Petits arrangements avec nos coeurs, Camille de Peretti (2014)

"À vingt-cinq ans, devenue écrivain, Camille décide de retrouver son premier amour, dont elle a fait l’un des personnages de ses romans. D’abord méfiant, celui qui est désormais le plus jeune manager de la cinquième banque de Wall Street finit par succomber. Amoureux fous, Camille et Stanislas s’installent à Londres, au coeur de la City, fréquentent les endroits branchés, dépensent sans compter… puis s’ennuient. Comme un dernier sursaut, ils entreprennent une traversée des États-Unis. Six mille kilomètres de culpabilité, de mensonges, d’alcool et de vanités. Chaque étape du voyage les éloigne davantage ; plus ils approchent du but, plus ils se perdent. Et pourtant, ils se sont tant aimés."

C'est en lisant du bien de ce roman que j'ai eu envie de le lire, surtout qu'ayant déjà lus plusieurs ouvrages de cet auteur, je savais que cela avait des chances de me plaire.

Camille et Stanislas se sont connus au lycée, elle l'a manipulé, snobé, ils ont fait leur vie et un jour ils se recroisent. Cette fois-ci Camille est amoureuse, ou en tout cas, Stanislas l'intéresse plus que son actuel mari. Du coup, elle se sépare de celui-ci pour partir dans les bras de Stanislas. Ils s'installent alors à Londres où travaille Stanislas, qui est trader (ou quelque chose comme ça) avec des journées à rallonge. Elle, l'écrivain, se retrouve alors seule dans leur maison à la déco branchée et elle commence à ressasser ce qui ne va pas et à s'ennuyer. Bien qu'aucun de deux ne l'admette vraiment, leur couple bat de l'aile, mais pour se donner l'illusion que tout va bien, ils décident de faire un voyage aux États-Unis.

Rien de bien original ici, par rapport aux précédents textes de Camille de Peretti, donc sans surprise, j'ai plutôt bien apprécié ce livre qui m'a occupée pendant quelques pauses déjeuner. Malgré cela, et comme toujours dans ses livres, je ne supporte pas la narratrice à cause de son narcissisme et de la superficialité : elle a de l'argent, de grandes études derrière elle, est écrivain, etc, et elle "chouine" sur sa vie amoureuse et fait traîner, et trompe, et ment, bref ça m'agace. Mais ce livre se lit bien quand même et je continuerais très probablement à lire de temps à autre les publications de cet auteur.

Immortelles, Laure Adler (2013)

"« Florence, Suzanne, Judith. Elles forment une sarabande dans ma tête. Leur amitié m'a construite et m'a rendue différente. Avec elles, j'ai ressenti ce à quoi nous ne pensions jamais, ce que vivre signifiait. » Une nuit d'été, la narratrice se réveille, submergée par une vague de souvenirs qu'elle croyait enfouis dans l'oubli. Sous ses yeux défilent les vies de trois amies avec qui elle a grandi, trois femmes aux destins poignants, trois parties d'elle qu'elle rassemble soudain.
Roman sur la jeunesse, ses espérances, ses illusions, ses foucades et ses coups de foudre, Immortelles est surtout un hymne à l'amitié féminine.
"

Dans ce roman, la narratrice revient sur l'histoire de trois femmes qu'elle a connu et qui ont eu une grande influence sur sa vie, qui l'ont marquée d'une façon ou d'une autre. Parmi ces femmes, on trouve Judith, qui a grandi en Amérique du Sud après que ses parents, Juifs, aient fuit la Seconde Guerre Mondiale. Il y a aussi Suzanne qui est intéressé par l'humanitaire et le médical. Puis Florence, qui vit dans le monde du spectacle et de la contestation, et qui participe à des manifestation au festival d'Avignon en 1968.

J'ai été déçue par ce livre que j'ai trouvé insipide alors que je m'attendais à quelque chose de plus dense, plus fort, et plus mémorable aussi. Je ne suis même pas capable de raconter le contenu du livre parce que je n'en ai vaguement retenu quelques caractéristiques des personnages et pas d'histoire. Sans compter que livre regorge de références à des auteurs, des idées, des philosophies, etc, qui alourdissent le propos. Bref, une lecture dont j'aurais pu me passer.

