faite, c'est tout à fait crédible (mais pour le peu que j'en sais on pourrait bien me raconter n'importe quoi !) et le fait que le même groupe de personnages soit suivi sur pas mal d'années à travers quelques années clés est un aspect qui m'a beaucoup plu. Par contre, j'ai été un peu perdue au début parce qu'il y a beaucoup de personnages qui arrivent en même temps, mais je m'y suis faite parce qu'après ça ne change plus. Et un autre point qui m'a également un peu perdue est le fait que les différentes années, qui sont racontées s'alternent et s'entremêlent, du coup j'avais du mal à reconstituer l'intrigue de manière linéaire et j'étais parfois un peu perdu quant à ce qu'il se passait. Mais c'est en tout cas un livre qui m'a plutôt plu, mais je le déconseille aux âmes sensibles car on y trouve des passages un peu choquants (sexe, violence).

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