Le roi pâle, David Foster Wallace (2011)

"Apprenti au centre des impôts de l'Illinois, où les nouveaux arrivants doivent recevoir une formation de survie à l'ennui, David Wallace observe les personnages extraordinaires attirés par cet étrange métier.
Protagoniste de son dernier roman, il dessine sur un registre épique une parabole de la culture postindustrielle, examine avec inquiétude l'individu pris dans les mailles du système global et propose une nouvelle idée de l'héroïsme
."

J'ai emprunté ce livre un peu par hasard alors qu'un lecteur le rendait à la bibliothèque parce que le nom de l'auteur me disait quelque chose, j'avais l'impression que c'était le nom d'un grand auteur états-unien dont j'avais dû entendre parler, mais sur qui ne ne savais rien. Du coup, c'était l'occasion de découvrir cet mystérieux auteur.

Les chapitres de ce livre mêlent les époques et les personnages : on y un homme qui est capable de citer des données très précises sur des sujets qu'il ne connait pas ou des gens qui lui sont inconnus, un autre qui souffre d'un problème de transpiration, une fillette dont la mère est instable et s’accoquine avec des hommes pas toujours fréquentables, un alter-ego de l'auteur qui, après des études peu concluantes, se tourne vers la fiscalité et dont les premiers jours de travail sont marqués par un quiproquo, etc. Le point commun entre tous les personnages et les chapitres, c'est l'IRS, c'est à dire les impôts états-uniens, ce qui fait que le texte est entrelardé d'explications et de finasseries de fiscalité.

Tous les avis que j'ai pu lire à propos de ce livre sont extrêmement élogieux, les critiques criant au génie mais j'avoue que je suis resté dubitative devant ce livre. Ce n'est pas mauvais, c'est surtout que je n'ai rien compris... Ça parle de fiscalité, on change de lieu et de moment sans trop de précision, je me perdais dans les personnages surtout que parfois il n'y avait aucune informations quant aux personnages à s'exprimer, on y trouve des passage où l'auteur lui-même est un personnage, bref c'est très confus. Il faut dire que l'auteur s'est suicidé avant de terminer ce texte, c'est donc son éditeur qui s'est chargé d'ordonner les parties de ce roman inachevé. Je ne doute pas que David Foster Wallace ait du talent dans la mesure où plusieurs passages m'ont bien plu, mais j'ai trouvé cela trop confus, il m'a fallu environ 200 pages pour entrer dans le livre qui en compte un peu plus de 645. Bref, mais si je sens qu'il y a plein d'éléments intéressants dans ce livre, j'ai quand même passé l'essentiel de ma lecture en étant complètement larguée... J'attends donc avec impatience la traduction du livre qui est décrit comme étant son chef-d'oeuvre, Infinite Jest, afin de me faire une meilleure idée de son travail.

Lucille, Ludovic Debeurme (2006)

"Enfant, Lucille était une petite grosse. Une petite fille moche, délaissée par les garçons, et qui s'accrochait, fascinée, à sa poupée mannequin, Linda. Elle était si belle Linda, tellement jolie, tellement mince.
Quand Lucille a rangé sa poupée au fond d'une malle, c'est qu'elle était enfin devenue Linda, mince comme un fil. La beauté en moins.
Arthur aime son père. Petit, il restait des heures au bistrot avec lui, à l'attendre en comptant les verres vides, pour tromper l'ennui. Il est marin, son père. Pas un marin au long cours, non, un pêcheur. Pas un patron-pêcheur, un employé sur un petit chalut. Arthur supporte tout de son père, l'alcool, les bagarres, le port, l'odeur des moteurs, la mer.
Le père d'Arthur, c'est Vladimir. Il s'appelle Vladimir comme son père, comme Arthur plus tard quand lui, il aura cassé sa pipe. Les hommes, les aînés, ils s'appellent tous Vladimir, c'est la tradition. Une croix de plus à porter pour Arthur...
Et puis un hasard, une rencontre : Arthur et Lucille s'aiment au premier regard.
Alors ils s'enfuient. Ensemble, ils partent pour Paris, puis l'Italie.
Elle fuit sa mère. Lui, le fantôme de son père.
Loin du chagrin et des souffrances, c'est avec la simplicité, la naïveté et l'enthousiasme
de leur jeunesse qu'ils vivent leur amour.
"

J'avais déjà lue cette bande-dessinée il y a quelques années, pas longtemps après sa sortie je pense, et j'avais plutôt bien aimé. Cependant, depuis, un second tome est sorti, donc avant de le lire, j'ai eu envie de me remettre en tête ce premier tome.