Manger, Paolo Rossi (2012)

"Il suffit de prêter attention un instant à la multiplicité des métaphores alimentaires que nous utilisons au quotidien pour nous rendre compte de la puissance anthropologique et culturelle que porte le fait de manger, et de la façon dont se vivent à travers la nourriture des désirs primaires et des émotions profondes. Notre imaginaire est habité par la figure de Chronos dévorant ses enfants, le jeûne du Vendredi Saint, les grandes famines, les tueurs en série qui enfreignent le tabou des tabous en consommant leurs victimes, le visage des enfants affamés, les vampires, l’obésité, la bouffe industrielle et l’exhibition sadique du corps anorexique.
Jouissance raffinée, nécessité dramatique, obsession pathologique : tel est l’univers complexe que Paolo Rossi nous décrit de façon magistrale en suivant les différents modes de conjugaison de ce verbe qui a marqué l’histoire de l’humanité.
"

J'ai découvert ce livre par hasard dans une librairie samedi dernier et il m'a eu l'air très intéressant non seulement par son titre, mais aussi par son sous-titre qui laisse entendre que ce texte couvre une très large définition du verbe manger.

Et en effet, de nombreuses définitions de manger sont abordées car ce verbe pourtant très courant, banal, cache de grandes disparités selon les lieux et les époques, dans l'ordinaire et l'extraordinaire, dans la maladie, la religion, la mythologie, etc. Sont ainsi abordé la différence entre naturel et culturel, le vampirisme, les pandémie d'obésité et d'anorexie, le jeûne, etc. Le livre ne fait que 162 pages, donc tout n'est pas abordé, ni approfondi, mais ce livre est tout de même une lecture très intéressante et plutôt complet à mes yeux si on cherche une présentation des définitions de manger. Le texte fait référence à de nombreux articles, livres, thèses,..., ce qui permet d’approfondir les thèmes que l'on souhaite.

Donc cet ouvrage est un panorama large et plutôt complet qui a plus vocation à présenter qu'à approfondir ce que signifie manger. Je l'ai trouvé intéressant et globalement accessible malgré deux ou trois paragraphes un peu plus ardus car faisant référence à des concepts philosophiques ou idéologiques que je ne maîtrise pas.

Locus solus, Raymond Roussel (1914)

"Martial Canterel fait visiter sa somptueuse propriété Locus Solus à quelques-uns de ses amis. Au cours d'une longue promenade, qui pourrait évoquer une sorte d'itinéraire initiatique, l'illustre savant (figure accomplie de l'écrivain, de l'artiste, ou plus exactement du génie selon Roussel ) propose en sept étapes à l'admiration de ses amis chacune des sept merveilles de ce monde qu'il a conçue, créée et enfermée dans son parc."

J'ai découvert ce roman par le biais de suggestions liées à des auteurs de l'époque, et comme le résumé avait l'air tentant, je me suis laissé tenter.

Nous suivons le narrateur et un groupe de visiteurs dans la présentation de la propriété Locus Solus. Sur le gigantesque terrain de la demeure, Martial Canterel, le propriétaire a fait construire sept machines, installations ou vitrines qu'il a lui même créé. Au fil des chapitres, nous découvrons donc une sorte d'aquarium rempli d'une substance étrange qui permet aux mammifères de respirer, une mosaïque faite de dents et élaborée en continue par une machine qui fonctionne selon l'atmosphère, des morts mis en scène pour revivre le moment le plus marquant de leur vie, etc. Chaque installation est prétexte à une histoire, celle du matériau ou de l'idée à l'origine de ce qui est présenté.

J'ai bien aimé ce roman qui est plein d'invention et d’originalité. Un récit, la présentation des installations de Locus Solus, est prétexte à plusieurs autres puisque chaque chose a une histoire bien particulière, à des époques différentes. C'est vraiment intéressant à lire, mais cela peut aussi être ennuyeux puisqu'il s'agit surtout de description. La partie qui m'a été la plus laborieuse est celle décrivant le fonctionnement de la machine qui fait la mosaïque de dents : il faudrait presque faire un schéma au fur et à mesure pour suivre (on en trouve d'ailleurs sur Internet), mais en même temps, l'histoire reste compréhensible même sans avoir compris en détail le fonctionnement de la machine en question. Un livre intéressant donc, très moderne pour son époque, ingénieux et original, mais qui ne plaira pas si on cherche une histoire une structure classique (une seule histoire plutôt linéaire avec des personnages qu'on suit du début à la fin).

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...