Lucille est une jeune fille complexé et timide, elle n'a pas de petit copain au contraire de la plupart des filles de son âge, et elle vit seule avec sa mère qui n'est pas forcément toujours de bon conseil. A cause de ses complexe et de sa honte du corps, Lucille perd du poids, au point de finir à l'hôpital. Arthur est un adolescent qu look un peu skinhead et qui est une petite brute en public, mais en privé, il s'accroche à son TOC, celui de tout compter, de ses battements de coeurs à ses pas. Son père est un marin alcoolique qui peut devenir violent, ce qui est une situation qui pèse sur la famille. Ces deux ados vont se croiser une première fois à l'hôpital, puis à nouveau plus tard, alors qu'Arthur fait des livraisons de médicaments et qu'il en livre chez Lucille. Ils vont s'apprivoiser, et un jour, alors qu'Arthur décide de partir, il propose à Lucille de l'accompagner.

J'ai bien aimé cette bande-dessinée qui exprime la fragilité, aussi bien dans son dessin que ses textes. A propos du dessin, lors de cette lecture aussi bien qu'à la première, j'ai commencé par trouver le dessin un peu scolaire et ça ne m'avait pas vraiment plu -sans me déplaire pour autant. Et ensuite ça ne dérange plus parce que le dessin exprime la fragilité des deux personnages, leur simplicité. Les deux personnages principaux sont très intéressants : ils ont leurs fêlures, leur complexe, leur pudeur, leur désir d'adolescent aussi, leur passé et leur enfance. Bref, une bande-dessinée qui m'a plu et qui sera donc suivie de la lecture de la suite, Renée.

Marya, une vie, Joyce Carol Oates (1986)

"Marya Knauer a huit ans quand son père est tué dans une rixe. Un peu plus tard, sa mère la confie à une tante et un oncle avant de disparaître complètement. Cette jeune fille secrète, solitaire, apprend la peur, la cruauté. Au lycée, elle devient brillante et bien supérieure aux autres, ce qui la condamne à encore plus d’isolement. Elle entre à l’université et se plonge violemment dans l’écriture, en développe une passion proche de la folie. Il lui faut encore attendre quelques années pour connaître un amour heureux avec un journaliste, mais Marya si forte dans le désespoir saura-t-elle maintenir une vie heureuse ? On la quitte alors qu’elle entame une recherche sur son passé et surtout sur sa mère qui lui disait si souvent : «Ne commence pas à pleurer, tu ne pourras plus t’arrêter.»"

Joyce Carol Oates est une auteur que j'apprécie beaucoup, du coup quand je croise un de ses ouvrages, j'ai tendance à l'emprunter.

Ce texte raconte la vie de Marya Knauer, un personnage qui est une fillette au début du livre, dont le père vient de mourir et dont la mère décide de partir, laissant Marya à la charge de Wilma et Everard, celui-ci étant le frère du père. Marya va devoir vivre dans cette famille où elle n'a pas vraiment sa place et où elle est en "concurrence" avec les enfants du couple, Alice et Lee, avec qui elle ne se lie pas vraiment. En plus de cela, Marya doit également assumer le silence sur ce qu'il est arrivé à ses parents, ainsi que les rumeurs et les non-dits qui circulent. Malgré cela, Marya va poursuivre son chemin, faire des études, obtenir un diplôme, etc. Mais jamais elle ne brille vraiment, sa vie n'a rien d'exceptionnelle et même si elle n'a pas raté sa vie, on ne peut pas dire qu'elle soit très réussie.

J'ai bien aimé ce livre : il n'y a pas de grande histoire mais une petite, celle de la vie de Marya. Une vie un peu fade avec toutes les interrogations sur ses parents et sur son identité, le manque d'affection et d'intégration à une famille ou un groupe pendant son enfance, la méchanceté des enfants, mais aussi celle des adultes, etc. Par contre, la fin est un peu frustrante car assez abrupte mais malgré cela, ce livre m'a plu.

Mademoiselle Personne, Tomek Tryzna (1988)

"C'est bel et bien la Pologne contemporaine, qui s'incarne dans l'aventure de Marysia, cette fille si ordinaire, cette "mademoiselle Personne", naïve adolescente de la campagne qui va découvrir en ville, dans la honte et l'émerveillement, l'insaisissable chatoiement d'un monde inconnu. L'intelligence, la culture, l'art, l'argent - mais aussi les plaisirs les plus ambigus de l'amitié -, tels sont les présents insidieux que deux de ses camarades font tour à tour entrevoir à mademoiselle Personne. Et dont elle tente de jouir, aussi avide que maladroite, déchirant au-delà de ses propres forces la chrysalide de valeurs désormais désuètes... Aujourd'hui en cours de traduction dans le monde entier, ce livre illustre certes à sa façon le genre universel du Bildungs-roman. Il constitue aussi, sur l'entrée dans l'âge adulte, une fable haletante, à la langue alerte et changeante, dont l'héroïne est une nation en quête d'identité, toujours au bord de la schizophrénie."

J'ai entendu parler de ce roman sur un blog car l'auteur de ce-dernier le citait comme étant son livre préféré. Du coup, comme le blog en question me plaisait bien, je me suis dit que le livre me plairait peut-être aussi. Je ne pensais pas le trouver à la bibliothèque car il s'agit d'un roman polonais donc je n'étais même pas sûr qu'il ait été traduit. Et au final, j'ai eu la bonne surprise de constater que le roman était traduit et qu'il était à la bibliothèque.

Le personnage principal du livre est Marysia, une adolescente naïve et rêveuse qui vit dans la campagne polonaise des années 80. Grâce au travail du père, la famille reçoit un logement dans un immeuble d'une grande ville, ce qui fait que Marysia, ses parents, ses deux petits frères et ses deux soeurs, jumelles, vont s'y installer et changer leur habitudes. Marysia se retrouve à devoir aller dans une école qui n'est pas dans son quartier, au contraire de ses frères et soeurs, ce qui lui donne de l'autonomie et de l'indépendance. Dans cette nouvelle école, elle rencontre Kasia, une jeune fille fantasque qui s'habille en gitane, compose de la musique et est souvent absente des cours. Grâce à elle, Marysia va apprendre à s'affirmer, à s'amuser, à mentir, et elle va aussi découvrir que Kasia est plus que fantasque : elle a des problèmes psychologiques. Ces problèmes vont l'éloigner pendant un moment, et Marysia va alors se rapproche d'Ewa, une autre de ses camarades de classe, provocatrice, excessive et jalouse de Kasia.

J'ai beaucoup aimé ce roman ! Au début j'ai été déroutée parce qu'il commence de manière réaliste puis on glisse dans le rêve et le symbolisme, du coup, j'étais un peu perdue. Mais ça n'a duré que les premières pages et ensuite j'ai rapidement accroché à l'histoire de Marysia, la jeune fille naïve qui découvre la vie. Ce roman est clairement un roman d'initiation, mais il y a une part de fantaisie et de violence psychologique qui le rendent original. Sans compter que le roman se passe en Pologne dans les années 80, un pays et une époque je ne connais que peu, du coup, c'est dépaysant et un peu étrange, proche et lointain à la fois. Bref, ce livre est une très bonne surprise !

Un petit goût de noisette, Vanyda (2014)

"Un petit goût de noisette à savourer. Dans ce recueil d'histoires courtes, Vanyda explore l'amour, évoque le moment parfait qui nous échappe parfois, les occasions manquées aussi... Usant des dialogues avec justesse et parcimonie, offrant à chaque tranche de vie sa couleur propre, Vanyda fait se croiser ses personnages. En quelques pages, en quelques jours, Benoît, Corentin, Manon, Aymeric et les autres se rencontrent, s'enthousiasment, pleurent. Un véritable condensé d'émotions pour ce nouveau one-shot !"

J'avais repéré cette bande-dessinée dans un catalogue de nouveautés et c'est le nom de l'auteur qui a attiré mon regard parce que j'ai déjà lu des choses d'elle () et que j'avais apprécié. J'avais donc noté ce livre dans la liste des livres que j'aimerais lire, puis, le jour où j'ai eu l'exemplaire entre les mains sur mon lieu de travail, je ne l'ai pas pris, et cela pour une raison très bête -et irrationnelle-, à savoir que je n'aime pas les noisettes, du coup, je me disais que cette BD me décevrait. Et puis elle m'est repassé entre les mains une autre fois et comme je n'avais plus grand chose à lire, je me suis laissé tenter. Bref.

Dans cette bande-dessinée, nous trouvons plusieurs histoires, liée ou pas, et de plus ou moins loin. Ça parle de gens qui se croisent, de liens qui se nouent, d'opportunités saisies ou pas, de voyage à l'étranger, de moments un peu fous, de regrets, de déception, de bonheur, etc. Les personnages sont des adolescents ou de jeunes adultes et chaque nouvelles raconte un moment et les sentiments, les hésitations ou l'audace qui y sont liés. Pas d'histoire particulière donc, mais des éclats d'histoire.

Je vais commencer par ce que je n'ai pas aimé, afin de pouvoir terminer sur une note enthousiaste. Donc, ce qui ne m'a pas plus, mais ce n'est pas spécifique à ce livre, c'est que c'est sous forme de nouvelles. Je trouve cela trop souvent frustrant et ça a été le cas ici : j'aurais aimé en savoir plus sur certains personnages ou voir certaines intrigues approfondie, bien que cela contredise un peu le fait de ne proposer qu'un seul moment.. Sinon, j'ai beaucoup aimé cette bande-dessinée non seulement pour ce qui est raconté, à savoir des instants, des détails, mais aussi pour les liens entre certaines histoires, les personnages qui se croisent. Mais par-dessus tout, c'est le dessin que j'ai adoré ! Pourtant je n'avais pas été particulièrement marquée en lisant les autres livres que j'ai lus de Vanyda, mais là j'ai été très rapidement enchantée : le dessin est réaliste, mais aéré, il y a de la précision, mais sans lourdeur. Et surtout j'ai adoré les couleurs et l'usage qui en est fait : par touche, une par histoire, juste comme il faut pour illuminer et mettre en valeur ce qui reste en noir et blanc. Je vais très probablement réemprunter cette BD, voire même l'acheter pour le plaisir des yeux.

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